Confession de foi de Calvin de 1537

Cette confession de foi fut rédigée par Calvin et Farel pour être collectivement confessée par les habitants de Genève. La réticence des habitants la confesser publiquement contribua au départ de Calvin  de Genève pour Strasbourg en 1538. En 1541 il reviendra à Genève où il établira une république théocratique.

CONFESSION DE LA FOI, LAQUELLE TOUS
BOURGEOIS ET HABITANTS DE GENÈVE ET SUJETS
DU PAYS DOIVENT JURER DE GARDER ET TENIR,

Comme enfants naguère nés, désirez le lait raisonnable et qui est sans fraude.Soyez appareillés à répondre à chacun qui vous demande raison de l’espérance qui est en vous.Si quelqu’un parle, que ce soit les paroles de Dieu. (I Pierre 2. 3. 4). 

I. LA PAROLE DE DIEU.

Premièrement nous protestons (déclarons) que pour la règle de notre foi et religion nous voulons suivre la seule Ecriture, sans y mêler aucune chose qui ait été controuvée (inventée) du sens des hommes sans la Parole de Dieu : et ne prétendons pour notre gouvernement spirituel recevoir autre doctrine que celle qui nous est enseignée par icelle Parole, sans y ajouter ni diminuer, ainsi que notre Seigneur le commande.

II. UN SEUL DIEU.

Suivant donc l’institution qui est contenue aux saintes Ecritures, nous reconnaissons qu’il y a un seul Dieu,, lequel nous devons adorer et auquel nous devons servir, auquel nous devons mettre toute notre fiance (confiance) et espérance : ayant cette assurance qu’en lui seul est contenue toute sapience (sagesse), puissance, justice, bonté et miséricorde. Et comme il est Esprit, qu’il le faut servir en esprit et en vérité. Et pourtant reputons (estimons que c’est) une abomination de mettre notre fiance ni espérance en créature aucune, d’adorer autre que lui, soit anges ou autres créatures quelconques, et de reconnaître autre Seigneur de nos âmes que lui seul, soit saints ou saintes, ou hommes vivants sur la terre: pareillement de constituer le service qui lui doit être rendu en cérémonies extérieures et observations charnelles, comme s’il se délectait en telles choses, de faire image pour représenter sa divinité ni aussi autre image pour adorer.

III. LOI DE DIEU, SEULE POUR TOUTES.

Pourtant qu’il est le seul Seigneur et maître qui a la domination sur nos consciences et aussi que sa volonté est la seule règle de toute justice, nous confessons que toute notre vie doit être réglée aux commandements de sa sainte loi, en laquelle est contenue toute perfection de justice, et que ne devons avoir autre règle de bien vivre et justement, ni inventer autres bonnes oeuvres pour complaire à lui que celles qui y sont contenues, ainsi qu’il s’ensuit : Exode XX.

je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai tiré hors de la terre d’Egypte, de la maison de servitude. Tu n’auras point d’autres dieux devant moi. Tu ne te feras aucune image ni semblance des choses qui sont au ciel là-sus, ni en la terre çà-bas, ni ès eaux dessous la terre ; tu ne leur feras inclination et ne leur serviras, car je suis le Seigneur ton Dieu, fort, jaloux, visitant l’iniquité des pères sur les enfants en la troisième et quatrième génération de ceux qui me haïssent, et faisant miséricorde en mille générations à ceux qui m’aiment et gardent mes commandements. Tu ne prendras point le nom du Seigneur ton Dieu en vain, car Dieu ne tiendra point pour innocent celui qui prendra son nom en vain. Aie souvenance du jour du repos pour le sanctifier : six jours tu travailleras et feras toute ton oeuvre ; le septième c’est le repos du Seigneur ton Dieu, tu ne feras aucune oeuvre, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta chambrière, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dedans tes portes : car en six jours Dieu a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qui est en iceux et s’est reposé au septième jour : pourtant il a béni le jour du repos et l’a sanctifié. Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés sur la terre laquelle le Seigneur ton Dieu te donnera. Tu ne tueras point. Tu ne paillarderas point. Tu ne déroberas point. Tu ne diras point faux témoignage contre ton prochain. Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain et ne désireras point sa femme, ni son serviteur, ni sa chambrière, ni son boeuf, ni son âne, ni autre chose qui soit à lui.

