Protestants en fête !

Calvin n’en serait pas revenu! StrasbourgZenithCalvin

Des milliers de participants au culte de dimanche  (9 500 selon la police presse, probablement plus de 12 000 si l’on compte ceux qui s’entassaient au Palais des Congrès pour la « retransmission »), un remarquable succès de participation et d’organisation.

Des stands, des expositions, des débats, de la musique, des animations, des restos improvisés, de la musique encore et 2 événements  au Zénith, le concert du Samedi soir et le culte du Dimanche matin. Un culte de plus de 2 heures, avec un grand moment d’émotion, la lecture des Béatitudes par une lectrice non-voyante, ses doigts courant sur la Bible en braille. Plusieurs centaines de choristes sur la scène du Zénith, mais une exhortation à vivre dans une « sobriété heureuse ».

CahierAFAASToutes les couleurs du protestantisme y étaient représentées, toutes les opinions s’y exprimaient et dans la ville ou Calvin s’était réfugié après son premier séjour genevois, on pouvait entendre des anti-trinitaires débattre avec des « orthodoxes ».  (Castellion non plus n’en serait pas revenu…)

Trop d’activités pour toutes les citer ici, mais parmi celles-ci il faut quand même signaler la pose d’une plaque sculptée en l’honneur d’Albert Schweitzer au Stift, Albert Schweitzer qui étudia, enseigna, joua de l’orgue et précha à Strasbourg. (Voir aussi le nouvel ouvrage inédit que nous publions Agir, sermons sur les Missions, prononcés à Saint Nicolas à Strasbourg).

Un grand moment de fraternité donc, car tous, évangéliques, réformés, luthériens, étions réunis pour témoigner ensemble dans une ambiance musicale qui mélangeait psaumes de la Réforme, Jazz manouche et Gospel.

Et partout, du Défi Michée (qui organisait une campagne pour l’eau) à la librairie Jean Calvin (où l’on peut trouver les titres des Editions Ampelos) cette bonne humeur sérieuse et engagée qui est une espèrance pour le futur.

Agir,

par Albert Schweitzer

Agir par A. SchweitzerNé en 1875, dans une Alsace incorporée depuis peu au nouveau Reich allemand, le pasteur et musicien Albert Schweitzer a l’idée singulière, à trente ans, de s’engager comme médecin sur la station missionnaire de Lambaréné, en territoire colonial français. À son amie Hélène Bresslau, qu’il épousera en 1912 et qui partira avec lui, il avait déjà écrit (lettre du 25.09.1903) : « Je crois dans la mesure où j’agis ».

Sur le terrain en 1913, après sept ans de formation (doctorat en médecine) et de combats pour imposer sa candidature à la Société Évangélique des Missions de Paris, l’engagement missionnaire prend avec lui une orientation résolument humanitaire qui s’accentuera et deviendra décisive après guerre, lors du deuxième séjour, entre 1924 et 1927. Schweitzer est l’homme qui a franchi, en situation, le pas qui sépare, sans les opposer, l’ordre missionnaire chrétien et l’ordre humanitaire a priori universel et laïque, sans frontière religieuse.

Le christianisme est pour lui essentiellement une éthique (une obligation) de l’action, dans la perspective de réparer les maux de ce monde et de préparer l’avènement d’un autre, de justice et de fraternité. Le christianisme comme altermondialisme !
L’espérance ? J’espère dans la mesure où j’agis.

Dans ses sermons, comme dans son œuvre philosophique, Schweitzer se montre critique de son temps. Il en pressent le déclin, en discerne les besoins ou les manques. Il confesse sa foi en l’éclairant par la raison et en la soumettant à l’épreuve de l’histoire.

Président de l’AFAAS (Association Française des Amis d’Albert Schweitzer) depuis 2008, philosophe, Jean-Paul Sorg a déjà traduit de l’allemand en français et édité plusieurs ouvrages de Schweitzer. Il a publié 11 numéros des Études Schweitzeriennes et est le rédacteur en chef des Cahiers Albert Schweitzer, qui paraissent trois fois l’an.

