Archives pour la catégorie Nos combats

Théologie et Lumières, Jonathan Edwards

par Roy Carpenter

Carpenter EdwardsParadoxalement ignoré du grand public, Jonathan Edwards a créé les solides fondements théologiques qui animent aujourd’hui une grande partie des nombreux mouvements dits « évangéliques ». En équilibre entre l’héritage intellectuel des Lumières et une pratique religieuse revivaliste, il fonde les bases d’une théologie moderne qui dénonce l’égoïsme et la quête individuelle du confort et de la richesse.

N’hésitant pas à mettre en cause l’autorité, même quand elle lui est favorable, Edwards privilégie la justice et l’expérience du peuple, des Noirs, des femmes, des Indiens, des enfants.

Comme sa théologie, l’héritage d’Edwards est en tension ; considéré aujourd’hui comme le plus grand théologien américain, sans doute le plus important du monde occidental au XVIIIème siècle: dans les universités d’élite, on admire la Lumière et le philosophe, tandis que le prédicateur de l’enfer vit toujours dans l’esprit des orateurs populistes des Églises évangéliques modernes.

Roy Carpenter est docteur en cultures et civilisations des pays anglophones et professeur agrégé à la Faculté de Droit de l’Université Jean Moulin Lyon 3.

Le préfacier, Louis Schweitzer est professeur d’éthique et de spiritualité à la Faculté Libre de Théologie Evangélique de Vaux-sur-Seine.

Prix public 29€

Achetez en ligne -Théologie et Lumières-

On n’attendait pas la mort si tôt,

Lettres de Henri et Hélène Nick 1915

Nick 1915 La mort couv1« [Une] correspondance passionnante et abondante, exceptionnelle même ! »

Xavier Boniface dans la Revue d’Histoire de l’Église, 2015

« … véritable édition scientifique de ces textes, avec toute une série de notes, érudites mais très claires»

André Encrevé, Bulletin de la Société d’Histoire du Protestantisme Français, 2015.

Dans le 2e tome de cette correspondance, Henri et Hélène Nick abordent tous les aspects d’une guerre qui est maintenant totale. Les combats de Champagne du début de l’année 1915 sont parmi les plus durs qu’Henri Nick connaîtra : leurs paroissiens sont touchés soit par l’occupation allemande, soit par la mort de proches ; leur famille et leurs amis ne sont pas épargnés.

Et pourtant, ils essaient de poursuivre leurs engagements malgré les difficultés liées au conflit. La suite de cette correspondance exceptionnelle par sa richesse et par les personnalités atypiques d’Henri Nick et de son épouse Hélène, nous plonge  toujours plus en avant dans la vie de ces chrétiens engagés et de leur entourage au front comme à l’arrière.

Le pasteur Henri Nick (1868-1954) est l’une des grandes figures du Christianisme social protestant. Pendant plus de cinquante années, il fait de l’évangélisation populaire dans le faubourg lillois de Fives. Conscient de l’importance du milieu dans la construction d’individualités libres, il se préoccupe aussi bien de la misère sociale que de la situation morale de celles et ceux qui fréquentent le Foyer du peuple.

Aumônier pendant la Première Guerre Mondiale, il s’illustre en 1916 lors des combats de Verdun puis de la Somme, durant lesquels il est blessé, ainsi qu’au Chemin des Dames en avril 1917.

De sensibilité socialiste, sans être un pacifiste radical, il soutiendra les revendications des objecteurs de conscience dans les années trente puis assistera des familles juives persécutées durant la Seconde Guerre mondiale. Il sera reconnu « Juste parmi les Nations ».

Achetez en ligne -On n'attendait pas la mort si tôt-

Suffragette, Genèse d’une militante

par Emmeline Pankhurst

Pankhurst Suffragette couv 1Emmeline Pankhurst est, d’après Time Magazine, une des plus importantes personnalités du XXe siècle. Dès 1905 elle organise des manifestations massives de femmes pour demander à un gouvernement anglais très réticent d’accorder le droit de vote aux femmes. Ces manifestations non-violentes n’obtiennent aucun résultat tangible et sont sauvagement réprimées par la police. Après que plusieurs centaines de militantes pacifiques aient été emprisonnées et gavées de force suite à leur grève de la faim, elle se résout à recommander des actions plus militantes en particulier des bris de vitrines.

