Archives pour la catégorie Régions françaises et Réforme

Persécutée pour l’Évangile,

par Blanche Gamond

Que mon corps pourrisse tant qu’il vous plaira, vous ne pouvez rien à mon âme, et pourvu que mon âme soit à Dieu, cela me suffit.

Blanche Gamond, qui répond ainsi en 1685, à ses tortionnaires, a tout juste 21 ans. Depuis 1683 ans, six compagnies de dragons se sont installées dans sa ville à St Paul-Trois-Châteaux ; tout est permis pour « convertir » les protestants : intimidations, pillages et maltraitances. Blanche est emprisonnée, et torturée à l’hôpital de Valence pour sa fidélité à l’Évangile. Elle résistera durant 18 longs mois dans des conditions épouvantables ; à un évêque qui lui reprochait de lire l’Évangile, elle répliqua :  Prouvez-moi un passage de l’Ecriture sainte qu’il soit défendu aux femmes et aux filles de la lire ; et moi au contraire je vous prouverai qu’il nous est commandé.

Sa sérénité sous la torture, sa foi inébranlable dans un Dieu de bonté, sa conscience et ses valeurs en font un exemple de résistance féminine à l’injustice et à la violence d’une grande modernité.

Prix : 10 €

Résister

, Lettres de Marie Durand

Emprisonnée parce que protestante dans une France toute catholique, Marie Durand refusa d’abjurer et passa 38 ans dans une prison sinistre et malsaine. On lui attribue la consigne « Résister », gravée dans la pierre du puits, qui 200 ans plus tard et par l’intermédiaire d’une autre protestante, deviendra le mot d’ordre des opposants à la collaboration avec le nazisme.

Sa correspondance, variée en termes de destinataires et de sujets, décrit le rude quotidien des prisonnières, les réseaux français et étrangers pour les aider et les préoccupations de Marie Durand pour sa nièce exilée en Suisse.

Céline Borello qui présente et annote ces lettres est professeure d’histoire moderne à l’université du Mans. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages sur l’histoire des protestants et l’analyse des discours théologiques et politiques protestants des XVIIIe et XIXe siècles.

Prix 10€

Réfugié & Résistant,

par Herbert Steinschneider, alias Pierre Séguy

« Je suis le pasteur de cette commune et je m’élève au nom du Christ contre le meurtre de quatre hommes, quatre femmes et quatre enfants, qui sont tous innocents. »

Herbert Steinchneider appartient à une famille d’origine juive et autrichienne qui s’est réfugiée en France à la montée du nazisme. Après avoir été brièvement enfermé au camp d’internement de Loriol (Drôme), il entre dans la Résistance en fabricant et diffusant des faux-papiers à partir de la Faculté de théologie protestante de Montpellier où il fait ses études.  Il travaille pour l’OSS, les services secrets américains.

La suite de l’Occupation le verra pasteur à Lasalle où il intervient, la Bible à la main, pour sauver de l’exécution un groupe d’otages retenu par les soldats allemands.

Son journal, traduit et présenté par Evelyne Brandts, nous fait vivre au jour le jour ces moments intenses racontés non sans humour.

Avant-propos de Patrick Cabanel, directeur d’études à l’École pratique des hautes études.

Catherine de Parthenay, une duchesse rebelle

par Nicole Vray

Insoumise et résistante, Catherine de Parthenay le fut toute sa vie : née en 1554 en Bas-Poitou, au Parc Soubise sur les terres de Mouchamps, élevée dans la Réforme et l’humanisme, liée aux Albret et donc cousine d’Henri IV, elle perd son premier mari assassiné durant la Saint-Barthélemy. Elle épouse en secondes noces René Ier de Rohan à Blain, près de Nantes, et fait de ce fief un refuge pour les protestants de la région. De ce mariage naissent cinq enfants dont celui qui sera Henri II de Rohan, gendre de Sully et dernier grand chef militaire protestant jusqu’au début du XVIIème siècle. Catherine de Parthenay assiste au premier siège de La Rochelle de 1572 et écrit une tragédie « Holopherne » tirée du livre biblique de Judith. Elle suit toutes les guerres de religion où meurt René Ier de Rohan. Amie de Catherine de Bourbon sœur d’Henri IV, dont Henri II de Rohan était le fidèle compagnon d’armes, Catherine est sans doute présente à Nantes lors de la signature de l’Edit de Nantes. Enfin elle est encore à La Rochelle lors du second Grand siège  de 1627 où Richelieu la qualifiera de « l’âme de la résistance ». A la fin de ce siège elle est emprisonnée à Niort et n’est libérée qu’après la paix d’Alés de 1629. Elle meurt en 1631,sur ses terres natales à Mouchamps.

