Archives pour la catégorie Pacifisme

Jacques Martin, objecteur de conscience, Juste et résistant,

par Violaine Kichenin-Martin

jacques-martin-couv-1« Je vous renvoie ci-joints mes papiers militaires et vous prie de voir là l’effet de ma décision de ne plus répondre aux appels que pourra m’adresser l’autorité militaire. »

Cette lettre au ministre de la Guerre qui ressemble à une chanson célèbre marqua le début d’une importante campagne dont Jacques Martin, incarcéré cinq fois pour objection de conscience fut le principal porte-parole avec Henri Roser et leur avocat André Philip (député du Front Populaire puis futur ministre du Général de Gaulle). Mais sa non-violence radicale n’empêche pas une résistance déterminée contre la tyrannie et les injustices. Arrêté par la Milice et condamné à mort par la Gestapo pour actes de résistance, il sera élargi juste avant la Libération sur l’intervention de son ami et chef de maquis Laurent Olivès. Nommé, avec son épouse Jacqueline Martin, Juste parmi les Nations pour avoir sauvé des Juifs, il continuera toute sa vie le combat non-violent et recevra Martin Luther King lors de son passage à Lyon en mars 1966.

 

L’auteur de cette biographie très personnelle et documentée, Violaine Kichenin-Martin, fille de Jacques Martin,  nous ouvre les archives familiales d’un résistant déterminé qui traversa le siècle avec une sérénité et une foi inébranlables. Le préfacier, Patrick Cabanel est directeur d’études à l’École pratique des hautes études. Il s’est particulièrement intéressé au protestantisme à propos duquel il a écrit de nombreux ouvrages de référence, dont De la paix aux résistances, les protestants français de 1930 à 1945 (Fayard).

prix public : 19€
Achetez en ligne -Jacques Martin Objecteur de conscience?-

Verdun, un dyptique

par Wilfred Monod

Verdun Monod couv1« C’est l’enfer infernal »

Wilfred Monod a un fils au front à Verdun et n’a pas de nouvelles. Chaque jour, ce pasteur qui a consacré sa vie au pacifisme, guette les nouvelles, suit le conflit rencontre des permissionnaires. Chaque jour il note la sauvagerie des attaques, les morts qui frappent ses proches, les manœuvres et les rumeurs.

Voici un journal vécu au jour le jour avec toute l’émotion d’un père inquiet, d’un patriote déçu, d’un pacifiste désespéré. Plus tard, quand il visitera les lieux du « cataclysme », il y trouvera des coquelicots écarlate qui, souvent, dessinent le contour des trous d’obus, comme des guirlandes autour d’un cratère plein de sang.

Verdun comme les français non-combattants l’ont vécu au quotidien.

Prix public : 8 euros
Achetez en ligne -Verdun, un dyptique-

Je serai fusillé!

par Jules-Philippe Guiton

Guiton Fusillé couv1En 1915, en première ligne dans le secteur meurtrier du bois de la Gruerie, un jeune sergent, pasteur missionnaire rentré du Lesotho, sort de sa tranchée pour sauver un blessé allemand.

 Pacifiste engagé il refuse ensuite de décrire à son colonel la tranchée ennemie aperçue lors du sauvetage car dit-il : « j’y étais en homme de Paix pas en homme de guerre ». Menacé du Conseil de guerre, Jules-Philippe Guiton répond : « Je serai fusillé ! ».

L’affaire remonta jusqu’au Ministre de la Guerre et finalement Jules-Philippe Guiton est interné dans un asile d’aliénés. Il décéda en 1917 des suites de la tuberculeuse osseuse contractée dans les tranchées.

 Patrick Cabanel est directeur d’études à l’École pratique des hautes études. Il a récemment co-dirigé le volume de la Société d’Histoire du Protestantisme Français sur les Protestants et la Grande Guerre.

Prix public 10€

Achetez en ligne -Je serai fusillé!-

On n’attendait pas la mort si tôt,

Lettres de Henri et Hélène Nick 1915

Nick 1915 La mort couv1« [Une] correspondance passionnante et abondante, exceptionnelle même ! »

Xavier Boniface dans la Revue d’Histoire de l’Église, 2015

« … véritable édition scientifique de ces textes, avec toute une série de notes, érudites mais très claires»

André Encrevé, Bulletin de la Société d’Histoire du Protestantisme Français, 2015.