Illustration de la couverture : Albert Schweitzer à Lambaréné, photo de W. Eugene Smith © 1954, 2009 The Heirs of W. Eugene Smith.

© Editions Ampelos 2009
Prix recommandé : 22 €


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La Chambre de l’Edit de Grenoble,

par J. Brun-Durand

Un tribunal pour la Diversité

ChambreEditCouvFinaleL’Edit de Saint Germain en Laye en Août 1570 permettait aux protestants d’avoir une représentation dans les instances juridiques amenées à traiter les procès « entre parties estans de contraire religion ». En 1598, l’édit de Nantes, ordonne l’établissement à Grenoble d’une chambre composée de douze conseillers et deux présidents, moitié de chaque religion. Cet ouvrage relate par le détail la mise en place laborieuse de cette Chambre et la difficulté à réglementer la diversité. Dans une région fortement protestante, le Dauphiné, cette Chambre deviendra vite un objet de jalousies et un instrument politiques pour des chefs de guerre comme Lesdiguières aux allégeances religieuses changeantes. Longtemps présidée par Soffrey Calignon, qui participa à la rédaction de l’Edit de Nantes, la Chambre de l’Edit de Grenoble sera prises en otage par les différents groupes de pression et ne survivra que par une soumission complète aux volontés du pouvoir royal.

Prix conseillé : 18€


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La Réforme à Besançon au XVIème siècle

cadixbesanconcoverRégion frontalière, la Franche Comté était au XVIème siècle de langue française mais dépendante de l’empire germanique de Charles Quint. Proche des villes suisses de Berne, Fribourg et Soleure, Besançon avait une certaine tradition d’autonomie et était la résidence de l’archevêque et le siège de nombreux couvents. Comme partout en Europe, la richesse temporelle du clergé et ses mœurs dissolues furent un terreau propice pour la Réforme naissante. Dès 1520, des prédicateurs  « luthériens »  sont poursuivis, mais c’est Guillaume Farel qui évangélisera durablement la ville et ses environs.

Cet ouvrage dresse un panorama détaillé des progrès de la Réforme à ses débuts à Besançon ; il intéressera le lecteur bisontin, comme celui qui cherche à comprendre la naissance du protestantisme avant même la diffusion des idées et ouvrages de Calvin.

© Editions Ampelos 2009
Prix recommandé : 16 €


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Le prix de la pure Parole,

par Jean Calvin

calvinnicodeme1Grand prédicateur, brillant intellectuel, théologien hors pair, Calvin fut aussi un polémiste acharné et agressif. Pour Calvin, la polémique n’est pas seulement un moyen de ferrailler avec ses adversaires théologiques, c’est aussi une façon d’évangéliser les fidèles qui n’ont pas la possibilité d’assister à ses prêches. En 1543, convaincu que la tiédeur n’est pas de mise pour ce qui est des opinions religieuses, Calvin produit plusieurs pamphlets appelant les lecteurs à s’engager dans la voie du pur Évangile. Parmi ceux-ci, le « Le petit traité montrant ce que doit faire un homme fidèle connaissant le vérité de l’Evangile, quand il est parmi les papistes » qui préconisait une rupture claire avec Rome et fit scandale. Ce traité fut complété par « l’Excuse aux Nicomédites » que nous vous présentons ici sous le titre « Le Prix de la Pure Parole ».

Calvin n’est jamais aussi spontané que lorsqu’il parle de l’engagement du chrétien ; dans ses arguments aux Nicomédites qui n’osent pas vivre l’Évangile pleinement, on retrouve des accents très actuels qui annoncent Bonhoeffer et le « Prix de la Grâce ».

Illustration de la couverture : Jésus et Nicomède par James Tissot.

© Editions Ampelos 2009

Prix recommandé : 14 €

Changer le monde!

« Seuls les fous qui croient pouvoir changer le monde y parviennent».

henri dunantCette remarque d‘Henry Dunant sonne de plus en plus juste.

