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Changer le monde!

« Seuls les fous qui croient pouvoir changer le monde y parviennent».

henri dunantCette remarque d‘Henry Dunant sonne de plus en plus juste.

En cette rentrée 2009 de multiples commémorations peuvent servir à nous rappeler que ceux qui ont fortement contribué à changer le monde sont souvent partis avec une espérance forte mais des chances de réussite très minces.

Il y a 500 ans, qui aurait pu imaginer l’importance que prendrait la pensée de Calvin,  l’ouverture du message de l’Évangile à tous, la liberté offerte par le libre arbitre et la  séparation des pouvoirs religieux et civils qui annonçait le monde moderne. Mordant et sarcastique dans le Traité des Reliques ou engagé et courageux dans l’excuse aux Nicomédites, Calvin, le premier grand intellectuel de langue française balaie les croyances du passé et prépare un réveil intellectuel qui est encore en mouvement aujourd’hui.

A Solférino, il y a 150 ans, Henri Dunant, un jeune homme d’affaire suisse est horrifié par le sort des blessés laissés à mourir sur le champ de bataille: son idée d’une organisation neutre portant secours à tous les blessés quelque soit leur appartenance nationale deviendra la Croix Rouge.

En 1939, la CIMADE est créée pour venir en aide à l’origine aux populations évacuées d’Alsace et de Lorraine, puis aux internés des camps d’internement instaurés par l’administration de Vichy. Très vite, ses équipiers s’engageront dans le sauvetage des Juifs et organiseront, au péril de leur vie, des filières de refuge en Suisse ou dans les campagnes françaises. Aujourd’hui, elle assiste les étrangers dans les centres de rétentions.

Ces trois exemples qui nous sont proches nous démontrent une fois de plus que des individus inspirés et déterminés, peuvent, même sans moyens particuliers, changer, sinon le monde, du moins leur partie du monde. Alors, malgré la morosité d’une crise ambiante, comme Calvin, Dunant, les équipiers de la CIMADE et bien d’autres, laissons nous inspirer et soyons assez fous pour penser que chacun d’entre nous peut, à sa façon et dans son périmêtre,  changer le monde et le rendre meilleur.

Souvenir de Solférino,

Henry Dunant

dunantsolferino4Présent, par hasard, sur le champ de bataille de Solférino en 1859, Henry Dunant est horrifié par le carnage dont il est témoin, et par le sort des quarante mille blessés et mourants abandonnés dans la boue sans assistance. Immédiatement, il organise des secours avec l’aide des paysans locaux, sans distinction de nationalité pour l’assistance apportée aux blessés.
A la suite de cette expérience, il formule trois propositions. : la création de sociétés de secours pour apporter de l’aide aux blessés en temps de guerre, le recrutement et la formation d’ infirmiers reconnus par les armées et un «un principe international, conventionnel et sacré» dans un texte officiel signé par les états : la première convention de Genève.

Ce petit livre qui, entre horreur et compassion, a lancé une révolution humanitaire ne pose qu’une question, ne lance qu’un seul défi aux puissances temporelles et aux citoyens : «N’y aurait-il pas moyen, pendant une époque de paix et de tranquillité, de constituer des sociétés de secours dont le but serait de faire donner des soins aux blessés, en temps de guerre, par des volontaires zélés, dévoués et bien qualifiés pour une pareille oeuvre ?»

Depuis 150 ans et avec la création de la Croix Rouge, cette question a fait son chemin avec le succès que l’on sait ; peut-être serait il temps de la poser sur d’autres sujets…Après tout, comme le disait Henry Dunant : « Seuls les fous qui croient pouvoir changer le monde y parviennent ».

Prix recommandé : 12 €

Isaac Casaubon, intellectuel européen de la Renaissance

par LJ Nazelle

Isaac CasaubonÉtudiant dans l’Académie fondée par Calvin, Isaac Casaubon en obtient la chaire de grec à 24 ans. Jeune prodige qui avait appris le grec avec son père, cachés dans une grotte de la Drôme durant les guerres de Religion, Isaac Casaubon deviendra un des plus brillants hellénistes de son temps.