Cette femme politique, huguenote intransigeante et passionnée fit l’admiration de toute l’élite européenne et suscita l’attachement des populations bretonnes et poitevines, qu’elle protégea jusqu’à sa mort en 1631. Elle fut également une femme de grande culture qui nous a laissé nombre d’écrits, correspondance, poèmes ou pamphlets, tous riches de sens et empreints de son protestantisme et de sa rigueur.

Prix public : 12 €

Saint Jean-du-Gard, terre de liberté

par Nelly Duret

À Saint-Jean-du-Gard, on sait lire, écrire et protester depuis la Réforme.

L’obstination de la population dans ses revendications et sa résistance aux injustices irrigue la mémoire saint-jeannaise et nombreux sont les témoignages populaires, lettres, testaments ou livres de raison, qui permettent de raconter ces « vies minuscules », si souvent oubliées de l’Histoire. La destinée de cette communauté met en lumière les besoins de liberté et de spiritualité des hommes tissant des histoires de chair, de larmes et de sang d’une bouleversante actualité. Avec ce récit historique puissant, on découvre la participation remarquable d’une petite communauté cévenole minoritaire, à l’Histoire nationale.

Ce livre convaincra aussi bien les habitants et visiteurs de Saint-Jean-du-Gard que celles et ceux, dans un cercle bien plus large, que continuent à passionner la géographie, l’histoire, la religion, la culture des Cévennes.   Patrick Cabanel

Prix : 19€

Odyssée prussienne,

par Paul Helmlinger

J’ai une certaine satisfaction de n’avoir jamais tiré un seul coup de fusil contre un ennemi pendant toute la guerre, bien qu’à un moment donné j’aurais dû le faire.

En 1915, Paul Helmlinger, jeune alsacien de 19 ans est incorporé dans l’armée allemande et envoyé sur le front de l’Est.

Francophile et opposé au militarisme prussien, il résiste avec finesse et courage à l’embrigadement, au « dressage » militaire et à l’asservissement des esprits.

Opposé à « la confiance dans la force des canons et des baïonnettes », le jeune étudiant en théologie nous raconte avec force détails passionnants son aventure involontaire de l’Alsace à l’Ukraine et son retour rocambolesque avec d’autres soldats alsaciens à la démobilisation.

Ecrit avec humour et humanité, ce récit picaresque révèle un aspect peu connu de la Grande Guerre, le traitement des soldats alsaciens sur le front de l’Est.

Préface de Marc Lienhard, Doyen honoraire de la Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg et spécialiste de l’histoire du protestantisme alsacien.
Prix : 9€

Un été en Cévennes,

par Aimé Vignon

Fils de mineur de la Grand’Combe et descendant de paysans huguenots de Vialas, Aimé Vignon est un concentré de Cévennes.

Instituteur, prédicateur laïque, conteur cévenol, il enseignait le français à ses élèves, mais affectionnait particulièrement la langue parlée par les « anciens » – le cévenol disait-il – qu’il parlait lors des nombreuses « veillées cévenoles » pendant lesquelles il passionnait son auditoire – du plus jeune au plus vieux – en partageant la mémoire des Cévennes, à travers histoires, légendes, poésies, contes et partages divers sur la vie quotidienne de ce pays qu’il aimait tant.

 Dans cet ouvrage qui fait maintenant partie du patrimoine cévenol, il nous raconte l’été à la campagne d’un jeune citadin qui retourne au village. Entre les grands-parents, les chèvres, les travaux des champs et le culte du dimanche, c’est toute une jeunesse insouciante et savoureuse qui se déroule sous nos yeux. C’est aussi tout un monde en partie disparu qui revit avec la verve cévenole d’Aimé Vignon.

Préface de Daniel Travier, fondateur de Maison Rouge, Musée des vallées cévenoles.