En cette rentrée 2009 de multiples commémorations peuvent servir à nous rappeler que ceux qui ont fortement contribué à changer le monde sont souvent partis avec une espérance forte mais des chances de réussite très minces.

Il y a 500 ans, qui aurait pu imaginer l’importance que prendrait la pensée de Calvin,  l’ouverture du message de l’Évangile à tous, la liberté offerte par le libre arbitre et la  séparation des pouvoirs religieux et civils qui annonçait le monde moderne. Mordant et sarcastique dans le Traité des Reliques ou engagé et courageux dans l’excuse aux Nicomédites, Calvin, le premier grand intellectuel de langue française balaie les croyances du passé et prépare un réveil intellectuel qui est encore en mouvement aujourd’hui.

A Solférino, il y a 150 ans, Henri Dunant, un jeune homme d’affaire suisse est horrifié par le sort des blessés laissés à mourir sur le champ de bataille: son idée d’une organisation neutre portant secours à tous les blessés quelque soit leur appartenance nationale deviendra la Croix Rouge.

En 1939, la CIMADE est créée pour venir en aide à l’origine aux populations évacuées d’Alsace et de Lorraine, puis aux internés des camps d’internement instaurés par l’administration de Vichy. Très vite, ses équipiers s’engageront dans le sauvetage des Juifs et organiseront, au péril de leur vie, des filières de refuge en Suisse ou dans les campagnes françaises. Aujourd’hui, elle assiste les étrangers dans les centres de rétentions.

Ces trois exemples qui nous sont proches nous démontrent une fois de plus que des individus inspirés et déterminés, peuvent, même sans moyens particuliers, changer, sinon le monde, du moins leur partie du monde. Alors, malgré la morosité d’une crise ambiante, comme Calvin, Dunant, les équipiers de la CIMADE et bien d’autres, laissons nous inspirer et soyons assez fous pour penser que chacun d’entre nous peut, à sa façon et dans son périmêtre,  changer le monde et le rendre meilleur.

Souvenir de Solférino,

Henry Dunant

dunantsolferino4Présent, par hasard, sur le champ de bataille de Solférino en 1859, Henry Dunant est horrifié par le carnage dont il est témoin, et par le sort des quarante mille blessés et mourants abandonnés dans la boue sans assistance. Immédiatement, il organise des secours avec l’aide des paysans locaux, sans distinction de nationalité pour l’assistance apportée aux blessés.
A la suite de cette expérience, il formule trois propositions. : la création de sociétés de secours pour apporter de l’aide aux blessés en temps de guerre, le recrutement et la formation d’ infirmiers reconnus par les armées et un «un principe international, conventionnel et sacré» dans un texte officiel signé par les états : la première convention de Genève.

Ce petit livre qui, entre horreur et compassion, a lancé une révolution humanitaire ne pose qu’une question, ne lance qu’un seul défi aux puissances temporelles et aux citoyens : «N’y aurait-il pas moyen, pendant une époque de paix et de tranquillité, de constituer des sociétés de secours dont le but serait de faire donner des soins aux blessés, en temps de guerre, par des volontaires zélés, dévoués et bien qualifiés pour une pareille oeuvre ?»

Depuis 150 ans et avec la création de la Croix Rouge, cette question a fait son chemin avec le succès que l’on sait ; peut-être serait il temps de la poser sur d’autres sujets…Après tout, comme le disait Henry Dunant : « Seuls les fous qui croient pouvoir changer le monde y parviennent ».

Prix recommandé : 12 €

Isaac Casaubon, intellectuel européen de la Renaissance

par LJ Nazelle

Isaac CasaubonÉtudiant dans l’Académie fondée par Calvin, Isaac Casaubon en obtient la chaire de grec à 24 ans. Jeune prodige qui avait appris le grec avec son père, cachés dans une grotte de la Drôme durant les guerres de Religion, Isaac Casaubon deviendra un des plus brillants hellénistes de son temps.

