Archives pour la catégorie Editions Ampelos

Les Vaudois du Dauphiné, par Eugéne Arnaud

arnaudvaudoiscouv.jpgAu 12ème siècle, à Lyon, un jeune et riche marchand, Pierre Valdo, suit les conseils de Jésus et donne tous ses biens pour partir prêcher l’Evangile. Vite rejoint par de nombreux disciples, sa prédication de pauvreté l’amène en conflit avec le clergé. L’excommunication de Pierre Valdo en 1182 marque le début des bûchers et des persécutions.

Eugène Arnaud retrace l’arrivée des Vaudois dans la Drôme, l’Isère et les Hautes-Alpes, leurs contacts avec les autres groupes «hérétiques » présents, et leur implantation durable parmi une population tolérante qui avait déjà accueilli des Cathares. Il décrit par le détail la doctrine et les pratiques des Vaudois du Dauphiné et cite les registres de l’Inquisition qui font revivre avec une terrifiante précision les procès de l’Eglise. L’ouvrage conclut par le récit de l’adhésion des Vaudois à la Réforme au 16ème siècle et cite largement l’émouvante correspondance des Vaudois avec les théologiens de la Réforme naissante.

Cet ouvrage de référence introuvable a été complété d’une abondante bibliographie et d’un index des noms de famille cités pour aider les généalogistes. Les nombreuses notes de bas de page (plus de 400) permettront aussi au lecteur curieux de compléter sa recherche.

Prix recommandé : 22 €


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Le Roi Lion

malraux.jpgJ’aime bien la phrase (apocryphe?) de Malraux sur le XXIème siècle qui « sera spirituel ou ne sera pas. » Et même si elle n’est pas de Malraux (voir le site Malraux) c’est une belle formule qui semble se vérifier régulièrement. Sans rentrer ici dans le débat entre religion et spiritualité, on voit régulièrement des manifestations de cette aspiration de l’homme à une certaine transcendance, un espoir que la vie ne soit pas que « métro, boulot, dodo », qu’il y ait d’autres valeurs que la consommation effrénée et le pouvoir, d’autres nourritures que les best-sellers mal traduits et le dernier bistrot à la mode.

Et les temples et les églises se vident, (un peu moins semble t il les synagogues et pas du tout les mosquées) car nos contemporains ne cherchent plus cette communion, cet ensemble autour de principes simples et de bonnes intentions…

Mais est-ce bien vrai? J’amenais la semaine passée mes enfants à une représentation du « Roi Lion », où devant prés de 2000 personnes, le héros désabusé se remotive au rythme d’une super musique africaine dont les paroles sont « Il vit en toi ». Le « Il » c’est bien sur son Père, mort pour le sauver, sacrifié pour lui, par sa faute, livré aux méchantsleroilion.jpg.

« Il vit en toi », et Simba trouve le courage de rentrer aider les siens, d’accomplir son devoir, d’écouter l’appel que son Père lui dicte à travers sa mort.

Sans doute que les costumes de nos pasteurs ne valent pas ceux de Disney, c’est vrai aussi que beaucoup de nos psaumes ne sont pas aussi entrainants que la musique d’Elton John, mais le message me parait similaire (et Disney est plus gourmand pour l’offrande…).

Alors, Malraux? Disney? ou la Bible ? je vous laisse choisir, mais pour Disney dépêchez vous de réserver, pour la Bible par contre, c’est quand vous voulez…

Pour que Noël n’oublie personne…

etoiles.jpgMême dans ces moments festifs de surconsommation effrénée, il est courant de voir fleurir les appels à la raison, à la charité, à la bonne conscience peut être, et au don, bien sur… pour que Noël n’oublie personne. Mais tout en étant totalement d’accord avec les initiatives visant à réduire la consommation en cette période, je crains que ces appels à la bonne ou mauvaise conscience et au portefeuille ne manquent leur cible, et surtout qu’ils n’oublient totalement l’essence et le message de Noël.

