Catherine de Parthenay, une duchesse rebelle

par Nicole Vray

Insoumise et résistante, Catherine de Parthenay le fut toute sa vie : née en 1554 en Bas-Poitou, au Parc Soubise sur les terres de Mouchamps, élevée dans la Réforme et l’humanisme, liée aux Albret et donc cousine d’Henri IV, elle perd son premier mari assassiné durant la Saint-Barthélemy. Elle épouse en secondes noces René Ier de Rohan à Blain, près de Nantes, et fait de ce fief un refuge pour les protestants de la région. De ce mariage naissent cinq enfants dont celui qui sera Henri II de Rohan, gendre de Sully et dernier grand chef militaire protestant jusqu’au début du XVIIème siècle. Catherine de Parthenay assiste au premier siège de La Rochelle de 1572 et écrit une tragédie « Holopherne » tirée du livre biblique de Judith. Elle suit toutes les guerres de religion où meurt René Ier de Rohan. Amie de Catherine de Bourbon sœur d’Henri IV, dont Henri II de Rohan était le fidèle compagnon d’armes, Catherine est sans doute présente à Nantes lors de la signature de l’Edit de Nantes. Enfin elle est encore à La Rochelle lors du second Grand siège  de 1627 où Richelieu la qualifiera de « l’âme de la résistance ». A la fin de ce siège elle est emprisonnée à Niort et n’est libérée qu’après la paix d’Alés de 1629. Elle meurt en 1631,sur ses terres natales à Mouchamps.

Cette femme politique, huguenote intransigeante et passionnée fit l’admiration de toute l’élite européenne et suscita l’attachement des populations bretonnes et poitevines, qu’elle protégea jusqu’à sa mort en 1631. Elle fut également une femme de grande culture qui nous a laissé nombre d’écrits, correspondance, poèmes ou pamphlets, tous riches de sens et empreints de son protestantisme et de sa rigueur.

Prix public : 12 €

Saint Jean-du-Gard, terre de liberté

par Nelly Duret

À Saint-Jean-du-Gard, on sait lire, écrire et protester depuis la Réforme.

L’obstination de la population dans ses revendications et sa résistance aux injustices irrigue la mémoire saint-jeannaise et nombreux sont les témoignages populaires, lettres, testaments ou livres de raison, qui permettent de raconter ces « vies minuscules », si souvent oubliées de l’Histoire. La destinée de cette communauté met en lumière les besoins de liberté et de spiritualité des hommes tissant des histoires de chair, de larmes et de sang d’une bouleversante actualité. Avec ce récit historique puissant, on découvre la participation remarquable d’une petite communauté cévenole minoritaire, à l’Histoire nationale.

Ce livre convaincra aussi bien les habitants et visiteurs de Saint-Jean-du-Gard que celles et ceux, dans un cercle bien plus large, que continuent à passionner la géographie, l’histoire, la religion, la culture des Cévennes.   Patrick Cabanel

Prix : 19€

De la misère en milieu étudiant

Ce pamphlet publié en 1966 par un petit groupe d’étudiants qui avait pris le contrôle de l’UNEF locale est souvent considéré comme ayant lancé la contestation étudiante de Mai 68. Parmi ses auteurs présumés, Daniel Joubert, un ancien étudiant en théologie protestante, proche de l’Internationale Situationniste, qui s’était illustré par ses positions d’extrême gauche au comité de rédaction du Semeur, la revue des étudiants protestants.

Jean Baubérot, ami très proche de Daniel Joubert, et participant lui aussi aux événements de Mai 68 a rédigé la préface de ce classique de la protestation.

Prix : 8€

 

Odyssée prussienne,

par Paul Helmlinger

J’ai une certaine satisfaction de n’avoir jamais tiré un seul coup de fusil contre un ennemi pendant toute la guerre, bien qu’à un moment donné j’aurais dû le faire.

En 1915, Paul Helmlinger, jeune alsacien de 19 ans est incorporé dans l’armée allemande et envoyé sur le front de l’Est.

Francophile et opposé au militarisme prussien, il résiste avec finesse et courage à l’embrigadement, au « dressage » militaire et à l’asservissement des esprits.

Opposé à « la confiance dans la force des canons et des baïonnettes », le jeune étudiant en théologie nous raconte avec force détails passionnants son aventure involontaire de l’Alsace à l’Ukraine et son retour rocambolesque avec d’autres soldats alsaciens à la démobilisation.

Ecrit avec humour et humanité, ce récit picaresque révèle un aspect peu connu de la Grande Guerre, le traitement des soldats alsaciens sur le front de l’Est.

Préface de Marc Lienhard, Doyen honoraire de la Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg et spécialiste de l’histoire du protestantisme alsacien.
Prix : 9€

Un été en Cévennes,

par Aimé Vignon

Fils de mineur de la Grand’Combe et descendant de paysans huguenots de Vialas, Aimé Vignon est un concentré de Cévennes.

Instituteur, prédicateur laïque, conteur cévenol, il enseignait le français à ses élèves, mais affectionnait particulièrement la langue parlée par les « anciens » – le cévenol disait-il – qu’il parlait lors des nombreuses « veillées cévenoles » pendant lesquelles il passionnait son auditoire – du plus jeune au plus vieux – en partageant la mémoire des Cévennes, à travers histoires, légendes, poésies, contes et partages divers sur la vie quotidienne de ce pays qu’il aimait tant.

 Dans cet ouvrage qui fait maintenant partie du patrimoine cévenol, il nous raconte l’été à la campagne d’un jeune citadin qui retourne au village. Entre les grands-parents, les chèvres, les travaux des champs et le culte du dimanche, c’est toute une jeunesse insouciante et savoureuse qui se déroule sous nos yeux. C’est aussi tout un monde en partie disparu qui revit avec la verve cévenole d’Aimé Vignon.

Préface de Daniel Travier, fondateur de Maison Rouge, Musée des vallées cévenoles.

Prix : 9€

Pourquoi Mai 68?

par André Philip

Qui mieux qu’André Philip, fondateur en 1944 de ce qui allait devenir la Fédération des Maisons des Jeunes et de la Culture et économiste spécialiste du mouvement ouvrier, peut comprendre et expliquer Mai 68 ?

Dans une série d’articles et de conférences écrits à chaud mais d’une lucidité remarquable, cet ancien résistant souligne les raisons politiques, économiques et sociologiques de la révolte de Mai 68. Pragmatique et posé, il analyse aussi les conséquences des événements de Mai 68 et prévoit des bouleversements irréversibles.

Sur des sujets qui lui tenaient à cœur, l’engagement de la jeunesse et l’amélioration des conditions de vie de la classe ouvrière, le chrétien et la violence, le gaullisme etc… André Philip, que Paul Ricoeur appelait mon éveilleur, mon instructeur et ma référence  nous livre des analyses d’une pertinence toujours actuelle.

Préface biographique et sélection des textes par Loïc Philip.

Prix : 9€

 

Éditeur de combats