 
 

Le Traité des Reliques,

par Jean Calvin

calvinreliques2.jpgUn quart de siècle après le scandale des indulgences qui avait poussé Luther à protester contre la mercantilisation du salut, Calvin s’attaque maintenant au culte des saints et au commerce des reliques. Son Traité des Reliques dénonce l’exploitation de la crédulité du peuple et les déviations idolâtres de l’adoration des restes supposés de saints. Véritable « No Logo » du 16ème siècle, cet ouvrage virulent vise à rétablir la simplicité de la foi et réduire le fatras pseudo théologique qui empêche la communication directe du croyant avec Dieu.

La retranscription en français courant faite par Jeanne Vincler, spécialiste du protestantisme lorrain, nous permet de redécouvrir un Calvin humoristique, presque truculent, loin de l’image d’austérité qu’on se fait de lui. En quelques pages enlevées et claires, il nous fait une démonstration limpide et amusante de la crédulité de ses contemporains et de l’exploitation éhontée qu’en fait un certain clergé.


Prix recommandé : 14 €


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Ampelos dans le Dauphiné Libéré

le-dauphine-libere.pngDès les origines la Réforme avait trouvé dans l’Ardèche et la Drôme un terreau favorable, des places fortes, des âmes hautes. Depuis toujours les huguenots d’ici ont eu à coeur d’écrire leur histoire, l’esprit étant dans l’écriture avec ou sans majuscules. Ecrire encore pour affirmer sa foi, mais aussi par fidélité aux ancêtres qui pouvaient être aussi bien princes que manents, et parfois galériens.
Les livres témoignent encore, comme les hauts lieux, et il existe des Itinéraires protestants qui sont fréquentés, surtout l’été, par des touristes venus d’Europe ou d’ailleurs. Généralement ils commencent par le musée de Poët-Laval, ou la maison de Marie Durand à Pranles.
Et voilà que, dans la meilleure tradition, le pasteur Pierre Merlet, né à Montélimar, vient de faire paraître ses souvenirs de 1945 à 1995, un livre fort sous un titre volontairement provocateur: « Le Protestantisme menacé par la Réforme » (éd. Onésime). L’ancien pasteur de Valdrôme ne dissimule ni la crise des vocations ni les difficultés de l’évangélisation. Mais la foi demeure à l’oeuvre.
Par ailleurs le petit-fils d’un instituteur de Loriol, Eric Peyrard, vient carrément de fonder, coup sur coup, deux maisons d’édition: Ampelos et Terre Natale, afin de faire connaître les plus belles pages du Protestantisme régional qui se confond avec l’autre. On peut ainsi lire du Jean-Frédéric Vernier qui, pour le Réveil du 19e s., avait passé 40 ans de sa vie à prêcher la Réforme, de ferme en ferme à travers la Drôme.
Comme ça, ou autrement, l’histoire continue dans l’écriture et la lecture.

Pierre Vallier

Apocalypse boursière ?

bourse2.jpgIl n’est de jour qu’on ne lise que telle société importante est maintenant au bord du gouffre, que telle autre, dont l’arrogance était proverbiale, va licencier 10 000 ou 50 000 employés, que tel « grand patron » jadis victorieux et conquérant en venait maintenant à mendier à l’Etat quelques milliards de l’argent des citoyens…

Et chaque semaine, avec une irrégularité qui permet encore quelques beaux profits et de nouvelles pertes, la Bourse (notez le B majuscule, comme dans la Babylone de l’Apocalypse) continue de descendre, faisant les unes des journaux et le désespoir des anciens « golden people ». Et chacun de courir se réfugier derrière qui, la religion, qui l’Etat, qui la politique… Et de sortir les vieilles prophéties, de dépoussierer les vieux clichés, de raviver les vielles haines et incompréhensions.