Pionnière d’un féminisme engagé et militant, elle démontre une perspicacité politique remarquable et finira par obtenir le droit de vote pour les femmes anglais à la fin de la première guerre mondiale.

Suffragette, son autobiographie en 2 tomes (Genèse d’une militante et La Révolution des Femmes) a inspiré le film Suffragettes où son personnage est joué par Meryl Streep.

« Je préfère être une rebelle qu’une esclave » Emilienne Pankhurst.

La préfacière, Dr Anne Nègre, avocate, militante de la parité, de la place des femmes dans les prises de décisions,  past dirigeante de   l’Association Française des Femmes Diplômées d’Universités, AFFDU, de International Federation of University Women, depuis 2015, Experte Égalité, Conférence des OING du Conseil de l’Europe. Elle analyse l’héritage d’Emmeline Pankhurst et nous rappelle que la lutte pour l’égalité continue.

Prix : 16€
Achetez en ligne -Suffragette-

Saleté de guerre,

correspondance 1915-1916 de Marie-Louise et Jules Puech

Puech Cazals couv 1Voici deux intellectuels socialistes de culture protestante, proches de Jaurès, avec leur franc-parler, leurs admirations et détestations, leurs problèmes de pacifistes enfermés dans la guerre. La séparation a produit ces lettres d’où ressort le contraste entre front et arrière, chaque correspondant essayant de comprendre la situation de l’autre et lui demandant de la décrire sans détours. Jules livre ses observations sur la vie des tranchées, les moments chauds à Verdun et dans la Somme, son contact avec la boue et les rats, les poilus et les officiers. De Paris, Marie-Louise raconte la préparation de la revue La Paix par le Droit, les problèmes d’ego au sein de l’équipe, ses démêlés avec la censure.  Au contact de hautes personnalités parisiennes et étrangères, elle donne à son mari, et donc aux lecteurs de ce livre, des informations passionnantes sur les coulisses du pouvoir, les missions internationales, les organisations féministes et pacifistes. Et qui mieux que leur amie chargée d’ouvrir le courrier de Barrès pouvait attirer l’attention des Puech sur les lettres d’injures venant du front, dont une contenait des poux destinés au grand embusqué jusqu’au-boutiste ?

            Professeur émérite d’histoire à l’université de Toulouse – Jean Jaurès, Rémy Cazals a fait connaître de nombreux témoins de la Grande Guerre, notamment le tonnelier Louis Barthas, dont le livre est devenu un classique.

Correspondance remarquable et importante » Patrick Cabanel

Achetez en ligne -Saleté de guerre-

Conseil à la France désolée,

par Sébastien Castellion

Castellion Conseil couv 1À l’apogée de la Renaissance, dans une France prospère et cultivée qui est un modèle pour l’Europe, une bande armée dirigée par le Duc de Guise massacre des protestants qui se réunissaient dans une grange à Wassy, en Lorraine. Cet épisode marque le début des guerres dites « de religion » qui ruineront la France et malgré l’épisode pacifique du règne d’Henri IV, conduiront à la persécution puis l’exil des protestants français qui iront apporter à d’autres pays européens leurs idées et leurs ressources.

Un an à peine après le massacre de Wassy, un philosophe humaniste, Sébastien Castellion, effaré par l’étendue des massacres (plus de 50 000 français des deux confessions sont déjà morts) écrit cette lettre ouverte aux prêcheurs, aux princes et aux « gens privés ».

Dans un style simple et direct, il analyse avec clarté les causes du conflit, renvoie chaque parti à ses responsabilités et propose une analyse des scénarios possibles pour la suite des événements.

La préface de Pierre Joxe, magistrat devenu avocat, ancien ministre de l’Intérieur et de la Défense, replace l’ouvrage de Castellion dans son environnement politique et historique et fait découvrir au lecteur ce philosophe de la tolérance.

