Archives pour l'étiquette Drôme

Jacques Martin, objecteur de conscience, Juste et résistant,

par Violaine Kichenin-Martin

jacques-martin-couv-1« Je vous renvoie ci-joints mes papiers militaires et vous prie de voir là l’effet de ma décision de ne plus répondre aux appels que pourra m’adresser l’autorité militaire. »

Cette lettre au ministre de la Guerre qui ressemble à une chanson célèbre marqua le début d’une importante campagne dont Jacques Martin, incarcéré cinq fois pour objection de conscience fut le principal porte-parole avec Henri Roser et leur avocat André Philip (député du Front Populaire puis futur ministre du Général de Gaulle). Mais sa non-violence radicale n’empêche pas une résistance déterminée contre la tyrannie et les injustices. Arrêté par la Milice et condamné à mort par la Gestapo pour actes de résistance, il sera élargi juste avant la Libération sur l’intervention de son ami et chef de maquis Laurent Olivès. Nommé, avec son épouse Jacqueline Martin, Juste parmi les Nations pour avoir sauvé des Juifs, il continuera toute sa vie le combat non-violent et recevra Martin Luther King lors de son passage à Lyon en mars 1966.

 

L’auteur de cette biographie très personnelle et documentée, Violaine Kichenin-Martin, fille de Jacques Martin,  nous ouvre les archives familiales d’un résistant déterminé qui traversa le siècle avec une sérénité et une foi inébranlables. Le préfacier, Patrick Cabanel est directeur d’études à l’École pratique des hautes études. Il s’est particulièrement intéressé au protestantisme à propos duquel il a écrit de nombreux ouvrages de référence, dont De la paix aux résistances, les protestants français de 1930 à 1945 (Fayard).

prix public : 19€
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Une passion républicaine, laïcité, républicanisme et protestantisme dans la Drôme (1892-1918),

par Jean-Paul Augier

Augier Passion républicaineA une époque fondatrice de l’histoire française marquée par la lutte entre « les deux France », républicaine anticléricale et catholique conservatrice, une minorité protestante dans le département de la Drôme, un des grands foyers du protestantisme méridional, tente de concilier républicanisme et identité huguenote. Face à des républicains de plus en plus influencés par la Libre-Pensée et des cléricaux qui rêvent d’instaurer une république catholique, les réformés drômois font entendre une autre voix en liant modernité politique et foi religieuse, notamment lors de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905 où ils jouent un rôle majeur.

Cette étude très documentée sur une période difficile des relations politico-religieuses en France permet de mieux comprendre la dynamique des tensions « communautaires »  entre groupes sociaux et culturels qui menacent l’harmonie du « vivre ensemble » français.

Préface de Jean Baubérot, Professeur émérite de la chaire « Histoire et sociologie de la laïcité » à l’École pratique des Hautes Études.

L’auteur Jean-Paul Augier, docteur en histoire, descend d’une longue lignée de protestants républicains de la Drôme méridionale, dont un grand père, huguenot et franc-maçon, qui à cause de ses convictions dreyfusardes a dû démissionner de l’École militaire de Paris et abandonner une carrière d’officier.

620 pages prix public 36 €
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Jean-Norton Cru, la « Vérité due aux poilus » contre les prix Goncourt

Vernier Cru Couv 1Ancien poilu, choqué par la « fausse beauté du carnage », un inconnu austère et méthodique vient démolir le beau consensus patriotique  en critiquant violemment les auteurs de récits de guerre à succès du moment.

Traitre ou imposteur pour certains, rénovateur de l’historiographie moderne pour d’autres, Jean Norton CRU ose, au nom de la Vérité due aux combattants, remettre en cause les mythes du patriotisme et du courage alimentés par les « marchands de gloire ».

Plus de 80 ans après la parution de son ouvrage clé , Témoins, Jean Norton Cru divise encore mais son apport à la vision des témoignages de guerre fait référence.

Jacques Vernier, pasteur de l’Église Réformée, passionné par l’histoire de l’Ardèche,  nous fait découvrir cette personnalité attachante et irritante. Il le suit depuis sa petite enfance polynésienne et ardéchoise jusqu’à sa vie aux États-Unis et ses séjours familiaux dans la Drôme. Il analyse les influences culturelles et religieuses de cet indigné rescapé de Verdun qui fit tant pour réhabiliter les témoignages des poilus et montre comment, après 50 ans d’oubli, Norton CRU ressurgit au tournant du 21ème siècle dans les débats autour de l’historiographie de la Grande Guerre.