« Car tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien; et tu ne connais pas que tu es malheureux et misérable et pauvre, et aveugle et nu. » (Apoc. III, 17)

Mais s’il est parfois ironique de voir les anciens contempteurs de l’Etat, réclamer maintenant son intervention, s’il est amusant de voir les belles certitudes arrogantes des puissants s’effondrer face aux désastres qu’ils n’arrivent pas à controler, il ne faut pas oublier que des centaines de milliers d’indivivus y perdent leurs économies, leurs retraites, leurs emplois. Et s’imaginer qu’une crise financière viendra « purger » ou purifier un système économique complexe et imparfait risque d’être illusoire et frustrant.

labelfinansol.jpgLa crise n’est pas l’Apocalypse! Elle n’annonce pas le Jugement dernier; c’est un soubressaut d’un marché complexe (sur le sujet, lire le très bon livre de Jean-Jacques Perquel sur le Marché financier américain) qui tour à tour bénéficie et pâtit de la mondialisation des échanges. Et au milieu de cette crise, au hasard d’une lecture d’un récent dossier de Réforme , un commentaire intéressant du Président de Finansol qui rappelle que l’épargne solidaire, investie dans des sociétés non cotées, est peu affectée par la crise boursière. Même chose pour Oikocredit qui fait du microcrédit pour des projets de développement.

charleswagnersamaritain.jpg

Ceux qui ont misé (joué?) sur les « valeurs de croissance » se retrouvent, ruinés; ceux qui ont misé sur les valeurs humaines n’ont rien perdu…. Dieu a le sens de l’humour, et il ne cesse de nous rappeller qu’au modèle du « golden boy » il préfère celui du Bon Samaritain.

Voyage d’un François en Virginie,

par Durand du Dauphiné

durandvoyage.jpgAprès une vie bien remplie de hobereau local, noble Durand, un protestant drômois de Die en Dauphiné, se prépare à passer en paix ses dernières années dans sa Drôme natale. Mais Louis XIV a décidé d’extirper l’ « hérésie », et Durand, huguenot pieux et déterminé échappe de justesse aux dragons et s’enfuit à travers la Provence.

Quelques jours plus tard, il apprend le pillage de sa maison et la conversion de sa fille. Il décide alors de partir, bravant l’Edit royal qui lui interdit de quitter le royaume et s’embarque pour l’Espagne puis l’Angleterre. A Londres, une de ces « fortunées contrées où l’on prêche la vérité sans aucun trouble », il cède à la propagande de peuplement des colonies et s’embarque pour le Nouveau Monde.

Partout où il passe, Durand se fait des amis, et malgré des épreuves fréquentes, il gardeindianslunching.jpg une foi inébranlable et un optimisme impressionnant. Son récit empreint d’une piété sincère nous fait découvrir un homme qui au soir de sa vie s’éprend d’un nouveau pays, se passionne pour son potentiel agricole, ses habitants et ses capacités de développement et décide de convaincre ses co-religionnaires de l’intérêt de s’y installer.

On n’en sait pas plus sur Durand ; où s’est il installé et quand est il mort ? Mais ce huguenot Drômois forte tête et attachant nous a laissé un document unique sur deux phénomènes majeurs du XVIIème siècle : la fuite des Huguenots de France et le peuplement des futurs Etats-Unis. Son témoignage de première main aide à comprendre la culture et la mentalité des huguenots du Refuge (voir les ouvrages de Weiss) et compléte d’autres récits comme ceux de Fontaine et Samuels de Pechels.

Cet ouvrage abondamment illustré est passionnant pour qui s’intéresse à l’histoire du protestantisme comme à celle des débuts de la civilisation américaine.