Car dès l’origine, Noël n’oublie personne… Dès l’origine, les petits, ceux qui dorment dehors avec leurs moutons, savent que le Sauveur est pour eux. Et non seulement qu’il est pour eux, mais qu’il est comme eux, petit, étranger, faible, et comme eux, Il dort avec les animaux car « il n’y avait point de place pour eux dans l’hostellerie ». Et pour l’annoncer à ces bergers « couchant aux champs », un Ange se déplace, les rassure et leur annonce la Bonne Nouvelle et la « grande joie, laquelle sera à tout le peuple ».

Noël n’oublie personne! car Noël est pour toutes et tous, pauvres et riches, tristes et joyeux, petits et grands. Alors à toi, ami lecteur, régulier ou de passage, nous te souhaitons un Joyeux Noël, un Noël de renouveau, de Joie et de Paix.

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L’Evangile et la Vie,

par Charles Wagner

evangileetlavie.jpg« La vie serait obscure sans l’Évangile; mais comme l’Évangile s’affermit et grandit au contact de la vie! » nous dit Charles Wagner. Ces textes rédigés dans une langue simple mais puissante saisissent le lecteur, captivent son attention, stimulent son esprit et émeuvent son cœur.

Un des meilleurs ouvrages de Charles Wagner, écrivain abordable et d’une grande humanité. Dans ce texte qui n’a pas vieilli et n’a rien perdu de son énergie ni de sa capacité à inspirer, il  nous livre là un des ses meilleurs recueils.

Prix recommandé : 18€


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Abandon

L’histoire est connue : un homme/une femme rêve à sa vie passée et voit sur la plage de ses années des traces de pas sur le sable. Étonnamment, il y a souvent 2 traces marchant en parallèle; « Seigneur, s’écrit notre rêveur, pourquoi ces empreintes à coté des miennes ? Ce sont les Miennes répond le Seigneur, qui t’accompagnent au long de ta vie. Mais en y regardant de plus prés, le rêveur s’aperçoit qu’aux moments les plus difficiles de sa vie, il n’y a qu’une seule trace. « Seigneur, pourquoi m’as tu abandonné quand j’avais le plus besoin de Toi? »

« Regarde bien, répond le Seigneur; quand il n’y a qu’une seule trace, les empreintes sont plus profondes, et c’est qu’à ce moment là Je te portais!  »

Et c’est ainsi que ce qu’on croyait être l’abandon par Dieu, était en fait l’abandon à Dieu; quelle belle histoire, quelle belle leçon, quel espoir merveilleux de se dire qu’au moment où l’on se sent le plus éloigné de la grâce, au moment où on en a le plus besoin, c’est justement à ce moment, que Dieu nous soutient et qu’il faut savoir s’abandonner à son soutien.

michelange.jpgC’est sans doute la même idée que Michel Ange nous transmet dans sa fresque de la chapelle Sixtine; à gauche, Adam et sa main indécise, malhabile, hésitante, détachée,mais pas abandonnée de celle de Dieu. A droite, celle du Créateur, déterminée, ferme et qui montre le chemin. Le pauvre Adam ne semble pas vraiment savoir quoi faire de cette autonomie nouvelle, (et Dieu sait qu’il n’en fera pas que du bien…), mais Dieu lui montre le chemin, lui montre aussi que c’est à lui, Adam, à nous tous aussi, de décider comment aller sur ce chemin.

A nous de choisir, à chaque croisée des chemin, quelle direction prendre, quelle vitesse adopter, quelle allure tenir; à lui d’avancer, d’errer parfois, de se retourner pour revoir ce doigt divin qui pointe vers la vérité. A nous de suivre notre chemin, de le croiser avec celui des autres, de mettre nos pas dans ceux de Dieu, en cherchant parmi les traces sur le sable lesquelles sont les siennes. coverruffpas.jpg

Dans son nouveau livre, « Le Pas de l’Autre », Pierre-Yves Ruff nous décrit ses sentiers et ses retours, ses incertitudes et ses convictions, ses avancées et ses égarements. Et dans toutes ces pérégrinations, une seule boussole, une seule lumière qui le guide: une foi profonde, bâtie sur la raison comme sur l’amour de Dieu, une foi inextinguible car Dieu n’abandonne jamais.

