Archives pour l'étiquette 14/18

Saint-Quentin sous le joug allemand,

par Louise Dumas-Trocmé

Louise Dumas Trocmé couv1 smallLouise Trocmé est la fille de Paul Trocmé, important industriel protestant de Saint Quentin. En 1914, elle est veuve et s’occupe de ses enfants ainsi que de ceux de son père, veuf lui aussi. Quand les Allemands envahissent le nord de la France en 1914, elle commence un passionnant journal qui détaille au jour le jour les exactions allemandes et les réactions des Français.

En effet  le Nord de la France et la Picardie furent occupés par les Allemands très rapidement après le début de la première guerre mondiale. Durant toute la guerre, les populations durent vivre sous le joug allemand et payèrent un lourd tribut, personnel et financier, à l’occupation. L’infrastructure industrielle, particulièrement importante dans cette région, fut durement touchée par les réquisitions, les vols et les destructions. Louise Trocmé, très au fait de la marche de la fabrique assiste au pillage systématique et le relate au jour le jour.

Un document majeur pour comprendre l’impact moral, culturel et économique de l’occupation présenté et annoté par Hélène Trocmé, historienne et  nièce de Louise Dumas, qui a enseigné l’histoire des États-Unis à l’Université Marc Bloch de Strasbourg puis au Centre d’Histoire Nord-Américaine de l’Université de Paris I- Panthéon-Sorbonne.

Préface d’Annette Becker, professeure à l’Université de Paris Ouest, et auteure  Les cicatrices rouges, 14-18, France et Belgique occupées. (Fayard, 2012)  et Voir la Grande Guerre, un autre récit, Armand-Colin, 2014.

prix public : 19€
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Verdun, un dyptique

par Wilfred Monod

Verdun Monod couv1« C’est l’enfer infernal »

Wilfred Monod a un fils au front à Verdun et n’a pas de nouvelles. Chaque jour, ce pasteur qui a consacré sa vie au pacifisme, guette les nouvelles, suit le conflit rencontre des permissionnaires. Chaque jour il note la sauvagerie des attaques, les morts qui frappent ses proches, les manœuvres et les rumeurs.

Voici un journal vécu au jour le jour avec toute l’émotion d’un père inquiet, d’un patriote déçu, d’un pacifiste désespéré. Plus tard, quand il visitera les lieux du « cataclysme », il y trouvera des coquelicots écarlate qui, souvent, dessinent le contour des trous d’obus, comme des guirlandes autour d’un cratère plein de sang.

Verdun comme les français non-combattants l’ont vécu au quotidien.

Prix public : 8 euros
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Je serai fusillé!

par Jules-Philippe Guiton

Guiton Fusillé couv1En 1915, en première ligne dans le secteur meurtrier du bois de la Gruerie, un jeune sergent, pasteur missionnaire rentré du Lesotho, sort de sa tranchée pour sauver un blessé allemand.

 Pacifiste engagé il refuse ensuite de décrire à son colonel la tranchée ennemie aperçue lors du sauvetage car dit-il : « j’y étais en homme de Paix pas en homme de guerre ». Menacé du Conseil de guerre, Jules-Philippe Guiton répond : « Je serai fusillé ! ».

L’affaire remonta jusqu’au Ministre de la Guerre et finalement Jules-Philippe Guiton est interné dans un asile d’aliénés. Il décéda en 1917 des suites de la tuberculeuse osseuse contractée dans les tranchées.

 Patrick Cabanel est directeur d’études à l’École pratique des hautes études. Il a récemment co-dirigé le volume de la Société d’Histoire du Protestantisme Français sur les Protestants et la Grande Guerre.

Prix public 10€

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On n’attendait pas la mort si tôt,

Lettres de Henri et Hélène Nick 1915

Nick 1915 La mort couv1« [Une] correspondance passionnante et abondante, exceptionnelle même ! »

Xavier Boniface dans la Revue d’Histoire de l’Église, 2015

« … véritable édition scientifique de ces textes, avec toute une série de notes, érudites mais très claires»

André Encrevé, Bulletin de la Société d’Histoire du Protestantisme Français, 2015.

Dans le 2e tome de cette correspondance, Henri et Hélène Nick abordent tous les aspects d’une guerre qui est maintenant totale. Les combats de Champagne du début de l’année 1915 sont parmi les plus durs qu’Henri Nick connaîtra : leurs paroissiens sont touchés soit par l’occupation allemande, soit par la mort de proches ; leur famille et leurs amis ne sont pas épargnés.

