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Traité des Hérétiques

, par Sébastien Castellion

« Tuer un homme, ça n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme ! »

Castellion Hérétiques couv 1 V2Engagé au cœur de la Réforme du 16ème siècle, Sébastien Castellion est un exemple éclatant d’intellectuel courageux. Disciple de Calvin à Strasbourg puis régent du Collège de Rive fondé par Calvin à Genève, il n’hésite pas à s’opposer à lui et à son entourage. Homme de science (ses traductions de la Bible en Latin puis en Français furent remarquées dès leur parutions) , de foi et de courage, (durant l’épidémie de peste de 1543, il va à l’hôpital de Genève assister les malades alors que les pasteurs calvinistes s’y refusent), il n’admet pas les compromissions et les hypocrisies de la théocratie genevoise et s’exile à Bâle où il survivra dans la misère.

Mais c’est l’exécution de Miguel Servet sur un bûcher dressé par les genevois calvinistes qui le poussera à écrire le « Traité des Hérétiques ». Avec un style acéré, une grande connaissance des Écritures et des écrits de son temps, une pointe d’ironie et une bonne dose de courage, Castellion attaque le droit jusqu’alors accepté, des puissants à imposer,par le fer et le feu, leurs opinions à leurs sujets.  Cet ouvrage consommera sa rupture avec Calvin qui se lancera dans d’hypocrites explications pour se justifier du supplice de Servet auquel il prétend d’ailleurs n’avoir rien à voir. Sans peur et sans provocation, Castellion répondra alors à la justification de Calvin en la démontant point par point.

Ouvrage précurseur et fondateur, le « Traité des Hérétiques »jette les bases philosophiques de la tolérance religieuse, et annonce la philosophie des Lumières.

Il inspirera Bayle et les philosophes du Refuge qui poseront les base philosophiques du vivre ensemble moderne.

Prix recommandé : 19 €

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Rabbit is dead!

Un titre étrange pour un éditorial dédié à la Réforme et ses représentants, mais qui n’étonnera pas les amateurs de littérature américaine. Rabbit, c’est bien sur le personnage phare des premiers romans de John Updike, ce géant des lettres disparu il y a quelques semaines.

john-updike.jpgDans plus de 20 romans, et une douzaine de recueils de nouvelles, John Updike nous décrit les péripéties de la vie de l' »American  small town, Protestant middle class ». Ses personnages sont toujours humains, tiraillés entre leurs aspirations morales et spirituelles et leur gout du plaisir et des transgressions. Tout au long des 50 dernières années, nous partageons le quotidien et les secrets des américains moyens, leurs interrogations, leurs abandons, leur prospérité matérielle grandissante et leur insécurité spirituelle. Car John Updike, connu pour ses chroniques de l’adultère de la classe moyenne était aussi un protestant convaincu, inspiré par Karl Barth et Kierkegaard; les personnages de pasteurs, fils de pasteurs ou femme de pasteurs sont nombreux dans ses romans, et sa théologie est sans doute clairement exprimée dans une tirade de Fritz Kruppenbach, le pasteur luthérien de « Run, Rabbit, Run »: « When on Sunday morning, then, when you go out before their faces, we must walk up not worn out with misery but full of Christ, hot with Christ, on fire: burn them with the force of our belief. This is why they come; why else would they pay us? Anything else we can do and say anyone can do and say. They have doctors and lawyers for that… »

Quelques décades plus tard, dans « Roger’s version » il confrontera sa théologie barthienne avec celle d’un étudiant évangélique dans un roman qui mêle théologie, sexe et Tertullien.

Profondément humain, profondément croyant, seul face à Dieu, conscient de ses faiblesses et reconnaissant pour la grâce qui seule peut le sauver, Updike était probablement non seulement le plus important, mais le aussi le plus abordable écrivain protestant du 20ème siècle. Peu d’auteurs ont su intégrer aussi harmonieusement une théologie exigeante et une tolérance large pour les limitations morales de nos contemporains; Updike, tendre moraliste, nous accompagne dans toutes les périgrinations de l’âme moderne.

We’ll miss you, Rabbit!

Le rêve de Martin Luther King

obama.jpgUn rêve : 40 ans après l’assassinat du pasteur King, Barack Obama est élu président des États Unis.

Un rêve : après 8 ans de vaches maigres pour beaucoup (et de vaches grasses pour certains), la première puissance mondiale se donne un président qui veut répartir plus équitablement les richesses, protéger l’environnement et maintenir les libertés individuelles.