Dans le 2e tome de cette correspondance, Henri et Hélène Nick abordent tous les aspects d’une guerre qui est maintenant totale. Les combats de Champagne du début de l’année 1915 sont parmi les plus durs qu’Henri Nick connaîtra : leurs paroissiens sont touchés soit par l’occupation allemande, soit par la mort de proches ; leur famille et leurs amis ne sont pas épargnés.

Et pourtant, ils essaient de poursuivre leurs engagements malgré les difficultés liées au conflit. La suite de cette correspondance exceptionnelle par sa richesse et par les personnalités atypiques d’Henri Nick et de son épouse Hélène, nous plonge  toujours plus en avant dans la vie de ces chrétiens engagés et de leur entourage au front comme à l’arrière.

Le pasteur Henri Nick (1868-1954) est l’une des grandes figures du Christianisme social protestant. Pendant plus de cinquante années, il fait de l’évangélisation populaire dans le faubourg lillois de Fives. Conscient de l’importance du milieu dans la construction d’individualités libres, il se préoccupe aussi bien de la misère sociale que de la situation morale de celles et ceux qui fréquentent le Foyer du peuple.

Aumônier pendant la Première Guerre Mondiale, il s’illustre en 1916 lors des combats de Verdun puis de la Somme, durant lesquels il est blessé, ainsi qu’au Chemin des Dames en avril 1917.

De sensibilité socialiste, sans être un pacifiste radical, il soutiendra les revendications des objecteurs de conscience dans les années trente puis assistera des familles juives persécutées durant la Seconde Guerre mondiale. Il sera reconnu « Juste parmi les Nations ».

Achetez en ligne -On n'attendait pas la mort si tôt-

Saleté de guerre,

correspondance 1915-1916 de Marie-Louise et Jules Puech

Puech Cazals couv 1Voici deux intellectuels socialistes de culture protestante, proches de Jaurès, avec leur franc-parler, leurs admirations et détestations, leurs problèmes de pacifistes enfermés dans la guerre. La séparation a produit ces lettres d’où ressort le contraste entre front et arrière, chaque correspondant essayant de comprendre la situation de l’autre et lui demandant de la décrire sans détours. Jules livre ses observations sur la vie des tranchées, les moments chauds à Verdun et dans la Somme, son contact avec la boue et les rats, les poilus et les officiers. De Paris, Marie-Louise raconte la préparation de la revue La Paix par le Droit, les problèmes d’ego au sein de l’équipe, ses démêlés avec la censure.  Au contact de hautes personnalités parisiennes et étrangères, elle donne à son mari, et donc aux lecteurs de ce livre, des informations passionnantes sur les coulisses du pouvoir, les missions internationales, les organisations féministes et pacifistes. Et qui mieux que leur amie chargée d’ouvrir le courrier de Barrès pouvait attirer l’attention des Puech sur les lettres d’injures venant du front, dont une contenait des poux destinés au grand embusqué jusqu’au-boutiste ?

            Professeur émérite d’histoire à l’université de Toulouse – Jean Jaurès, Rémy Cazals a fait connaître de nombreux témoins de la Grande Guerre, notamment le tonnelier Louis Barthas, dont le livre est devenu un classique.

Correspondance remarquable et importante » Patrick Cabanel

Achetez en ligne -Saleté de guerre-

Noël 14, Des chrétiens dans la guerre

Noel 14 couv 1Noël 14 : déjà près de 500 000 jeunes soldats tués en moins de 6 mois d’une guerre qui était annoncée comme courte et victorieuse. L’illusion d’une fin rapide du conflit se dissipe, notamment pour ceux qui sont au front et leurs familles. L’Union Sacré des politiques a été lézardée très vite par l’infâme rumeur de lâcheté portée sur le XVème corps (« les régiments du midi »), par les fausses accusations sur les membres du clergé et par les manœuvres des profiteurs et des embusqués.

Les lettres de ce recueil datent toutes de cette période de Noël 14 ; elles montrent le désarroi de ces chrétiens confrontés à l’absence, souvent à la perte d’êtres aimés. Dans cette sélection émouvante, on retrouve tous les sujets que la censure et la propagande des journaux  voulaient masquer : les erreurs de l’État-Major et du gouvernement, le froid, la faim et la maladie, les pertes énormes et l’horreur de cette guerre « industrielle », les fraternisations et le pacifisme d’une partie des troupes.

Mais on y perçoit aussi l’espérance qu’un jour la victoire appartienne au Prince de la Paix et que les folies des hommes cèdent devant le message d’amour du christianisme.

