Archives pour la catégorie 14/18

La Grande guerre vue et vécue par les protestants

Noël 14, Des chrétiens dans la guerre

Noel 14 couv 1Noël 14 : déjà près de 500 000 jeunes soldats tués en moins de 6 mois d’une guerre qui était annoncée comme courte et victorieuse. L’illusion d’une fin rapide du conflit se dissipe, notamment pour ceux qui sont au front et leurs familles. L’Union Sacré des politiques a été lézardée très vite par l’infâme rumeur de lâcheté portée sur le XVème corps (« les régiments du midi »), par les fausses accusations sur les membres du clergé et par les manœuvres des profiteurs et des embusqués.

Les lettres de ce recueil datent toutes de cette période de Noël 14 ; elles montrent le désarroi de ces chrétiens confrontés à l’absence, souvent à la perte d’êtres aimés. Dans cette sélection émouvante, on retrouve tous les sujets que la censure et la propagande des journaux  voulaient masquer : les erreurs de l’État-Major et du gouvernement, le froid, la faim et la maladie, les pertes énormes et l’horreur de cette guerre « industrielle », les fraternisations et le pacifisme d’une partie des troupes.

Mais on y perçoit aussi l’espérance qu’un jour la victoire appartienne au Prince de la Paix et que les folies des hommes cèdent devant le message d’amour du christianisme.

Préface de Patrick Cabanel et Eric Peyrard

108 pages; prix public : 10 €
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La main de l’Éternel serait-elle trop courte ?

lettres de guerre de 1914 par Hélène et Henri Nick

Nick Lettres 14 couv1Pourquoi Dieu n’inter-vient-il pas pour empêcher cette guerre ?

Cette question, sous diverses formes, tenaille les croyants dès la déclaration de guerre.

Henri et Hélène Nick, chrétiens sociaux pacifistes, aspirent à un monde réconcilié, prémices du Royaume de Dieu. Ils vivent ce temps de guerre comme un échec. S’ils adhèrent à l’ « Union sacrée », la question essentielle demeure : comment témoigner de leur foi en un Dieu d’amour au milieu du cataclysme ?

Henri Nick s’engage comme aumônier dès août 1914 ; il a 46 ans !

Sur le front, il retrouve des jeunes hommes qui, la veille encore, fréquentaient le Foyer du peuple de Fives, œuvre d’évangélisation populaire qu’il a fondée en 1901. Rapidement, il poursuit auprès d’eux son ministère de pasteur et d’aumônier avec le soutien de sa famille réfugiée à Marseille qui, de son côté, assure aussi le lien avec certains réfugiés du Nord.

Ce document exceptionnel par sa richesse, l’est aussi par les personnalités atypiques d’Henri Nick et de son épouse. À une époque encore marquée par un anticléricalisme virulent, il illustre l’action essentielle d’un homme d’église au front et la capacité de réflexion et d’action d’un chrétien engagé face aux catastrophes de ce monde.

Le pasteur Henri Nick (1868-1954) est l’une des grandes figures du Christianisme social protestant. Pendant plus de cinquante années, il fait de l’évangélisation populaire dans le faubourg lillois de Fives. Conscient de l’importance du milieu dans la construction d’individualités libres, il se préoccupe aussi bien de la misère sociale que de la situation morale de celles et ceux qui fréquentent le Foyer du peuple.

Aumônier pendant la Première Guerre Mondiale, il s’illustre en 1916 lors des combats de Verdun puis de la Somme, durant lesquels il est blessé, ainsi qu’au Chemin des Dames en avril 1917.

De sensibilité socialiste, sans être un pacifiste radical, il soutient les revendications des objecteurs de conscience dans les années trente puis assiste des familles juives persécutées durant la Seconde Guerre mondiale. Il sera plus tard reconnu « Juste parmi les Nations ».

