Il fit route avec eux,

Aimé Bonifas :

CouvBonifasRoute2Jeune résistant, Aimé Bonifas sera arrêté et déporté à 23 ans à Buchenwald, Dora, Mackenrode et Osterhagen. Il survivra à la barbarie des Kommandos de travail forcé de Laura et réussira une évasion miraculeuse. Son livre « Détenu 20801 » en a fait un des auteurs protestants français les plus lus. Pasteur, engagé pour les droits de l’homme, contre le négationnisme et la torture, il est aussi l’auteur d’autres ouvrages historiques sur les protestants nîmois sous l’occupation, les Huguenots à Berlin et la Réforme en Espagne.

Dans ce recueil, il nous emmène à la rencontre de Jésus, parabole par parabole, situation par situation. Pas d’exégèse obscure dans ce volume, juste une réflexion actualisant l’Evangile par une lecture proche du quotidien mais incluse ouverte sur les nouvelles réalités d’un monde globalisé.

« Aujourd’hui, il nous suffit de nous mettre à table pour que le monde entier soit là, à notre disposition : le labeur des paysans de chez nous, mais aussi toute la peine du Tiers-Monde (le café de Côte d’Ivoire, le sucre de Cuba etc…) »  nous rappelle Aimé Bonifas dans son commentaire de la multiplication des pains (Jean 6, 1-13).  En  rapprochant le nouveau testament de la vie moderne, l’auteur nous rapproche de Jésus et nous permet de faire route avec lui.

© Editions Ampelos 2010

Prix recommandé : 18  €

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Mémoires

d’Henri de Rohan

Mémoires du Duc de RohanDuc et pair de France, cousin et ami du roi Henri IV, gendre de Sully, Henri de Rohan est promis à une brillante carrière militaire. Mais l’assassinat de Henri IV en fait, presque malgré lui, le chef du parti protestant et l’adversaire principal du cardinal de Richelieu. Malgré sa vaillance et celle de son frère, le duc de Soubise, les soulèvements protestants de 1621 à 1625 se solderont par la prise de La Rochelle et la défaite militaire des protestants qui devront accepter en 1629 la paix d’Alès qui revient sur les acquis de l’Edit de Nantes.

Ces mémoires, rédigées en exil à Venise, relatent les opérations militaires des protestants, les tentatives de Rohan pour obtenir le soutien de l’Angleterre, le siège de La Rochelle, la guerre dans le Languedoc et donnent un  éclairage engagé sur les intrigues et les divisions du parti protestant. Malgré sa préface qui annonce : « Je les laisse à la postérité, afin qu’après ma mort la vérité des choses que j’ai veues ne demeure obscurcie par les fables des flatteurs, et par les invectives des persécuteurs ; je n’y apporte déguisement ny passion, et laisse à un chacun la liberté d’en juger à sa fantaisie. » ces Mémoires sont une entreprise de justification post-facto mais la franchise et l’assurance de leur auteur qui fut partie prenante et informée de tous les évènements importants du Royaume en font un témoignage précieux sur le règne de Louis XIII.

Prix recommandé : 28  €

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Que souhaiter pour le Nouvel An ?

Santé, Bonheur, Prospérité, les vœux ne font pas dans l’originalité en cette période de crise où bien des gens voudraient surtout ne pas voir se détériorer encore plus leur situation quotidienne.

Meilleurs VoeuxEt c’est vrai finalement que c’est en ces temps difficiles que l’on perçoit comment le bonheur tient à peu de choses, la santé malgré les épidémies annoncées, le bonheur dans une société de consommation apparemment insatiable et la prospérité parce qu’après tout, … il faut bien vivre.

Mais au sortir de Noël, est -ce vraiment le message que la naissance du Christ nous apporte ? L’ange de Noël n’a pas annoncé la santé aux bergers, ni la prospérité ou le bonheur.  « Gloire soit à Dieu dans les lieux très-hauts, que la paix soit sur la terre et la bonne volonté dans les hommes! » (Luc 2.14). Voilà donc le vœu ultime, la Paix, sans laquelle les autres ne sont que des aspirations matérialistes insatisfaisantes.

