Archives par mot-clé : 14/18

La victoire de Lorraine,

par Adrien Bertrand

Bertrand Lorraine couv 1Jeune socialiste pacifiste provençal « monté » à Paris, Adrien Bertrand est avant-guerre un fougueux journaliste politique et un poète reconnu. Ami de Clemenceau qui fut son témoin de mariage, il participe à de nombreux journaux politiques et fonde même une revue littéraire éphémère.

Mais la Grande Guerre va tout changer ; affecté à un régiment de dragons, son premier contact avec le front est la retraite que les troupes françaises effectuent en Lorraine après l’offensive allemande victorieuse. Par un extraordinaire hasard, il retrouve à ce moment son jeune frère, Georges Bertrand-Vigne qui est officier de Chasseurs alpins et les deux frères seront profondément marqués par l’horreur de cette retraite, ses causes réelles et la misère infligée aux populations civiles. Adrien Bertrand jure de ne pas démériter de la France et sera décoré pour bravoure quelques mois plus tard. Mais il doit être rapatrié à l’arrière pour raisons de santé et continuera son combat en écrivant un roman, l’Appel du sol, qui obtiendra, en 1916, le Prix Goncourt 1914.

La Victoire de Lorraine est son carnet de guerre,  une vision personnelle et engagée de ces premiers mois d’enfer et de l’évolution des mentalités françaises dans ces moments éprouvants.

Sa mort en 1917 fut, d’après Jean Norton Cru « une des pertes les plus cruelles que la littérature ait subies du fait de la guerre »

116 pages    ISBN : 978-2-35618-079-7 Prix : 14 €
Achetez en ligne -La victoire de Lorraine-

Carnets de route d’un officier d’Alpins

, par Georges Bertrand-Vigne

Bertrand-Vigne Carnets couv1Dieuze, Lorraine ; le 20 Août 1914 les troupes allemandes très supérieures en nombre forcent les troupes françaises du XXème, XVème et XVIème Corps d’Armée au repli. Le 24 Août, le sénateur Gervais accuse les « soldats du Midi » (qui composaient le XVème corps), de lâcheté : « Les troupes de l’aimable Provence ont été prises d’un subit affolement. » Le lendemain, Clémenceau écrit « On connaît la nature impressionnable des Méridionaux »… Malgré les protestations immédiates des élus méridionaux, l’opinion publique blâmera longtemps les soldats occitans pour  ce qui s’avéra être en fait une erreur stratégique de l’Etat-Major

Georges Bertrand-Vigne est au front à Dieuze ; dans ses Carnets il décrit heure par heure sa bataille, comme il nous raconte le reste de sa campagne de Lorraine, puis de la Marne. Son récit inspirera son frère, Adrien Bertrand, pour son roman l’Appel du sol qui obtiendra le prix Goncourt 1914.

Georges Bertrand-Vigne, fils de pasteur, officier d’Alpins dans le XVème Corps fût blessé, cité, décoré et promu pour ses actes de bravoure au combat. Durant la guerre, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur ; il fut instructeur militaire aux États Unis, puis attaché militaire à Washington durant la seconde guerre mondiale.

Prix : 17€
Achetez en ligne -Carnets d'un Officier d'Alpins-

L’appel du sol,

par Adrien Bertrand

L'Appel du sol
L’Appel du sol

« l’Appel du sol, un des meilleurs livres de la guerre, net, vaillant, vivant, merveilleusement juste en même temps qu’exact, le plus équilibré peut-être qu’on ait écrit sur la grande renouveleuse de toutes les questions, »  Le Figaro 1917

« …un ouvrage qui reste pourtant le premier en date des grands livres de guerre ». Hervé Bazin

« Lire aujourd’hui L’Appel du sol, c’est replonger dans le cauchemar vécu par un bataillon de chasseurs alpins. Tout y est, les marches, l’attente, l’ennui et l’angoisse qui précèdent le combat, l’affrontement, les morts, le bonheur du ravitaillement. »   Le Figaro 2008

« … très noble et très fier ouvrage où les pages descriptives sont parmi les plus poignantes que les combattants aient produites. »  André Billy

« Parmi les meilleures œuvres de ce genre …….  Adrien Bertrand avait des dons littéraires remarquables… Sa mort à vingt-huit ans est une des pertes les plus cruelles que la littérature ait subies du fait de la guerre. …. le Vigny de sa génération. » . Jean Norton Cru, Témoins.