Ses relations avec Théodore de Bèze et les savants de passage à Genève, son mariage avec la fille d’Henry Estienne, le grand imprimeur et éditeur protestant le promettent à un avenir prestigieux. Mais il est difficile de faire carrière dans en France lorsqu’on est un fervent huguenot.

Manipulé par les conseillers du roi lors de la controverse de Fontainebleau entre Du Plessis Mornay et le cardinal Du Perron, il sera désavoué par ses amis protestants qui le trouvent trop « tiède » comme par les catholiques qui n’arrivent pas à le convertir. Devant l’opposition des jésuites, Henri IV ne pourra pas le nommer au Collège de France et lui confiera à la place sa Bibliothèque. Mais malgré une relative aisance, et la possibilité de pratiquer sa religion, Casaubon n’est pas satisfait et cèdera aux appels du roi d’Angleterre dont il deviendra un des conseillers théologiques les plus écoutés. Ami de deux rois, savant de grande renommée, il mourra à Londres, regrettant la France mais célèbre dans toute l’Europe.

En sus des ses nombreux ouvrages d’érudition et traduction du grec, il a laissé un journal, Les Éphémérides, passionnante relation du quotidien d’un intellectuel croyant du XVIème siècle, balloté par les évènements de son temps.

Prix recommandé : 19 €

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On ira tous au paradis (fiscal)

bourse2.jpgÇa y est, à l’approche de Pâques, nous en avons enfin la liste… Pour tous ceux qui se demandaient s’ils étaient prédestinés (année Calvin oblige!), il est maintenant facile d’aller au paradis; on découvre en effet (si on ne le savait pas encore), que notre beau pays est entouré de ces paradis: Suisse, Andorre, Monaco, Luxembourg, Iles Anglo-Normandes (et encore ne compte t on pas la Belgique, si accueillante aux grandes fortunes récentes françaises, ni le Royaume Uni…).

Étrange, d’ailleurs ce vocable paradisiaque,  pour désigner les lieux où se retrouvent les impôts impayés, ou plutôt les corporations qui ne veulent pas payer d’impôt; dans le glossaire de l’entreprise, le paradis serait donc le lieu où l’on ne partage pas, où l’on garde pour quelque uns (grands actionnaires et management), la valeur ajoutée créée par tous… Sans doute est-ce une astuce de communication de rebaptiser (si j’ose dire) le centre de l’avidité et souvent de l’illégalité d’un vocable à la promesse attrayante. George Orwell aurait apprécié…

Charles Wagner : Le Bon Samaritain

Rien à voir, bien sur, avec le paradis  promis par l’Écriture; un paradis pour ceux qui donnent, gratuitement, pour ceux qui partagent, qui souffrent avec.  Dans « Le Bon Samaritain« , Charles Wagner nous met en garde: « Une autre loi s’élabore lentement dans le mauvais fond de notre cœur, alimentée par les éléments troubles et malfaisants du milieu, et cette loi la voici : « Ton Dieu c’est toi même et tu t’offriras ton prochain en sacrifice;« Il nous décrit ensuite les mécanismes de cette « mauvaise loi » dont le résultat concret est que « … l’œuvre de Dieu, sa volonté, ses créations, ses semailles longues et laborieuses à travers les siècles, tout cela est là pour mon seul profit et le prochain est ma chose, le jouet de mon orgueil, de mon plaisir, de mon caprice. Littéralement, Je m’offre le prochain.  »

Nous sommes là bien loin du repos éternel envisagé par le même Wagner à la mort de sonCharles Wagner : L'Ami fils : « Te savoir en sa main,  dans cette main où sont aussi les vivants, voilà notre suprême refuge dans la peine.« (L’Ami).  Une vision très simple mais radicale par sa simplicité du paradis, pas du tout une prolongation « éternelle » de la vie, comme le précise Wagner, pas du tout comme si  » on entrerait avec armes, bagages et titres, au banquet céleste où subsisteront les hiérarchies et la satisfaction invétérée de se sentir premier« . Un paradis où les privilèges n’ont plus cours, les richesses ne sont plus les mêmes, la puissance n’appartient qu’à Dieu. Un paradis qui ne serait donc pas un repaire de privilégiés échappant à leurs devoirs fiscaux, mais plutôt une occasion de vivre dans l’éternité de tout l’amour pour son prochain que chacun a l’occasion d’exercer durant son passage terrestre.