Et pourtant, ils essaient de poursuivre leurs engagements malgré les difficultés liées au conflit. La suite de cette correspondance exceptionnelle par sa richesse et par les personnalités atypiques d’Henri Nick et de son épouse Hélène, nous plonge  toujours plus en avant dans la vie de ces chrétiens engagés et de leur entourage au front comme à l’arrière.

Le pasteur Henri Nick (1868-1954) est l’une des grandes figures du Christianisme social protestant. Pendant plus de cinquante années, il fait de l’évangélisation populaire dans le faubourg lillois de Fives. Conscient de l’importance du milieu dans la construction d’individualités libres, il se préoccupe aussi bien de la misère sociale que de la situation morale de celles et ceux qui fréquentent le Foyer du peuple.

Aumônier pendant la Première Guerre Mondiale, il s’illustre en 1916 lors des combats de Verdun puis de la Somme, durant lesquels il est blessé, ainsi qu’au Chemin des Dames en avril 1917.

De sensibilité socialiste, sans être un pacifiste radical, il soutiendra les revendications des objecteurs de conscience dans les années trente puis assistera des familles juives persécutées durant la Seconde Guerre mondiale. Il sera reconnu « Juste parmi les Nations ».

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Saleté de guerre,

correspondance 1915-1916 de Marie-Louise et Jules Puech

Puech Cazals couv 1Voici deux intellectuels socialistes de culture protestante, proches de Jaurès, avec leur franc-parler, leurs admirations et détestations, leurs problèmes de pacifistes enfermés dans la guerre. La séparation a produit ces lettres d’où ressort le contraste entre front et arrière, chaque correspondant essayant de comprendre la situation de l’autre et lui demandant de la décrire sans détours. Jules livre ses observations sur la vie des tranchées, les moments chauds à Verdun et dans la Somme, son contact avec la boue et les rats, les poilus et les officiers. De Paris, Marie-Louise raconte la préparation de la revue La Paix par le Droit, les problèmes d’ego au sein de l’équipe, ses démêlés avec la censure.  Au contact de hautes personnalités parisiennes et étrangères, elle donne à son mari, et donc aux lecteurs de ce livre, des informations passionnantes sur les coulisses du pouvoir, les missions internationales, les organisations féministes et pacifistes. Et qui mieux que leur amie chargée d’ouvrir le courrier de Barrès pouvait attirer l’attention des Puech sur les lettres d’injures venant du front, dont une contenait des poux destinés au grand embusqué jusqu’au-boutiste ?

            Professeur émérite d’histoire à l’université de Toulouse – Jean Jaurès, Rémy Cazals a fait connaître de nombreux témoins de la Grande Guerre, notamment le tonnelier Louis Barthas, dont le livre est devenu un classique.

Correspondance remarquable et importante » Patrick Cabanel

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Me fas cagà!

par Louis Bonfils dit Filhou

Bonfils Me fas caga Couv1On oublie souvent qu’une grande partie des soldats français durant la grande guerre n’avaient pas le français comme langue maternelle mais s’exprimaient quotidiennement dans une langue régionale.

Louis Bonfils, officier du XVIème corps est de ceux-là : et quelle langue ! l’occitan languedocien d’un félibre énergique, engagé et « grande gueule » : Soui counougut couma l’ouficiè lou mai emmerdant de touta la divisioun

Doublement patriote, pour la France et pour la langue d’oc, Bonfils se bat au front comme il se bat dans son régiment. Cité pour bravoure un jour, et passé en conseil de guerre un autre (pour avoir pris à partie son supérieur qui insultait les soldats du midi), Bonfils sait que la guerre s’écrit à l’arrière, et il veut donner une vision plus proche de la vérité du front.

Quand Clémenceau, Joffre et le sénateur Gervais accusent les soldats méridionaux d’être responsables de la retraite de Lorraine en Août 1914, Bonfils exhorte ses « pays » à la fierté et au courage et surtout à continuer à parler occitan : « es pas en francimand que pourrès vous rapelà das bords dau Rose ou das serres de las Cevenas. »

Il nous raconte la guerre comme il la voit, les permissions où l’on se repose, « avèn ben manjat, ben begut, parlat en lenga .. » et les visions horribles des cadavres des deux camps : « Pos creire que, quoura pense à-m-acò, soui encara boulegat. »

Tombé au front en 1918, il ne fait pas de doute qu’il a dit à la mort ce qu’il disait à ceux de ses supérieurs ou collègues qui l’importunaient : Me fas cagà!