Ses relations avec Théodore de Bèze et les savants de passage à Genève, son mariage avec la fille d’Henry Estienne, le grand imprimeur et éditeur protestant le promettent à un avenir prestigieux. Mais il est difficile de faire carrière dans en France lorsqu’on est un fervent huguenot.

Manipulé par les conseillers du roi lors de la controverse de Fontainebleau entre Du Plessis Mornay et le cardinal Du Perron, il sera désavoué par ses amis protestants qui le trouvent trop « tiède » comme par les catholiques qui n’arrivent pas à le convertir. Devant l’opposition des jésuites, Henri IV ne pourra pas le nommer au Collège de France et lui confiera à la place sa Bibliothèque. Mais malgré une relative aisance, et la possibilité de pratiquer sa religion, Casaubon n’est pas satisfait et cèdera aux appels du roi d’Angleterre dont il deviendra un des conseillers théologiques les plus écoutés. Ami de deux rois, savant de grande renommée, il mourra à Londres, regrettant la France mais célèbre dans toute l’Europe.

En sus des ses nombreux ouvrages d’érudition et traduction du grec, il a laissé un journal, Les Éphémérides, passionnante relation du quotidien d’un intellectuel croyant du XVIème siècle, balloté par les évènements de son temps.

Prix recommandé : 19 €

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On ira tous au paradis (fiscal)

bourse2.jpgÇa y est, à l’approche de Pâques, nous en avons enfin la liste… Pour tous ceux qui se demandaient s’ils étaient prédestinés (année Calvin oblige!), il est maintenant facile d’aller au paradis; on découvre en effet (si on ne le savait pas encore), que notre beau pays est entouré de ces paradis: Suisse, Andorre, Monaco, Luxembourg, Iles Anglo-Normandes (et encore ne compte t on pas la Belgique, si accueillante aux grandes fortunes récentes françaises, ni le Royaume Uni…).

Étrange, d’ailleurs ce vocable paradisiaque,  pour désigner les lieux où se retrouvent les impôts impayés, ou plutôt les corporations qui ne veulent pas payer d’impôt; dans le glossaire de l’entreprise, le paradis serait donc le lieu où l’on ne partage pas, où l’on garde pour quelque uns (grands actionnaires et management), la valeur ajoutée créée par tous… Sans doute est-ce une astuce de communication de rebaptiser (si j’ose dire) le centre de l’avidité et souvent de l’illégalité d’un vocable à la promesse attrayante. George Orwell aurait apprécié…

Charles Wagner : Le Bon Samaritain

Rien à voir, bien sur, avec le paradis  promis par l’Écriture; un paradis pour ceux qui donnent, gratuitement, pour ceux qui partagent, qui souffrent avec.  Dans « Le Bon Samaritain« , Charles Wagner nous met en garde: « Une autre loi s’élabore lentement dans le mauvais fond de notre cœur, alimentée par les éléments troubles et malfaisants du milieu, et cette loi la voici : « Ton Dieu c’est toi même et tu t’offriras ton prochain en sacrifice;« Il nous décrit ensuite les mécanismes de cette « mauvaise loi » dont le résultat concret est que « … l’œuvre de Dieu, sa volonté, ses créations, ses semailles longues et laborieuses à travers les siècles, tout cela est là pour mon seul profit et le prochain est ma chose, le jouet de mon orgueil, de mon plaisir, de mon caprice. Littéralement, Je m’offre le prochain.  »

Nous sommes là bien loin du repos éternel envisagé par le même Wagner à la mort de sonCharles Wagner : L'Ami fils : « Te savoir en sa main,  dans cette main où sont aussi les vivants, voilà notre suprême refuge dans la peine.« (L’Ami).  Une vision très simple mais radicale par sa simplicité du paradis, pas du tout une prolongation « éternelle » de la vie, comme le précise Wagner, pas du tout comme si  » on entrerait avec armes, bagages et titres, au banquet céleste où subsisteront les hiérarchies et la satisfaction invétérée de se sentir premier« . Un paradis où les privilèges n’ont plus cours, les richesses ne sont plus les mêmes, la puissance n’appartient qu’à Dieu. Un paradis qui ne serait donc pas un repaire de privilégiés échappant à leurs devoirs fiscaux, mais plutôt une occasion de vivre dans l’éternité de tout l’amour pour son prochain que chacun a l’occasion d’exercer durant son passage terrestre.

