Archives pour l'étiquette libéral

Conseil à la France désolée,

par Sébastien Castellion

Castellion Conseil couv 1À l’apogée de la Renaissance, dans une France prospère et cultivée qui est un modèle pour l’Europe, une bande armée dirigée par le Duc de Guise massacre des protestants qui se réunissaient dans une grange à Wassy, en Lorraine. Cet épisode marque le début des guerres dites « de religion » qui ruineront la France et malgré l’épisode pacifique du règne d’Henri IV, conduiront à la persécution puis l’exil des protestants français qui iront apporter à d’autres pays européens leurs idées et leurs ressources.

Un an à peine après le massacre de Wassy, un philosophe humaniste, Sébastien Castellion, effaré par l’étendue des massacres (plus de 50 000 français des deux confessions sont déjà morts) écrit cette lettre ouverte aux prêcheurs, aux princes et aux « gens privés ».

Dans un style simple et direct, il analyse avec clarté les causes du conflit, renvoie chaque parti à ses responsabilités et propose une analyse des scénarios possibles pour la suite des événements.

La préface de Pierre Joxe, magistrat devenu avocat, ancien ministre de l’Intérieur et de la Défense, replace l’ouvrage de Castellion dans son environnement politique et historique et fait découvrir au lecteur ce philosophe de la tolérance.

 Prix public 10€

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Lettres de prison par Olivier Giran

Giran Lettres Olivier Giran est mort à 23 ans, fusillé par les nazis pour actes de résistance.

Fils du pasteur Etienne Giran, Olivier rejoint en 1941 le réseau Agir fondé par Michel Hollard (« l’homme qui a sauvé Londres », et cousin de Théodore Monod). Il devient alors agent de renseignement pour la Résistance et fera entre autres plusieurs missions en Suisse où il accompagnera aussi des réfugiés cherchant à échapper à la police allemande.

C’est lors de la préparation d’une de ces missions qu’il est arrêté parla Gestapo. Entre son arrestation durant l’été 1942 (suite à une dénonciation) et son exécution le 16 avril 1943 dans le champ de tir d’Angers, il écrira plusieurs lettres à ses parents dont certaines ont été conservées. En Décembre 1942 il est transféré de Fresnes à la prison d’Angers où son père est incarcéré au secret.

Ce jeune homme qui se sait condamné exprime malgré tout une profonde confiance dans la nature humaine, un amour filial émouvant et un patriotisme vibrant. Ces lettres exposent sans sensiblerie les convictions religieuses d’Olivier Giran, son attachement à sa famille et aux valeurs et paysages de la France.

Couverture : Exécution de résistants C. Rüthern

Prix public : 14€

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Agir,

par Albert Schweitzer

Agir par A. SchweitzerNé en 1875, dans une Alsace incorporée depuis peu au nouveau Reich allemand, le pasteur et musicien Albert Schweitzer a l’idée singulière, à trente ans, de s’engager comme médecin sur la station missionnaire de Lambaréné, en territoire colonial français. À son amie Hélène Bresslau, qu’il épousera en 1912 et qui partira avec lui, il avait déjà écrit (lettre du 25.09.1903) : « Je crois dans la mesure où j’agis ».

Sur le terrain en 1913, après sept ans de formation (doctorat en médecine) et de combats pour imposer sa candidature à la Société Évangélique des Missions de Paris, l’engagement missionnaire prend avec lui une orientation résolument humanitaire qui s’accentuera et deviendra décisive après guerre, lors du deuxième séjour, entre 1924 et 1927. Schweitzer est l’homme qui a franchi, en situation, le pas qui sépare, sans les opposer, l’ordre missionnaire chrétien et l’ordre humanitaire a priori universel et laïque, sans frontière religieuse.

Le christianisme est pour lui essentiellement une éthique (une obligation) de l’action, dans la perspective de réparer les maux de ce monde et de préparer l’avènement d’un autre, de justice et de fraternité. Le christianisme comme altermondialisme !
L’espérance ? J’espère dans la mesure où j’agis.

Dans ses sermons, comme dans son œuvre philosophique, Schweitzer se montre critique de son temps. Il en pressent le déclin, en discerne les besoins ou les manques. Il confesse sa foi en l’éclairant par la raison et en la soumettant à l’épreuve de l’histoire.

Président de l’AFAAS (Association Française des Amis d’Albert Schweitzer) depuis 2008, philosophe, Jean-Paul Sorg a déjà traduit de l’allemand en français et édité plusieurs ouvrages de Schweitzer. Il a publié 11 numéros des Études Schweitzeriennes et est le rédacteur en chef des Cahiers Albert Schweitzer, qui paraissent trois fois l’an.

Illustration de la couverture : Albert Schweitzer à Lambaréné, photo de W. Eugene Smith © 1954, 2009 The Heirs of W. Eugene Smith.