Un rêve ancien déjà; les rappels historiques du discours d’investiture remontent aux pères fondateurs et au colons qui les ont suivis, colons dont beaucoup, (comme les durandvoyage.jpgancêtres de Joe Biden) étaient des huguenots chassés de France. Il faut lire l’histoire des milliers de français qui mirent voile vers le Nouveau Monde; il est édifiant de voir comment, en 1687 déjà, ce pays attirait par ses promesses de liberté religieuse et de tolérance. Durand, huguenot du Dauphiné nous dit son étonnement et son plaisir de se trouver en Virginie où il peut pratiquer sa foi sans contrainte. Il faut lire ses récits de ses périples dans une contrée industrieuse où cet aristocrate français découvre les vertus d’un peuple laborieux et inventif.

wagneramerique.jpgEt plus près de nous encore, un livre clé pour comprendre l’Amérique d’Obama dans sa continuité historique: au début du siècle passé, Charles Wagner, le pasteur humaniste bien connu est invité à précher à la Maison Blanche par Théodore Roosevelt (lui aussi descendant de huguenots). Il en rapporta un livre passionnant sur l’Amérique de la révolution industrielle, sur ses progrès et ses contradictions, sur ses succès et ses erreurs. Mais surtout, il sut bien comprendre la religiosité des américains, l’importance toujours présente de la religion dans la société civile et leur rapport très protestant à Dieu et aux églises. Un livre clé pour aborder la religion en Amérique.

Un rêve encore, entendre dans le discours d’inauguration d’Obama son interprétation personnelle et pleine d’espoir de la fameuse devise « In God we trust » : « C’est là la source de notre confiance, le fait de savoir que Dieu nous appelle pour façonner un destin incertain. « 

Voyage au cœur de l’Amérique,

par Charles Wagner

wagneramerique.jpgInvité à prêcher à la Maison Blanche par Théodore Roosevelt, le Président des Etats-Unis, Charles Wagner, un pasteur français connu pour son humanisme traverse l’Atlantique. Il découvre un pays étonnant et attachant, direct et vivant aux habitants pleins de spontanéité. Au fil des jours, Charles Wagner nous fait partager avec la vision claire et optimiste d’un français progressiste, son étonnement, son admiration, ses désaccords aussi.

Particulièrement intéressé par le fait religieux, Wagner nous livre ici une description de l’état d’esprit des Etats-Unis au début du XXème siècle qui aide à comprendre l’évolution de ce pays dans les 100 ans qui suivirent. Aujourd’hui encore, son analyse permet de mieux comprendre la place de la religion aux Etats-Unis, son influence dans la sphère civile et les relations privilégiées entre les présidents et les autorités religieuses.

Charles Wagner est un des écrivains français les plus publiés du début du 20ème siècle. Ses nombreux ouvrages furent traduits en plus de 20 langues et il fonda « Le Foyer de l’Âme », précurseur français des « megachurch » américaines.

© Editions Ampelos 2009

Prix recommandé : 20 €


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Bonne Année Calvin !

Enfin 2009, le tant attendu 500ème anniversaire de la naissance de Jean Calvin! Déjà préparé par les principales églises réformées de Suisse, France, États-Unis, Hollande et autres pays à population calviniste, le voilà officiellement démarré….

chocolatcalvin.jpg Nous avons déjà du chocolat Calvin, suisse, bien sur, et délicieux parait-il, d’innombrables biographies et/ou hagiographies,  des célébrations pour occuper toute une année, des expositions, bientôt des porte-clés, sans doute, des T-shirts, des discours, des sites Web etc… tout cela pour « honorer » un homme qui s’est fait enterrer en secret justement pour éviter ce genre d’idôlatrie.