Prix recommandé : 18 €

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Patronymes protestants cités dans nos ouvrages, A à C

Abbadie, : Weiss1

Achard, : Weiss1

Adolphe, : Weiss1

Agombard, : Weiss1

Agoust, d’ : Weiss1

Albert : Weiss1

Allaire : Weiss1

Allix : Weiss1

Amyraut : Weiss1

Ancillon : Weiss1

André : Weiss1

Anières, d’ : Weiss1

Arbouin : Weiss1

Ardouin : Weiss1

Arnaud : Weiss1

Arzilliers, d’ : Weiss1

Asche : Weiss1

Astruc : Weiss1

Aubigné, d’ : Weiss1

Audruy : Weiss1

Avaux, d’ : Weiss1

Avejan, d’ : Weiss1

Tu veilleras, par Charles Wagner

Prière trouvée dans les papiers de Charles Wagner, après sa mort.

« Tu veilleras, »

Quand je dormirai du sommeil qu’on nomme la mort,
c’est dans ton sein que je reposerai.
Tes bras me tiendront comme ceux des mères tiennent les enfants endormis.
Et Tu veilleras.

Sur ceux que j’aime et que j’aurai laissés,
sur ceux qui me chercheront et ne me trouveront plus,
sur les champs que j’ai labourés, Tu veilleras.

Ta bonne main réparera mes fautes.
Tu feras neiger des flocons tout blancs sur les empreintes de mes pas égarés;
tu mettras ta paix sur les jours évanouis, passés dans l’angoisse;
tu purifieras ce qui est impur.

Et de ce que j’aurai été moi, pauvre apparence, ignorée de moi-même
et réelle en toi seul, tu feras ce que tu voudras.
Ta volonté est mon espérance, mon lendemain, mon au-delà, mon repos et ma sécurité.
Car elle est vaste comme les cieux et profonde comme les mers;
les soleils n’en sont qu’un pâle reflet,
et les plus hautes pensées des hommes n’en sont qu’une lointaine image.

En Toi je me confie. A Toi je remets tout.

Extrait du recueil : l’Evangile et la Vie

L’invention de la tolérance,

par Frank Puaux

Puaux Tolérance Couv1A la fin du XVIIème siècle, les persécutions contre les huguenots puis la Révocation de l’Édit de Nantes durcissent le sort des protestants français. Pourtant, parmi les intellectuels protestants exilés, se développe non pas un esprit de rancœur et de revanche, mais une philosophie de la tolérance religieuse qui prend son origine avec Castellion, sera illustrée avec brillant par Bayle et qui inspirera les Encyclopédistes.

Frank Puaux nous livre les détails des approches diverses, (et des polémiques) qui accompagnent ce développement philosophique. Pour la première fois en Europe, une nouvelle école de pensée d’origine religieuse se libère de l’esprit de chapelle et de revanche pour élaborer un vivre ensemble moderne et poser les bases du respect des convictions autres.

Frank Puaux a été Président de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français et un des fondateurs du Musée du Désert. Il a écrit de nombreux ouvrages sur le protestantisme en particulier sur les Camisards et la période du Désert.

Prix public : 18 €

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Les Abjurations des protestants provençaux

appyforceztome2couv.jpgDans les quelques années qui précédèrent la Révocation de l’Edit de Nantes, des milliers de protestants furent forcés de se convertir, par la contrainte physique, financière ou psychologique.

Françoise Appy, historiennespécialiste du protestantisme provençal nous a présenté dans le Tome 1 la détresse de ces convertis et leurs motivations ainsi que et l’intolérance et les méthodes de leurs «missionnaires bottés».

Ce Tome 2 est le résultat d’années d’étude des archives locales, registres d’abjurations et registre de la Compagnie pour la Propagation de la Foi. Il liste, village par village, des centaines d’abjurants avec le détail de leur famille. Un index par nom de famille facilitera la tâche du généalogiste recherchant ses ancêtres huguenots et la liste impressionnante des sources permettra à l’amateur d’approfondir le sujet.

Un document clé pour la généalogie protestante et la généalogie provençale.