498 pages; prix public : 29€
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Une femme dans la Grande Guerre

par Madeleine Blocher-Saillens

Blocher Saillens Journal de Guerre couv1Quel triste dimanche ! dès le 2 Août 1914, lendemain de la déclaration de guerre, Madeleine Blocher Saillens comprends que la période qui commence ne sera pas une joyeuse marche victorieuse mais une longue épreuve meurtrière.
Qui mieux qu’une femme, croyante et féministe engagée qui deviendra la première pasteure baptiste française dans les années 30, pouvait avoir l’intuition de la folie des hommes et la décrire dans sa progression quotidienne telle qu’elle était ressentie à l’arrière ? Madeleine Blocher Saillens, femme de pasteur et fille du célèbre évangéliste Ruben Saillens analyse les nouvelles et l’impact de la guerre sur le quotidien des français avec l’intelligence d’une jeune femme aisée à la fibre sociale et la compassion d’une sœur de soldat et d’une mère de jeunes enfants.
Malgré un patriotisme fervent nous sommes loin du bellicisme fanfaron que la presse répandait à l’arrière, et sans douter de la victoire, elle se rend compte qu’ « elle sera durement achetée ! ce sera la banqueroute pour toutes les nations d’Europe. »
Un éclairage original et passionnant et un rare témoignage d’une femme sur la Grande Guerre.

prix public : 15€
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« un document très concret »  Gabrielle Cadier dans le BSHPF

Jean-Norton Cru, la « Vérité due aux poilus » contre les prix Goncourt

Vernier Cru Couv 1Ancien poilu, choqué par la « fausse beauté du carnage », un inconnu austère et méthodique vient démolir le beau consensus patriotique  en critiquant violemment les auteurs de récits de guerre à succès du moment.

Traitre ou imposteur pour certains, rénovateur de l’historiographie moderne pour d’autres, Jean Norton CRU ose, au nom de la Vérité due aux combattants, remettre en cause les mythes du patriotisme et du courage alimentés par les « marchands de gloire ».

Plus de 80 ans après la parution de son ouvrage clé , Témoins, Jean Norton Cru divise encore mais son apport à la vision des témoignages de guerre fait référence.

Jacques Vernier, pasteur de l’Église Réformée, passionné par l’histoire de l’Ardèche,  nous fait découvrir cette personnalité attachante et irritante. Il le suit depuis sa petite enfance polynésienne et ardéchoise jusqu’à sa vie aux États-Unis et ses séjours familiaux dans la Drôme. Il analyse les influences culturelles et religieuses de cet indigné rescapé de Verdun qui fit tant pour réhabiliter les témoignages des poilus et montre comment, après 50 ans d’oubli, Norton CRU ressurgit au tournant du 21ème siècle dans les débats autour de l’historiographie de la Grande Guerre.

Préface de Philippe Joutard, agrégé d’histoire et spécialiste du protestantisme

15€
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La victoire de Lorraine,

par Adrien Bertrand

Bertrand Lorraine couv 1Jeune socialiste pacifiste provençal « monté » à Paris, Adrien Bertrand est avant-guerre un fougueux journaliste politique et un poète reconnu. Ami de Clemenceau qui fut son témoin de mariage, il participe à de nombreux journaux politiques et fonde même une revue littéraire éphémère.

Mais la Grande Guerre va tout changer ; affecté à un régiment de dragons, son premier contact avec le front est la retraite que les troupes françaises effectuent en Lorraine après l’offensive allemande victorieuse. Par un extraordinaire hasard, il retrouve à ce moment son jeune frère, Georges Bertrand-Vigne qui est officier de Chasseurs alpins et les deux frères seront profondément marqués par l’horreur de cette retraite, ses causes réelles et la misère infligée aux populations civiles. Adrien Bertrand jure de ne pas démériter de la France et sera décoré pour bravoure quelques mois plus tard. Mais il doit être rapatrié à l’arrière pour raisons de santé et continuera son combat en écrivant un roman, l’Appel du sol, qui obtiendra, en 1916, le Prix Goncourt 1914.

La Victoire de Lorraine est son carnet de guerre,  une vision personnelle et engagée de ces premiers mois d’enfer et de l’évolution des mentalités françaises dans ces moments éprouvants.