Quant à ceux  qui vont redoubler d’ingéniosité pour mettre « à l’abri » leur contribution à la société, Esaïe nous les décrit clairement : « Leurs pensées sont des pensées d’iniquité. Le ravage et la ruine sont sur leur route.Ils ne connaissent pas le chemin de la paix, et il n’y a point de justice dans leurs voies. Ils prennent des sentiers détournés … » (Esaie LIX, 7-8)

Traité des Hérétiques

, par Sébastien Castellion

« Tuer un homme, ça n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme ! »

Castellion Hérétiques couv 1 V2Engagé au cœur de la Réforme du 16ème siècle, Sébastien Castellion est un exemple éclatant d’intellectuel courageux. Disciple de Calvin à Strasbourg puis régent du Collège de Rive fondé par Calvin à Genève, il n’hésite pas à s’opposer à lui et à son entourage. Homme de science (ses traductions de la Bible en Latin puis en Français furent remarquées dès leur parutions) , de foi et de courage, (durant l’épidémie de peste de 1543, il va à l’hôpital de Genève assister les malades alors que les pasteurs calvinistes s’y refusent), il n’admet pas les compromissions et les hypocrisies de la théocratie genevoise et s’exile à Bâle où il survivra dans la misère.

Mais c’est l’exécution de Miguel Servet sur un bûcher dressé par les genevois calvinistes qui le poussera à écrire le « Traité des Hérétiques ». Avec un style acéré, une grande connaissance des Écritures et des écrits de son temps, une pointe d’ironie et une bonne dose de courage, Castellion attaque le droit jusqu’alors accepté, des puissants à imposer,par le fer et le feu, leurs opinions à leurs sujets.  Cet ouvrage consommera sa rupture avec Calvin qui se lancera dans d’hypocrites explications pour se justifier du supplice de Servet auquel il prétend d’ailleurs n’avoir rien à voir. Sans peur et sans provocation, Castellion répondra alors à la justification de Calvin en la démontant point par point.

Ouvrage précurseur et fondateur, le « Traité des Hérétiques »jette les bases philosophiques de la tolérance religieuse, et annonce la philosophie des Lumières.

Il inspirera Bayle et les philosophes du Refuge qui poseront les base philosophiques du vivre ensemble moderne.

Prix recommandé : 19 €

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Rabbit is dead!

Un titre étrange pour un éditorial dédié à la Réforme et ses représentants, mais qui n’étonnera pas les amateurs de littérature américaine. Rabbit, c’est bien sur le personnage phare des premiers romans de John Updike, ce géant des lettres disparu il y a quelques semaines.

john-updike.jpgDans plus de 20 romans, et une douzaine de recueils de nouvelles, John Updike nous décrit les péripéties de la vie de l' »American  small town, Protestant middle class ». Ses personnages sont toujours humains, tiraillés entre leurs aspirations morales et spirituelles et leur gout du plaisir et des transgressions. Tout au long des 50 dernières années, nous partageons le quotidien et les secrets des américains moyens, leurs interrogations, leurs abandons, leur prospérité matérielle grandissante et leur insécurité spirituelle. Car John Updike, connu pour ses chroniques de l’adultère de la classe moyenne était aussi un protestant convaincu, inspiré par Karl Barth et Kierkegaard; les personnages de pasteurs, fils de pasteurs ou femme de pasteurs sont nombreux dans ses romans, et sa théologie est sans doute clairement exprimée dans une tirade de Fritz Kruppenbach, le pasteur luthérien de « Run, Rabbit, Run »: « When on Sunday morning, then, when you go out before their faces, we must walk up not worn out with misery but full of Christ, hot with Christ, on fire: burn them with the force of our belief. This is why they come; why else would they pay us? Anything else we can do and say anyone can do and say. They have doctors and lawyers for that… »

Quelques décades plus tard, dans « Roger’s version » il confrontera sa théologie barthienne avec celle d’un étudiant évangélique dans un roman qui mêle théologie, sexe et Tertullien.