Et même si la Paix annoncée par l’ange est beaucoup plus que l’absence de conflits armés, ceux qui ont vécu la guerre nous font apprécier à quel point la Paix est importante:

le 2 Janvier 1915, Jean Norton Cru (historien protestant de la grande guerre)  écrit du front à sa soeur : « Depuis le 18 Décembre, notre vie est beaucoup plus active, et du 20 au 24 il y a eu de la casse (pas à notre régiment). J’ai eu à rendre les derniers devoirs par une nuit sans lune et notre tâche se fit en deux fois, interrompue par une fusillade. Noël et le jour de l’An se sont passés comme les autres jours, il  furent même plus riches en « hardships »…. Les obus pleuvent ... » Le même jour, à l’arrière, Paul Vinard écrit dans son journal : « Voilà une nouvelle année déjà entamée, que nous apportera-t-elle ? Continuons à faire notre devoir et soyons prêts, laissant à Dieu de disposer de nous. »

VanEtten Chronique QuakerDans cet esprit de Paix, les Editions Ampelos ont terminé l’année 2009 en republiant les « Chroniques de la vie quaker en France« , un important témoignage sur ce groupe pacifiste qui s’illustra pendant la 2ème guerre mondiale par son assistance sans faille aux réfugiés et persécutés. Un bel exemple que la Paix qui nous est promise ne s’obtient pas dans une attente passive, mais par l’action des hommes et femmes de bonne volonté.

Que cette Paix intérieure et partagée soit avec nous en cette nouvelle année, et qu’elle éclaire nos vies, nos familles et nos entourages.

Chronique de la vie quaker française,

par H. van Etten

VanEtten Chronique QuakerAprès  les temps troublés de la guerre des Camisards et du prophétisme cévenol, un groupe chrétien pacifiste se manifeste dans la Vaunage protestante, à l’ouest de Nîmes. Ces ‘Couflaïres’ sont la première manifestation connue de ceux  qui sont devenus les premiers Quakers languedociens.

Après la Première Guerre mondiale, un renouveau d’intérêt pour le quakerisme se manifesta à Paris, et peu à peu, de nouveaux membres s’affilièrent à la Société religieuse des Amis (Quakers). Toujours motivée par le pacifisme et l’amitié entre les peuples, l’action des Quakers français, proche du Christianisme social, trouvera son apogée durant la Seconde Guerre mondiale lorsque des quakers français, suisses et américains unirent leurs efforts pour sauver de très nombreux Juifs de l’extermination.

L’ouvrage d’Henry van Etten, mis à jour et préfacé est la référence pour l’histoire des quakers français. A travers les destins de femmes et d’hommes militants pour la paix et le secours au prochain, nous découvrons une famille spirituelle peu connue en France, malgré l’importance que certains de ses membres ont pu avoir.

© Société des Amis/Editions Ampelos 2009

Prix recommandé : 21 €

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Religieux et Surnaturel, par Charles Bois

Charles Bois Religieux et Surnaturel

Doit-on croire aux miracles ? Plus généralement, quelle place le surnaturel peut il tenir dans une société de plus en plus rationnelle ? Peut-on même envisager une religion dépouillée du surnaturel ?

Charles Bois est né à Die (Drôme), en 1826 et mourût à Montauban en 1896.

Successivement pasteur de l’Église réformée à Montmeyran (Drôme), de 1850 à 1857, et à Alais de 1857 à 1860, il fut appelé en 1860 à la Faculté de théologie protestante de Montauban, comme professeur d’hébreu, de critique et d’exégèse de l’Ancien Testament. Il occupa cette chaire jusqu’en 1873 et passa alors dans celle de morale et d’éloquence sacrée. En 1875, il devint doyen de la Faculté.

Orateur très clair et élégant, il s’intéressa particulièrement au surnaturel et aux questions morales et sociales. Il fut aussi un auteur prolixe et joua un rôle important dans le débat entre « libéraux » et «évangéliques orthodoxes ». C’est lui qui rédigea la confession de foi du synode de 1872 où les protestants libéraux furent mis en minorité; le schisme ainsi créé entre « libéraux » et « évangéliques » dura jusqu’en 1906.

Après une période d’oubli relatif, ses écrits, fortement marqués par sa foi en l’inspiration surnaturelle de Dieu, retrouvent un nouveau succès, notamment dans les milieux évangéliques.