Né en 1888 à Nyons, Drôme, d‘un père pasteur qui deviendra Secrétaire général de la Ligue contre les embusqués, Adrien Bertrand fait ses études à l’École Alsacienne, et commence à Paris une carrière de journaliste et de poète. Socialiste et pacifiste, il crée un revue littéraire « les Chimères » et collabore à plusieurs  journaux littéraires et politiques. En 1914, il est mobilisé et après quelques semaines au front sera rapatrié pour raisons médicales. En 1916, il reçoit le prix Goncourt 1914 pour son roman l’Appel du Sol, rédigé à l’hôpital, à partir de ses notes et de celles de son frère Georges Bertrand‑Vigne. Il décède en 1917. Un prix Goncourt de poésie, financé par un legs de sa femme, porta son nom.   

L’Appel du sol, paru en feuilleton « en semi-direct » dans la Revue des deux mondes à partir du mois d’Août 1916, n’est pas qu’un magnifique et réaliste roman de guerre. Écrit par un jeune pacifiste patriotique ami de Clemenceau, (qui fut son témoin de mariage), c’est une plongée dans la France de 1914 vue par un intellectuel humaniste au front. Rien n’y manque ; le patriotisme ardent de certains officiers mis en valeur par l’indifférence, voire le cynisme des soldats, l’incompétence meurtrière d’une partie de l’État-major clairement perçue sur le front par l’absurdité de certaines offensives, menées malgré tout par des soldats courageux et massacrés, l’amour d’une certaine vision de la France  par ces soldats méridionaux envoyés à la mort dans le Nord et l’Est qu’Adrien Bertrand réhabilite alors que la presse parisienne les conspuait. Rapatrié pour raisons de santé après quelques mois au front, Adrien Bertrand rédigera son récit à partir de ses notes et de celles de son frère Georges.

Pacifiste avant la guerre, patriote au front, critique vis-à-vis de la hiérarchie militaire, humain et courageux avec ses troupes, Adrien Bertrand écrira quelques mois avant sa mort en 1917 : « Il y a tant de sang que je suis écœuré et qu’il noie, pour moi, jusqu’à la noblesse de la lutte ».

Nouvelle édition 2014, avec la préface d’Hervé Bazin de l’Académie Goncourt, et un avant-propos biographique détaillé d’Yves Guérin.

Prix : 15€
Achetez en ligne -L'appel du sol-

Les reflets rouges,

par André Fuoc

André Fuoc est né en 1895 dans la Drôme, dans la ferme familiale de la forêt de Saoû – dont son père était maire. Mobilisé le 15 décembre 1914, canonnier radio télégraphiste en 1916 à Verdun, il a été décoré de la croix de guerre avec étoile d’argent.
Dans ce journal de tranchées, il relate au jour le jour avec un style puissant et réaliste, le quotidien des « poilus». Loin des salons parisiens, il ne veut ni embellir la guerre qu’il déteste, ni la rendre plus héroïque. Ce faisant, il rejoint sans le savoir la position d’un autre drômois, John Norton Cru qui s’élèvera plus tard contre les récits romancés de la Grande Guerre. Sans cynisme mais sans complaisance, André Fuoc nous livre les grandes peurs des soldats des tranchées comme les petites faiblesses de l’Etat Major. Sa conclusion personnelle : « La guerre est devenue atroce ! »

Illustré par des photos prises par l’auteur durant ses jours de tranchées, ce document exceptionnel nous fait plonger au cœur du quotidien des « Poilus », appellation que Fuoc récuse comme « folklorisant » trop les soldats de la Grande Guerre.
André Fuoc fera aussi la guerre de 1939-45 comme capitaine du génie et a recevra la croix du combattant volontaire. Il est entré dès 1941 dans la Résistance (Résistance PTT et agent du réseau NAP). Médaillé de la Résistance il a été fait chevalier de la Légion d’honneur.

Pierre Vallier, journaliste au Dauphiné libéré qui a connu André Fuoc et sa famille, préface ce livre avec verve et émotion.

Prix public : 12  euros

Achetez en ligne -Reflets rouges -

La dernière lettre de Jean Vinard, mort au front en 1915

jeanvinard.jpgLettre de Jean Vinard à ses parents
quelques jours avant sa mort, au front en 1915,

extrait de « Restera-t-il seulement un Noë » de P. Vinard

 

« Dans la lutte suprême qui commence toutes mes pensées vont vers vous, comme je sais que vous êtes avec moi. Priezpour moi… Je vous aime infiniment et ai toujours confiance. Vive la France…

… Je ne crois rien vous cacher en vous disant que la lutte finale est proche… Il vous faudra du courage et surtout une entière confiance. Peut-être resterez vous longtemps sans nouvelles, il ne faudra jamais désespérer. Pour moi, malgré les révoltes passagères inévitables, je suis calme et je veux le rester. De toute mon âme, de toutes mes forces, je pense à vous tous et à René* et je sens que les liens qui nous attachent les uns aux autres ne peuvent se briser.