Prix public : 15€
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In tenebris Lux, 14-18, la foi à l’épreuve du feu

par Roger Delteil

Delteil in tenebris lux Couv1« Ce fort de Beauséjour restera l’épisode le plus glorieux mais le plus terrible de la plus terrible des guerres. Que de morts dans ce qui fut un magnifique bois ! C’est une immense nécropole où rien ne manque ; ici et là gisent des cadavres plus ou moins mutilés, d’autres semblent dormir ; des débris de toutes sortes, képis, sacs, fusils, gamelles gisent dans les boyaux, sur les parapets ; partout, on enjambe un cadavre, on se blottit dans un trou d’obus où pend un pied…. Que les glorificateurs de la guerre comme école du courage, du virtus romain, viennent passer une heure ici, une heure au moment de l’arrosage habituel ! ils en rabattront de leurs belles théories !… »

Visions d’horreur, théâtre de la cruauté… Sur la triste scène de la Grande Guerre, entre février et septembre 1915, Roger Delteil – jeune étudiant enrôlé au 122e Régiment d’Infanterie– est à la fois acteur, spectateur et auteur : huit mois passés au front, lors de l’offensive de Champagne, à vivre de l’intérieur la violence des combats et le face-à-face avec la mort,  à décrire pour ses proches ses émotions, ses peines et ses espoirs pour conjurer la douleur de la séparation et du déracinement, à espérer la fin de la guerre et à penser les prémices d’une reconstruction pour demain. Le témoignage est bouleversant, soutenu par une plume alerte et avertie. Car sur les ruines de la guerre se cueillent aussi de délicates pensées, pleines de sensibilité et d’humanité ; au fond du gouffre germent aussi de doux moments de contemplation inspirés par le spectacle de la nature, furtivement arrachés à la violence de la mort.

Une vie brisée, une vocation anéantie, mais une foi vive et une espérance tout auréolée de lumière.

Préface de Gérard Delteil, ancien doyen de la faculté de théologie protestante de Montpellier.

314 pages Prix public : 24€

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Noël 14, Des chrétiens dans la guerre

Noel 14 couv 1Noël 14 : déjà près de 500 000 jeunes soldats tués en moins de 6 mois d’une guerre qui était annoncée comme courte et victorieuse. L’illusion d’une fin rapide du conflit se dissipe, notamment pour ceux qui sont au front et leurs familles. L’Union Sacré des politiques a été lézardée très vite par l’infâme rumeur de lâcheté portée sur le XVème corps (« les régiments du midi »), par les fausses accusations sur les membres du clergé et par les manœuvres des profiteurs et des embusqués.

Les lettres de ce recueil datent toutes de cette période de Noël 14 ; elles montrent le désarroi de ces chrétiens confrontés à l’absence, souvent à la perte d’êtres aimés. Dans cette sélection émouvante, on retrouve tous les sujets que la censure et la propagande des journaux  voulaient masquer : les erreurs de l’État-Major et du gouvernement, le froid, la faim et la maladie, les pertes énormes et l’horreur de cette guerre « industrielle », les fraternisations et le pacifisme d’une partie des troupes.

Mais on y perçoit aussi l’espérance qu’un jour la victoire appartienne au Prince de la Paix et que les folies des hommes cèdent devant le message d’amour du christianisme.

Préface de Patrick Cabanel et Eric Peyrard

108 pages; prix public : 10 €
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Jean-Norton Cru, la « Vérité due aux poilus » contre les prix Goncourt

Vernier Cru Couv 1Ancien poilu, choqué par la « fausse beauté du carnage », un inconnu austère et méthodique vient démolir le beau consensus patriotique  en critiquant violemment les auteurs de récits de guerre à succès du moment.

Traitre ou imposteur pour certains, rénovateur de l’historiographie moderne pour d’autres, Jean Norton CRU ose, au nom de la Vérité due aux combattants, remettre en cause les mythes du patriotisme et du courage alimentés par les « marchands de gloire ».