Préface de Patrick Cabanel et Eric Peyrard

108 pages; prix public : 10 €
Achetez en ligne -Noël 14-

La main de l’Éternel serait-elle trop courte ?

lettres de guerre de 1914 par Hélène et Henri Nick

Nick Lettres 14 couv1Pourquoi Dieu n’inter-vient-il pas pour empêcher cette guerre ?

Cette question, sous diverses formes, tenaille les croyants dès la déclaration de guerre.

Henri et Hélène Nick, chrétiens sociaux pacifistes, aspirent à un monde réconcilié, prémices du Royaume de Dieu. Ils vivent ce temps de guerre comme un échec. S’ils adhèrent à l’ « Union sacrée », la question essentielle demeure : comment témoigner de leur foi en un Dieu d’amour au milieu du cataclysme ?

Henri Nick s’engage comme aumônier dès août 1914 ; il a 46 ans !

Sur le front, il retrouve des jeunes hommes qui, la veille encore, fréquentaient le Foyer du peuple de Fives, œuvre d’évangélisation populaire qu’il a fondée en 1901. Rapidement, il poursuit auprès d’eux son ministère de pasteur et d’aumônier avec le soutien de sa famille réfugiée à Marseille qui, de son côté, assure aussi le lien avec certains réfugiés du Nord.

Ce document exceptionnel par sa richesse, l’est aussi par les personnalités atypiques d’Henri Nick et de son épouse. À une époque encore marquée par un anticléricalisme virulent, il illustre l’action essentielle d’un homme d’église au front et la capacité de réflexion et d’action d’un chrétien engagé face aux catastrophes de ce monde.

Le pasteur Henri Nick (1868-1954) est l’une des grandes figures du Christianisme social protestant. Pendant plus de cinquante années, il fait de l’évangélisation populaire dans le faubourg lillois de Fives. Conscient de l’importance du milieu dans la construction d’individualités libres, il se préoccupe aussi bien de la misère sociale que de la situation morale de celles et ceux qui fréquentent le Foyer du peuple.

Aumônier pendant la Première Guerre Mondiale, il s’illustre en 1916 lors des combats de Verdun puis de la Somme, durant lesquels il est blessé, ainsi qu’au Chemin des Dames en avril 1917.

De sensibilité socialiste, sans être un pacifiste radical, il soutient les revendications des objecteurs de conscience dans les années trente puis assiste des familles juives persécutées durant la Seconde Guerre mondiale. Il sera plus tard reconnu « Juste parmi les Nations ».

498 pages; prix public : 29€
Achetez en ligne -La main de l’Éternel serait elle trop courte-

Jean-Norton Cru, la « Vérité due aux poilus » contre les prix Goncourt

Vernier Cru Couv 1Ancien poilu, choqué par la « fausse beauté du carnage », un inconnu austère et méthodique vient démolir le beau consensus patriotique  en critiquant violemment les auteurs de récits de guerre à succès du moment.

Traitre ou imposteur pour certains, rénovateur de l’historiographie moderne pour d’autres, Jean Norton CRU ose, au nom de la Vérité due aux combattants, remettre en cause les mythes du patriotisme et du courage alimentés par les « marchands de gloire ».

Plus de 80 ans après la parution de son ouvrage clé , Témoins, Jean Norton Cru divise encore mais son apport à la vision des témoignages de guerre fait référence.

Jacques Vernier, pasteur de l’Église Réformée, passionné par l’histoire de l’Ardèche,  nous fait découvrir cette personnalité attachante et irritante. Il le suit depuis sa petite enfance polynésienne et ardéchoise jusqu’à sa vie aux États-Unis et ses séjours familiaux dans la Drôme. Il analyse les influences culturelles et religieuses de cet indigné rescapé de Verdun qui fit tant pour réhabiliter les témoignages des poilus et montre comment, après 50 ans d’oubli, Norton CRU ressurgit au tournant du 21ème siècle dans les débats autour de l’historiographie de la Grande Guerre.