 Prix public 10€

Achetez en ligne -Conseil à la France désolée-

Noël 14, Des chrétiens dans la guerre

Noel 14 couv 1Noël 14 : déjà près de 500 000 jeunes soldats tués en moins de 6 mois d’une guerre qui était annoncée comme courte et victorieuse. L’illusion d’une fin rapide du conflit se dissipe, notamment pour ceux qui sont au front et leurs familles. L’Union Sacré des politiques a été lézardée très vite par l’infâme rumeur de lâcheté portée sur le XVème corps (« les régiments du midi »), par les fausses accusations sur les membres du clergé et par les manœuvres des profiteurs et des embusqués.

Les lettres de ce recueil datent toutes de cette période de Noël 14 ; elles montrent le désarroi de ces chrétiens confrontés à l’absence, souvent à la perte d’êtres aimés. Dans cette sélection émouvante, on retrouve tous les sujets que la censure et la propagande des journaux  voulaient masquer : les erreurs de l’État-Major et du gouvernement, le froid, la faim et la maladie, les pertes énormes et l’horreur de cette guerre « industrielle », les fraternisations et le pacifisme d’une partie des troupes.

Mais on y perçoit aussi l’espérance qu’un jour la victoire appartienne au Prince de la Paix et que les folies des hommes cèdent devant le message d’amour du christianisme.

Préface de Patrick Cabanel et Eric Peyrard

108 pages; prix public : 10 €
Achetez en ligne -Noël 14-

La main de l’Éternel serait-elle trop courte ?

lettres de guerre de 1914 par Hélène et Henri Nick

Nick Lettres 14 couv1Pourquoi Dieu n’inter-vient-il pas pour empêcher cette guerre ?

Cette question, sous diverses formes, tenaille les croyants dès la déclaration de guerre.

Henri et Hélène Nick, chrétiens sociaux pacifistes, aspirent à un monde réconcilié, prémices du Royaume de Dieu. Ils vivent ce temps de guerre comme un échec. S’ils adhèrent à l’ « Union sacrée », la question essentielle demeure : comment témoigner de leur foi en un Dieu d’amour au milieu du cataclysme ?

Henri Nick s’engage comme aumônier dès août 1914 ; il a 46 ans !

Sur le front, il retrouve des jeunes hommes qui, la veille encore, fréquentaient le Foyer du peuple de Fives, œuvre d’évangélisation populaire qu’il a fondée en 1901. Rapidement, il poursuit auprès d’eux son ministère de pasteur et d’aumônier avec le soutien de sa famille réfugiée à Marseille qui, de son côté, assure aussi le lien avec certains réfugiés du Nord.

Ce document exceptionnel par sa richesse, l’est aussi par les personnalités atypiques d’Henri Nick et de son épouse. À une époque encore marquée par un anticléricalisme virulent, il illustre l’action essentielle d’un homme d’église au front et la capacité de réflexion et d’action d’un chrétien engagé face aux catastrophes de ce monde.

Le pasteur Henri Nick (1868-1954) est l’une des grandes figures du Christianisme social protestant. Pendant plus de cinquante années, il fait de l’évangélisation populaire dans le faubourg lillois de Fives. Conscient de l’importance du milieu dans la construction d’individualités libres, il se préoccupe aussi bien de la misère sociale que de la situation morale de celles et ceux qui fréquentent le Foyer du peuple.

Aumônier pendant la Première Guerre Mondiale, il s’illustre en 1916 lors des combats de Verdun puis de la Somme, durant lesquels il est blessé, ainsi qu’au Chemin des Dames en avril 1917.

De sensibilité socialiste, sans être un pacifiste radical, il soutient les revendications des objecteurs de conscience dans les années trente puis assiste des familles juives persécutées durant la Seconde Guerre mondiale. Il sera plus tard reconnu « Juste parmi les Nations ».

498 pages; prix public : 29€
Achetez en ligne -La main de l’Éternel serait elle trop courte-

Mémoires d’une missionnaire au XIXème siècle, de la campagne languedocienne à la cour de Londres,

par Christine Majolier

Majolier Mémoires couv1Quel extraordinaire destin ! Née en 1805, à Congènies, dans le Gard, dans une famille protestante modeste qui comptait des prophètes camisards parmi leurs ancêtres Christine Majolier voyagera dans toute l’Europe, deviendra la première française « pasteure » et rencontrera prisonniers, indigents et royauté.