Profondément humain, profondément croyant, seul face à Dieu, conscient de ses faiblesses et reconnaissant pour la grâce qui seule peut le sauver, Updike était probablement non seulement le plus important, mais le aussi le plus abordable écrivain protestant du 20ème siècle. Peu d’auteurs ont su intégrer aussi harmonieusement une théologie exigeante et une tolérance large pour les limitations morales de nos contemporains; Updike, tendre moraliste, nous accompagne dans toutes les périgrinations de l’âme moderne.

We’ll miss you, Rabbit!

Le rêve de Martin Luther King

obama.jpgUn rêve : 40 ans après l’assassinat du pasteur King, Barack Obama est élu président des États Unis.

Un rêve : après 8 ans de vaches maigres pour beaucoup (et de vaches grasses pour certains), la première puissance mondiale se donne un président qui veut répartir plus équitablement les richesses, protéger l’environnement et maintenir les libertés individuelles.

Un rêve ancien déjà; les rappels historiques du discours d’investiture remontent aux pères fondateurs et au colons qui les ont suivis, colons dont beaucoup, (comme les durandvoyage.jpgancêtres de Joe Biden) étaient des huguenots chassés de France. Il faut lire l’histoire des milliers de français qui mirent voile vers le Nouveau Monde; il est édifiant de voir comment, en 1687 déjà, ce pays attirait par ses promesses de liberté religieuse et de tolérance. Durand, huguenot du Dauphiné nous dit son étonnement et son plaisir de se trouver en Virginie où il peut pratiquer sa foi sans contrainte. Il faut lire ses récits de ses périples dans une contrée industrieuse où cet aristocrate français découvre les vertus d’un peuple laborieux et inventif.

wagneramerique.jpgEt plus près de nous encore, un livre clé pour comprendre l’Amérique d’Obama dans sa continuité historique: au début du siècle passé, Charles Wagner, le pasteur humaniste bien connu est invité à précher à la Maison Blanche par Théodore Roosevelt (lui aussi descendant de huguenots). Il en rapporta un livre passionnant sur l’Amérique de la révolution industrielle, sur ses progrès et ses contradictions, sur ses succès et ses erreurs. Mais surtout, il sut bien comprendre la religiosité des américains, l’importance toujours présente de la religion dans la société civile et leur rapport très protestant à Dieu et aux églises. Un livre clé pour aborder la religion en Amérique.

Un rêve encore, entendre dans le discours d’inauguration d’Obama son interprétation personnelle et pleine d’espoir de la fameuse devise « In God we trust » : « C’est là la source de notre confiance, le fait de savoir que Dieu nous appelle pour façonner un destin incertain. « 

Voyage au cœur de l’Amérique,

par Charles Wagner

wagneramerique.jpgInvité à prêcher à la Maison Blanche par Théodore Roosevelt, le Président des Etats-Unis, Charles Wagner, un pasteur français connu pour son humanisme traverse l’Atlantique. Il découvre un pays étonnant et attachant, direct et vivant aux habitants pleins de spontanéité. Au fil des jours, Charles Wagner nous fait partager avec la vision claire et optimiste d’un français progressiste, son étonnement, son admiration, ses désaccords aussi.

Particulièrement intéressé par le fait religieux, Wagner nous livre ici une description de l’état d’esprit des Etats-Unis au début du XXème siècle qui aide à comprendre l’évolution de ce pays dans les 100 ans qui suivirent. Aujourd’hui encore, son analyse permet de mieux comprendre la place de la religion aux Etats-Unis, son influence dans la sphère civile et les relations privilégiées entre les présidents et les autorités religieuses.