« Restera-t-il seulement un Noë »

par Paul Vinard

couv1noepptexacte.jpgEn 1914, à l’époque où il commence ce journal, Paul Vinard s’est retiré à Crest dans la Drôme, après une vie bien remplie. Alors qu’il n’ambitionne que de cultiver son jardin et participer à la vie de la communauté protestante locale, la guerre éclate. En quelques mois, son quotidien est totalement perturbé par les évènements; sa femme volontaire à l’hôpital, ses neveux au front, et lui qui court les villages de la Drôme pour organiser l’accueil des réfugiés, le synode national, les paquets aux soldats et s’assurer que les paroisses locales ne soient pas abandonnées.

Au jour le jour, Paul Vinard nous livre les évènements vus « de l’arrière », mais aussi toutes les réflexions profondément humaines d’un protestant drômois engagé, attentif au bien de son prochain et désespéré par la boucherie inutile qui lui prend famille et amis.

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Ce frère, beau frère et oncle de pasteurs nous livre aussi les commentaires d’un esprit caustique et souvent drôle, sur les petites manigances locales, les escarmouches entre communautés, et les puissants de ce monde (lire les commentaires sur Marc Boegner…)

L’humour de l’auteur est particulièrement apparent dans le récit de l’hilarant voyage à Dieulefit en automobile.

Un témoignage inédit sur la vie durant la Grande Guerre et son impact sur la bourgeoisie protestante dans la Drôme.

Prix recommandé : 18€


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Le Pas de l’Autre,

par Pierre-Yves Ruff

coverruffpas.jpgDans ce recueil de méditations, Pierre-Yves RUFF nous offre toute la pensée d’un croyant écartelé entre la raison et la foi. Son humanisme moderne, particulièrement adapté aux débats du XXIème siècle, réconciliera plus d’un chrétien désabusé avec sa foi intérieure. A lire pour réfléchir, méditer, mais aussi se rassurer que cette petite voix intérieure que nous entendons parle aussi à d’autres.

Prix recommandé : 18€


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Je suis celui que vous cherchez, Jacques Roger, restaurateur du protestantisme dans la Drôme, par Daniel Benoit

couvjrogerv2.jpg« Je suis celui que vous cherchez* » dit Jacques Roger aux soldats qui, suite à une trahison, virent l’arrêter le 29 avril 1745, dans la cabane qui lui servait de cachette prés de Die. Après plus de 36 ans d’errance et de fuite, de cachettes et d’assemblées, de baptêmes clandestins et de cultes familiaux, celui qui avait relevé le protestantisme drômois des cendres de la Révocation allait bientôt trouver la mort. Dans cette période trouble du Désert où les huguenots français hésitaient entre le millénarisme des « petits prophètes », la fuite au Refuge et la résistance armée, Jacques Roger et ses amis, Antoine Court et Pierre Corteiz, furent les pionniers de la reconstruction de l’Eglise réformée en France.

« Un ministre de l’Evangile, quand il dispute, doit se souvenir que l’Evangile est un esprit de douceur, d’humilité et de concorde ; que Jésus-Christ, qui doit être leur parfait modèle, a défendu la vérité avec son cœur, que son zèle pour la gloire de son Père a toujours été conduit par sa sagesse et par son amour et que les apôtres qu’il a envoyés, pour prêcher sa doctrine par tout le monde, et qui en ont changé la face par son assistance, abaissé l’orgueil des philosophes, détruit les idoles, érigé les trophées de la croix, ont eu le même esprit. »

Jeté, à 80 ans, dans les cachots de la Tour de Crest, Jacques Roger avait par avance demandé à ses amis de ne pas tenter d’action violente pour le délivrer. Il mourut pendu à Grenoble, mais son œuvre de rétablissement de la foi protestante dans les vallées de la Drôme et du Dauphiné perdurera et s’amplifiera.

Et 200 ans plus tard, après maints réveils et révoltes, les protestants drômois, héritiers spirituels de Jacques Roger illustreront encore l’esprit de l’Evangile en sauvant des centaines de réfugiés, Juifs, politiques et résistants de la barbarie nazie.

*Actes 10:21

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Beau temps pour les hortensias !

C’est tout de même plus encourageant que le commentaire qu’on entend si souvent en ce moment, « beau temps pour un mois de Novembre.. ». Mais bon, ça ne change pas le fait qu’il pleuve beaucoup, qu’il fasse froid (jusqu’à récemment), et que ça ne soit pas un temps de saison… Surtout pas un temps de vacances enfin !