La longue introduction de Pierre-Yves Ruff permet de prendre du recul par rapport aux débats de l’époque pour redonner de l’actualité à la pensée de Bois.

Prix recommandé : 12 €


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Protestants en fête !

Calvin n’en serait pas revenu! StrasbourgZenithCalvin

Des milliers de participants au culte de dimanche  (9 500 selon la police presse, probablement plus de 12 000 si l’on compte ceux qui s’entassaient au Palais des Congrès pour la « retransmission »), un remarquable succès de participation et d’organisation.

Des stands, des expositions, des débats, de la musique, des animations, des restos improvisés, de la musique encore et 2 événements  au Zénith, le concert du Samedi soir et le culte du Dimanche matin. Un culte de plus de 2 heures, avec un grand moment d’émotion, la lecture des Béatitudes par une lectrice non-voyante, ses doigts courant sur la Bible en braille. Plusieurs centaines de choristes sur la scène du Zénith, mais une exhortation à vivre dans une « sobriété heureuse ».

CahierAFAASToutes les couleurs du protestantisme y étaient représentées, toutes les opinions s’y exprimaient et dans la ville ou Calvin s’était réfugié après son premier séjour genevois, on pouvait entendre des anti-trinitaires débattre avec des « orthodoxes ».  (Castellion non plus n’en serait pas revenu…)

Trop d’activités pour toutes les citer ici, mais parmi celles-ci il faut quand même signaler la pose d’une plaque sculptée en l’honneur d’Albert Schweitzer au Stift, Albert Schweitzer qui étudia, enseigna, joua de l’orgue et précha à Strasbourg. (Voir aussi le nouvel ouvrage inédit que nous publions Agir, sermons sur les Missions, prononcés à Saint Nicolas à Strasbourg).

Un grand moment de fraternité donc, car tous, évangéliques, réformés, luthériens, étions réunis pour témoigner ensemble dans une ambiance musicale qui mélangeait psaumes de la Réforme, Jazz manouche et Gospel.

Et partout, du Défi Michée (qui organisait une campagne pour l’eau) à la librairie Jean Calvin (où l’on peut trouver les titres des Editions Ampelos) cette bonne humeur sérieuse et engagée qui est une espèrance pour le futur.

Agir,

par Albert Schweitzer

Agir par A. SchweitzerNé en 1875, dans une Alsace incorporée depuis peu au nouveau Reich allemand, le pasteur et musicien Albert Schweitzer a l’idée singulière, à trente ans, de s’engager comme médecin sur la station missionnaire de Lambaréné, en territoire colonial français. À son amie Hélène Bresslau, qu’il épousera en 1912 et qui partira avec lui, il avait déjà écrit (lettre du 25.09.1903) : « Je crois dans la mesure où j’agis ».

Sur le terrain en 1913, après sept ans de formation (doctorat en médecine) et de combats pour imposer sa candidature à la Société Évangélique des Missions de Paris, l’engagement missionnaire prend avec lui une orientation résolument humanitaire qui s’accentuera et deviendra décisive après guerre, lors du deuxième séjour, entre 1924 et 1927. Schweitzer est l’homme qui a franchi, en situation, le pas qui sépare, sans les opposer, l’ordre missionnaire chrétien et l’ordre humanitaire a priori universel et laïque, sans frontière religieuse.

Le christianisme est pour lui essentiellement une éthique (une obligation) de l’action, dans la perspective de réparer les maux de ce monde et de préparer l’avènement d’un autre, de justice et de fraternité. Le christianisme comme altermondialisme !
L’espérance ? J’espère dans la mesure où j’agis.

Dans ses sermons, comme dans son œuvre philosophique, Schweitzer se montre critique de son temps. Il en pressent le déclin, en discerne les besoins ou les manques. Il confesse sa foi en l’éclairant par la raison et en la soumettant à l’épreuve de l’histoire.

Président de l’AFAAS (Association Française des Amis d’Albert Schweitzer) depuis 2008, philosophe, Jean-Paul Sorg a déjà traduit de l’allemand en français et édité plusieurs ouvrages de Schweitzer. Il a publié 11 numéros des Études Schweitzeriennes et est le rédacteur en chef des Cahiers Albert Schweitzer, qui paraissent trois fois l’an.