Charles Wagner est un des écrivains français les plus publiés du début du 20ème siècle. Ses nombreux ouvrages furent traduits en plus de 20 langues et il fonda « Le Foyer de l’Âme », précurseur français des « megachurch » américaines.

© Editions Ampelos 2009

Prix recommandé : 20 €


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Bonne Année Calvin !

Enfin 2009, le tant attendu 500ème anniversaire de la naissance de Jean Calvin! Déjà préparé par les principales églises réformées de Suisse, France, États-Unis, Hollande et autres pays à population calviniste, le voilà officiellement démarré….

chocolatcalvin.jpg Nous avons déjà du chocolat Calvin, suisse, bien sur, et délicieux parait-il, d’innombrables biographies et/ou hagiographies,  des célébrations pour occuper toute une année, des expositions, bientôt des porte-clés, sans doute, des T-shirts, des discours, des sites Web etc… tout cela pour « honorer » un homme qui s’est fait enterrer en secret justement pour éviter ce genre d’idôlatrie.

Pour ne pas être en reste, les Editions Ampelos ont donc décidé de se mettre de la partie, mais à leur façon, une façon que Calvin n’aurait sans doute pas (toujours) désavouée… Nous commencerons en publiant un de ses plus amusants (oui, amusants, vous avez bien lu..) ouvrages, le Traité des Reliques, réédité en français moderne pour ne rien perdrecalvinreliques2.jpg de la saveur et de la verve de cet ouvrage. Et puis chaque mois, nous continuerons notre travail iconoclaste en publiant selon l’humeur des ouvrages de contemporains ou disciples de Calvin, des opposants aussi, Castellion par exemple, et plus généralement de nombreux auteurs s’appuyant sur les apports de la doctrine et la méthode calvinienne: une analyse froide et claire des sujets de société basés sur la responsabilité individuelle du chrétien et sa foi en une grâce gratuite mais exigeante.arnaudvaudoiscouv.jpg

Très tôt l’influence théologique de Calvin rayonna parmi ses contemporains; la publication en 1536 de l’Institution de la Religion Chrétienne permit l’unification des nombreux mouvements qui se réclamaient d’une Eglise proche de l’Eglise d’origine et moderne dans sa théologie. Dans son ouvrage sur les Vaudois du Dauphiné, E. Arnaud nous raconte la « conversion » des Vaudois au « protestantisme.

Sa vie d’errances et de fuite (jusqu’à ses 20 dernières années qu’il passa à Genève) fût sans nul doute une Puaux Tolérance Couv1inspiration pour les milliers de huguenots fugitifs qui quittèrent la France à la Révocation.  Malgré quelques erreurs importantes (Servet, Castellion, « Sorciers » ..) sa philosophie claire et imprégnée de l’enseignement de la Bible fût aussi l’inspiration pour la génération de philosophes qui inventa la tolérance et prépara les Lumières. Dans les siècles qui suivirent, de très nombreux penseurs se réclamérent ou s’inspirérent de sa pensée; Weber lui attribua les fondements de l’éthique du capitalisme et au début du XXème siècle, le mouvement du Christianisme Social prôna un rapprochement entre Christianisme et socialisme. Plus près de nous, l’intense activité de résistance et de sauvetage des Juifs déployée par de nombreux protestants français (mais aussi allemands, suédois, hollandais etc..) doit beaucoup à l’idée calvinienne qu’à Dieu Seul la Gloire (Deo Soli Gloria) et qu’on doit s’opposer aux gouvernements des hommes qui sont contraires aux enseignements de Dieu.

Aujourd’hui encore, son héritage est disputé, mais nous aimons mieux dire que, comme tout arbre vigoureux, sa pensée s’est développée en de multiples branches qui partent dans toutes les directions.

Mais toutes pointent vers le ciel…

Confession de foi de Calvin de 1537

Cette confession de foi fut rédigée par Calvin et Farel pour être collectivement confessée par les habitants de Genève. La réticence des habitants la confesser publiquement contribua au départ de Calvin  de Genève pour Strasbourg en 1538. En 1541 il reviendra à Genève où il établira une république théocratique.