Et ce réchauffement de la planète alors, qu’on nous promet avec force conséquences apocalyptiques, on en viendrait presque à le souhaiter. Ceci dit, pour ceux qui n’ont pas la chance d’être bretons et qui aiment les hortensias, ils y a quelques avantages… HortensiasBien sur, si certains d’entre nous ont tout à fait le droit d’aimer les hortensias, le chrétien et le citoyen n’en ont que faire…

Et pourtant…

Pourtant, lorsque nous rendons grâce à Dieu avant le repas familial, une de nos prières Le remercie pour « la pluie et le soleil »; oui, la pluie aussi , et souvent encore nous émerveillons nous des splendeurs de la Création, splendeurs qui doivent souvent beaucoup à des éléments climatiques pas toujours agréables. Peut être devrions nous alors, mieux écouter Paul qui nous déclare dans Phil. IV, 11 : « J’ai appris à être content dans toutes les situations où je me trouve ». Charles Wagner evangileetlavie.jpgen a fait le thème d’un de ses intéressants sermons : « Le chrétien, lui, est un mécontent qui croît au mieux. Le contentement auquel il parvient à s’élever ne consiste pas à s’accommoder aux circonstances comme la pâte au pétrin, mais à triompher des circonstances et à se maintenir debout malgré elles. Le mot d’ailleurs l’indique: content signifie « qui se tient ». Etre de ce contentement là, c’est s’affirmer et se maintenir au milieu du changement; marquer la prééminence de la force intérieure et de la vie spirituelle sur les formes extérieures de l’existence. » Alors finalement, sous la pluie et le soleil, le chaud et le froid, le vent ou la moiteur lourde, le plat ou la côte, apprenons à être contents, debout, et réjouissons nous !

Bonnes Vacances!

Voltaire et les Genevois

voltaireetlesgenevoiscouvppt.jpgPublié en 1856 par un ancien pasteur, J. Gaberel, «Voltaire et les Genevois » est un passionnant témoignage sur le long séjour de Voltaire à Genève et à Ferney et ses démêlés, virulents ou anodins, avec les autorités religieuses et la population locale. L’auteur a eu accès à de nombreuses sources privées des familles dont les membres avaient fréquenté Voltaire et son ouvrage est une riche d’une information vivante et de première main. La verve de Voltaire et son goût de la provocation font de ce livre une lecture facile et plaisante. A lire pour qui s’intéresse à Voltaire, Rousseau, la tolérance, les affaires Calas et Sirven, les Lumières et le protestantisme genevois du XVIIIème siècle. Un index des patronymes cités facilitera la tâche des génealogistes.

Prix recommandé : 18€


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Histoire des Protestants de Crest,

par Eugène Arnaud

Protestants de CrestVoie de communication et chemin de refuge, la Vallée de la Drôme a, de tous temps, été hospitalière aux « hérétiques » persécutés. Après les Cathares et les Vaudois, la Réforme y a écrit une histoire de foi et de luttes. Au coeur de cette vallée, Crest a, depuis toujours, abrité une importante communauté protestante dont Eugène Arnaud nous décrit ici l’histoire.

Spécialiste incontesté de l’histoire du protestantisme dauphinois, Eugène Arnaud est né à Crest où son père était pasteur. On sent dans son ouvrage cet attachement particulier à sa ville, et son souci de bien conter dans le détail l’histoire des huguenots crestois, dont certains comme Isaac Casaubon devinrent célèbres en France et en Europe.

Mais Crest est aussi tristement célèbre pour son donjon, la fameuse « Tour de Crest » où, à de multiples reprises des protestants crestois et drômois furent enfermés. Parmi les plus connus figurent Isabeau Vincent, la bergère de Saoû, qui lança le mouvement des « petits prophètes » qui enflamma les Cévennes, et Jacques Roger, compagnon d’Antoine Court, et restaurateur du protestantisme dans la Drôme et le Dauphiné.

Eugène Arnaud arrête son histoire peu après la révolution, mais il ne manque pas d’évoquer la loi du 18 Germinal qui permit aux protestants de France d’organiser leur culte et de vivre librement leur foi. Trois siècles d’espoir, de foi, de luttes et parfois de persécutions pour arriver enfin à la liberté de culte pour les protestants drômois.