Illustration de la couverture : Albert Schweitzer à Lambaréné, photo de W. Eugene Smith © 1954, 2009 The Heirs of W. Eugene Smith.

© Editions Ampelos 2009
Prix recommandé : 22 €


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La Chambre de l’Edit de Grenoble,

par J. Brun-Durand

Un tribunal pour la Diversité

ChambreEditCouvFinaleL’Edit de Saint Germain en Laye en Août 1570 permettait aux protestants d’avoir une représentation dans les instances juridiques amenées à traiter les procès « entre parties estans de contraire religion ». En 1598, l’édit de Nantes, ordonne l’établissement à Grenoble d’une chambre composée de douze conseillers et deux présidents, moitié de chaque religion. Cet ouvrage relate par le détail la mise en place laborieuse de cette Chambre et la difficulté à réglementer la diversité. Dans une région fortement protestante, le Dauphiné, cette Chambre deviendra vite un objet de jalousies et un instrument politiques pour des chefs de guerre comme Lesdiguières aux allégeances religieuses changeantes. Longtemps présidée par Soffrey Calignon, qui participa à la rédaction de l’Edit de Nantes, la Chambre de l’Edit de Grenoble sera prises en otage par les différents groupes de pression et ne survivra que par une soumission complète aux volontés du pouvoir royal.

Prix conseillé : 18€


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La Réforme à Besançon au XVIème siècle

cadixbesanconcoverRégion frontalière, la Franche Comté était au XVIème siècle de langue française mais dépendante de l’empire germanique de Charles Quint. Proche des villes suisses de Berne, Fribourg et Soleure, Besançon avait une certaine tradition d’autonomie et était la résidence de l’archevêque et le siège de nombreux couvents. Comme partout en Europe, la richesse temporelle du clergé et ses mœurs dissolues furent un terreau propice pour la Réforme naissante. Dès 1520, des prédicateurs  « luthériens »  sont poursuivis, mais c’est Guillaume Farel qui évangélisera durablement la ville et ses environs.

Cet ouvrage dresse un panorama détaillé des progrès de la Réforme à ses débuts à Besançon ; il intéressera le lecteur bisontin, comme celui qui cherche à comprendre la naissance du protestantisme avant même la diffusion des idées et ouvrages de Calvin.

© Editions Ampelos 2009
Prix recommandé : 16 €


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Le prix de la pure Parole,

par Jean Calvin

calvinnicodeme1Grand prédicateur, brillant intellectuel, théologien hors pair, Calvin fut aussi un polémiste acharné et agressif. Pour Calvin, la polémique n’est pas seulement un moyen de ferrailler avec ses adversaires théologiques, c’est aussi une façon d’évangéliser les fidèles qui n’ont pas la possibilité d’assister à ses prêches. En 1543, convaincu que la tiédeur n’est pas de mise pour ce qui est des opinions religieuses, Calvin produit plusieurs pamphlets appelant les lecteurs à s’engager dans la voie du pur Évangile. Parmi ceux-ci, le « Le petit traité montrant ce que doit faire un homme fidèle connaissant le vérité de l’Evangile, quand il est parmi les papistes » qui préconisait une rupture claire avec Rome et fit scandale. Ce traité fut complété par « l’Excuse aux Nicomédites » que nous vous présentons ici sous le titre « Le Prix de la Pure Parole ».

Calvin n’est jamais aussi spontané que lorsqu’il parle de l’engagement du chrétien ; dans ses arguments aux Nicomédites qui n’osent pas vivre l’Évangile pleinement, on retrouve des accents très actuels qui annoncent Bonhoeffer et le « Prix de la Grâce ».

Illustration de la couverture : Jésus et Nicomède par James Tissot.

© Editions Ampelos 2009

Prix recommandé : 14 €

Changer le monde!

« Seuls les fous qui croient pouvoir changer le monde y parviennent».

henri dunantCette remarque d‘Henry Dunant sonne de plus en plus juste.

En cette rentrée 2009 de multiples commémorations peuvent servir à nous rappeler que ceux qui ont fortement contribué à changer le monde sont souvent partis avec une espérance forte mais des chances de réussite très minces.