Sa mort en 1917 fut, d’après Jean Norton Cru « une des pertes les plus cruelles que la littérature ait subies du fait de la guerre »

116 pages    ISBN : 978-2-35618-079-7 Prix : 14 €
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Carnets de route d’un officier d’Alpins

, par Georges Bertrand-Vigne

Bertrand-Vigne Carnets couv1Dieuze, Lorraine ; le 20 Août 1914 les troupes allemandes très supérieures en nombre forcent les troupes françaises du XXème, XVème et XVIème Corps d’Armée au repli. Le 24 Août, le sénateur Gervais accuse les « soldats du Midi » (qui composaient le XVème corps), de lâcheté : « Les troupes de l’aimable Provence ont été prises d’un subit affolement. » Le lendemain, Clémenceau écrit « On connaît la nature impressionnable des Méridionaux »… Malgré les protestations immédiates des élus méridionaux, l’opinion publique blâmera longtemps les soldats occitans pour  ce qui s’avéra être en fait une erreur stratégique de l’Etat-Major

Georges Bertrand-Vigne est au front à Dieuze ; dans ses Carnets il décrit heure par heure sa bataille, comme il nous raconte le reste de sa campagne de Lorraine, puis de la Marne. Son récit inspirera son frère, Adrien Bertrand, pour son roman l’Appel du sol qui obtiendra le prix Goncourt 1914.

Georges Bertrand-Vigne, fils de pasteur, officier d’Alpins dans le XVème Corps fût blessé, cité, décoré et promu pour ses actes de bravoure au combat. Durant la guerre, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur ; il fut instructeur militaire aux États Unis, puis attaché militaire à Washington durant la seconde guerre mondiale.

Prix : 17€
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L’appel du sol,

par Adrien Bertrand

L'Appel du sol
L’Appel du sol

« l’Appel du sol, un des meilleurs livres de la guerre, net, vaillant, vivant, merveilleusement juste en même temps qu’exact, le plus équilibré peut-être qu’on ait écrit sur la grande renouveleuse de toutes les questions, »  Le Figaro 1917

« …un ouvrage qui reste pourtant le premier en date des grands livres de guerre ». Hervé Bazin

« Lire aujourd’hui L’Appel du sol, c’est replonger dans le cauchemar vécu par un bataillon de chasseurs alpins. Tout y est, les marches, l’attente, l’ennui et l’angoisse qui précèdent le combat, l’affrontement, les morts, le bonheur du ravitaillement. »   Le Figaro 2008

« … très noble et très fier ouvrage où les pages descriptives sont parmi les plus poignantes que les combattants aient produites. »  André Billy

« Parmi les meilleures œuvres de ce genre …….  Adrien Bertrand avait des dons littéraires remarquables… Sa mort à vingt-huit ans est une des pertes les plus cruelles que la littérature ait subies du fait de la guerre. …. le Vigny de sa génération. » . Jean Norton Cru, Témoins.

Né en 1888 à Nyons, Drôme, d‘un père pasteur qui deviendra Secrétaire général de la Ligue contre les embusqués, Adrien Bertrand fait ses études à l’École Alsacienne, et commence à Paris une carrière de journaliste et de poète. Socialiste et pacifiste, il crée un revue littéraire « les Chimères » et collabore à plusieurs  journaux littéraires et politiques. En 1914, il est mobilisé et après quelques semaines au front sera rapatrié pour raisons médicales. En 1916, il reçoit le prix Goncourt 1914 pour son roman l’Appel du Sol, rédigé à l’hôpital, à partir de ses notes et de celles de son frère Georges Bertrand‑Vigne. Il décède en 1917. Un prix Goncourt de poésie, financé par un legs de sa femme, porta son nom.   

L’Appel du sol, paru en feuilleton « en semi-direct » dans la Revue des deux mondes à partir du mois d’Août 1916, n’est pas qu’un magnifique et réaliste roman de guerre. Écrit par un jeune pacifiste patriotique ami de Clemenceau, (qui fut son témoin de mariage), c’est une plongée dans la France de 1914 vue par un intellectuel humaniste au front. Rien n’y manque ; le patriotisme ardent de certains officiers mis en valeur par l’indifférence, voire le cynisme des soldats, l’incompétence meurtrière d’une partie de l’État-major clairement perçue sur le front par l’absurdité de certaines offensives, menées malgré tout par des soldats courageux et massacrés, l’amour d’une certaine vision de la France  par ces soldats méridionaux envoyés à la mort dans le Nord et l’Est qu’Adrien Bertrand réhabilite alors que la presse parisienne les conspuait. Rapatrié pour raisons de santé après quelques mois au front, Adrien Bertrand rédigera son récit à partir de ses notes et de celles de son frère Georges.