Pour ne pas être en reste, les Editions Ampelos ont donc décidé de se mettre de la partie, mais à leur façon, une façon que Calvin n’aurait sans doute pas (toujours) désavouée… Nous commencerons en publiant un de ses plus amusants (oui, amusants, vous avez bien lu..) ouvrages, le Traité des Reliques, réédité en français moderne pour ne rien perdrecalvinreliques2.jpg de la saveur et de la verve de cet ouvrage. Et puis chaque mois, nous continuerons notre travail iconoclaste en publiant selon l’humeur des ouvrages de contemporains ou disciples de Calvin, des opposants aussi, Castellion par exemple, et plus généralement de nombreux auteurs s’appuyant sur les apports de la doctrine et la méthode calvinienne: une analyse froide et claire des sujets de société basés sur la responsabilité individuelle du chrétien et sa foi en une grâce gratuite mais exigeante.arnaudvaudoiscouv.jpg

Très tôt l’influence théologique de Calvin rayonna parmi ses contemporains; la publication en 1536 de l’Institution de la Religion Chrétienne permit l’unification des nombreux mouvements qui se réclamaient d’une Eglise proche de l’Eglise d’origine et moderne dans sa théologie. Dans son ouvrage sur les Vaudois du Dauphiné, E. Arnaud nous raconte la « conversion » des Vaudois au « protestantisme.

Sa vie d’errances et de fuite (jusqu’à ses 20 dernières années qu’il passa à Genève) fût sans nul doute une Puaux Tolérance Couv1inspiration pour les milliers de huguenots fugitifs qui quittèrent la France à la Révocation.  Malgré quelques erreurs importantes (Servet, Castellion, « Sorciers » ..) sa philosophie claire et imprégnée de l’enseignement de la Bible fût aussi l’inspiration pour la génération de philosophes qui inventa la tolérance et prépara les Lumières. Dans les siècles qui suivirent, de très nombreux penseurs se réclamérent ou s’inspirérent de sa pensée; Weber lui attribua les fondements de l’éthique du capitalisme et au début du XXème siècle, le mouvement du Christianisme Social prôna un rapprochement entre Christianisme et socialisme. Plus près de nous, l’intense activité de résistance et de sauvetage des Juifs déployée par de nombreux protestants français (mais aussi allemands, suédois, hollandais etc..) doit beaucoup à l’idée calvinienne qu’à Dieu Seul la Gloire (Deo Soli Gloria) et qu’on doit s’opposer aux gouvernements des hommes qui sont contraires aux enseignements de Dieu.

Aujourd’hui encore, son héritage est disputé, mais nous aimons mieux dire que, comme tout arbre vigoureux, sa pensée s’est développée en de multiples branches qui partent dans toutes les directions.

Mais toutes pointent vers le ciel…

Confession de foi de Calvin de 1537

Cette confession de foi fut rédigée par Calvin et Farel pour être collectivement confessée par les habitants de Genève. La réticence des habitants la confesser publiquement contribua au départ de Calvin  de Genève pour Strasbourg en 1538. En 1541 il reviendra à Genève où il établira une république théocratique.

CONFESSION DE LA FOI, LAQUELLE TOUS
BOURGEOIS ET HABITANTS DE GENÈVE ET SUJETS
DU PAYS DOIVENT JURER DE GARDER ET TENIR,

Comme enfants naguère nés, désirez le lait raisonnable et qui est sans fraude.Soyez appareillés à répondre à chacun qui vous demande raison de l’espérance qui est en vous.Si quelqu’un parle, que ce soit les paroles de Dieu. (I Pierre 2. 3. 4). 

I. LA PAROLE DE DIEU.

Premièrement nous protestons (déclarons) que pour la règle de notre foi et religion nous voulons suivre la seule Ecriture, sans y mêler aucune chose qui ait été controuvée (inventée) du sens des hommes sans la Parole de Dieu : et ne prétendons pour notre gouvernement spirituel recevoir autre doctrine que celle qui nous est enseignée par icelle Parole, sans y ajouter ni diminuer, ainsi que notre Seigneur le commande.

II. UN SEUL DIEU.

Suivant donc l’institution qui est contenue aux saintes Ecritures, nous reconnaissons qu’il y a un seul Dieu,, lequel nous devons adorer et auquel nous devons servir, auquel nous devons mettre toute notre fiance (confiance) et espérance : ayant cette assurance qu’en lui seul est contenue toute sapience (sagesse), puissance, justice, bonté et miséricorde. Et comme il est Esprit, qu’il le faut servir en esprit et en vérité. Et pourtant reputons (estimons que c’est) une abomination de mettre notre fiance ni espérance en créature aucune, d’adorer autre que lui, soit anges ou autres créatures quelconques, et de reconnaître autre Seigneur de nos âmes que lui seul, soit saints ou saintes, ou hommes vivants sur la terre: pareillement de constituer le service qui lui doit être rendu en cérémonies extérieures et observations charnelles, comme s’il se délectait en telles choses, de faire image pour représenter sa divinité ni aussi autre image pour adorer.