Préface de Philippe Joutard, agrégé d’histoire et spécialiste du protestantisme

15€
Achetez en ligne -Jean Norton Cru contre les prix Goncourt-

Gilbert Lesage, un Juste manipulé?

par Olivier Pettinotti

Gilbert LPettinoti Lesage couv1esage est une de ces énigmes passionnantes du XXème siècle ; fonctionnaire de Vichy, chef de l’important Service Social des Étrangers qui intervient directement dans les camps d’étrangers en France il détournera l’action de son service pour en faire un important outil de sauvegarde des Juifs au nez et à la barbe de Vichy. Quaker engagé et activiste inclassable, il échappera de peu à la Milice mais reste une personnalité étrange et controversée.
L’auteur tente d’éclairer les mobiles et les limites de l’action de Gilbert Lesage ; Le SSE a-t-il permis de protéger de nombreux internés de la Shoah ou fût-il une cible facile de rafle pour la Police de Vichy ?

Jeune universitaire passionné par la Résistance, Olivier Pettinotti a centré ses recherches sur les activités résistantes de certains fonctionnaires de Vichy.
Après son mémoire de maîtrise sur Gilbert Lesage dont est tiré cet ouvrage, il a prolongé son travail sur le rôle du SSE et de ses agents.
Chrétien à l’écoute et tolérant, il s’est particulièrement intéressé à la « banalité du bien » et à la résistance non-violente.
Il décède en 2006 à 33 ans, des suites d’une longue maladie.

Avec une préface d’Anne Grynberg, professeur des Universités en histoire contemporaine.

Prix : 15€
Achetez en ligne -Un Juste manipulé?-

La Nuit dans les Champs,

par André Trocmé

CesTrocmé La nuit couverture nouveaux contes d’André Trocmé, dont certains n’avaient jamais été publiés dans un ouvrage ont tous été écrits après la guerre. Et à les lire on constate que l’auteur n’a rien perdu de sa lucidité ni de son talent ; alors que la censure ne sévit plus et que l’Europe se remet de la destruction et de la Shoah, le résistant non-violent utilise maintenant les armes de l’esprit contre les nouvelles idoles du temps, argent, égoïsme, conformisme et force brutale.

André Trocmé ne nous déçoit pas ; ces contes si fortement inspirés de la Bible sont aussi profondément ancrés dans le monde moderne et leurs conclusions sont toujours aussi stimulantes et parfois même dérangeantes.

Dans son avant propos, Martin Hirsch dont les parents ont bien connu Magda et André Trocmé, nous dit : « le monde n’est pas tel qu’on le subit, mais tel qu’on le construit puis l’habite. »

La préface de Jacques Trocmé nous rappelle que, même en période de paix, il existe des causes qui méritent que l’on s’engage. La résistance spirituelle a de multiples applications et n’est pas un concept du passé.

André Trocmé a été pasteur du Chambon-sur-Lignon de 1934 à 1948. Il a été nommé Juste des nations, comme son épouse Magda et d’autres pasteurs et habitants de la région. Son premier recueil de contes, L’Église de neige, publié fin 1943, était une attaque à peine voilée sur le nazisme et la violence. Après la guerre André et Magda Trocmé continueront à militer pour la paix et la non-violence.

 

Prix public 12 €

Achetez en ligne -La Nuit dans les Champs -

L’Église de neige,

par André Trocmé

Alors que la Shoah ravage l’Europe, les Juifs se pressent au Chambon-sur-Lignon et sur son plateau, terre de refuge. Le dimanche, au temple, le pasteur André Trocmé prêche la liberté, l’hospitalité envers l’étranger, la non violence, la résistance du chrétien à la loi de César quand celle-ci est inique. L’Église de neige, est formée par sa paroisse et celles de ses collègues, dans la montagne hivernale : c’est aussi le titre de ce recueil.

Car le pasteur est un conteur, qui donne le meilleur de lui-même dans ces Noëls organisés dans le temple, autour d’un grand arbre rapporté de la forêt voisine. Ses contes ont conservé une valeur universelle et actuelle. On les lit comme des paraboles mises à la portée des enfants, pour leur apprendre leur futur métier d’hommes et de femmes libres. Conter, avec Trocmé au Chambon, c’est encore résister.

André Trocmé a été pasteur du Chambon-sur-Lignon de 1934 à 1948. Il a été nommé Juste des nations, comme son épouse Magda, le couple des Theis, Roger Darcissac et d’autres habitants de la région. L’Église de neige, publié fin 1943, n’avait jamais été réédité. Une introduction de Patrick Cabanel et un avant-propos de Nelly Trocmé Hewett éclairent le contexte dans lequel ce petit chef-d’œuvre de littérature engagée a vu le jour.

 

Prix public 15 €

Achetez en ligne -Église de Neige -