Prix : 9€

Jacques Martin, objecteur de conscience, Juste et résistant,

par Violaine Kichenin-Martin

jacques-martin-couv-1« Je vous renvoie ci-joints mes papiers militaires et vous prie de voir là l’effet de ma décision de ne plus répondre aux appels que pourra m’adresser l’autorité militaire. »

Cette lettre au ministre de la Guerre qui ressemble à une chanson célèbre marqua le début d’une importante campagne dont Jacques Martin, incarcéré cinq fois pour objection de conscience fut le principal porte-parole avec Henri Roser et leur avocat André Philip (député du Front Populaire puis futur ministre du Général de Gaulle). Mais sa non-violence radicale n’empêche pas une résistance déterminée contre la tyrannie et les injustices. Arrêté par la Milice et condamné à mort par la Gestapo pour actes de résistance, il sera élargi juste avant la Libération sur l’intervention de son ami et chef de maquis Laurent Olivès. Nommé, avec son épouse Jacqueline Martin, Juste parmi les Nations pour avoir sauvé des Juifs, il continuera toute sa vie le combat non-violent et recevra Martin Luther King lors de son passage à Lyon en mars 1966.

 

L’auteur de cette biographie très personnelle et documentée, Violaine Kichenin-Martin, fille de Jacques Martin,  nous ouvre les archives familiales d’un résistant déterminé qui traversa le siècle avec une sérénité et une foi inébranlables. Le préfacier, Patrick Cabanel est directeur d’études à l’École pratique des hautes études. Il s’est particulièrement intéressé au protestantisme à propos duquel il a écrit de nombreux ouvrages de référence, dont De la paix aux résistances, les protestants français de 1930 à 1945 (Fayard).

prix public : 19€
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Saint-Quentin sous le joug allemand,

par Louise Dumas-Trocmé

Louise Dumas Trocmé couv1 smallLouise Trocmé est la fille de Paul Trocmé, important industriel protestant de Saint Quentin. En 1914, elle est veuve et s’occupe de ses enfants ainsi que de ceux de son père, veuf lui aussi. Quand les Allemands envahissent le nord de la France en 1914, elle commence un passionnant journal qui détaille au jour le jour les exactions allemandes et les réactions des Français.

En effet  le Nord de la France et la Picardie furent occupés par les Allemands très rapidement après le début de la première guerre mondiale. Durant toute la guerre, les populations durent vivre sous le joug allemand et payèrent un lourd tribut, personnel et financier, à l’occupation. L’infrastructure industrielle, particulièrement importante dans cette région, fut durement touchée par les réquisitions, les vols et les destructions. Louise Trocmé, très au fait de la marche de la fabrique assiste au pillage systématique et le relate au jour le jour.

Un document majeur pour comprendre l’impact moral, culturel et économique de l’occupation présenté et annoté par Hélène Trocmé, historienne et  nièce de Louise Dumas, qui a enseigné l’histoire des États-Unis à l’Université Marc Bloch de Strasbourg puis au Centre d’Histoire Nord-Américaine de l’Université de Paris I- Panthéon-Sorbonne.

Préface d’Annette Becker, professeure à l’Université de Paris Ouest, et auteure  Les cicatrices rouges, 14-18, France et Belgique occupées. (Fayard, 2012)  et Voir la Grande Guerre, un autre récit, Armand-Colin, 2014.

prix public : 19€
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On n’attendait pas la mort si tôt,

Lettres de Henri et Hélène Nick 1915

Nick 1915 La mort couv1« [Une] correspondance passionnante et abondante, exceptionnelle même ! »

Xavier Boniface dans la Revue d’Histoire de l’Église, 2015

« … véritable édition scientifique de ces textes, avec toute une série de notes, érudites mais très claires»

André Encrevé, Bulletin de la Société d’Histoire du Protestantisme Français, 2015.

Dans le 2e tome de cette correspondance, Henri et Hélène Nick abordent tous les aspects d’une guerre qui est maintenant totale. Les combats de Champagne du début de l’année 1915 sont parmi les plus durs qu’Henri Nick connaîtra : leurs paroissiens sont touchés soit par l’occupation allemande, soit par la mort de proches ; leur famille et leurs amis ne sont pas épargnés.