Il y a 500 ans, qui aurait pu imaginer l’importance que prendrait la pensée de Calvin,  l’ouverture du message de l’Évangile à tous, la liberté offerte par le libre arbitre et la  séparation des pouvoirs religieux et civils qui annonçait le monde moderne. Mordant et sarcastique dans le Traité des Reliques ou engagé et courageux dans l’excuse aux Nicomédites, Calvin, le premier grand intellectuel de langue française balaie les croyances du passé et prépare un réveil intellectuel qui est encore en mouvement aujourd’hui.

A Solférino, il y a 150 ans, Henri Dunant, un jeune homme d’affaire suisse est horrifié par le sort des blessés laissés à mourir sur le champ de bataille: son idée d’une organisation neutre portant secours à tous les blessés quelque soit leur appartenance nationale deviendra la Croix Rouge.

En 1939, la CIMADE est créée pour venir en aide à l’origine aux populations évacuées d’Alsace et de Lorraine, puis aux internés des camps d’internement instaurés par l’administration de Vichy. Très vite, ses équipiers s’engageront dans le sauvetage des Juifs et organiseront, au péril de leur vie, des filières de refuge en Suisse ou dans les campagnes françaises. Aujourd’hui, elle assiste les étrangers dans les centres de rétentions.

Ces trois exemples qui nous sont proches nous démontrent une fois de plus que des individus inspirés et déterminés, peuvent, même sans moyens particuliers, changer, sinon le monde, du moins leur partie du monde. Alors, malgré la morosité d’une crise ambiante, comme Calvin, Dunant, les équipiers de la CIMADE et bien d’autres, laissons nous inspirer et soyons assez fous pour penser que chacun d’entre nous peut, à sa façon et dans son périmêtre,  changer le monde et le rendre meilleur.

Souvenir de Solférino,

Henry Dunant

dunantsolferino4Présent, par hasard, sur le champ de bataille de Solférino en 1859, Henry Dunant est horrifié par le carnage dont il est témoin, et par le sort des quarante mille blessés et mourants abandonnés dans la boue sans assistance. Immédiatement, il organise des secours avec l’aide des paysans locaux, sans distinction de nationalité pour l’assistance apportée aux blessés.
A la suite de cette expérience, il formule trois propositions. : la création de sociétés de secours pour apporter de l’aide aux blessés en temps de guerre, le recrutement et la formation d’ infirmiers reconnus par les armées et un «un principe international, conventionnel et sacré» dans un texte officiel signé par les états : la première convention de Genève.

Ce petit livre qui, entre horreur et compassion, a lancé une révolution humanitaire ne pose qu’une question, ne lance qu’un seul défi aux puissances temporelles et aux citoyens : «N’y aurait-il pas moyen, pendant une époque de paix et de tranquillité, de constituer des sociétés de secours dont le but serait de faire donner des soins aux blessés, en temps de guerre, par des volontaires zélés, dévoués et bien qualifiés pour une pareille oeuvre ?»

Depuis 150 ans et avec la création de la Croix Rouge, cette question a fait son chemin avec le succès que l’on sait ; peut-être serait il temps de la poser sur d’autres sujets…Après tout, comme le disait Henry Dunant : « Seuls les fous qui croient pouvoir changer le monde y parviennent ».

Prix recommandé : 12 €

Isaac Casaubon, intellectuel européen de la Renaissance

par LJ Nazelle

Isaac CasaubonÉtudiant dans l’Académie fondée par Calvin, Isaac Casaubon en obtient la chaire de grec à 24 ans. Jeune prodige qui avait appris le grec avec son père, cachés dans une grotte de la Drôme durant les guerres de Religion, Isaac Casaubon deviendra un des plus brillants hellénistes de son temps.

Ses relations avec Théodore de Bèze et les savants de passage à Genève, son mariage avec la fille d’Henry Estienne, le grand imprimeur et éditeur protestant le promettent à un avenir prestigieux. Mais il est difficile de faire carrière dans en France lorsqu’on est un fervent huguenot.