Prix recommandé : 18 €

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La dernière lettre de Jean Vinard, mort au front en 1915

jeanvinard.jpgLettre de Jean Vinard à ses parents
quelques jours avant sa mort, au front en 1915,

extrait de « Restera-t-il seulement un Noë » de P. Vinard

 

« Dans la lutte suprême qui commence toutes mes pensées vont vers vous, comme je sais que vous êtes avec moi. Priezpour moi… Je vous aime infiniment et ai toujours confiance. Vive la France…

… Je ne crois rien vous cacher en vous disant que la lutte finale est proche… Il vous faudra du courage et surtout une entière confiance. Peut-être resterez vous longtemps sans nouvelles, il ne faudra jamais désespérer. Pour moi, malgré les révoltes passagères inévitables, je suis calme et je veux le rester. De toute mon âme, de toutes mes forces, je pense à vous tous et à René* et je sens que les liens qui nous attachent les uns aux autres ne peuvent se briser.

Oui, en dehors du corps il y a l’âme ; et nos âmes sont chacune une parcelle de l’Esprit universel. Au-dessus de nous il y a cet Idéal vers lequel nous tendons parfois et vers lequel nous voulons tendre et qui est le même pour tous. Le but de la vie, c’est de tâcher de réaliser cet Idéal avant le terme qui nous est assigné.

Si, à un moment quelconque, nous arrivions à nous élever au-dessus de nous-mêmes et à atteindre cet Idéal, nous aurions vécu, et la vie serait pour nous banale, puisque fatalementnous retomberions de ces hauteurs où l’homme ne peut se maintenir (comme l’ont dit Platon, Maine de Biran, ettant d’autres).

Pour nous soldats, l’Idéal est là sans tache devant nos yeux : d’une manière absolue et désintéressée, donner joyeusementsa vie pour les autres. Quelplus bel Idéal peut-on rêver !

Si donc nous mourrons la joie dans les yeux, c’est que nous aurons vécu. Qu’importe l’âge ! Le temps n’est rien dans l’Eternité !

Mais maintenant, je sais que cet Idéal est très difficile à atteindre, et que beaucoup succombent dans une révolte des sens complète, parce qu’ils n’ont pas su vouloir réaliser l’Idéal qui leur était proposé ; et c’est alors pour eux la défaite morale avant la victoire de la mort sur eux.

Oui, dans la mêlée, ce qui nous fait peur, ce n’est pas la mitraille, les obus, le feu, les vapeurs asphyxiantes ; mais c’est de sentir à certains moments, la confiance en soi et le calme vous abandonner, c’est de sentir qu’on n’a plus foi en l’idéal.

Eh bien ! À ce moment-là, et de toutes ses forces, il faut vouloir, il faut sentir que l’on veut et que d’autres veulent avec vous. Puisque nous croyons à une âme unique, dont les nôtres ne seraient que des parcelles, si nous croyons à l’Universalité de la Pensée, nous admettons par cela même la communion la plus intime qui puisse exister entre nos âmes. Ce que je vous demande donc, c’est de vouloir de toutes vos forces avec moi, et je me sentirai soutenu.

Christ a voulu, et il a triomphé, son Esprit est toujours là qui nous enveloppe et il peut vouloir encore. Oui, soyons en communion avec lui, les uns avec les autres, et alors nous serons calmes jusqu’à la mort.

Ma chère maman, ce que tu as toujours voulu, c’est que nous soyons heureux ; eh bien, si la mort vient pour moi, sache qu’à mon dernier moment, je serai divinement heureux, parce que j’aurai foi en l’Idéal. Et si, comme malgré tout je le crois, le revoir nous est accordé sur cette terre, tu me rappelleras cette lettre et tu m’aideras à marcher vers l’idéal »

* Un de ses frères, lieutenant du génie, qui prenait part aux attaques.

Cette lettre est extraite de « Restera-t-il seulement un Noë » de P. Vinard, le journal d’un protestant drômois durant la Grande Guerre (14-18) publié aux Editions Ampelos.

Les sites Web de généalogie protestante

De nombreuses questions nous sont posées sur la recherche d’ascendants protestants; les éditions Ampelos s’efforcent d’inclure pour chaque ouvrage historique un index des noms de famille cités permettant une première identification. Mais des sites existent qui permettent d’avancer plus avant et d’échanger avec d’autres chercheurs dans une région donnée.