Plus de 80 ans après la parution de son ouvrage clé , Témoins, Jean Norton Cru divise encore mais son apport à la vision des témoignages de guerre fait référence.

Jacques Vernier, pasteur de l’Église Réformée, passionné par l’histoire de l’Ardèche,  nous fait découvrir cette personnalité attachante et irritante. Il le suit depuis sa petite enfance polynésienne et ardéchoise jusqu’à sa vie aux États-Unis et ses séjours familiaux dans la Drôme. Il analyse les influences culturelles et religieuses de cet indigné rescapé de Verdun qui fit tant pour réhabiliter les témoignages des poilus et montre comment, après 50 ans d’oubli, Norton CRU ressurgit au tournant du 21ème siècle dans les débats autour de l’historiographie de la Grande Guerre.

Préface de Philippe Joutard, agrégé d’histoire et spécialiste du protestantisme

15€
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La victoire de Lorraine,

par Adrien Bertrand

Bertrand Lorraine couv 1Jeune socialiste pacifiste provençal « monté » à Paris, Adrien Bertrand est avant-guerre un fougueux journaliste politique et un poète reconnu. Ami de Clemenceau qui fut son témoin de mariage, il participe à de nombreux journaux politiques et fonde même une revue littéraire éphémère.

Mais la Grande Guerre va tout changer ; affecté à un régiment de dragons, son premier contact avec le front est la retraite que les troupes françaises effectuent en Lorraine après l’offensive allemande victorieuse. Par un extraordinaire hasard, il retrouve à ce moment son jeune frère, Georges Bertrand-Vigne qui est officier de Chasseurs alpins et les deux frères seront profondément marqués par l’horreur de cette retraite, ses causes réelles et la misère infligée aux populations civiles. Adrien Bertrand jure de ne pas démériter de la France et sera décoré pour bravoure quelques mois plus tard. Mais il doit être rapatrié à l’arrière pour raisons de santé et continuera son combat en écrivant un roman, l’Appel du sol, qui obtiendra, en 1916, le Prix Goncourt 1914.

La Victoire de Lorraine est son carnet de guerre,  une vision personnelle et engagée de ces premiers mois d’enfer et de l’évolution des mentalités françaises dans ces moments éprouvants.

Sa mort en 1917 fut, d’après Jean Norton Cru « une des pertes les plus cruelles que la littérature ait subies du fait de la guerre »

116 pages    ISBN : 978-2-35618-079-7 Prix : 14 €
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Carnets de route d’un officier d’Alpins

, par Georges Bertrand-Vigne

Bertrand-Vigne Carnets couv1Dieuze, Lorraine ; le 20 Août 1914 les troupes allemandes très supérieures en nombre forcent les troupes françaises du XXème, XVème et XVIème Corps d’Armée au repli. Le 24 Août, le sénateur Gervais accuse les « soldats du Midi » (qui composaient le XVème corps), de lâcheté : « Les troupes de l’aimable Provence ont été prises d’un subit affolement. » Le lendemain, Clémenceau écrit « On connaît la nature impressionnable des Méridionaux »… Malgré les protestations immédiates des élus méridionaux, l’opinion publique blâmera longtemps les soldats occitans pour  ce qui s’avéra être en fait une erreur stratégique de l’Etat-Major

Georges Bertrand-Vigne est au front à Dieuze ; dans ses Carnets il décrit heure par heure sa bataille, comme il nous raconte le reste de sa campagne de Lorraine, puis de la Marne. Son récit inspirera son frère, Adrien Bertrand, pour son roman l’Appel du sol qui obtiendra le prix Goncourt 1914.

Georges Bertrand-Vigne, fils de pasteur, officier d’Alpins dans le XVème Corps fût blessé, cité, décoré et promu pour ses actes de bravoure au combat. Durant la guerre, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur ; il fut instructeur militaire aux États Unis, puis attaché militaire à Washington durant la seconde guerre mondiale.

