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    Ampelos dans la presse

    2 Février 2011

    Itinéraire peu connu et pourtant extraordinaire que celui de ce jeune pasteur et évangéliste genevois dont le ministère ne durera que six courtes années, de 1823 à 1829.

    Fressinières, Dormillouse, les Viollins et tout le haut Queyras… Il parcourt inlassablement ces hautes vallées. Cols enneigés et escarpés, rien ne l’arrête. Il couvre 1 600 kilomètres à pied au cours de sa mission pour « porter la parole » dans les Hautes-Alpes. Apôtre du « réveil des âmes » qu’il verra poindre, il est aussi frappé par la misère sociale et intellectuelle de ces paysans alpins du XIXe siècle.

    Il entreprend de développer l’instruction de ses paroissiens en découvrant leur ignorance profonde. Donne des leçons aux enfants avant de faire venir des instituteurs. Il commence alors l’installation d’une école. Un an après, il fonde une école normale destinée à fournir des instituteurs dans toute la région.
    Mieux, il constate alors l’archaïsme des méthodes agricoles des habitants. Il leur apprend à cultiver les pommes de terre, fait dégager les canaux abandonnés et nomme un commissaire chargé de la répartition de l’eau, fait creuser un long canal et s’attaque enfin à l’hygiène des habitations.
    Et pendant tout ce temps, il continue à prêcher l’Evangile et à enseigner le catéchisme aux grands et aux plus petits. Il consacre son temps à ranimer la foi dans le cœur de ses paroissiens. Il va mener une double action de réévangélisation en urgence, en prêchant partout et en tous temps, et de formation en profondeur des catéchumènes.
    Il meurt d‘épuisement à trente et un ans. Et laisse des lettres émouvantes mais surtout une action d’une étonnante modernité sociale, politique et spirituelle. Un homme à découvrir absolument.
    Grand merci aux Éditions Ampelos de mettre à la disposition de tous une nouvelle version des aventures de Félix Neff.

    • Jean-Luc Mouton,  Directeur de la rédaction

    evangiletliberte.gif Livre Le pas de l’autre

    C’est bien une excellente idée que de rassembler dans un tel ouvrage différents textes de Pierre-Yves Ruff, souvent déjà publiés depuis une dizaine d’années dans la revue Théolib qu’il dirige, et complétés par d’assez nombreux inédits.

    Les lecteurs y retrouveront, dans un style clair et assez facile d’accès, le goût de l’auteur pour l’exploration, parfois poétique, parfois dérangeante, de certains concepts religieux très variés, et pour des études originales de certains textes de la Bible, qu’on croit souvent bien connaître, et dont il révèle des aspects fort nouveaux ; ainsi n’hésite-t-il pas à bousculer quelquefois le lecteur.

    Ce livre, un peu décapant, parle de la foi et de la grâce, de la place de l’Autre dans notre vie, du don et de la liberté, de Dieu que « nul ne peut enclore », de Jésus enfin qui nous accueille à son côté dans son chemin, et de tant d’autres thèmes qui agitent et éveillent notre réflexion. feuille

    Bernard Félix

    le-dauphine-libere.pngDès les origines la Réforme avait trouvé dans l’Ardèche et la Drôme un terreau favorable, des places fortes, des âmes hautes. Depuis toujours les huguenots d’ici ont eu à coeur d’écrire leur histoire, l’esprit étant dans l’écriture avec ou sans majuscules. Ecrire encore pour affirmer sa foi, mais aussi par fidélité aux ancêtres qui pouvaient être aussi bien princes que manents, et parfois galériens.
    Les livres témoignent encore, comme les hauts lieux, et il existe des Itinéraires protestants qui sont fréquentés, surtout l’été, par des touristes venus d’Europe ou d’ailleurs. Généralement ils commencent par le musée de Poët-Laval, ou la maison de Marie Durand à Pranles.
    Et voilà que, dans la meilleure tradition, le pasteur Pierre Merlet, né à Montélimar, vient de faire paraître ses souvenirs de 1945 à 1995, un livre fort sous un titre volontairement provocateur: “Le Protestantisme menacé par la Réforme” (éd. Onésime). L’ancien pasteur de Valdrôme ne dissimule ni la crise des vocations ni les difficultés de l’évangélisation. Mais la foi demeure à l’oeuvre.
    Par ailleurs le petit-fils d’un instituteur de Loriol, Eric Peyrard, vient carrément de fonder, coup sur coup, deux maisons d’édition: Ampelos et Terre Natale, afin de faire connaître les plus belles pages du Protestantisme régional qui se confond avec l’autre. On peut ainsi lire du Jean-Frédéric Vernier qui, pour le Réveil du 19e s., avait passé 40 ans de sa vie à prêcher la Réforme, de ferme en ferme à travers la Drôme.
    Comme ça, ou autrement, l’histoire continue dans l’écriture et la lecture.

    Pierre Vallier

    …… Pour l’ancètre des French Doctors, l’humanitaire est inenvisageable sans l’Évangile: “la Bible qui dort dans la poussière sur nos rayons, on la lit avec passion ailleurs.” Et Schweitzer de prophétiser que l’avenir du christianisme se joue outre-mer.  Lui voulait délivrer les païens des superstitions qui les terrifiaient quotidiennement.”Nous savons pour notre part que les démons n’existent pas, mais qu’il existe des états d’aliénation mentale tels que les hommes et les femmes qui en sont frappés vivent dans les ténébres de l’angoisse, coupés de toute relation à Dieu.” Or, un siècle plus tard, c’est en nous excusant que, éventuellement, nous bredouillons quelques mots de l’Evangile… Est il minuit, Docteur Schweitzer ? .

    Philippe Malidor, Réforme 7 avril 2011.

    ……..   De lecture facile et intéressant historiquement, l’ouvrage est agrémenté d’une préface de Pierre-Yves Kirschleger qui donne une synthèse de l’histoire du Réveil au XIXème siècle et la réception de F. Neff par la postérité. Le lecteur trouvera aussi en appendice des lettres et des extraits de son journal, petits chefs d’oeuvre de préoccupation pastorale. Alire attentivement en ces temps de recherche de renouveau pour les Eglises.

    Yves LEVIN

    Sept. 2011