Quant à ceux  qui vont redoubler d’ingéniosité pour mettre « à l’abri » leur contribution à la société, Esaïe nous les décrit clairement : « Leurs pensées sont des pensées d’iniquité. Le ravage et la ruine sont sur leur route.Ils ne connaissent pas le chemin de la paix, et il n’y a point de justice dans leurs voies. Ils prennent des sentiers détournés … » (Esaie LIX, 7-8)

Traité des Hérétiques

, par Sébastien Castellion

« Tuer un homme, ça n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme ! »

Castellion Hérétiques couv 1 V2Engagé au cœur de la Réforme du 16ème siècle, Sébastien Castellion est un exemple éclatant d’intellectuel courageux. Disciple de Calvin à Strasbourg puis régent du Collège de Rive fondé par Calvin à Genève, il n’hésite pas à s’opposer à lui et à son entourage. Homme de science (ses traductions de la Bible en Latin puis en Français furent remarquées dès leur parutions) , de foi et de courage, (durant l’épidémie de peste de 1543, il va à l’hôpital de Genève assister les malades alors que les pasteurs calvinistes s’y refusent), il n’admet pas les compromissions et les hypocrisies de la théocratie genevoise et s’exile à Bâle où il survivra dans la misère.

Mais c’est l’exécution de Miguel Servet sur un bûcher dressé par les genevois calvinistes qui le poussera à écrire le « Traité des Hérétiques ». Avec un style acéré, une grande connaissance des Écritures et des écrits de son temps, une pointe d’ironie et une bonne dose de courage, Castellion attaque le droit jusqu’alors accepté, des puissants à imposer,par le fer et le feu, leurs opinions à leurs sujets.  Cet ouvrage consommera sa rupture avec Calvin qui se lancera dans d’hypocrites explications pour se justifier du supplice de Servet auquel il prétend d’ailleurs n’avoir rien à voir. Sans peur et sans provocation, Castellion répondra alors à la justification de Calvin en la démontant point par point.

Ouvrage précurseur et fondateur, le « Traité des Hérétiques »jette les bases philosophiques de la tolérance religieuse, et annonce la philosophie des Lumières.

Il inspirera Bayle et les philosophes du Refuge qui poseront les base philosophiques du vivre ensemble moderne.

Prix recommandé : 19 €

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Rabbit is dead!

Un titre étrange pour un éditorial dédié à la Réforme et ses représentants, mais qui n’étonnera pas les amateurs de littérature américaine. Rabbit, c’est bien sur le personnage phare des premiers romans de John Updike, ce géant des lettres disparu il y a quelques semaines.

john-updike.jpgDans plus de 20 romans, et une douzaine de recueils de nouvelles, John Updike nous décrit les péripéties de la vie de l' »American  small town, Protestant middle class ». Ses personnages sont toujours humains, tiraillés entre leurs aspirations morales et spirituelles et leur gout du plaisir et des transgressions. Tout au long des 50 dernières années, nous partageons le quotidien et les secrets des américains moyens, leurs interrogations, leurs abandons, leur prospérité matérielle grandissante et leur insécurité spirituelle. Car John Updike, connu pour ses chroniques de l’adultère de la classe moyenne était aussi un protestant convaincu, inspiré par Karl Barth et Kierkegaard; les personnages de pasteurs, fils de pasteurs ou femme de pasteurs sont nombreux dans ses romans, et sa théologie est sans doute clairement exprimée dans une tirade de Fritz Kruppenbach, le pasteur luthérien de « Run, Rabbit, Run »: « When on Sunday morning, then, when you go out before their faces, we must walk up not worn out with misery but full of Christ, hot with Christ, on fire: burn them with the force of our belief. This is why they come; why else would they pay us? Anything else we can do and say anyone can do and say. They have doctors and lawyers for that… »

Quelques décades plus tard, dans « Roger’s version » il confrontera sa théologie barthienne avec celle d’un étudiant évangélique dans un roman qui mêle théologie, sexe et Tertullien.