Nous les citons ici pour vous faciliter la recherche; si un site utile n’apparaît pas dans cette liste, n’hésitez pas à nous le signaler:

Signalez nous des ajouts éventuels, nous en ferons bénéficier nos lecteurs.

Martin Luther King’s dream

obama2.jpgLes résultats sont là, et la nouvelle qui était incroyable il y a quelques mois est maintenant confirmée: les Américains ont élu un président jeune, progressiste, afro-américain, et tellement déterminé à changer la société US qu’il en a fait le leitmotiv de sa campagne: CHANGE!

Impossible en voyant les images de cette élection américaine de ne pas penser au merveilleux discours du pasteur Martin Luther King il y a 45 ans: « I have a dream« :

I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed: « We hold these truths to be self-evident: that all men are created equal. »

……

I have a dream that my four children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character.

I have a dream today.

……….

I have a dream that one day every valley shall be exalted, every hill and mountain shall be made low, the rough places will be made plain, and the crooked places will be made straight, and the glory of the Lord shall be revealed, and all flesh shall see it together.

Impossible de ne pas être ému par l’immense espoir que représente cette élection, pas seulement pour les minorités américaines, mais pour tous ceux qui désirent un changement de politique, un retour aux valeurs fondementales de ce grand pays.

Impossible de ne pas partager le rêve de MLK, qui nous rappelle avec des mots d’aujourd’hui qu’ : « il n’y plus ni Juif, ni Grec; il n’y a plus ni esclave ni homme libre; il n’y a plus l’homme et la femme; car tous sont un en Jésus-Christ » (Ga 3,28; Col 3,11). »

Et au terme d’une campagne qui fût très protestante (3 des 4 candidats principaux -Obama, McCain, Palin sont protestants et Joe Biden qui est catholique descend d’un huguenot français quaker…) dans l’opiniâtreté des candidats, leur respect mutuel, et leur insistance sur les changements nécessaires (semper reformanda), impossible de ne pas se prendre à penser qu’à Dieu rien n’est impossible et que parmi la débacle boursière actuelle et la crise aux impacts encore mal mesurés, il sait nous envoyer des messages d’espoir et nous rappeller qu’il n’y a que la foi qui rende les rêves possibles.

L’ancêtre huguenot de Joe Biden, le Vice Président américain

Pour ceux qui se sont intéressés à la campagne électorale américaine de 2008, un détail amusant n’aura pas manquer de leur échapper; le « middle name » de Joe Biden est Robinette! En effet, son nom complet est Joseph Robinette Biden. Biden lui même explique (sans grande conviction) l’origine de ce nom : « It’s my grandmother Biden’s maiden name. It’s French. And it goes back a long, long way. Allegedly the Robinettes came over with Lafayette and never went home. I don’t know that. We can’t guarantee that. » (Traduction: c’est le nom de ma grand’mère maternelle. C’est un nom français. Cela remonte à très longtemps. Il paraît que les Robinettes sont venus avec Lafayette et ne sont jamais repartis. Je n’en sais rien. Pas garanti.)

allenrobinett.jpg

En fait les Robinette (et les Robinett, et les Robnett) américains ne sont pas venus avec Lafayette; ils descendraient d’un certain Allen Robinett, huguenot d’une famille française réfugiée en Angleterre et quaker (Société des Amis) qui serait arrivé au Nouveau Monde avec les partisans de William Penn (quaker célébre et fondateur de la Pennsylvanie) en 1682. Allen Robinett épousa Margaret Symm à Londres en 1653, s’installa dans une colonie quacker en Pennsylvanie en 1582 et y décéda en 1694. Il Ils eurent au moins 4 enfants (Allen, Susanna, Samuel et Sarah) dont descendent les familles Robinette, Robinett et Robnett actuelles.

Le patronyme Robinet est assez rare, même en France, et aucun Robin ou Robinet n’est cité dans l’ouvrage de Weiss sur les Réfugiés Huguenots en Angleterre.

