Charles Wagner (1852-1918)

Charles WagnerCharles Wagner est né en 1852, en Lorraine, à Wiberswiller. Il perd son père pasteur en 1859 et est  élevé par sa mère et son grand’père pasteur. Il fait ses études de théologie à Paris et Strasbourg où il rencontre sa future épouse.

Après des études en Allemagne, il prend son premier poste pastoral à Barr, en Alsace (sous administration allemande). Puis après 4 années à Remiremont, dans les Vosges, Wagner accepte en 1883 un ministère auprès des familles protestantes libérales parisiennes.

Rapidement il crée sa propre paroisse.  Parmi ses premiers paroissiens des intellectuels comme l’éditeur Fischbacher, le directeur de l’Ecole Alsacienne, et des ouvriers de l’est parisien. Il est rapidement reconnu et compte parmi ses amis de nombreux intelelctuels et pasteur et animateurs du Christianisme Social comme Tommy Fallot, Raoul Allier, Jalabert, E. Coquerel, et Th. Monod.

Sa théologie moderne et indépendante l’éloigne de toutes les orthodoxies : « Je ne suis ni protestant, ni catholique, ni juif, mais un peu tout cela à la fois, non en sceptique qui rit de tout, mais en croyant qui croit plus que ce que contiennent les formules. »

Poète depuis sa jeunesse, et orateur captivant, il commence sa carrière littéraire en 1890 avec « Justice » qui connut de modestes débuts en France. Mais ce furent surtout « Jeunesse » (1892) et « La Vie Simple » (1895) qui le firent connaître à un large public et hors des frontières françaises. Puis viennent « L’évangile et la vie » (1896), « Auprès du foyer » (1896) et en 1897 « Sois un homme ». La maladie, puis la mort de son fils en 1899 lui inspirent « L’Ami », paru en 1902, merveilleux ouvrage de réconfort dans l’épreuve. Le lendemain de la mort de son fils, il lui écrit, dans son Journal : « Tu vivras dans le cœur de ton père et dans sa voix. Désormais, tu monteras en chaire avec lui, et ; avec lui, tu iras chez ceux qui souffrent et pleurent. Je ne consentirai pas à ta mort ; ce serait consentir à ce que Dieu ne veut pas, car il ne veut qu’aucun de ces petits ne périsse. »

Trsè impliqué dans l’activité pastorale et associative, Charles Wagner participe à le Ligue de l’enseignement, la Ligue d’Éducation morale, les Universités populaires, l’École d’assistance aux malades de la rue Amyot. A la demande de Ferdinand Buisson(un autre protestant libéral) il contribuera au Manuel général de l’instruction primaire. Avec ce dernier, il écrivit d’ailleurs en 1903 « Libre pensée et protestantisme libéral » pour expliquer sa théologie, et la mesurer aux idées du siècle.

C’est en 1904, qu’à la demande du Président Roosevelt qui avait lu une traduction de « La Vie Simple », que Charles Wagner s’embarque pour une tournée aux États-Unis; il y restera 2 mois et en tirera un livre « Vers le cœur de l’Amérique » qui décrit son expérience. Avant son départ, il fut reçu à la Maison Blanche et Roosevelt déclara : « S’il y a un livre que je souhaite voir lire par notre peuple entier, c’est « La Vie Simple » de Wagner. » Le Président Roosevelt préfacera d’ailleurs la traduction anglaise d’un ouvrage de Charles Wagner.

Au début du XXè siècle, Wagner se dépense, comme ses amis Élie Gounelle ou Wilfred Monod, pour éviter la rupture entre églises protestantes « libérales » et « orthodoxes ».  A l’assemblée de Jarnac, en 1906, il fera un discours passionné mais inefficace contre la désunion. Il rejoindra le synode libéral en 1916.

Sur le terrain, cependant, Wagner poursuit son œuvre missionnaire. En 1907, avec des fonds collectés en partie aux États-Unis, il inaugure sa nouvelle « Maison de Dieu », le Foyer de l’Âme dans le quartier de la Bastille. « Qui que tu sois, entre ici. Tu ne seras l’hôte d’aucune famille étroite. Tu seras l’hôte de Dieu et ton âme sera chez elle… Ici, on enseigne l’humanité. » Pendant 11 ans, jusqu’à sa mort, il animera cette « megachurch » avant la lettre (1400 places) et en fera un des centres de la vie spirituelle parisienne.

En 1914, il publie « Le bon Samaritain » et s’engage avec patriotisme mais sans esprit anti-allemand dans la prédication patriotique. Ses sermons de guerre sont raisonnables et mesurés contrairement à beaucoup de ceux de ses collègues qui faisaient montre d’un bellicisme marqué.

Après sa mort, on trouvera dans ses papiers une de ses dernières prières : Tu veilleras!

Éditeur de combats