Préface de Philippe Joutard, agrégé d’histoire et spécialiste du protestantisme

15€
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La victoire de Lorraine,

par Adrien Bertrand

Bertrand Lorraine couv 1Jeune socialiste pacifiste provençal « monté » à Paris, Adrien Bertrand est avant-guerre un fougueux journaliste politique et un poète reconnu. Ami de Clemenceau qui fut son témoin de mariage, il participe à de nombreux journaux politiques et fonde même une revue littéraire éphémère.

Mais la Grande Guerre va tout changer ; affecté à un régiment de dragons, son premier contact avec le front est la retraite que les troupes françaises effectuent en Lorraine après l’offensive allemande victorieuse. Par un extraordinaire hasard, il retrouve à ce moment son jeune frère, Georges Bertrand-Vigne qui est officier de Chasseurs alpins et les deux frères seront profondément marqués par l’horreur de cette retraite, ses causes réelles et la misère infligée aux populations civiles. Adrien Bertrand jure de ne pas démériter de la France et sera décoré pour bravoure quelques mois plus tard. Mais il doit être rapatrié à l’arrière pour raisons de santé et continuera son combat en écrivant un roman, l’Appel du sol, qui obtiendra, en 1916, le Prix Goncourt 1914.

La Victoire de Lorraine est son carnet de guerre,  une vision personnelle et engagée de ces premiers mois d’enfer et de l’évolution des mentalités françaises dans ces moments éprouvants.

Sa mort en 1917 fut, d’après Jean Norton Cru « une des pertes les plus cruelles que la littérature ait subies du fait de la guerre »

116 pages    ISBN : 978-2-35618-079-7 Prix : 14 €
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Carnets de route d’un officier d’Alpins

, par Georges Bertrand-Vigne

Bertrand-Vigne Carnets couv1Dieuze, Lorraine ; le 20 Août 1914 les troupes allemandes très supérieures en nombre forcent les troupes françaises du XXème, XVème et XVIème Corps d’Armée au repli. Le 24 Août, le sénateur Gervais accuse les « soldats du Midi » (qui composaient le XVème corps), de lâcheté : « Les troupes de l’aimable Provence ont été prises d’un subit affolement. » Le lendemain, Clémenceau écrit « On connaît la nature impressionnable des Méridionaux »… Malgré les protestations immédiates des élus méridionaux, l’opinion publique blâmera longtemps les soldats occitans pour  ce qui s’avéra être en fait une erreur stratégique de l’Etat-Major

Georges Bertrand-Vigne est au front à Dieuze ; dans ses Carnets il décrit heure par heure sa bataille, comme il nous raconte le reste de sa campagne de Lorraine, puis de la Marne. Son récit inspirera son frère, Adrien Bertrand, pour son roman l’Appel du sol qui obtiendra le prix Goncourt 1914.

Georges Bertrand-Vigne, fils de pasteur, officier d’Alpins dans le XVème Corps fût blessé, cité, décoré et promu pour ses actes de bravoure au combat. Durant la guerre, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur ; il fut instructeur militaire aux États Unis, puis attaché militaire à Washington durant la seconde guerre mondiale.

Prix : 17€
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L’appel du sol,

par Adrien Bertrand

L'Appel du sol
L’Appel du sol

« l’Appel du sol, un des meilleurs livres de la guerre, net, vaillant, vivant, merveilleusement juste en même temps qu’exact, le plus équilibré peut-être qu’on ait écrit sur la grande renouveleuse de toutes les questions, »  Le Figaro 1917

« …un ouvrage qui reste pourtant le premier en date des grands livres de guerre ». Hervé Bazin

« Lire aujourd’hui L’Appel du sol, c’est replonger dans le cauchemar vécu par un bataillon de chasseurs alpins. Tout y est, les marches, l’attente, l’ennui et l’angoisse qui précèdent le combat, l’affrontement, les morts, le bonheur du ravitaillement. »   Le Figaro 2008

« … très noble et très fier ouvrage où les pages descriptives sont parmi les plus poignantes que les combattants aient produites. »  André Billy

« Parmi les meilleures œuvres de ce genre …….  Adrien Bertrand avait des dons littéraires remarquables… Sa mort à vingt-huit ans est une des pertes les plus cruelles que la littérature ait subies du fait de la guerre. …. le Vigny de sa génération. » . Jean Norton Cru, Témoins.