A l’âge de 12ans, Christine Majolier qui parle mieux le « patois » occitan que l’anglais arrive à en Angleterre. Ses parents, membres des « Couflaïres » languedociens, église protestante non-violente et égalitaire issue des prophètes camisards l’ont confiée aux Quakers anglais pour son éducation.  Elle y  passera la plus grande partie de sa vie avec de multiples voyages en France pour revoir sa famille.

Très vite elle s’engage auprès des Amis (le vrai nom des Quakers) et  d’abord en qualité d’interprète, puis comme ministre de l’Evangile ;   animée par une foi profonde, elle parcourra l’Europe pour servir les pauvres et les prisonniers et présenter les actions des Amis. Elle aura ainsi l’occasion de rencontrer,  outre la reine de France (épouse de Louis-Philippe), la reine de Wurtemberg  et la reine Victoria avec laquelle elle correspondra.

Son journal, fourmille d’anecdotes sur Nîmes et le Languedoc, sur la Commune de Paris comme sur l’Angleterre durant cette période animée (Empire, Restauration, règne de Victoria) qui vit aussi de nombreux Réveils.

Prix public : 19€
Achetez en ligne -Mémoires d'une missionnaire-

Une femme dans la Grande Guerre

par Madeleine Blocher-Saillens

Blocher Saillens Journal de Guerre couv1Quel triste dimanche ! dès le 2 Août 1914, lendemain de la déclaration de guerre, Madeleine Blocher Saillens comprends que la période qui commence ne sera pas une joyeuse marche victorieuse mais une longue épreuve meurtrière.
Qui mieux qu’une femme, croyante et féministe engagée qui deviendra la première pasteure baptiste française dans les années 30, pouvait avoir l’intuition de la folie des hommes et la décrire dans sa progression quotidienne telle qu’elle était ressentie à l’arrière ? Madeleine Blocher Saillens, femme de pasteur et fille du célèbre évangéliste Ruben Saillens analyse les nouvelles et l’impact de la guerre sur le quotidien des français avec l’intelligence d’une jeune femme aisée à la fibre sociale et la compassion d’une sœur de soldat et d’une mère de jeunes enfants.
Malgré un patriotisme fervent nous sommes loin du bellicisme fanfaron que la presse répandait à l’arrière, et sans douter de la victoire, elle se rend compte qu’ « elle sera durement achetée ! ce sera la banqueroute pour toutes les nations d’Europe. »
Un éclairage original et passionnant et un rare témoignage d’une femme sur la Grande Guerre.

prix public : 15€
Achetez en ligne -Une femme dans la Grande Guerre-

« un document très concret »  Gabrielle Cadier dans le BSHPF

Une passion républicaine, laïcité, républicanisme et protestantisme dans la Drôme (1892-1918),

par Jean-Paul Augier

Augier Passion républicaineA une époque fondatrice de l’histoire française marquée par la lutte entre « les deux France », républicaine anticléricale et catholique conservatrice, une minorité protestante dans le département de la Drôme, un des grands foyers du protestantisme méridional, tente de concilier républicanisme et identité huguenote. Face à des républicains de plus en plus influencés par la Libre-Pensée et des cléricaux qui rêvent d’instaurer une république catholique, les réformés drômois font entendre une autre voix en liant modernité politique et foi religieuse, notamment lors de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905 où ils jouent un rôle majeur.

Cette étude très documentée sur une période difficile des relations politico-religieuses en France permet de mieux comprendre la dynamique des tensions « communautaires »  entre groupes sociaux et culturels qui menacent l’harmonie du « vivre ensemble » français.

Préface de Jean Baubérot, Professeur émérite de la chaire « Histoire et sociologie de la laïcité » à l’École pratique des Hautes Études.

L’auteur Jean-Paul Augier, docteur en histoire, descend d’une longue lignée de protestants républicains de la Drôme méridionale, dont un grand père, huguenot et franc-maçon, qui à cause de ses convictions dreyfusardes a dû démissionner de l’École militaire de Paris et abandonner une carrière d’officier.