Pour faciliter le travail des généalogistes, nous avons ajouté à cet ouvrage, très documenté, un index des quelques trois cents patronymes cités avec leur référence dans l’ouvrage. Une bibliographie du Protestantisme Drômois a aussi été proposée pour permettre au lecteur intéressé d’approfondir ses connaissances.

Prix recommandé : 18€


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Les Réfugiés Huguenots en Allemagne, Angleterre et Amérique,

par Charles Weiss

Weiss tome 1 HuguenotsAvant et après la Révocation de l’Édit de Nantes, des centaines de milliers de protestants fuient le Royaume pour aller s’établir dans des pays où ils ne seront pas persécutés et où il pourront pratiquer librement leur foi calviniste. L’apport culturel, philosophique, économique et théologique de ces réfugiés huguenots fût immense dans tous les pays du Refuge.

Le tome I de cette nouvelle édition du classique de Charles Weiss publié en 1853 couvre le Refuge en Angleterre, Allemagne et Amérique; il est enrichi d’un index des noms de famille, d’une liste des localités citées et de notes bibliographiques. Il permettra aux lecteurs et aux généalogistes de redécouvrir dans le détail l’histoire des réfugiés protestants exilés de France « pour cause de religion ».

Prix conseillé : 28€


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Henri Dunant

Prix Nobel de la Paix pour la création de la Croix Rouge
Prix Nobel de la Paix pour la création de la Croix Rouge

Né en Suisse, à Genève en 1828, d’une famille de moyenne bourgeoisie commerçante impliquée dans l’action sociale, Henri (ou Henry) Dunant est très tôt sensibilisé à l’humanitaire. Employé de banque de formation, il part en Algérie monter une affaire de minoterie qui périclitera. Voulant en appeler à l’empereur Napoléon III   pour intercéder en sa faveur, il se trouve en 1859 sur le champ de bataille de Solférino où il découvre l’horrible sort des blessés de guerre. Choqué par ce qu’il voit il écrit Souvenir de Solférino qui est publié en 1862. Le livre a un grand succès et en 1863, le Comité International de la Croix Rouge dont la mission est de soigner les blessés quelque soient leurs origines voit le jour.

Dunant aura à partir de ce moment une vie mouvementée, faillite (jugée frauduleuse) de ses affaires, disputes avec ses associés dans le CICR, abandon de Genève et perte de ses soutiens dont Napoléon III. En 1874, il est nommé secrétaire international de la Société pour l’amélioration des conditions des prisonniers de guerre et en 1901, il reçoit le premier prix Nobel de la Paix pour la création de la Croix Rouge. Il finira sa vie en 1910 retiré sur les bords du lac de Constance.

 

André Trocmé

André Trocmé, résistant non-violent, Juste parmi les Nations.
André Trocmé, résistant non-violent, Juste parmi les Nations.

André Trocmé est né dans une famille d’industriels protestants du Nord (Saint Quentin) en 1901. Dans ses mémoires, il raconte comment il découvrit le pacifisme grâce à un soldat allemand durant la première guerre mondiale. Grâce au pasteur Kaltenbach, il choisit la carrière pastorale mais l’église réformée ne veut pas lui confier de paroisse à cause de ses convictions pacifistes. Il commence donc sa carrière par un poste de mission populaire à Sin-le-noble, ville minière marquée par la misère et l’alcoolisme.

Dans les années 30 il prend un poste pastoral au Chambon-sur-Lignon et en 1938 il fonde le Collège Cévenol pour offrir une bonne éducation aux enfants du plateau. Sensibilisé aux méfaits du nazisme par ses contacts avec l’église confessante, il organise, avec les autres pasteurs du plateau et les autorités du Chambon, une filière de sauvetage des Juifs en les cachant dans les fermes avoisinante. Grâce à son action, assistée par sa femme Magda, et ses collègues le pasteur Theis et l’instituteur Darcissac, plus de 2000 personnes purent être cachées et sauvées avec l’aides de la population du plateau, des Quakers, de l’Armée du Salut et d’Églises américaines.