Né en 1888 à Nyons, Drôme, d‘un père pasteur qui deviendra Secrétaire général de la Ligue contre les embusqués, Adrien Bertrand fait ses études à l’École Alsacienne, et commence à Paris une carrière de journaliste et de poète. Socialiste et pacifiste, il crée un revue littéraire « les Chimères » et collabore à plusieurs  journaux littéraires et politiques. En 1914, il est mobilisé et après quelques semaines au front sera rapatrié pour raisons médicales. En 1916, il reçoit le prix Goncourt 1914 pour son roman l’Appel du Sol, rédigé à l’hôpital, à partir de ses notes et de celles de son frère Georges Bertrand‑Vigne. Il décède en 1917. Un prix Goncourt de poésie, financé par un legs de sa femme, porta son nom.   

L’Appel du sol, paru en feuilleton « en semi-direct » dans la Revue des deux mondes à partir du mois d’Août 1916, n’est pas qu’un magnifique et réaliste roman de guerre. Écrit par un jeune pacifiste patriotique ami de Clemenceau, (qui fut son témoin de mariage), c’est une plongée dans la France de 1914 vue par un intellectuel humaniste au front. Rien n’y manque ; le patriotisme ardent de certains officiers mis en valeur par l’indifférence, voire le cynisme des soldats, l’incompétence meurtrière d’une partie de l’État-major clairement perçue sur le front par l’absurdité de certaines offensives, menées malgré tout par des soldats courageux et massacrés, l’amour d’une certaine vision de la France  par ces soldats méridionaux envoyés à la mort dans le Nord et l’Est qu’Adrien Bertrand réhabilite alors que la presse parisienne les conspuait. Rapatrié pour raisons de santé après quelques mois au front, Adrien Bertrand rédigera son récit à partir de ses notes et de celles de son frère Georges.

Pacifiste avant la guerre, patriote au front, critique vis-à-vis de la hiérarchie militaire, humain et courageux avec ses troupes, Adrien Bertrand écrira quelques mois avant sa mort en 1917 : « Il y a tant de sang que je suis écœuré et qu’il noie, pour moi, jusqu’à la noblesse de la lutte ».

Nouvelle édition 2014, avec la préface d’Hervé Bazin de l’Académie Goncourt, et un avant-propos biographique détaillé d’Yves Guérin.

Prix : 15€
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Voyage d’Exil

, par Alexis Muston

Muston Exil couv 1En 1834, un jeune pasteur du Piémont échappe de peu à la police italienne et, au terme d’un dangereux voyage à pied à travers les Alpes, se réfugie en France. Son crime ? avoir publié à Strasbourg sa thèse de théologie sur la doctrine des Vaudois sans le visa de la censure italienne. Prévenu par un ami pasteur, il quitte la maison familiale dans la nuit et commence le périple qui le mènera à la liberté. C’est ce périple qu’il nous relate, de nombreuses années plus tard alors qu’il est un pasteur aimé, un historien et un artiste reconnu, un grand-père comblé par une vie animée de résistance, d’étude et de dévouement pastoral.

Dans ce petit texte plein d’humour, on retrouvera tout Muston, son esprit scientifique et curieux, sa sensibilité à la beauté des paysages, son amour des Alpes et de ses prochains, ses idées sociales et  son inébranlable confiance en Dieu.

Historien, pasteur, artiste, médecin, politicien, poète, il est peu de domaines dans lesquels Alexis Muston, né en 1810 dans les vallées vaudoises des Alpes, n’ait excellé. Sa curiosité intellectuelle et sa vivacité feront de cet humble pasteur de Bourdeaux, dans la Drôme, l’ami des principaux écrivains romantiques, George Sand, bien sûr, mais aussi Victor Hugo, Lamartine, Vigny, Büchner et bien d’autres. Arrêté et incarcéré pour sa participation à l’insurrection de 1851 contre le coup d’Etat de Louis-Napoléon, il sera toute sa vie un républicain ardent et un européen convaincu.