Oui, en dehors du corps il y a l’âme ; et nos âmes sont chacune une parcelle de l’Esprit universel. Au-dessus de nous il y a cet Idéal vers lequel nous tendons parfois et vers lequel nous voulons tendre et qui est le même pour tous. Le but de la vie, c’est de tâcher de réaliser cet Idéal avant le terme qui nous est assigné.

Si, à un moment quelconque, nous arrivions à nous élever au-dessus de nous-mêmes et à atteindre cet Idéal, nous aurions vécu, et la vie serait pour nous banale, puisque fatalementnous retomberions de ces hauteurs où l’homme ne peut se maintenir (comme l’ont dit Platon, Maine de Biran, ettant d’autres).

Pour nous soldats, l’Idéal est là sans tache devant nos yeux : d’une manière absolue et désintéressée, donner joyeusementsa vie pour les autres. Quelplus bel Idéal peut-on rêver !

Si donc nous mourrons la joie dans les yeux, c’est que nous aurons vécu. Qu’importe l’âge ! Le temps n’est rien dans l’Eternité !

Mais maintenant, je sais que cet Idéal est très difficile à atteindre, et que beaucoup succombent dans une révolte des sens complète, parce qu’ils n’ont pas su vouloir réaliser l’Idéal qui leur était proposé ; et c’est alors pour eux la défaite morale avant la victoire de la mort sur eux.

Oui, dans la mêlée, ce qui nous fait peur, ce n’est pas la mitraille, les obus, le feu, les vapeurs asphyxiantes ; mais c’est de sentir à certains moments, la confiance en soi et le calme vous abandonner, c’est de sentir qu’on n’a plus foi en l’idéal.

Eh bien ! À ce moment-là, et de toutes ses forces, il faut vouloir, il faut sentir que l’on veut et que d’autres veulent avec vous. Puisque nous croyons à une âme unique, dont les nôtres ne seraient que des parcelles, si nous croyons à l’Universalité de la Pensée, nous admettons par cela même la communion la plus intime qui puisse exister entre nos âmes. Ce que je vous demande donc, c’est de vouloir de toutes vos forces avec moi, et je me sentirai soutenu.

Christ a voulu, et il a triomphé, son Esprit est toujours là qui nous enveloppe et il peut vouloir encore. Oui, soyons en communion avec lui, les uns avec les autres, et alors nous serons calmes jusqu’à la mort.

Ma chère maman, ce que tu as toujours voulu, c’est que nous soyons heureux ; eh bien, si la mort vient pour moi, sache qu’à mon dernier moment, je serai divinement heureux, parce que j’aurai foi en l’Idéal. Et si, comme malgré tout je le crois, le revoir nous est accordé sur cette terre, tu me rappelleras cette lettre et tu m’aideras à marcher vers l’idéal »

* Un de ses frères, lieutenant du génie, qui prenait part aux attaques.

Cette lettre est extraite de « Restera-t-il seulement un Noë » de P. Vinard, le journal d’un protestant drômois durant la Grande Guerre (14-18) publié aux Editions Ampelos.

« Restera-t-il seulement un Noë »

par Paul Vinard

couv1noepptexacte.jpgEn 1914, à l’époque où il commence ce journal, Paul Vinard s’est retiré à Crest dans la Drôme, après une vie bien remplie. Alors qu’il n’ambitionne que de cultiver son jardin et participer à la vie de la communauté protestante locale, la guerre éclate. En quelques mois, son quotidien est totalement perturbé par les évènements; sa femme volontaire à l’hôpital, ses neveux au front, et lui qui court les villages de la Drôme pour organiser l’accueil des réfugiés, le synode national, les paquets aux soldats et s’assurer que les paroisses locales ne soient pas abandonnées.

Au jour le jour, Paul Vinard nous livre les évènements vus « de l’arrière », mais aussi toutes les réflexions profondément humaines d’un protestant drômois engagé, attentif au bien de son prochain et désespéré par la boucherie inutile qui lui prend famille et amis.

portraitpaulvinard.jpg

Ce frère, beau frère et oncle de pasteurs nous livre aussi les commentaires d’un esprit caustique et souvent drôle, sur les petites manigances locales, les escarmouches entre communautés, et les puissants de ce monde (lire les commentaires sur Marc Boegner…)

L’humour de l’auteur est particulièrement apparent dans le récit de l’hilarant voyage à Dieulefit en automobile.

Un témoignage inédit sur la vie durant la Grande Guerre et son impact sur la bourgeoisie protestante dans la Drôme.

Prix recommandé : 18€


Achetez -Restera-t-il seulement un Noë - en ligne sur Lulu.com.