Après la guerre, il est nommé secrétaire du MIR (Mouvement International de la Réconciliation) et finira sa carrière pastorale à Genève.

Charles Wagner

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Charles Wagner est né le 3 janvier 1852 à Vibersviller, en Lorraine, dans une famille de pasteurs luthériens. Orphelin de père à 7 ans, Charles Wagner sera élevé par sa mère et son grand père pasteur.  Il fit ses études à la Faculté de théologie protestante de Paris et celle de Strasbourg, où il rencontra son épouse.

Il étudie quelques mois en Allemagne avant de prendre son premier poste pastoral à Barr, en Alsace, puis à Remiremont, dans les Vosges. En 1883, il prend un poste proposé par le Comité Libéral auprès des familles protestantes libérales parisiennes.

Très vite, il crée sa propre paroisse dans une des pièces de son appartement.  Ses premiers paroissiens sont un mélange d’intellectuels (l’éditeur Fischbacher, le directeur de l’École Alsacienne, etc..) et d’ouvriers des faubourgs et de Paris. Peu à peu son audience croît, et son cercle de relations et d’amis, Tommy Fallot, Raoul Allier, Théodore Monod, s’élargit. Sa théologie moderne et indépendante l’éloigne de toutes les orthodoxies : « Je ne suis ni protestant, ni catholique, ni juif, mais un peu tout cela à la fois, non en sceptique qui rit de tout, mais en croyant qui croit plus que ce que contiennent les formules. »

Ecrivain prolifique, il publie Justice en 1890 puis Jeunesse (1892) et  La Vie Simple  (1895) qui fut un très grand succès et fut traduit en anglais en particulier. Puis viennent L’évangile et la vie (1896), Auprès du foyer (1896) et en 1897 Sois un homme. La maladie, puis la mort de son fils en 1899 lui inspirent L’ Ami, paru en 1902, ouvrage de réconfort dans l’épreuve. Le lendemain de la mort de son fils, il lui écrit, dans son Journal : « Tu vivras dans le cœur de ton père et dans sa voix. Désormais, tu monteras en chaire avec lui, et ; avec lui, tu iras chez ceux qui souffrent et pleurent. Je ne consentirai pas à ta mort ; ce serait consentir à ce que Dieu ne veut pas, car il ne veut qu’aucun de ces petits ne périsse. »

De 1900 à 1906, Charles Wagner redouble d’activité pastorale et associative. La Ligue de l’enseignement, la Ligue d’Éducation morale, les Universités populaires, l’École d’assistance aux malades de la rue Amyot font appel à lui aide, comme plus tard la Sorbonne et même l’Instruction publique, lorsqu’à la demande de Ferdinand Buisson il contribue au Manuel général de l’instruction primaire. Avec ce dernier, il écrivit d’ailleurs en 1903 Libre pensée et protestantisme libéral pour expliquer sa théologie, et la confronter aux idées contemporaines.

En 1904, à la demande du Président Théodore Roosevelt qui avait lu une traduction de « La Vie Simple », Charles Wagner s’embarque pour une tournée aux États-Unis; il y restera 2 mois et en tirera un livre Vers le cœur de l’Amérique qui décrit son expérience. Avant son départ, il fut reçu à la Maison-Blanche et Théodore Roosevelt déclara : « S’il y a un livre que je souhaite voir lire par notre peuple entier, c’est « La Vie Simple » de Charles Wagner. »

Avec les bénéfices de sa collecte de fonds lors de cette tournée américaine Charles Wagner pourra financer la construction du « Foyer de l’Âme », la paroisse libérale indépendante dont il caressait le projet depuis longtemps.

Comme ses amis Élie Gounelle ou Wilfred Monod, Charles Wagner ne veut pas accepter la division qui affaiblit l’Église Réformée depuis les années 1850. À l’assemblée de Jarnac, en 1906, il prie les réformés de ne pas céder aux démons de la désunion. Son merveilleux discours resta sans effets. La désunion consommée, il finira par rejoindre le synode libéral en 1916. Assez modéré durant la Grande Guerre, le Pasteur Wagner décède le 12 mai 1918. Son gendre Wautiers d’Aygaliers, également pasteur, écrira sa biographie, très inspirée de son Journal, sous le titre Un Homme.