620 pages prix public 36 €
Achetez en ligne -Une passion républicaine-

La sanctification dans le méthodisme,

Actes de la 1ère journée d’étude de la SEMF

SEMF Sanctification Couv1La sanctification dans le méthodisme, controverse et fécondité d’une notion théologique

La sanctification, une notion méthodiste ? Ce point de vue courant doit être nuancé. Il s’agit d’abord d’une notion biblique qui exprime l’union mystérieuse de Dieu et de l’homme dont le fruit est la sainteté du croyant. Sujette à des interprétations diverses et à des désunions dans le protestantisme, la sanctification est incluse dans la justification comme une grâce pour le luthéranisme. Distinguée de la justification dans la tradition calviniste comme une manifestation de la grâce, la sanctification devient une « seconde grâce » dans le méthodisme. La controverse sous-jacente à ces différentes interprétations concerne la manière dont la grâce opère dans la vie personnelle et collective du croyant. C’est dire la fécondité théologique et le possible déploiement anthropologique de la notion de sanctification. Justifié par la grâce et édifié par la sainteté, le croyant peut-il alors se perfectionner en vue d’agir plus efficacement dans le monde au nom de ce qu’il a reçu par grâce ? Le méthodisme est sans doute la tradition qui a le plus développé le lien entre sanctification et socialisation posant ainsi de multiples questions en matière d’engagement, éthique, diaconal, politique et missiologique. Cet ouvrage, fruit d’une journée d’étude de la Société d’études du méthodisme français qui a réuni plusieurs spécialistes, historiens, théologiens, pasteurs, présente les différentes facettes de la notion de sanctification dans le protestantisme et montre aussi comment elle a été développée dans le méthodisme européen de langue française.

Les auteurs : André Gounelle, David Bundy, Didier Vallée, Jean-Louis Prunier, Stéphane Zehr, Jean-François Zorn

Prix public 15€
Achetez en ligne -La Sanctification dans le méthodisme-

Jean-Norton Cru, la « Vérité due aux poilus » contre les prix Goncourt

Vernier Cru Couv 1Ancien poilu, choqué par la « fausse beauté du carnage », un inconnu austère et méthodique vient démolir le beau consensus patriotique  en critiquant violemment les auteurs de récits de guerre à succès du moment.

Traitre ou imposteur pour certains, rénovateur de l’historiographie moderne pour d’autres, Jean Norton CRU ose, au nom de la Vérité due aux combattants, remettre en cause les mythes du patriotisme et du courage alimentés par les « marchands de gloire ».

Plus de 80 ans après la parution de son ouvrage clé , Témoins, Jean Norton Cru divise encore mais son apport à la vision des témoignages de guerre fait référence.

Jacques Vernier, pasteur de l’Église Réformée, passionné par l’histoire de l’Ardèche,  nous fait découvrir cette personnalité attachante et irritante. Il le suit depuis sa petite enfance polynésienne et ardéchoise jusqu’à sa vie aux États-Unis et ses séjours familiaux dans la Drôme. Il analyse les influences culturelles et religieuses de cet indigné rescapé de Verdun qui fit tant pour réhabiliter les témoignages des poilus et montre comment, après 50 ans d’oubli, Norton CRU ressurgit au tournant du 21ème siècle dans les débats autour de l’historiographie de la Grande Guerre.

Préface de Philippe Joutard, agrégé d’histoire et spécialiste du protestantisme

15€
Achetez en ligne -Jean Norton Cru contre les prix Goncourt-

Théophraste Renaudot, pionnier du journalisme et de la lutte contre la pauvreté,

par Nicole Vray

Vray Renaudot Couv 1

On connait bien, Théophraste Renaudot, par le prix qui porte son nom décerné chaque année par des journalistes ; en effet c’est Renaudot qui a créé en 1631, avec l’aide de Richelieu, la Gazette, premier journal à parution régulière.  La Gazette cessera de paraître en 1915, mais Renaudot reste en France l’ « inventeur  du journalisme ».

On connait moins, en revanche, le Renaudot inconnu et passionnant que nous fait découvrir Nicole Vray : un médecin huguenot, engagé toute sa vie dans la recherche de remèdes nouveaux à la maladie, l’ignorance, le chômage et la pauvreté.