Prix : 17€
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L’appel du sol,

par Adrien Bertrand

L'Appel du sol
L’Appel du sol

« l’Appel du sol, un des meilleurs livres de la guerre, net, vaillant, vivant, merveilleusement juste en même temps qu’exact, le plus équilibré peut-être qu’on ait écrit sur la grande renouveleuse de toutes les questions, »  Le Figaro 1917

« …un ouvrage qui reste pourtant le premier en date des grands livres de guerre ». Hervé Bazin

« Lire aujourd’hui L’Appel du sol, c’est replonger dans le cauchemar vécu par un bataillon de chasseurs alpins. Tout y est, les marches, l’attente, l’ennui et l’angoisse qui précèdent le combat, l’affrontement, les morts, le bonheur du ravitaillement. »   Le Figaro 2008

« … très noble et très fier ouvrage où les pages descriptives sont parmi les plus poignantes que les combattants aient produites. »  André Billy

« Parmi les meilleures œuvres de ce genre …….  Adrien Bertrand avait des dons littéraires remarquables… Sa mort à vingt-huit ans est une des pertes les plus cruelles que la littérature ait subies du fait de la guerre. …. le Vigny de sa génération. » . Jean Norton Cru, Témoins.

Né en 1888 à Nyons, Drôme, d‘un père pasteur qui deviendra Secrétaire général de la Ligue contre les embusqués, Adrien Bertrand fait ses études à l’École Alsacienne, et commence à Paris une carrière de journaliste et de poète. Socialiste et pacifiste, il crée un revue littéraire « les Chimères » et collabore à plusieurs  journaux littéraires et politiques. En 1914, il est mobilisé et après quelques semaines au front sera rapatrié pour raisons médicales. En 1916, il reçoit le prix Goncourt 1914 pour son roman l’Appel du Sol, rédigé à l’hôpital, à partir de ses notes et de celles de son frère Georges Bertrand‑Vigne. Il décède en 1917. Un prix Goncourt de poésie, financé par un legs de sa femme, porta son nom.   

L’Appel du sol, paru en feuilleton « en semi-direct » dans la Revue des deux mondes à partir du mois d’Août 1916, n’est pas qu’un magnifique et réaliste roman de guerre. Écrit par un jeune pacifiste patriotique ami de Clemenceau, (qui fut son témoin de mariage), c’est une plongée dans la France de 1914 vue par un intellectuel humaniste au front. Rien n’y manque ; le patriotisme ardent de certains officiers mis en valeur par l’indifférence, voire le cynisme des soldats, l’incompétence meurtrière d’une partie de l’État-major clairement perçue sur le front par l’absurdité de certaines offensives, menées malgré tout par des soldats courageux et massacrés, l’amour d’une certaine vision de la France  par ces soldats méridionaux envoyés à la mort dans le Nord et l’Est qu’Adrien Bertrand réhabilite alors que la presse parisienne les conspuait. Rapatrié pour raisons de santé après quelques mois au front, Adrien Bertrand rédigera son récit à partir de ses notes et de celles de son frère Georges.

Pacifiste avant la guerre, patriote au front, critique vis-à-vis de la hiérarchie militaire, humain et courageux avec ses troupes, Adrien Bertrand écrira quelques mois avant sa mort en 1917 : « Il y a tant de sang que je suis écœuré et qu’il noie, pour moi, jusqu’à la noblesse de la lutte ».

Nouvelle édition 2014, avec la préface d’Hervé Bazin de l’Académie Goncourt, et un avant-propos biographique détaillé d’Yves Guérin.

Prix : 15€
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Les reflets rouges,

par André Fuoc

André Fuoc est né en 1895 dans la Drôme, dans la ferme familiale de la forêt de Saoû – dont son père était maire. Mobilisé le 15 décembre 1914, canonnier radio télégraphiste en 1916 à Verdun, il a été décoré de la croix de guerre avec étoile d’argent.
Dans ce journal de tranchées, il relate au jour le jour avec un style puissant et réaliste, le quotidien des « poilus». Loin des salons parisiens, il ne veut ni embellir la guerre qu’il déteste, ni la rendre plus héroïque. Ce faisant, il rejoint sans le savoir la position d’un autre drômois, John Norton Cru qui s’élèvera plus tard contre les récits romancés de la Grande Guerre. Sans cynisme mais sans complaisance, André Fuoc nous livre les grandes peurs des soldats des tranchées comme les petites faiblesses de l’Etat Major. Sa conclusion personnelle : « La guerre est devenue atroce ! »

Illustré par des photos prises par l’auteur durant ses jours de tranchées, ce document exceptionnel nous fait plonger au cœur du quotidien des « Poilus », appellation que Fuoc récuse comme « folklorisant » trop les soldats de la Grande Guerre.
André Fuoc fera aussi la guerre de 1939-45 comme capitaine du génie et a recevra la croix du combattant volontaire. Il est entré dès 1941 dans la Résistance (Résistance PTT et agent du réseau NAP). Médaillé de la Résistance il a été fait chevalier de la Légion d’honneur.