CONFESSION DE LA FOI, LAQUELLE TOUS
BOURGEOIS ET HABITANTS DE GENÈVE ET SUJETS
DU PAYS DOIVENT JURER DE GARDER ET TENIR,

Comme enfants naguère nés, désirez le lait raisonnable et qui est sans fraude.Soyez appareillés à répondre à chacun qui vous demande raison de l’espérance qui est en vous.Si quelqu’un parle, que ce soit les paroles de Dieu. (I Pierre 2. 3. 4). 

I. LA PAROLE DE DIEU.

Premièrement nous protestons (déclarons) que pour la règle de notre foi et religion nous voulons suivre la seule Ecriture, sans y mêler aucune chose qui ait été controuvée (inventée) du sens des hommes sans la Parole de Dieu : et ne prétendons pour notre gouvernement spirituel recevoir autre doctrine que celle qui nous est enseignée par icelle Parole, sans y ajouter ni diminuer, ainsi que notre Seigneur le commande.

II. UN SEUL DIEU.

Suivant donc l’institution qui est contenue aux saintes Ecritures, nous reconnaissons qu’il y a un seul Dieu,, lequel nous devons adorer et auquel nous devons servir, auquel nous devons mettre toute notre fiance (confiance) et espérance : ayant cette assurance qu’en lui seul est contenue toute sapience (sagesse), puissance, justice, bonté et miséricorde. Et comme il est Esprit, qu’il le faut servir en esprit et en vérité. Et pourtant reputons (estimons que c’est) une abomination de mettre notre fiance ni espérance en créature aucune, d’adorer autre que lui, soit anges ou autres créatures quelconques, et de reconnaître autre Seigneur de nos âmes que lui seul, soit saints ou saintes, ou hommes vivants sur la terre: pareillement de constituer le service qui lui doit être rendu en cérémonies extérieures et observations charnelles, comme s’il se délectait en telles choses, de faire image pour représenter sa divinité ni aussi autre image pour adorer.

III. LOI DE DIEU, SEULE POUR TOUTES.

Pourtant qu’il est le seul Seigneur et maître qui a la domination sur nos consciences et aussi que sa volonté est la seule règle de toute justice, nous confessons que toute notre vie doit être réglée aux commandements de sa sainte loi, en laquelle est contenue toute perfection de justice, et que ne devons avoir autre règle de bien vivre et justement, ni inventer autres bonnes oeuvres pour complaire à lui que celles qui y sont contenues, ainsi qu’il s’ensuit : Exode XX.

je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai tiré hors de la terre d’Egypte, de la maison de servitude. Tu n’auras point d’autres dieux devant moi. Tu ne te feras aucune image ni semblance des choses qui sont au ciel là-sus, ni en la terre çà-bas, ni ès eaux dessous la terre ; tu ne leur feras inclination et ne leur serviras, car je suis le Seigneur ton Dieu, fort, jaloux, visitant l’iniquité des pères sur les enfants en la troisième et quatrième génération de ceux qui me haïssent, et faisant miséricorde en mille générations à ceux qui m’aiment et gardent mes commandements. Tu ne prendras point le nom du Seigneur ton Dieu en vain, car Dieu ne tiendra point pour innocent celui qui prendra son nom en vain. Aie souvenance du jour du repos pour le sanctifier : six jours tu travailleras et feras toute ton oeuvre ; le septième c’est le repos du Seigneur ton Dieu, tu ne feras aucune oeuvre, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta chambrière, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dedans tes portes : car en six jours Dieu a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qui est en iceux et s’est reposé au septième jour : pourtant il a béni le jour du repos et l’a sanctifié. Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés sur la terre laquelle le Seigneur ton Dieu te donnera. Tu ne tueras point. Tu ne paillarderas point. Tu ne déroberas point. Tu ne diras point faux témoignage contre ton prochain. Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain et ne désireras point sa femme, ni son serviteur, ni sa chambrière, ni son boeuf, ni son âne, ni autre chose qui soit à lui.