Itinéraires protestants de la Vallée de la Drôme et du Diois, par Pierre Bolle, Henri Desaye & Eric Peyrard

Difficile d’imaginer que sous le soleil généreux de la Drôme de grandes batailles et d’horribles persécutions eurent lieu il y a quelques siècles. Et pourtant la vitalité religieuse de cette belle région la mit au centre des guerres de religion et plus tard des abus de la Révocation de l’Edit de Nantes. Mais cette tradition de résistance a aussi donné un fort attachement à la liberté et à la démocratie que les protestants locaux défendirent à chaque occasion.
Malgré l’exil et les conversions forcées, le protestantisme est resté très présent dans la Drôme ; mais ses manifestations et son patrimoine ne sont pas toujours très visibles. Ces itinéraires permettent au visiteur de retrouver les traces d’une histoire religieuse, mais aussi industrielle et sociale, dans des paysages protégés des incursions de dragons de Louis XIV et aujourd’hui aussi des ravages d’une urbanisation galopante.

Dans la vallée de la Drôme, puis dans les montagnes du Diois et les vallées de la Gervanne ou du Roubion, les auteurs nous emmènent à la recherche des vestiges d’une tradition encore bien vivante qui a donné à la France des théologiens, mais aussi des poètes, des érudits, des félibres, des prophètes, des industriels, des enseignants, des politiciens, des Justes et des résistants.

Photographies de couverture : graffiti de la tour de Crest (© Créaphis) et temple de Ravel.

Prix : 12 euros
©Editions Ampelos 2012

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Henri IV et Daniel Chamier

par Charles Read

daniel-chamier-hiv-couv« Soyez sage ! » voilà ce que recommande Henri IV au pasteur Daniel Chamier lors de leur dernière entrevue. Mais sur ce point comme sur bien d’autres, Chamier n’écoutera pas son ancien ami, et il mourra en soldat sur les remparts de Montauban en 1621.

Pasteur de Montélimar, puis pasteur et professeur à l’Académie protestante de Montauban, Chamier connaissait bien Henri IV pour avoir rédigé avec lui les « clauses secrètes » de l’Edit de Nantes. Mais en 1607, alors que Chamier vient à Paris pour plaider la cause de ses coreligionnaires, la situation a changé ; le roi s’est converti, son confesseur, le père Cotton a un rôle important à la Cour, et les réformés ont perdu leur importance militaire et politique.

Daniel Chamier va nous décrire par le détail son séjour à la Cour, les intrigues de son parti et du parti adverse et surtout l’habileté de son ancien ami, le madré Henri IV.

Cette leçon de diplomatie moderne, pleine d’humour et de réflexions politiques éclaire d’un jour intéressant le caractère d’un des rois les plus attachants de l’histoire de France.

Prix public : 16 €

Protestantisme et Socialisme

, par Tommy Fallot

Né en Alsace dans une famille aisée d’industriels Tommy Fallot fait ses études de théologie à Strasbourg où il rédigera sa thèse sur le thème : « les Pauvres et l’Évangile ». Pasteur dans un quartier populaire de Paris, il s’implique dans l’évangélisation et la lutte contre la prostitution et se rapproche du socialisme tout en en condamnant les dérives politiques. Avec d’autres pasteurs et laïcs protestants, il créé le mouvement du Christianisme social qui tentera d’apporter une réponse chrétienne aux questions sociales.

Dans ce recueil de textes écrits à partir de 1888, Fallot, déçu du socialisme politique français, revient aux valeurs communes du socialisme et du christianisme. En pleine mutation industrielle, il valide l’importance des questions sociales et économiques trop souvent oubliées par les églises, mais réaffirme les nécessaires préoccupations morales oubliées par les partis. Regrettant la dominance de l’individualisme, il appelle les chrétiens à se regrouper en « Associations »  « développant chez leurs membres l’intelligence et l’habitude des vertus sociales ».

Fervent partisan d’un socialisme pacifique et non sectaire, il appelle de ses vœux et de ses actions les protestants à s’engager, avec les principes de l’Évangile dans l’action sociale. « Le protestantisme français est appelé à fournir à notre peuple socialiste les hommes qui le délivreront des violents à la suite desquels il s’égare et l’aideront à réaliser progressivement son programme de liberté et d’égalité croissante par la fraternité. »

La préface de Stéphane Lavignotte, pasteur et animateur du Christianisme social et auteur de « La décroissance est-elle souhaitable », permet de replacer le message de Tommy Fallot dans son contexte historique et théologique et d’en mettre en valeur l’actualité.