Pierre Vallier, journaliste au Dauphiné libéré qui a connu André Fuoc et sa famille, préface ce livre avec verve et émotion.

Prix public : 12  euros

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La dernière lettre de Jean Vinard, mort au front en 1915

jeanvinard.jpgLettre de Jean Vinard à ses parents
quelques jours avant sa mort, au front en 1915,

extrait de « Restera-t-il seulement un Noë » de P. Vinard

 

« Dans la lutte suprême qui commence toutes mes pensées vont vers vous, comme je sais que vous êtes avec moi. Priezpour moi… Je vous aime infiniment et ai toujours confiance. Vive la France…

… Je ne crois rien vous cacher en vous disant que la lutte finale est proche… Il vous faudra du courage et surtout une entière confiance. Peut-être resterez vous longtemps sans nouvelles, il ne faudra jamais désespérer. Pour moi, malgré les révoltes passagères inévitables, je suis calme et je veux le rester. De toute mon âme, de toutes mes forces, je pense à vous tous et à René* et je sens que les liens qui nous attachent les uns aux autres ne peuvent se briser.

Oui, en dehors du corps il y a l’âme ; et nos âmes sont chacune une parcelle de l’Esprit universel. Au-dessus de nous il y a cet Idéal vers lequel nous tendons parfois et vers lequel nous voulons tendre et qui est le même pour tous. Le but de la vie, c’est de tâcher de réaliser cet Idéal avant le terme qui nous est assigné.

Si, à un moment quelconque, nous arrivions à nous élever au-dessus de nous-mêmes et à atteindre cet Idéal, nous aurions vécu, et la vie serait pour nous banale, puisque fatalementnous retomberions de ces hauteurs où l’homme ne peut se maintenir (comme l’ont dit Platon, Maine de Biran, ettant d’autres).

Pour nous soldats, l’Idéal est là sans tache devant nos yeux : d’une manière absolue et désintéressée, donner joyeusementsa vie pour les autres. Quelplus bel Idéal peut-on rêver !

Si donc nous mourrons la joie dans les yeux, c’est que nous aurons vécu. Qu’importe l’âge ! Le temps n’est rien dans l’Eternité !

Mais maintenant, je sais que cet Idéal est très difficile à atteindre, et que beaucoup succombent dans une révolte des sens complète, parce qu’ils n’ont pas su vouloir réaliser l’Idéal qui leur était proposé ; et c’est alors pour eux la défaite morale avant la victoire de la mort sur eux.

Oui, dans la mêlée, ce qui nous fait peur, ce n’est pas la mitraille, les obus, le feu, les vapeurs asphyxiantes ; mais c’est de sentir à certains moments, la confiance en soi et le calme vous abandonner, c’est de sentir qu’on n’a plus foi en l’idéal.

Eh bien ! À ce moment-là, et de toutes ses forces, il faut vouloir, il faut sentir que l’on veut et que d’autres veulent avec vous. Puisque nous croyons à une âme unique, dont les nôtres ne seraient que des parcelles, si nous croyons à l’Universalité de la Pensée, nous admettons par cela même la communion la plus intime qui puisse exister entre nos âmes. Ce que je vous demande donc, c’est de vouloir de toutes vos forces avec moi, et je me sentirai soutenu.

Christ a voulu, et il a triomphé, son Esprit est toujours là qui nous enveloppe et il peut vouloir encore. Oui, soyons en communion avec lui, les uns avec les autres, et alors nous serons calmes jusqu’à la mort.

Ma chère maman, ce que tu as toujours voulu, c’est que nous soyons heureux ; eh bien, si la mort vient pour moi, sache qu’à mon dernier moment, je serai divinement heureux, parce que j’aurai foi en l’Idéal. Et si, comme malgré tout je le crois, le revoir nous est accordé sur cette terre, tu me rappelleras cette lettre et tu m’aideras à marcher vers l’idéal »

* Un de ses frères, lieutenant du génie, qui prenait part aux attaques.

Cette lettre est extraite de « Restera-t-il seulement un Noë » de P. Vinard, le journal d’un protestant drômois durant la Grande Guerre (14-18) publié aux Editions Ampelos.