I have a dream, par Martin Luther King

(discours prononcé le 28 Août 1963 au Lincoln Memorial, Washington, DC)

I am happy to join with you today in what will go down in history as the greatest demonstration for freedom in the history of our nation.

Five score years ago, a great American, in whose symbolic shadow we stand today, signed the Emancipation Proclamation. This momentous decree came as a great beacon light of hope to millions of Negro slaves who had been seared in the flames of withering injustice. It came as a joyous daybreak to end the long night of their captivity.

But one hundred years later, the Negro still is not free. One hundred years later, the life of the Negro is still sadly crippled by the manacles of segregation and the chains of discrimination. One hundred years later, the Negro lives on a lonely island of poverty in the midst of a vast ocean of material prosperity. One hundred years later, the Negro is still languished in the corners of American society and finds himself an exile in his own land. And so we’ve come here today to dramatize a shameful condition.

In a sense we’ve come to our nation’s capital to cash a check. When the architects of our republic wrote the magnificent words of the Constitution and the Declaration of Independence, they were signing a promissory note to which every American was to fall heir. This note was a promise that all men, yes, black men as well as white men, would be guaranteed the « unalienable Rights » of « Life, Liberty and the pursuit of Happiness. » It is obvious today that America has defaulted on this promissory note, insofar as her citizens of color are concerned. Instead of honoring this sacred obligation, America has given the Negro people a bad check, a check which has come back marked « insufficient funds. »

But we refuse to believe that the bank of justice is bankrupt. We refuse to believe that there are insufficient funds in the great vaults of opportunity of this nation. And so, we’ve come to cash this check, a check that will give us upon demand the riches of freedom and the security of justice.

We have also come to this hallowed spot to remind America of the fierce urgency of Now. This is no time to engage in the luxury of cooling off or to take the tranquilizing drug of gradualism. Now is the time to make real the promises of democracy. Now is the time to rise from the dark and desolate valley of segregation to the sunlit path of racial justice. Now is the time to lift our nation from the quicksands of racial injustice to the solid rock of brotherhood. Now is the time to make justice a reality for all of God’s children.

It would be fatal for the nation to overlook the urgency of the moment. This sweltering summer of the Negro’s legitimate discontent will not pass until there is an invigorating autumn of freedom and equality. Nineteen sixty-three is not an end, but a beginning. And those who hope that the Negro needed to blow off steam and will now be content will have a rude awakening if the nation returns to business as usual. And there will be neither rest nor tranquility in America until the Negro is granted his citizenship rights. The whirlwinds of revolt will continue to shake the foundations of our nation until the bright day of justice emerges.

But there is something that I must say to my people, who stand on the warm threshold which leads into the palace of justice: In the process of gaining our rightful place, we must not be guilty of wrongful deeds. Let us not seek to satisfy our thirst for freedom by drinking from the cup of bitterness and hatred. We must forever conduct our struggle on the high plane of dignity and discipline. We must not allow our creative protest to degenerate into physical violence. Again and again, we must rise to the majestic heights of meeting physical force with soul force.

The marvelous new militancy which has engulfed the Negro community must not lead us to a distrust of all white people, for many of our white brothers, as evidenced by their presence here today, have come to realize that their destiny is tied up with our destiny. And they have come to realize that their freedom is inextricably bound to our freedom.

We cannot walk alone.

And as we walk, we must make the pledge that we shall always march ahead.

We cannot turn back.

There are those who are asking the devotees of civil rights, « When will you be satisfied? » We can never be satisfied as long as the Negro is the victim of the unspeakable horrors of police brutality. We can never be satisfied as long as our bodies, heavy with the fatigue of travel, cannot gain lodging in the motels of the highways and the hotels of the cities. We cannot be satisfied as long as the negro’s basic mobility is from a smaller ghetto to a larger one. We can never be satisfied as long as our children are stripped of their self-hood and robbed of their dignity by a sign stating: « For Whites Only. » We cannot be satisfied as long as a Negro in Mississippi cannot vote and a Negro in New York believes he has nothing for which to vote. No, no, we are not satisfied, and we will not be satisfied until « justice rolls down like waters, and righteousness like a mighty stream. »*

I am not unmindful that some of you have come here out of great trials and tribulations. Some of you have come fresh from narrow jail cells. And some of you have come from areas where your quest — quest for freedom left you battered by the storms of persecution and staggered by the winds of police brutality. You have been the veterans of creative suffering. Continue to work with the faith that unearned suffering is redemptive. Go back to Mississippi, go back to Alabama, go back to South Carolina, go back to Georgia, go back to Louisiana, go back to the slums and ghettos of our northern cities, knowing that somehow this situation can and will be changed.