Profondément humain, profondément croyant, seul face à Dieu, conscient de ses faiblesses et reconnaissant pour la grâce qui seule peut le sauver, Updike était probablement non seulement le plus important, mais le aussi le plus abordable écrivain protestant du 20ème siècle. Peu d’auteurs ont su intégrer aussi harmonieusement une théologie exigeante et une tolérance large pour les limitations morales de nos contemporains; Updike, tendre moraliste, nous accompagne dans toutes les périgrinations de l’âme moderne.

We’ll miss you, Rabbit!

Le rêve de Martin Luther King

obama.jpgUn rêve : 40 ans après l’assassinat du pasteur King, Barack Obama est élu président des États Unis.

Un rêve : après 8 ans de vaches maigres pour beaucoup (et de vaches grasses pour certains), la première puissance mondiale se donne un président qui veut répartir plus équitablement les richesses, protéger l’environnement et maintenir les libertés individuelles.

Un rêve ancien déjà; les rappels historiques du discours d’investiture remontent aux pères fondateurs et au colons qui les ont suivis, colons dont beaucoup, (comme les durandvoyage.jpgancêtres de Joe Biden) étaient des huguenots chassés de France. Il faut lire l’histoire des milliers de français qui mirent voile vers le Nouveau Monde; il est édifiant de voir comment, en 1687 déjà, ce pays attirait par ses promesses de liberté religieuse et de tolérance. Durand, huguenot du Dauphiné nous dit son étonnement et son plaisir de se trouver en Virginie où il peut pratiquer sa foi sans contrainte. Il faut lire ses récits de ses périples dans une contrée industrieuse où cet aristocrate français découvre les vertus d’un peuple laborieux et inventif.

wagneramerique.jpgEt plus près de nous encore, un livre clé pour comprendre l’Amérique d’Obama dans sa continuité historique: au début du siècle passé, Charles Wagner, le pasteur humaniste bien connu est invité à précher à la Maison Blanche par Théodore Roosevelt (lui aussi descendant de huguenots). Il en rapporta un livre passionnant sur l’Amérique de la révolution industrielle, sur ses progrès et ses contradictions, sur ses succès et ses erreurs. Mais surtout, il sut bien comprendre la religiosité des américains, l’importance toujours présente de la religion dans la société civile et leur rapport très protestant à Dieu et aux églises. Un livre clé pour aborder la religion en Amérique.

Un rêve encore, entendre dans le discours d’inauguration d’Obama son interprétation personnelle et pleine d’espoir de la fameuse devise « In God we trust » : « C’est là la source de notre confiance, le fait de savoir que Dieu nous appelle pour façonner un destin incertain. « 

Voyage au cœur de l’Amérique,

par Charles Wagner

wagneramerique.jpgInvité à prêcher à la Maison Blanche par Théodore Roosevelt, le Président des Etats-Unis, Charles Wagner, un pasteur français connu pour son humanisme traverse l’Atlantique. Il découvre un pays étonnant et attachant, direct et vivant aux habitants pleins de spontanéité. Au fil des jours, Charles Wagner nous fait partager avec la vision claire et optimiste d’un français progressiste, son étonnement, son admiration, ses désaccords aussi.

Particulièrement intéressé par le fait religieux, Wagner nous livre ici une description de l’état d’esprit des Etats-Unis au début du XXème siècle qui aide à comprendre l’évolution de ce pays dans les 100 ans qui suivirent. Aujourd’hui encore, son analyse permet de mieux comprendre la place de la religion aux Etats-Unis, son influence dans la sphère civile et les relations privilégiées entre les présidents et les autorités religieuses.