 
 

Le Traité des Reliques,

par Jean Calvin

calvinreliques2.jpgUn quart de siècle après le scandale des indulgences qui avait poussé Luther à protester contre la mercantilisation du salut, Calvin s’attaque maintenant au culte des saints et au commerce des reliques. Son Traité des Reliques dénonce l’exploitation de la crédulité du peuple et les déviations idolâtres de l’adoration des restes supposés de saints. Véritable « No Logo » du 16ème siècle, cet ouvrage virulent vise à rétablir la simplicité de la foi et réduire le fatras pseudo théologique qui empêche la communication directe du croyant avec Dieu.

La retranscription en français courant faite par Jeanne Vincler, spécialiste du protestantisme lorrain, nous permet de redécouvrir un Calvin humoristique, presque truculent, loin de l’image d’austérité qu’on se fait de lui. En quelques pages enlevées et claires, il nous fait une démonstration limpide et amusante de la crédulité de ses contemporains et de l’exploitation éhontée qu’en fait un certain clergé.


Prix recommandé : 14 €


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Ampelos dans le Dauphiné Libéré

le-dauphine-libere.pngDès les origines la Réforme avait trouvé dans l’Ardèche et la Drôme un terreau favorable, des places fortes, des âmes hautes. Depuis toujours les huguenots d’ici ont eu à coeur d’écrire leur histoire, l’esprit étant dans l’écriture avec ou sans majuscules. Ecrire encore pour affirmer sa foi, mais aussi par fidélité aux ancêtres qui pouvaient être aussi bien princes que manents, et parfois galériens.
Les livres témoignent encore, comme les hauts lieux, et il existe des Itinéraires protestants qui sont fréquentés, surtout l’été, par des touristes venus d’Europe ou d’ailleurs. Généralement ils commencent par le musée de Poët-Laval, ou la maison de Marie Durand à Pranles.
Et voilà que, dans la meilleure tradition, le pasteur Pierre Merlet, né à Montélimar, vient de faire paraître ses souvenirs de 1945 à 1995, un livre fort sous un titre volontairement provocateur: « Le Protestantisme menacé par la Réforme » (éd. Onésime). L’ancien pasteur de Valdrôme ne dissimule ni la crise des vocations ni les difficultés de l’évangélisation. Mais la foi demeure à l’oeuvre.
Par ailleurs le petit-fils d’un instituteur de Loriol, Eric Peyrard, vient carrément de fonder, coup sur coup, deux maisons d’édition: Ampelos et Terre Natale, afin de faire connaître les plus belles pages du Protestantisme régional qui se confond avec l’autre. On peut ainsi lire du Jean-Frédéric Vernier qui, pour le Réveil du 19e s., avait passé 40 ans de sa vie à prêcher la Réforme, de ferme en ferme à travers la Drôme.
Comme ça, ou autrement, l’histoire continue dans l’écriture et la lecture.

Pierre Vallier

Apocalypse boursière ?

bourse2.jpgIl n’est de jour qu’on ne lise que telle société importante est maintenant au bord du gouffre, que telle autre, dont l’arrogance était proverbiale, va licencier 10 000 ou 50 000 employés, que tel « grand patron » jadis victorieux et conquérant en venait maintenant à mendier à l’Etat quelques milliards de l’argent des citoyens…

Et chaque semaine, avec une irrégularité qui permet encore quelques beaux profits et de nouvelles pertes, la Bourse (notez le B majuscule, comme dans la Babylone de l’Apocalypse) continue de descendre, faisant les unes des journaux et le désespoir des anciens « golden people ». Et chacun de courir se réfugier derrière qui, la religion, qui l’Etat, qui la politique… Et de sortir les vieilles prophéties, de dépoussierer les vieux clichés, de raviver les vielles haines et incompréhensions.