Prix public : 15€

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Mémoires d’une martyre pour la foi,

par Blanche Gamond

Dès 1563, St-Paul-Trois-Châteaux, petite ville drômoise a choisi en masse la Réforme protestante. Un siècle plus tard, en 1664, Blanche Gamond naît dans une famille protestante, au moment où partout dans le royaume de France, les libertés accordées aux protestants par l’édit de Nantes sont réduites à néant. En 1683 six compagnies de dragons s’installent à St Paul-Trois-Châteaux ; tout est permis pour « convertir » les protestants : intimidations, pillages et maltraitances. Blanche est emprisonnée, et torturée à l’hôpital de Valence pour délit d’opinion. Elle y passera 18 longs mois dans des conditions épouvantables et sera libérée après de grandes souffrances mais en ayant gardé sa foi intacte et joyeuse. Elle rédigea ses mémoires à Zurich où elle mourra en 1718.

Sa sérénité sous la torture, sa foi inébranlable dans un Dieu de bonté, sa conscience et ses valeurs  en font une figure de résistance à l’injustice et à la violence dont les échos se feront encore entendre quelques siècles plus tard dans d’autres circonstances dramatiques.

A une époque où dans de nombreux pays, les chrétiens sont persécutés pour leur foi, l’histoire de Blanche, jeune drômoise simple mais convaincue montre que les armes de l’esprit peuvent triompher de l’oppression. 12 ans après la mort de Blanche Gamond, c’est Marie Durand qui subira l’horreur de l’intolérance et gravera dans la pierre le fameux « Resister »

Après la découverte initiale du manuscrit de Blanche Gamond en Suisse et sa publication par Th. Claparède en 1867, le livre a été oublié jusqu’à sa redécouverte et sa transcription en français moderne en 1964 par Boris Decorvet, dont la famille est originaire du Poët Laval. Boris Decorvet qui fut pasteur à Vallon Pont d’Arc est aussi un des créateurs du Musée du Protestantisme Dauphinois au Poët Laval.

L’avant-propos d’Hervé Mariton, Maire de Crest et Député de la Drôme rappelle la nécessité de la tolérance et de la liberté de conscience.

© Editions Passiflores/Editions Ampelos 2011

Prix : 18  €

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Religieux et Surnaturel, par Charles Bois

Charles Bois Religieux et Surnaturel

Doit-on croire aux miracles ? Plus généralement, quelle place le surnaturel peut il tenir dans une société de plus en plus rationnelle ? Peut-on même envisager une religion dépouillée du surnaturel ?

Charles Bois est né à Die (Drôme), en 1826 et mourût à Montauban en 1896.

Successivement pasteur de l’Église réformée à Montmeyran (Drôme), de 1850 à 1857, et à Alais de 1857 à 1860, il fut appelé en 1860 à la Faculté de théologie protestante de Montauban, comme professeur d’hébreu, de critique et d’exégèse de l’Ancien Testament. Il occupa cette chaire jusqu’en 1873 et passa alors dans celle de morale et d’éloquence sacrée. En 1875, il devint doyen de la Faculté.

Orateur très clair et élégant, il s’intéressa particulièrement au surnaturel et aux questions morales et sociales. Il fut aussi un auteur prolixe et joua un rôle important dans le débat entre « libéraux » et «évangéliques orthodoxes ». C’est lui qui rédigea la confession de foi du synode de 1872 où les protestants libéraux furent mis en minorité; le schisme ainsi créé entre « libéraux » et « évangéliques » dura jusqu’en 1906.

Après une période d’oubli relatif, ses écrits, fortement marqués par sa foi en l’inspiration surnaturelle de Dieu, retrouvent un nouveau succès, notamment dans les milieux évangéliques.

La longue introduction de Pierre-Yves Ruff permet de prendre du recul par rapport aux débats de l’époque pour redonner de l’actualité à la pensée de Bois.

