Abandon

L’histoire est connue : un homme/une femme rêve à sa vie passée et voit sur la plage de ses années des traces de pas sur le sable. Étonnamment, il y a souvent 2 traces marchant en parallèle; « Seigneur, s’écrit notre rêveur, pourquoi ces empreintes à coté des miennes ? Ce sont les Miennes répond le Seigneur, qui t’accompagnent au long de ta vie. Mais en y regardant de plus prés, le rêveur s’aperçoit qu’aux moments les plus difficiles de sa vie, il n’y a qu’une seule trace. « Seigneur, pourquoi m’as tu abandonné quand j’avais le plus besoin de Toi? »

« Regarde bien, répond le Seigneur; quand il n’y a qu’une seule trace, les empreintes sont plus profondes, et c’est qu’à ce moment là Je te portais!  »

Et c’est ainsi que ce qu’on croyait être l’abandon par Dieu, était en fait l’abandon à Dieu; quelle belle histoire, quelle belle leçon, quel espoir merveilleux de se dire qu’au moment où l’on se sent le plus éloigné de la grâce, au moment où on en a le plus besoin, c’est justement à ce moment, que Dieu nous soutient et qu’il faut savoir s’abandonner à son soutien.

michelange.jpgC’est sans doute la même idée que Michel Ange nous transmet dans sa fresque de la chapelle Sixtine; à gauche, Adam et sa main indécise, malhabile, hésitante, détachée,mais pas abandonnée de celle de Dieu. A droite, celle du Créateur, déterminée, ferme et qui montre le chemin. Le pauvre Adam ne semble pas vraiment savoir quoi faire de cette autonomie nouvelle, (et Dieu sait qu’il n’en fera pas que du bien…), mais Dieu lui montre le chemin, lui montre aussi que c’est à lui, Adam, à nous tous aussi, de décider comment aller sur ce chemin.

A nous de choisir, à chaque croisée des chemin, quelle direction prendre, quelle vitesse adopter, quelle allure tenir; à lui d’avancer, d’errer parfois, de se retourner pour revoir ce doigt divin qui pointe vers la vérité. A nous de suivre notre chemin, de le croiser avec celui des autres, de mettre nos pas dans ceux de Dieu, en cherchant parmi les traces sur le sable lesquelles sont les siennes. coverruffpas.jpg

Dans son nouveau livre, « Le Pas de l’Autre », Pierre-Yves Ruff nous décrit ses sentiers et ses retours, ses incertitudes et ses convictions, ses avancées et ses égarements. Et dans toutes ces pérégrinations, une seule boussole, une seule lumière qui le guide: une foi profonde, bâtie sur la raison comme sur l’amour de Dieu, une foi inextinguible car Dieu n’abandonne jamais.