© Editions Ampelos 2009
Prix recommandé : 22 €


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Traité des Hérétiques

, par Sébastien Castellion

« Tuer un homme, ça n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme ! »

Castellion Hérétiques couv 1 V2Engagé au cœur de la Réforme du 16ème siècle, Sébastien Castellion est un exemple éclatant d’intellectuel courageux. Disciple de Calvin à Strasbourg puis régent du Collège de Rive fondé par Calvin à Genève, il n’hésite pas à s’opposer à lui et à son entourage. Homme de science (ses traductions de la Bible en Latin puis en Français furent remarquées dès leur parutions) , de foi et de courage, (durant l’épidémie de peste de 1543, il va à l’hôpital de Genève assister les malades alors que les pasteurs calvinistes s’y refusent), il n’admet pas les compromissions et les hypocrisies de la théocratie genevoise et s’exile à Bâle où il survivra dans la misère.

Mais c’est l’exécution de Miguel Servet sur un bûcher dressé par les genevois calvinistes qui le poussera à écrire le « Traité des Hérétiques ». Avec un style acéré, une grande connaissance des Écritures et des écrits de son temps, une pointe d’ironie et une bonne dose de courage, Castellion attaque le droit jusqu’alors accepté, des puissants à imposer,par le fer et le feu, leurs opinions à leurs sujets.  Cet ouvrage consommera sa rupture avec Calvin qui se lancera dans d’hypocrites explications pour se justifier du supplice de Servet auquel il prétend d’ailleurs n’avoir rien à voir. Sans peur et sans provocation, Castellion répondra alors à la justification de Calvin en la démontant point par point.

Ouvrage précurseur et fondateur, le « Traité des Hérétiques »jette les bases philosophiques de la tolérance religieuse, et annonce la philosophie des Lumières.

Il inspirera Bayle et les philosophes du Refuge qui poseront les base philosophiques du vivre ensemble moderne.

Prix recommandé : 19 €

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Voyage au cœur de l’Amérique,

par Charles Wagner

wagneramerique.jpgInvité à prêcher à la Maison Blanche par Théodore Roosevelt, le Président des Etats-Unis, Charles Wagner, un pasteur français connu pour son humanisme traverse l’Atlantique. Il découvre un pays étonnant et attachant, direct et vivant aux habitants pleins de spontanéité. Au fil des jours, Charles Wagner nous fait partager avec la vision claire et optimiste d’un français progressiste, son étonnement, son admiration, ses désaccords aussi.

Particulièrement intéressé par le fait religieux, Wagner nous livre ici une description de l’état d’esprit des Etats-Unis au début du XXème siècle qui aide à comprendre l’évolution de ce pays dans les 100 ans qui suivirent. Aujourd’hui encore, son analyse permet de mieux comprendre la place de la religion aux Etats-Unis, son influence dans la sphère civile et les relations privilégiées entre les présidents et les autorités religieuses.

Charles Wagner est un des écrivains français les plus publiés du début du 20ème siècle. Ses nombreux ouvrages furent traduits en plus de 20 langues et il fonda « Le Foyer de l’Âme », précurseur français des « megachurch » américaines.

© Editions Ampelos 2009

Prix recommandé : 20 €


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Le parti-pris du Livre,

par Pierre-Yves Ruff

couvruffpartiprisv1.jpg« Faire le choix de la lecture, prendre parti pour le Livre, c’est avoir fait son deuil du savoir absolu… » Une fois de plus, Pierre-Yves Ruff, évite les chemins faciles et les idées consensuelles pour nous stimuler par une approche exigeante de la lecture du Livre. Libre des dogmes, doctrines et préjugés des courants chrétiens établis, l’auteur explore, analyse, spécule, élabore mais n’impose jamais. A la lumière des expèriences d’un homme du XXIème siècle, il nous mène sur un parcours intérieur, proposant une nouvelle lecture du Livre, avec notre propre regard, nos propres expériences, notre vie. La liberté, la vraie liberté, voilà ce qu’il nous offre.

Nourri de la Bible, et héritier des grands auteurs protestants laïcs (Pécaut, Buisson, Scherer, …), Pierre-Yves Ruff propose à ses contemporains une pensée philosophique et une spiritualité qui dépassent nos archétypes restrictifs. Une foi sans religion, une laïcité religieuse dans laquelle toute personne devrait s’y retrouver pour peu qu’il soit à la recherche de l’Autre, de lui-même.

Mais aussi, et surtout, la Parole, qui est comme « un chemin dans le désert, et des fleuves dans la solitude ».

Prix recommandé 18€

 

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Le Bon Samaritain,

par Charles Wagner

charleswagnersamaritain.jpgQuelques mois avant la Première Guerre Mondiale, Charles Wagner nous livre une remarquable méditation qui, un siècle plus tard, a encore gagné en pertinence. Il nous parle de «ceux qui tuent» et «ceux qui passent». Et Dieu sait si notre société moderne en génère, des «tueurs» (c’est parfois même un compliment dans certaines organisations…), et tous les autres, qui n’ont pas le temps, qui courent vers le prochain rendez-vous, qui passent très vite en faisant semblant de ne pas voir la misère de leurs prochains. Mais il nous parle aussi de ceux qui guérissent, ceux qui savent donner l’amour.