Et pourtant, ils essaient de poursuivre leurs engagements malgré les difficultés liées au conflit. La suite de cette correspondance exceptionnelle par sa richesse et par les personnalités atypiques d’Henri Nick et de son épouse Hélène, nous plonge  toujours plus en avant dans la vie de ces chrétiens engagés et de leur entourage au front comme à l’arrière.

Le pasteur Henri Nick (1868-1954) est l’une des grandes figures du Christianisme social protestant. Pendant plus de cinquante années, il fait de l’évangélisation populaire dans le faubourg lillois de Fives. Conscient de l’importance du milieu dans la construction d’individualités libres, il se préoccupe aussi bien de la misère sociale que de la situation morale de celles et ceux qui fréquentent le Foyer du peuple.

Aumônier pendant la Première Guerre Mondiale, il s’illustre en 1916 lors des combats de Verdun puis de la Somme, durant lesquels il est blessé, ainsi qu’au Chemin des Dames en avril 1917.

De sensibilité socialiste, sans être un pacifiste radical, il soutiendra les revendications des objecteurs de conscience dans les années trente puis assistera des familles juives persécutées durant la Seconde Guerre mondiale. Il sera reconnu « Juste parmi les Nations ».

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Saleté de guerre,

correspondance 1915-1916 de Marie-Louise et Jules Puech

Puech Cazals couv 1Voici deux intellectuels socialistes de culture protestante, proches de Jaurès, avec leur franc-parler, leurs admirations et détestations, leurs problèmes de pacifistes enfermés dans la guerre. La séparation a produit ces lettres d’où ressort le contraste entre front et arrière, chaque correspondant essayant de comprendre la situation de l’autre et lui demandant de la décrire sans détours. Jules livre ses observations sur la vie des tranchées, les moments chauds à Verdun et dans la Somme, son contact avec la boue et les rats, les poilus et les officiers. De Paris, Marie-Louise raconte la préparation de la revue La Paix par le Droit, les problèmes d’ego au sein de l’équipe, ses démêlés avec la censure.  Au contact de hautes personnalités parisiennes et étrangères, elle donne à son mari, et donc aux lecteurs de ce livre, des informations passionnantes sur les coulisses du pouvoir, les missions internationales, les organisations féministes et pacifistes. Et qui mieux que leur amie chargée d’ouvrir le courrier de Barrès pouvait attirer l’attention des Puech sur les lettres d’injures venant du front, dont une contenait des poux destinés au grand embusqué jusqu’au-boutiste ?

            Professeur émérite d’histoire à l’université de Toulouse – Jean Jaurès, Rémy Cazals a fait connaître de nombreux témoins de la Grande Guerre, notamment le tonnelier Louis Barthas, dont le livre est devenu un classique.

Correspondance remarquable et importante » Patrick Cabanel

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Protestants de l’Ouest

par Nicole Vray

Vray Prot Ouest couv 1Après de longues années d’oubli, on redécouvre aujourd’hui l’importance et la vivacité du protestantisme de l’ouest de la France.

Si Nantes est célèbre pour l’Édit et La Rochelle pour le Grand Siège, de nombreuses localités et personnalités de Bretagne, Normandie et Poitou ont participé à l’histoire du protestantisme français. Cet ouvrage de référence étudie la progression de la Réforme dans la France de l’Ouest et analyse sa pénétration dans toutes les classes sociales à la ville comme à la campagne.

Spécialiste de l’histoire du Protestantisme de l’ouest, Nicole Vray en écrit ici une histoire passionnante et très documentée ; elle redonne vie aux grandes familles huguenotes comme aux humbles missionnaires baptistes et révèle la profondeur et parfois l’influence nationale du protestantisme de l’ouest.

Nicole Vray, Docteur ès-Lettres, membre de l’Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Caen, hébraïsante, est une spécialiste du protestantisme de l’ouest et de ses représentants. Elle est l’auteur d’ouvrages d’Histoire moderne et de biographies des grands personnages du XVIème au XXème siècle, dont celle de Théodore Monod qu’elle a bien connu. Ses derniers ouvrages sont une biographie de Théophraste Renaudot et une étude sur les « Grandes Femmes de l’Ancien Testament ».

Préfaces de Henri Dubief, ancien vice-président de la Société d’histoire du protestantisme français et Jean Meyer, professeur à la Sorbonne.

Prix public : 20 €
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