• "Heureux les pacifiques..."

  • La Grande Guerre racontée par ceux qui l'ont vécue.

Noël : Heureux les pacifiques …

Tolac 2Peu de circonstances rendent la saison de Noël plus émouvante que les catastrophes, en particulier la guerre. Les ouvrages que nous vous présentons ici ont tous les 3 été marqués par l’atmosphère de guerre auxquels leurs auteurs ont été soumis. Ils nous rappellent que la paix est un bienfait extraordinaire et que dans notre monde encore et toujours déchiré par des conflits meurtriers, les pacifiques ont à faire entendre leur voix plus fermement encore.

Chaque Noël, les chrétiens se rappellent qu’un message de Paix leur a été envoyé, un message d’Amour du prochain, une Bonne Nouvelle de salut pour tous les hommes et femmes de bonne volonté.

Puissent ils relayer ce message toute l’année durant, dans leurs familles, leurs villes et campagnes, leurs institutions, leurs entreprises et leur voisinage.

Heureux les pacifiques…

Noel 14 couv 1Les lettres de ce recueil datent toutes de cette période de Noël 14 ; après moins de 6 mois d’une  guerre qui était annoncée comme courte et victorieuse, déjà près de 500 000 jeunes soldats ont été tués.  Ces lettres expriment le désarroi de ces chrétiens confrontés à l’absence, souvent à la perte d’êtres aimés. Dans cette sélection émouvante, on retrouve tous les sujets que la censure et la propagande des journaux  voulaient masquer : les erreurs de l’État-Major et du gouvernement, le froid, la faim et la maladie, les pertes énormes et l’horreur de cette guerre « industrielle », les fraternisations à l’occasion de Noël et le pacifisme d’une partie des troupes. Des inconnus comme des personnages qui deviendront célèbres écrivent sur les rigueurs de la vie au front; Henri Nick et ça famille échangent des lettres qui varient du spirituel au banal, Jean Norton Cru “a faim” et un anonyme décrit un culte de Noël dans les tranchées. Toutes ces lettres et extraits de journaux peignent une image de ce début de guerre bien plus exacte et précise que la presse censurée et manipulée de l’époque et en font un témoignage indispensable.

Préface de Patrick Cabanel et Eric Peyrard

 Vernier Cru Couv Fils de pasteur ayant passé près de 4 ans au front et arrière-front, Jean Norton Cru est le premier à proposer une méthode d’analyse des témoignages de soldats pour qu’enfin, l’histoire de la guerre ne soit pas que celle de “la guerre vue par les chefs”. Son approche iconoclaste, héritée de sa culture protestante, lui vaudra bien des ennemis et des critiques, mais il reste une référence dans l’étude du témoignage pour la Grande Guerre et pour les autres. Cette biographie de Jacques Vernier étudie les éléments constitutifs de la culture de Jean Norton Cru, sa jeunesse et son environnement familial et sa détestation de toute entreprise, fut ce au nom de l’art, qui tendrait à “embellir la guerre”.

A travers l’étude de ses lettres et de ses écrits, le lecteur découvre une pacifiste qui s’est engagé dès 1914, un intellectuel français ouvert aux approches modernes, un soldat passionné par la “Vérité” et marqué à jamais par les combats de Verdun et un exilé (Jean Norton Cru vit et travaille aux États-Unis) profondément attaché à l’Ardèche et la Drôme. Un livre plein d’espoir malgré les épreuves vécues par le protagoniste principal.

Trocmé Eglise Couv 1Alors que la Shoah ravage l’Europe, les Juifs se pressent au Chambon-sur-Lignon et sur son plateau, terre de refuge. Le dimanche, au temple, le pasteur André Trocmé prêche la liberté, l’hospitalité envers l’étranger, la non violence, la résistance du chrétien à la loi de César quand celle-ci est inique. L’Église de neige, est formée par sa paroisse et celles de ses collègues, dans la montagne hivernale : c’est aussi le titre de ce recueil.

Car le pasteur est un conteur, qui donne le meilleur de lui-même dans ces Noëls organisés dans le temple, autour d’un grand arbre rapporté de la forêt voisine. Ses contes ont conservé une valeur universelle et actuelle. On les lit comme des paraboles mises à la portée des enfants, pour leur apprendre leur futur métier d’hommes et de femmes libres. Conter, avec Trocmé au Chambon, c’est encore résister. Introduction de Patrick Cabanel et Avant-propos de Nelly Trocmé Hewett.

CesTrocmé La nuit couverture nouveaux contes d’André Trocmé, dont certains n’avaient jamais été publiés dans un ouvrage ont tous été écrits après la guerre. Et à les lire on constate que l’auteur n’a rien perdu de sa lucidité ni de son talent ; alors que la censure ne sévit plus et que l’Europe se remet de la destruction et de la Shoah, le résistant non-violent utilise maintenant les armes de l’esprit contre les nouvelles idoles du temps, argent, égoïsme, conformisme et force brutale.

André Trocmé ne nous déçoit pas ; ces contes si fortement inspirés de la Bible sont aussi profondément ancrés dans le monde moderne et leurs conclusions sont toujours aussi stimulantes et parfois même dérangeantes.

Dans son avant propos, Martin Hirsch dont les parents ont bien connu Magda et André Trocmé, nous dit : “le monde n’est pas tel qu’on le subit, mais tel qu’on le construit puis l’habite.”

La préface de Jacques Trocmé nous rappelle que, même en période de paix, il existe des causes qui méritent que l’on s’engage. La résistance spirituelle a de multiples applications et n’est pas un concept du passé.

André Trocmé a été pasteur du Chambon-sur-Lignon de 1934 à 1948. Il a été nommé Juste des nations, comme son épouse Magda, le couple des Theis, Roger Darcissac et d’autres habitants de la région. L’Église de neige, publié fin 1943, n’avait jamais été réédité et La Nuit dans les Champs n’avait paru que partiellement.