Manipulé par les conseillers du roi lors de la controverse de Fontainebleau entre Du Plessis Mornay et le cardinal Du Perron, il sera désavoué par ses amis protestants qui le trouvent trop « tiède » comme par les catholiques qui n’arrivent pas à le convertir. Devant l’opposition des jésuites, Henri IV ne pourra pas le nommer au Collège de France et lui confiera à la place sa Bibliothèque. Mais malgré une relative aisance, et la possibilité de pratiquer sa religion, Casaubon n’est pas satisfait et cèdera aux appels du roi d’Angleterre dont il deviendra un des conseillers théologiques les plus écoutés. Ami de deux rois, savant de grande renommée, il mourra à Londres, regrettant la France mais célèbre dans toute l’Europe.

En sus des ses nombreux ouvrages d’érudition et traduction du grec, il a laissé un journal, Les Éphémérides, passionnante relation du quotidien d’un intellectuel croyant du XVIème siècle, balloté par les évènements de son temps.

Prix recommandé : 19 €

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On ira tous au paradis (fiscal)

bourse2.jpgÇa y est, à l’approche de Pâques, nous en avons enfin la liste… Pour tous ceux qui se demandaient s’ils étaient prédestinés (année Calvin oblige!), il est maintenant facile d’aller au paradis; on découvre en effet (si on ne le savait pas encore), que notre beau pays est entouré de ces paradis: Suisse, Andorre, Monaco, Luxembourg, Iles Anglo-Normandes (et encore ne compte t on pas la Belgique, si accueillante aux grandes fortunes récentes françaises, ni le Royaume Uni…).

Étrange, d’ailleurs ce vocable paradisiaque,  pour désigner les lieux où se retrouvent les impôts impayés, ou plutôt les corporations qui ne veulent pas payer d’impôt; dans le glossaire de l’entreprise, le paradis serait donc le lieu où l’on ne partage pas, où l’on garde pour quelque uns (grands actionnaires et management), la valeur ajoutée créée par tous… Sans doute est-ce une astuce de communication de rebaptiser (si j’ose dire) le centre de l’avidité et souvent de l’illégalité d’un vocable à la promesse attrayante. George Orwell aurait apprécié…

Charles Wagner : Le Bon Samaritain

Rien à voir, bien sur, avec le paradis  promis par l’Écriture; un paradis pour ceux qui donnent, gratuitement, pour ceux qui partagent, qui souffrent avec.  Dans « Le Bon Samaritain« , Charles Wagner nous met en garde: « Une autre loi s’élabore lentement dans le mauvais fond de notre cœur, alimentée par les éléments troubles et malfaisants du milieu, et cette loi la voici : « Ton Dieu c’est toi même et tu t’offriras ton prochain en sacrifice;« Il nous décrit ensuite les mécanismes de cette « mauvaise loi » dont le résultat concret est que « … l’œuvre de Dieu, sa volonté, ses créations, ses semailles longues et laborieuses à travers les siècles, tout cela est là pour mon seul profit et le prochain est ma chose, le jouet de mon orgueil, de mon plaisir, de mon caprice. Littéralement, Je m’offre le prochain.  »

Nous sommes là bien loin du repos éternel envisagé par le même Wagner à la mort de sonCharles Wagner : L'Ami fils : « Te savoir en sa main,  dans cette main où sont aussi les vivants, voilà notre suprême refuge dans la peine.« (L’Ami).  Une vision très simple mais radicale par sa simplicité du paradis, pas du tout une prolongation « éternelle » de la vie, comme le précise Wagner, pas du tout comme si  » on entrerait avec armes, bagages et titres, au banquet céleste où subsisteront les hiérarchies et la satisfaction invétérée de se sentir premier« . Un paradis où les privilèges n’ont plus cours, les richesses ne sont plus les mêmes, la puissance n’appartient qu’à Dieu. Un paradis qui ne serait donc pas un repaire de privilégiés échappant à leurs devoirs fiscaux, mais plutôt une occasion de vivre dans l’éternité de tout l’amour pour son prochain que chacun a l’occasion d’exercer durant son passage terrestre.

Quant à ceux  qui vont redoubler d’ingéniosité pour mettre « à l’abri » leur contribution à la société, Esaïe nous les décrit clairement : « Leurs pensées sont des pensées d’iniquité. Le ravage et la ruine sont sur leur route.Ils ne connaissent pas le chemin de la paix, et il n’y a point de justice dans leurs voies. Ils prennent des sentiers détournés … » (Esaie LIX, 7-8)

Éditeur de combats