Prix recommandé : 12 €


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La Chambre de l’Edit de Grenoble,

par J. Brun-Durand

Un tribunal pour la Diversité

ChambreEditCouvFinaleL’Edit de Saint Germain en Laye en Août 1570 permettait aux protestants d’avoir une représentation dans les instances juridiques amenées à traiter les procès « entre parties estans de contraire religion ». En 1598, l’édit de Nantes, ordonne l’établissement à Grenoble d’une chambre composée de douze conseillers et deux présidents, moitié de chaque religion. Cet ouvrage relate par le détail la mise en place laborieuse de cette Chambre et la difficulté à réglementer la diversité. Dans une région fortement protestante, le Dauphiné, cette Chambre deviendra vite un objet de jalousies et un instrument politiques pour des chefs de guerre comme Lesdiguières aux allégeances religieuses changeantes. Longtemps présidée par Soffrey Calignon, qui participa à la rédaction de l’Edit de Nantes, la Chambre de l’Edit de Grenoble sera prises en otage par les différents groupes de pression et ne survivra que par une soumission complète aux volontés du pouvoir royal.

Prix conseillé : 18€


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Isaac Casaubon, intellectuel européen de la Renaissance

par LJ Nazelle

Isaac CasaubonÉtudiant dans l’Académie fondée par Calvin, Isaac Casaubon en obtient la chaire de grec à 24 ans. Jeune prodige qui avait appris le grec avec son père, cachés dans une grotte de la Drôme durant les guerres de Religion, Isaac Casaubon deviendra un des plus brillants hellénistes de son temps.

Ses relations avec Théodore de Bèze et les savants de passage à Genève, son mariage avec la fille d’Henry Estienne, le grand imprimeur et éditeur protestant le promettent à un avenir prestigieux. Mais il est difficile de faire carrière dans en France lorsqu’on est un fervent huguenot.

Manipulé par les conseillers du roi lors de la controverse de Fontainebleau entre Du Plessis Mornay et le cardinal Du Perron, il sera désavoué par ses amis protestants qui le trouvent trop « tiède » comme par les catholiques qui n’arrivent pas à le convertir. Devant l’opposition des jésuites, Henri IV ne pourra pas le nommer au Collège de France et lui confiera à la place sa Bibliothèque. Mais malgré une relative aisance, et la possibilité de pratiquer sa religion, Casaubon n’est pas satisfait et cèdera aux appels du roi d’Angleterre dont il deviendra un des conseillers théologiques les plus écoutés. Ami de deux rois, savant de grande renommée, il mourra à Londres, regrettant la France mais célèbre dans toute l’Europe.

En sus des ses nombreux ouvrages d’érudition et traduction du grec, il a laissé un journal, Les Éphémérides, passionnante relation du quotidien d’un intellectuel croyant du XVIème siècle, balloté par les évènements de son temps.

Prix recommandé : 19 €

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Ampelos dans le Dauphiné Libéré

le-dauphine-libere.pngDès les origines la Réforme avait trouvé dans l’Ardèche et la Drôme un terreau favorable, des places fortes, des âmes hautes. Depuis toujours les huguenots d’ici ont eu à coeur d’écrire leur histoire, l’esprit étant dans l’écriture avec ou sans majuscules. Ecrire encore pour affirmer sa foi, mais aussi par fidélité aux ancêtres qui pouvaient être aussi bien princes que manents, et parfois galériens.
Les livres témoignent encore, comme les hauts lieux, et il existe des Itinéraires protestants qui sont fréquentés, surtout l’été, par des touristes venus d’Europe ou d’ailleurs. Généralement ils commencent par le musée de Poët-Laval, ou la maison de Marie Durand à Pranles.
Et voilà que, dans la meilleure tradition, le pasteur Pierre Merlet, né à Montélimar, vient de faire paraître ses souvenirs de 1945 à 1995, un livre fort sous un titre volontairement provocateur: « Le Protestantisme menacé par la Réforme » (éd. Onésime). L’ancien pasteur de Valdrôme ne dissimule ni la crise des vocations ni les difficultés de l’évangélisation. Mais la foi demeure à l’oeuvre.
Par ailleurs le petit-fils d’un instituteur de Loriol, Eric Peyrard, vient carrément de fonder, coup sur coup, deux maisons d’édition: Ampelos et Terre Natale, afin de faire connaître les plus belles pages du Protestantisme régional qui se confond avec l’autre. On peut ainsi lire du Jean-Frédéric Vernier qui, pour le Réveil du 19e s., avait passé 40 ans de sa vie à prêcher la Réforme, de ferme en ferme à travers la Drôme.
Comme ça, ou autrement, l’histoire continue dans l’écriture et la lecture.

Pierre Vallier