« Car tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien; et tu ne connais pas que tu es malheureux et misérable et pauvre, et aveugle et nu. » (Apoc. III, 17)

Mais s’il est parfois ironique de voir les anciens contempteurs de l’Etat, réclamer maintenant son intervention, s’il est amusant de voir les belles certitudes arrogantes des puissants s’effondrer face aux désastres qu’ils n’arrivent pas à controler, il ne faut pas oublier que des centaines de milliers d’indivivus y perdent leurs économies, leurs retraites, leurs emplois. Et s’imaginer qu’une crise financière viendra « purger » ou purifier un système économique complexe et imparfait risque d’être illusoire et frustrant.

labelfinansol.jpgLa crise n’est pas l’Apocalypse! Elle n’annonce pas le Jugement dernier; c’est un soubressaut d’un marché complexe (sur le sujet, lire le très bon livre de Jean-Jacques Perquel sur le Marché financier américain) qui tour à tour bénéficie et pâtit de la mondialisation des échanges. Et au milieu de cette crise, au hasard d’une lecture d’un récent dossier de Réforme , un commentaire intéressant du Président de Finansol qui rappelle que l’épargne solidaire, investie dans des sociétés non cotées, est peu affectée par la crise boursière. Même chose pour Oikocredit qui fait du microcrédit pour des projets de développement.

charleswagnersamaritain.jpg

Ceux qui ont misé (joué?) sur les « valeurs de croissance » se retrouvent, ruinés; ceux qui ont misé sur les valeurs humaines n’ont rien perdu…. Dieu a le sens de l’humour, et il ne cesse de nous rappeller qu’au modèle du « golden boy » il préfère celui du Bon Samaritain.

Voyage d’un François en Virginie,

par Durand du Dauphiné

durandvoyage.jpgAprès une vie bien remplie de hobereau local, noble Durand, un protestant drômois de Die en Dauphiné, se prépare à passer en paix ses dernières années dans sa Drôme natale. Mais Louis XIV a décidé d’extirper l’ « hérésie », et Durand, huguenot pieux et déterminé échappe de justesse aux dragons et s’enfuit à travers la Provence.

Quelques jours plus tard, il apprend le pillage de sa maison et la conversion de sa fille. Il décide alors de partir, bravant l’Edit royal qui lui interdit de quitter le royaume et s’embarque pour l’Espagne puis l’Angleterre. A Londres, une de ces « fortunées contrées où l’on prêche la vérité sans aucun trouble », il cède à la propagande de peuplement des colonies et s’embarque pour le Nouveau Monde.

Partout où il passe, Durand se fait des amis, et malgré des épreuves fréquentes, il gardeindianslunching.jpg une foi inébranlable et un optimisme impressionnant. Son récit empreint d’une piété sincère nous fait découvrir un homme qui au soir de sa vie s’éprend d’un nouveau pays, se passionne pour son potentiel agricole, ses habitants et ses capacités de développement et décide de convaincre ses co-religionnaires de l’intérêt de s’y installer.

On n’en sait pas plus sur Durand ; où s’est il installé et quand est il mort ? Mais ce huguenot Drômois forte tête et attachant nous a laissé un document unique sur deux phénomènes majeurs du XVIIème siècle : la fuite des Huguenots de France et le peuplement des futurs Etats-Unis. Son témoignage de première main aide à comprendre la culture et la mentalité des huguenots du Refuge (voir les ouvrages de Weiss) et compléte d’autres récits comme ceux de Fontaine et Samuels de Pechels.

Cet ouvrage abondamment illustré est passionnant pour qui s’intéresse à l’histoire du protestantisme comme à celle des débuts de la civilisation américaine.

Prix recommandé : 18 €

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Patronymes protestants cités dans nos ouvrages, A à C

Abbadie, : Weiss1

Achard, : Weiss1

Adolphe, : Weiss1

Agombard, : Weiss1

Agoust, d’ : Weiss1

Albert : Weiss1

Allaire : Weiss1

Allix : Weiss1

Amyraut : Weiss1

Ancillon : Weiss1

André : Weiss1

Anières, d’ : Weiss1

Arbouin : Weiss1

Ardouin : Weiss1

Arnaud : Weiss1

Arzilliers, d’ : Weiss1

Asche : Weiss1

Astruc : Weiss1

Aubigné, d’ : Weiss1

Audruy : Weiss1

Avaux, d’ : Weiss1

Avejan, d’ : Weiss1