Charles Wagner est un des écrivains français les plus publiés du début du 20ème siècle. Ses nombreux ouvrages furent traduits en plus de 20 langues et il fonda « Le Foyer de l’Âme », précurseur français des « megachurch » américaines.

© Editions Ampelos 2009

Prix recommandé : 20 €


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Bonne Année Calvin !

Enfin 2009, le tant attendu 500ème anniversaire de la naissance de Jean Calvin! Déjà préparé par les principales églises réformées de Suisse, France, États-Unis, Hollande et autres pays à population calviniste, le voilà officiellement démarré….

chocolatcalvin.jpg Nous avons déjà du chocolat Calvin, suisse, bien sur, et délicieux parait-il, d’innombrables biographies et/ou hagiographies,  des célébrations pour occuper toute une année, des expositions, bientôt des porte-clés, sans doute, des T-shirts, des discours, des sites Web etc… tout cela pour « honorer » un homme qui s’est fait enterrer en secret justement pour éviter ce genre d’idôlatrie.

Pour ne pas être en reste, les Editions Ampelos ont donc décidé de se mettre de la partie, mais à leur façon, une façon que Calvin n’aurait sans doute pas (toujours) désavouée… Nous commencerons en publiant un de ses plus amusants (oui, amusants, vous avez bien lu..) ouvrages, le Traité des Reliques, réédité en français moderne pour ne rien perdrecalvinreliques2.jpg de la saveur et de la verve de cet ouvrage. Et puis chaque mois, nous continuerons notre travail iconoclaste en publiant selon l’humeur des ouvrages de contemporains ou disciples de Calvin, des opposants aussi, Castellion par exemple, et plus généralement de nombreux auteurs s’appuyant sur les apports de la doctrine et la méthode calvinienne: une analyse froide et claire des sujets de société basés sur la responsabilité individuelle du chrétien et sa foi en une grâce gratuite mais exigeante.arnaudvaudoiscouv.jpg

Très tôt l’influence théologique de Calvin rayonna parmi ses contemporains; la publication en 1536 de l’Institution de la Religion Chrétienne permit l’unification des nombreux mouvements qui se réclamaient d’une Eglise proche de l’Eglise d’origine et moderne dans sa théologie. Dans son ouvrage sur les Vaudois du Dauphiné, E. Arnaud nous raconte la « conversion » des Vaudois au « protestantisme.

Sa vie d’errances et de fuite (jusqu’à ses 20 dernières années qu’il passa à Genève) fût sans nul doute une Puaux Tolérance Couv1inspiration pour les milliers de huguenots fugitifs qui quittèrent la France à la Révocation.  Malgré quelques erreurs importantes (Servet, Castellion, « Sorciers » ..) sa philosophie claire et imprégnée de l’enseignement de la Bible fût aussi l’inspiration pour la génération de philosophes qui inventa la tolérance et prépara les Lumières. Dans les siècles qui suivirent, de très nombreux penseurs se réclamérent ou s’inspirérent de sa pensée; Weber lui attribua les fondements de l’éthique du capitalisme et au début du XXème siècle, le mouvement du Christianisme Social prôna un rapprochement entre Christianisme et socialisme. Plus près de nous, l’intense activité de résistance et de sauvetage des Juifs déployée par de nombreux protestants français (mais aussi allemands, suédois, hollandais etc..) doit beaucoup à l’idée calvinienne qu’à Dieu Seul la Gloire (Deo Soli Gloria) et qu’on doit s’opposer aux gouvernements des hommes qui sont contraires aux enseignements de Dieu.

Aujourd’hui encore, son héritage est disputé, mais nous aimons mieux dire que, comme tout arbre vigoureux, sa pensée s’est développée en de multiples branches qui partent dans toutes les directions.

Mais toutes pointent vers le ciel…

Éditeur de combats