III. LOI DE DIEU, SEULE POUR TOUTES.

Pourtant qu’il est le seul Seigneur et maître qui a la domination sur nos consciences et aussi que sa volonté est la seule règle de toute justice, nous confessons que toute notre vie doit être réglée aux commandements de sa sainte loi, en laquelle est contenue toute perfection de justice, et que ne devons avoir autre règle de bien vivre et justement, ni inventer autres bonnes oeuvres pour complaire à lui que celles qui y sont contenues, ainsi qu’il s’ensuit : Exode XX.

je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai tiré hors de la terre d’Egypte, de la maison de servitude. Tu n’auras point d’autres dieux devant moi. Tu ne te feras aucune image ni semblance des choses qui sont au ciel là-sus, ni en la terre çà-bas, ni ès eaux dessous la terre ; tu ne leur feras inclination et ne leur serviras, car je suis le Seigneur ton Dieu, fort, jaloux, visitant l’iniquité des pères sur les enfants en la troisième et quatrième génération de ceux qui me haïssent, et faisant miséricorde en mille générations à ceux qui m’aiment et gardent mes commandements. Tu ne prendras point le nom du Seigneur ton Dieu en vain, car Dieu ne tiendra point pour innocent celui qui prendra son nom en vain. Aie souvenance du jour du repos pour le sanctifier : six jours tu travailleras et feras toute ton oeuvre ; le septième c’est le repos du Seigneur ton Dieu, tu ne feras aucune oeuvre, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta chambrière, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dedans tes portes : car en six jours Dieu a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qui est en iceux et s’est reposé au septième jour : pourtant il a béni le jour du repos et l’a sanctifié. Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés sur la terre laquelle le Seigneur ton Dieu te donnera. Tu ne tueras point. Tu ne paillarderas point. Tu ne déroberas point. Tu ne diras point faux témoignage contre ton prochain. Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain et ne désireras point sa femme, ni son serviteur, ni sa chambrière, ni son boeuf, ni son âne, ni autre chose qui soit à lui.

 
 

Le Traité des Reliques,

par Jean Calvin

calvinreliques2.jpgUn quart de siècle après le scandale des indulgences qui avait poussé Luther à protester contre la mercantilisation du salut, Calvin s’attaque maintenant au culte des saints et au commerce des reliques. Son Traité des Reliques dénonce l’exploitation de la crédulité du peuple et les déviations idolâtres de l’adoration des restes supposés de saints. Véritable « No Logo » du 16ème siècle, cet ouvrage virulent vise à rétablir la simplicité de la foi et réduire le fatras pseudo théologique qui empêche la communication directe du croyant avec Dieu.

La retranscription en français courant faite par Jeanne Vincler, spécialiste du protestantisme lorrain, nous permet de redécouvrir un Calvin humoristique, presque truculent, loin de l’image d’austérité qu’on se fait de lui. En quelques pages enlevées et claires, il nous fait une démonstration limpide et amusante de la crédulité de ses contemporains et de l’exploitation éhontée qu’en fait un certain clergé.


Prix recommandé : 14 €


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Ampelos dans le Dauphiné Libéré

le-dauphine-libere.pngDès les origines la Réforme avait trouvé dans l’Ardèche et la Drôme un terreau favorable, des places fortes, des âmes hautes. Depuis toujours les huguenots d’ici ont eu à coeur d’écrire leur histoire, l’esprit étant dans l’écriture avec ou sans majuscules. Ecrire encore pour affirmer sa foi, mais aussi par fidélité aux ancêtres qui pouvaient être aussi bien princes que manents, et parfois galériens.
Les livres témoignent encore, comme les hauts lieux, et il existe des Itinéraires protestants qui sont fréquentés, surtout l’été, par des touristes venus d’Europe ou d’ailleurs. Généralement ils commencent par le musée de Poët-Laval, ou la maison de Marie Durand à Pranles.
Et voilà que, dans la meilleure tradition, le pasteur Pierre Merlet, né à Montélimar, vient de faire paraître ses souvenirs de 1945 à 1995, un livre fort sous un titre volontairement provocateur: « Le Protestantisme menacé par la Réforme » (éd. Onésime). L’ancien pasteur de Valdrôme ne dissimule ni la crise des vocations ni les difficultés de l’évangélisation. Mais la foi demeure à l’oeuvre.
Par ailleurs le petit-fils d’un instituteur de Loriol, Eric Peyrard, vient carrément de fonder, coup sur coup, deux maisons d’édition: Ampelos et Terre Natale, afin de faire connaître les plus belles pages du Protestantisme régional qui se confond avec l’autre. On peut ainsi lire du Jean-Frédéric Vernier qui, pour le Réveil du 19e s., avait passé 40 ans de sa vie à prêcher la Réforme, de ferme en ferme à travers la Drôme.
Comme ça, ou autrement, l’histoire continue dans l’écriture et la lecture.