Let us not wallow in the valley of despair, I say to you today, my friends.

And so even though we face the difficulties of today and tomorrow, I still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream.

I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed: « We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal. »

I have a dream that one day on the red hills of Georgia, the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at the table of brotherhood.

I have a dream that one day even the state of Mississippi, a state sweltering with the heat of injustice, sweltering with the heat of oppression, will be transformed into an oasis of freedom and justice.

I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character.

I have a dream today!

I have a dream that one day, down in Alabama, with its vicious racists, with its governor having his lips dripping with the words of « interposition » and « nullification » — one day right there in Alabama little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers.

I have a dream today!

I have a dream that one day every valley shall be exalted, and every hill and mountain shall be made low, the rough places will be made plain, and the crooked places will be made straight; « and the glory of the Lord shall be revealed and all flesh shall see it together. »**

This is our hope, and this is the faith that I go back to the South with.

With this faith, we will be able to hew out of the mountain of despair a stone of hope. With this faith, we will be able to transform the jangling discords of our nation into a beautiful symphony of brotherhood. With this faith, we will be able to work together, to pray together, to struggle together, to go to jail together, to stand up for freedom together, knowing that we will be free one day.

And this will be the day — this will be the day when all of God’s children will be able to sing with new meaning:

My country ’tis of thee, sweet land of liberty, of thee I sing.

Land where my fathers died, land of the Pilgrim’s pride,

From every mountainside, let freedom ring!

And if America is to be a great nation, this must become true.

And so let freedom ring from the prodigious hilltops of New Hampshire.

Let freedom ring from the mighty mountains of New York.

Let freedom ring from the heightening Alleghenies of Pennsylvania.

Let freedom ring from the snow-capped Rockies of Colorado.

Let freedom ring from the curvaceous slopes of California.

But not only that:

Let freedom ring from Stone Mountain of Georgia.

Let freedom ring from Lookout Mountain of Tennessee.

Let freedom ring from every hill and molehill of Mississippi.

From every mountainside, let freedom ring.

And when this happens, when we allow freedom ring, when we let it ring from every village and every hamlet, from every state and every city, we will be able to speed up that day when all of God’s children, black men and white men, Jews and Gentiles, Protestants and Catholics, will be able to join hands and sing in the words of the old Negro spiritual:

Free at last! Free at last!

Thank God Almighty, we are free at last!

* Amos 5, 24

**Isaïe 40, 4-5

Forcez les d’entrer !

par Françoise Appy

appyforcez1couv.jpgFrançoise Appy, historiennespécialiste du protestantisme provençal et des théories de l’éducation présente ici le résultat de plusieurs années de recherche surun moment poignant et peu connu de l’histoire provençale.

Dans les quelques années qui précédèrent la Révocation de l’Edit de Nantes, des milliers de protestants furent forcés de se convertir, par la contrainte physique, financière ou psychologique. L’auteur a étudié les archives locales et registres d’abjuration pour suivre les méthodes,les progrès et les justifications de cette campagne de conversion.

Ce Tome 1 nous fait revivre ainsi dans le détail la détresse de ces convertis et l’intolérance de leurs « missionnaires », un processus qui s’est déroulé dans toute la France, et dont les bases théologiques font encore des ravages aujourd’hui de par le monde.

Cet ouvrage s’accompagne d’une très abondante bibliographie sur les protestants provençaux, d’une liste des sources et d’un index des noms de famille cités qui sera utile au généalogiste.

Prix recommandé : 24 €

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