Pacifiste avant la guerre, patriote au front, critique vis-à-vis de la hiérarchie militaire, humain et courageux avec ses troupes, Adrien Bertrand écrira quelques mois avant sa mort en 1917 : « Il y a tant de sang que je suis écœuré et qu’il noie, pour moi, jusqu’à la noblesse de la lutte ».

Nouvelle édition 2014, avec la préface d’Hervé Bazin de l’Académie Goncourt, et un avant-propos biographique détaillé d’Yves Guérin.

Prix : 15€
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Les reflets rouges,

par André Fuoc

André Fuoc est né en 1895 dans la Drôme, dans la ferme familiale de la forêt de Saoû – dont son père était maire. Mobilisé le 15 décembre 1914, canonnier radio télégraphiste en 1916 à Verdun, il a été décoré de la croix de guerre avec étoile d’argent.
Dans ce journal de tranchées, il relate au jour le jour avec un style puissant et réaliste, le quotidien des « poilus». Loin des salons parisiens, il ne veut ni embellir la guerre qu’il déteste, ni la rendre plus héroïque. Ce faisant, il rejoint sans le savoir la position d’un autre drômois, John Norton Cru qui s’élèvera plus tard contre les récits romancés de la Grande Guerre. Sans cynisme mais sans complaisance, André Fuoc nous livre les grandes peurs des soldats des tranchées comme les petites faiblesses de l’Etat Major. Sa conclusion personnelle : « La guerre est devenue atroce ! »

Illustré par des photos prises par l’auteur durant ses jours de tranchées, ce document exceptionnel nous fait plonger au cœur du quotidien des « Poilus », appellation que Fuoc récuse comme « folklorisant » trop les soldats de la Grande Guerre.
André Fuoc fera aussi la guerre de 1939-45 comme capitaine du génie et a recevra la croix du combattant volontaire. Il est entré dès 1941 dans la Résistance (Résistance PTT et agent du réseau NAP). Médaillé de la Résistance il a été fait chevalier de la Légion d’honneur.

Pierre Vallier, journaliste au Dauphiné libéré qui a connu André Fuoc et sa famille, préface ce livre avec verve et émotion.

Prix public : 12  euros

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« Restera-t-il seulement un Noë »

par Paul Vinard

couv1noepptexacte.jpgEn 1914, à l’époque où il commence ce journal, Paul Vinard s’est retiré à Crest dans la Drôme, après une vie bien remplie. Alors qu’il n’ambitionne que de cultiver son jardin et participer à la vie de la communauté protestante locale, la guerre éclate. En quelques mois, son quotidien est totalement perturbé par les évènements; sa femme volontaire à l’hôpital, ses neveux au front, et lui qui court les villages de la Drôme pour organiser l’accueil des réfugiés, le synode national, les paquets aux soldats et s’assurer que les paroisses locales ne soient pas abandonnées.

Au jour le jour, Paul Vinard nous livre les évènements vus « de l’arrière », mais aussi toutes les réflexions profondément humaines d’un protestant drômois engagé, attentif au bien de son prochain et désespéré par la boucherie inutile qui lui prend famille et amis.

portraitpaulvinard.jpg

Ce frère, beau frère et oncle de pasteurs nous livre aussi les commentaires d’un esprit caustique et souvent drôle, sur les petites manigances locales, les escarmouches entre communautés, et les puissants de ce monde (lire les commentaires sur Marc Boegner…)

L’humour de l’auteur est particulièrement apparent dans le récit de l’hilarant voyage à Dieulefit en automobile.

Un témoignage inédit sur la vie durant la Grande Guerre et son impact sur la bourgeoisie protestante dans la Drôme.

Prix recommandé : 18€


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