Pierre Vallier

Apocalypse boursière ?

bourse2.jpgIl n’est de jour qu’on ne lise que telle société importante est maintenant au bord du gouffre, que telle autre, dont l’arrogance était proverbiale, va licencier 10 000 ou 50 000 employés, que tel « grand patron » jadis victorieux et conquérant en venait maintenant à mendier à l’Etat quelques milliards de l’argent des citoyens…

Et chaque semaine, avec une irrégularité qui permet encore quelques beaux profits et de nouvelles pertes, la Bourse (notez le B majuscule, comme dans la Babylone de l’Apocalypse) continue de descendre, faisant les unes des journaux et le désespoir des anciens « golden people ». Et chacun de courir se réfugier derrière qui, la religion, qui l’Etat, qui la politique… Et de sortir les vieilles prophéties, de dépoussierer les vieux clichés, de raviver les vielles haines et incompréhensions.

« Car tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien; et tu ne connais pas que tu es malheureux et misérable et pauvre, et aveugle et nu. » (Apoc. III, 17)

Mais s’il est parfois ironique de voir les anciens contempteurs de l’Etat, réclamer maintenant son intervention, s’il est amusant de voir les belles certitudes arrogantes des puissants s’effondrer face aux désastres qu’ils n’arrivent pas à controler, il ne faut pas oublier que des centaines de milliers d’indivivus y perdent leurs économies, leurs retraites, leurs emplois. Et s’imaginer qu’une crise financière viendra « purger » ou purifier un système économique complexe et imparfait risque d’être illusoire et frustrant.

labelfinansol.jpgLa crise n’est pas l’Apocalypse! Elle n’annonce pas le Jugement dernier; c’est un soubressaut d’un marché complexe (sur le sujet, lire le très bon livre de Jean-Jacques Perquel sur le Marché financier américain) qui tour à tour bénéficie et pâtit de la mondialisation des échanges. Et au milieu de cette crise, au hasard d’une lecture d’un récent dossier de Réforme , un commentaire intéressant du Président de Finansol qui rappelle que l’épargne solidaire, investie dans des sociétés non cotées, est peu affectée par la crise boursière. Même chose pour Oikocredit qui fait du microcrédit pour des projets de développement.

charleswagnersamaritain.jpg

Ceux qui ont misé (joué?) sur les « valeurs de croissance » se retrouvent, ruinés; ceux qui ont misé sur les valeurs humaines n’ont rien perdu…. Dieu a le sens de l’humour, et il ne cesse de nous rappeller qu’au modèle du « golden boy » il préfère celui du Bon Samaritain.

Voyage d’un François en Virginie,

par Durand du Dauphiné

durandvoyage.jpgAprès une vie bien remplie de hobereau local, noble Durand, un protestant drômois de Die en Dauphiné, se prépare à passer en paix ses dernières années dans sa Drôme natale. Mais Louis XIV a décidé d’extirper l’ « hérésie », et Durand, huguenot pieux et déterminé échappe de justesse aux dragons et s’enfuit à travers la Provence.

Quelques jours plus tard, il apprend le pillage de sa maison et la conversion de sa fille. Il décide alors de partir, bravant l’Edit royal qui lui interdit de quitter le royaume et s’embarque pour l’Espagne puis l’Angleterre. A Londres, une de ces « fortunées contrées où l’on prêche la vérité sans aucun trouble », il cède à la propagande de peuplement des colonies et s’embarque pour le Nouveau Monde.

Partout où il passe, Durand se fait des amis, et malgré des épreuves fréquentes, il gardeindianslunching.jpg une foi inébranlable et un optimisme impressionnant. Son récit empreint d’une piété sincère nous fait découvrir un homme qui au soir de sa vie s’éprend d’un nouveau pays, se passionne pour son potentiel agricole, ses habitants et ses capacités de développement et décide de convaincre ses co-religionnaires de l’intérêt de s’y installer.