Moderne dans son approche d’une solution structurelle et multiforme à l’éradication de la misère, Théophraste Renaudot propose et met en œuvre des solutions dans le domaine de l’assistance, de l’éducation, du crédit, de la recherche d’emploi, de la fiscalité et de l’administration publique. Il suggère même à Louis XIII que personne ne puisse obtenir de « charge honorable » (haute fonction)  s’il n’a auparavant fait ses preuves pendant un an au moins dans la lutte contre la pauvreté. Théophraste Renaudot s’affirme ainsi comme le premier en Europe à chercher une solution politique à la pauvreté.

Très moderne dans son approche de l’économique et fermement convaincu que la « charité » n’était pas une solution suffisante, Renaudot conçoit et met en œuvre des organisations de formation professionnelle, d’assistance à la recherche d’emploi, de financement de micro-entreprise, de médecine collective et individuelle et recommande des mesures fiscales pour favoriser la lutte contre la pauvreté. Au risque de l’anachronisme, on pourrait dire que Renaudot avait déjà imaginé et mis en place ce qui est devenu au XXIème siècle : Pôle Emploi, le CNAM, l’AP-HP et la BPI. D’ailleurs le Crédit Municipal (Mont de Piété) qu’il a fondé pour prêter de l’argent aux nécessiteux contre des objets de valeurs pour qu’ils puissent démarrer une activité industrielle ou commerciale existe toujours.

Cette biographie se distingue par l’étude générale et complète du personnage complexe qu’était Théophraste Renaudot : sa personnalité, sa vie de famille, sa conversion au catholicisme comme son anoblissement sous Louis XIII, les jalousies et les nombreux procès que ses découvertes déclenchaient. Basé sur l’important travail réalisé par G. Jubert, archiviste qui a dépouillé les papiers Renaudot de la Bibliothèque Nationale, elle éclaire d’un jour nouveau l’aventure toujours risquée de celui qui aura été le « pionnier du journalisme et de la lutte contre la pauvreté ».

Nicole Vray, Docteur ès-Lettres, membre de l’Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Caen,  est une spécialiste du protestantisme de l’ouest et de ses représentants. Elle est l’auteur d’ouvrages d’Histoire moderne et de biographies des grands personnages du XVIème au XXème siècle, dont celle de Théodore Monod qu’elle a bien connu. Les éditions Ampelos ont déjà publié Catherine de Parthenay et François de la Noue.

Prix public 14 €
Achetez en ligne -Théophraste Renaudot-

Ruben et Jeanne Saillens évangélistes, par Marguerite Wargenau-Saillens

Ruben Saillens couv1Le plus connu des évangélistes français au tournant des XIXe et XXe siècles reste une figure prophétique pour le XXIe. Après de brèves études bibliques à Londres, il fit ses premières armes dans l’évangélisation en milieu populaire aux côtés de Robert W. MacAll. Fondateur d’une Église baptiste à Paris, secondé par sa femme Jeanne, il eut une intense activité d’évangélisation dans toute la France et fit des voyages réguliers dans les pays anglo-saxons (Grande-Bretagne, États-Unis). Pionnier en francophonie des « conventions chrétiennes » qui attiraient des milliers de fidèles, il créa en 1921 l’Institut Biblique de Nogent-sur-Marne dont il fut le premier directeur.

Ruben Saillens fit aussi de nombreuses incursions sur le terrain politique : favorable à la Commune dans sa jeunesse, il sera en 1885 hostile à l’intervention française à Madagascar, ce qui lui vaudra l’hostilité durable du parti colonial. Partisan déclaré du capitaine Dreyfus, son philosémitisme s’affirmera encore dans les années précédant la Seconde guerre mondiale.

Ce Cévenol infatigable manifestera aussi des dons littéraires hors du commun (il aura même l’honneur d’être plagié par Léon Tolstoï lui-même !). Il sera ainsi l’auteur de « la Cévenole », hymne fédérateur des descendants de Camisards, ainsi que de nombreux autres cantiques. Sa fille Madeleine (dont les Éditions Ampelos ont publié le Journal de la Grande Guerre)  sera la première française pasteure baptiste et plusieurs de ses petits-enfants s’illustreront dans diverses activités missionnaires et éducatives.

Prix public 22€

Achetez en ligne -Ruben Saillens-