On n’en sait pas plus sur Durand ; où s’est il installé et quand est il mort ? Mais ce huguenot Drômois forte tête et attachant nous a laissé un document unique sur deux phénomènes majeurs du XVIIème siècle : la fuite des Huguenots de France et le peuplement des futurs Etats-Unis. Son témoignage de première main aide à comprendre la culture et la mentalité des huguenots du Refuge (voir les ouvrages de Weiss) et compléte d’autres récits comme ceux de Fontaine et Samuels de Pechels.

Cet ouvrage abondamment illustré est passionnant pour qui s’intéresse à l’histoire du protestantisme comme à celle des débuts de la civilisation américaine.

Prix recommandé : 18 €

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Patronymes protestants cités dans nos ouvrages, A à C

Abbadie, : Weiss1

Achard, : Weiss1

Adolphe, : Weiss1

Agombard, : Weiss1

Agoust, d’ : Weiss1

Albert : Weiss1

Allaire : Weiss1

Allix : Weiss1

Amyraut : Weiss1

Ancillon : Weiss1

André : Weiss1

Anières, d’ : Weiss1

Arbouin : Weiss1

Ardouin : Weiss1

Arnaud : Weiss1

Arzilliers, d’ : Weiss1

Asche : Weiss1

Astruc : Weiss1

Aubigné, d’ : Weiss1

Audruy : Weiss1

Avaux, d’ : Weiss1

Avejan, d’ : Weiss1

Tu veilleras, par Charles Wagner

Prière trouvée dans les papiers de Charles Wagner, après sa mort.

« Tu veilleras, »

Quand je dormirai du sommeil qu’on nomme la mort,
c’est dans ton sein que je reposerai.
Tes bras me tiendront comme ceux des mères tiennent les enfants endormis.
Et Tu veilleras.

Sur ceux que j’aime et que j’aurai laissés,
sur ceux qui me chercheront et ne me trouveront plus,
sur les champs que j’ai labourés, Tu veilleras.

Ta bonne main réparera mes fautes.
Tu feras neiger des flocons tout blancs sur les empreintes de mes pas égarés;
tu mettras ta paix sur les jours évanouis, passés dans l’angoisse;
tu purifieras ce qui est impur.

Et de ce que j’aurai été moi, pauvre apparence, ignorée de moi-même
et réelle en toi seul, tu feras ce que tu voudras.
Ta volonté est mon espérance, mon lendemain, mon au-delà, mon repos et ma sécurité.
Car elle est vaste comme les cieux et profonde comme les mers;
les soleils n’en sont qu’un pâle reflet,
et les plus hautes pensées des hommes n’en sont qu’une lointaine image.

En Toi je me confie. A Toi je remets tout.

Extrait du recueil : l’Evangile et la Vie

L’invention de la tolérance,

par Frank Puaux

Puaux Tolérance Couv1A la fin du XVIIème siècle, les persécutions contre les huguenots puis la Révocation de l’Édit de Nantes durcissent le sort des protestants français. Pourtant, parmi les intellectuels protestants exilés, se développe non pas un esprit de rancœur et de revanche, mais une philosophie de la tolérance religieuse qui prend son origine avec Castellion, sera illustrée avec brillant par Bayle et qui inspirera les Encyclopédistes.

Frank Puaux nous livre les détails des approches diverses, (et des polémiques) qui accompagnent ce développement philosophique. Pour la première fois en Europe, une nouvelle école de pensée d’origine religieuse se libère de l’esprit de chapelle et de revanche pour élaborer un vivre ensemble moderne et poser les bases du respect des convictions autres.

Frank Puaux a été Président de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français et un des fondateurs du Musée du Désert. Il a écrit de nombreux ouvrages sur le protestantisme en particulier sur les Camisards et la période du Désert.

Prix public : 18 €

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Les Abjurations des protestants provençaux

appyforceztome2couv.jpgDans les quelques années qui précédèrent la Révocation de l’Edit de Nantes, des milliers de protestants furent forcés de se convertir, par la contrainte physique, financière ou psychologique.

Françoise Appy, historiennespécialiste du protestantisme provençal nous a présenté dans le Tome 1 la détresse de ces convertis et leurs motivations ainsi que et l’intolérance et les méthodes de leurs «missionnaires bottés».

Ce Tome 2 est le résultat d’années d’étude des archives locales, registres d’abjurations et registre de la Compagnie pour la Propagation de la Foi. Il liste, village par village, des centaines d’abjurants avec le détail de leur famille. Un index par nom de famille facilitera la tâche du généalogiste recherchant ses ancêtres huguenots et la liste impressionnante des sources permettra à l’amateur d’approfondir le sujet.

Un document clé pour la généalogie protestante et la généalogie provençale.

Prix recommandé : 18 €

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La dernière lettre de Jean Vinard, mort au front en 1915

jeanvinard.jpgLettre de Jean Vinard à ses parents
quelques jours avant sa mort, au front en 1915,

extrait de « Restera-t-il seulement un Noë » de P. Vinard

 

« Dans la lutte suprême qui commence toutes mes pensées vont vers vous, comme je sais que vous êtes avec moi. Priezpour moi… Je vous aime infiniment et ai toujours confiance. Vive la France…

… Je ne crois rien vous cacher en vous disant que la lutte finale est proche… Il vous faudra du courage et surtout une entière confiance. Peut-être resterez vous longtemps sans nouvelles, il ne faudra jamais désespérer. Pour moi, malgré les révoltes passagères inévitables, je suis calme et je veux le rester. De toute mon âme, de toutes mes forces, je pense à vous tous et à René* et je sens que les liens qui nous attachent les uns aux autres ne peuvent se briser.

Oui, en dehors du corps il y a l’âme ; et nos âmes sont chacune une parcelle de l’Esprit universel. Au-dessus de nous il y a cet Idéal vers lequel nous tendons parfois et vers lequel nous voulons tendre et qui est le même pour tous. Le but de la vie, c’est de tâcher de réaliser cet Idéal avant le terme qui nous est assigné.

Si, à un moment quelconque, nous arrivions à nous élever au-dessus de nous-mêmes et à atteindre cet Idéal, nous aurions vécu, et la vie serait pour nous banale, puisque fatalementnous retomberions de ces hauteurs où l’homme ne peut se maintenir (comme l’ont dit Platon, Maine de Biran, ettant d’autres).

Pour nous soldats, l’Idéal est là sans tache devant nos yeux : d’une manière absolue et désintéressée, donner joyeusementsa vie pour les autres. Quelplus bel Idéal peut-on rêver !

Si donc nous mourrons la joie dans les yeux, c’est que nous aurons vécu. Qu’importe l’âge ! Le temps n’est rien dans l’Eternité !

Mais maintenant, je sais que cet Idéal est très difficile à atteindre, et que beaucoup succombent dans une révolte des sens complète, parce qu’ils n’ont pas su vouloir réaliser l’Idéal qui leur était proposé ; et c’est alors pour eux la défaite morale avant la victoire de la mort sur eux.

Oui, dans la mêlée, ce qui nous fait peur, ce n’est pas la mitraille, les obus, le feu, les vapeurs asphyxiantes ; mais c’est de sentir à certains moments, la confiance en soi et le calme vous abandonner, c’est de sentir qu’on n’a plus foi en l’idéal.

Eh bien ! À ce moment-là, et de toutes ses forces, il faut vouloir, il faut sentir que l’on veut et que d’autres veulent avec vous. Puisque nous croyons à une âme unique, dont les nôtres ne seraient que des parcelles, si nous croyons à l’Universalité de la Pensée, nous admettons par cela même la communion la plus intime qui puisse exister entre nos âmes. Ce que je vous demande donc, c’est de vouloir de toutes vos forces avec moi, et je me sentirai soutenu.

Christ a voulu, et il a triomphé, son Esprit est toujours là qui nous enveloppe et il peut vouloir encore. Oui, soyons en communion avec lui, les uns avec les autres, et alors nous serons calmes jusqu’à la mort.

Ma chère maman, ce que tu as toujours voulu, c’est que nous soyons heureux ; eh bien, si la mort vient pour moi, sache qu’à mon dernier moment, je serai divinement heureux, parce que j’aurai foi en l’Idéal. Et si, comme malgré tout je le crois, le revoir nous est accordé sur cette terre, tu me rappelleras cette lettre et tu m’aideras à marcher vers l’idéal »

* Un de ses frères, lieutenant du génie, qui prenait part aux attaques.

Cette lettre est extraite de « Restera-t-il seulement un Noë » de P. Vinard, le journal d’un protestant drômois durant la Grande Guerre (14-18) publié aux Editions Ampelos.