« Parler d’amour dans des milieux d’église, cela n’a rien d’original » nous dit Pierre-Jean Ruff, dans sa préface. « Mais Charles Wagner …. laïcise et humanise la notion d’amour…. il affirme le principe de la théologie naturelle. Les dons fondamentaux de Dieu ne sont pas liés à une révélation particulière ou à la Révélation — chrétienne, juive, musulmane ou autre. Les dons essentiels de Dieu sont octroyés à tout un chacun. Aussi, dit-il, l’appel à l’amour présent au cœur de tout homme normal est une approche de Dieu tout aussi valable et importante que le plus noble message des religions. Il y a, dit-il, une seule source de vie qui est en Dieu. Mais deux racines permettent d’en puiser la sève et de vivre : l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Ces deux racines sont interchangeables. Tout amour de Dieu n’est vrai que s’il inclus, ipso facto, l’amour des autres et à la dimension universelle. Inversement, tout amour authentique des autres (et pourquoi pas aussi des animaux, des fleurs, du soleil qui sur la mer ou sur les sommets escarpés : de tout ce qui est beau) atteste de son origine — même inconsciente, renvoie à elle prouve qu’une lumière brille en nous. »

Après la réédition de « L’Évangile et la Vie », puis celle de »L’Ami », ce nouveau livre de Charles Wagner nous démontre, si besoin était, l’actualité de la pensée de ce pasteur luthérien devenu une grande figure du protestantisme libéral et plus généralement de l’humanisme religieux.

Prix recommandé : 18 €


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L’Ami,

par Charles Wagner

couvwagnerami1.jpg« Dieu m’a pris mon enfant ». Tous ceux qui ont perdu un être cher trop tôt savent ce moment d’incompréhension, de révolte, d’incrédulité. Pourquoi lui ? Pourquoi elle ? Pourquoi moi ?

Charles Wagner accompagne son fils dans ses derniers moments, vit avec lui ses dernières semaines, sans vouloir y croire, mais en sachant déjà; juste un père et son enfant confrontés à l’absurdité de la vie. Mais alors que chez certains cette révolte se fait agressive et laisse place à un profond ressentiment, Charles Wagner sait écouter l’Ami qui lui parle, qui lui répond, directement, comme un ami vrai sans se cacher derrière les banalités ou les idées reçues.

« Crois au Père, crois à son amour. C’est ce que tu peux faire de plus conforme à la fois à ta raison et à ton cœur. Ne te laisse dire ni insinuer par aucun désordre de ce monde, par aucun malheur, aucune ignominie, aucune douleur affolante, que le Père t’oublie et ne t’aime pas. » Face à cette tristesse immense, Wagner puise dans sa foi et dans l’Ecriture la force de retrouver l’espérance et l’amour de la vie. Et de la faire partager à ceux et celles qui l’écoutent et le lisent.

Le président Roosevelt disait à propos des livres de Charles Wagner: « Je prêche vos livres à mes compatriotes.» Ce pasteur nourri d’humanisme s’adresse toujours à ceux qui souffrent, qui doutent et qui cherchent. Et à travers les années, son message d’espoir résonne toujours aussi clairement.

A lire pour se rappeler que Dieu est aussi un Ami quand on en a besoin, et à offrir à tous ceux qui ont perdu un être aimé.

Prix recommandé : 18€


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L’Evangile et la Vie,

par Charles Wagner

evangileetlavie.jpg« La vie serait obscure sans l’Évangile; mais comme l’Évangile s’affermit et grandit au contact de la vie! » nous dit Charles Wagner. Ces textes rédigés dans une langue simple mais puissante saisissent le lecteur, captivent son attention, stimulent son esprit et émeuvent son cœur.

Un des meilleurs ouvrages de Charles Wagner, écrivain abordable et d’une grande humanité. Dans ce texte qui n’a pas vieilli et n’a rien perdu de son énergie ni de sa capacité à inspirer, il  nous livre là un des ses meilleurs recueils.

Prix recommandé : 18€


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Charles Wagner

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Charles Wagner est né le 3 janvier 1852 à Vibersviller, en Lorraine, dans une famille de pasteurs luthériens. Orphelin de père à 7 ans, Charles Wagner sera élevé par sa mère et son grand père pasteur.  Il fit ses études à la Faculté de théologie protestante de Paris et celle de Strasbourg, où il rencontra son épouse.

Il étudie quelques mois en Allemagne avant de prendre son premier poste pastoral à Barr, en Alsace, puis à Remiremont, dans les Vosges. En 1883, il prend un poste proposé par le Comité Libéral auprès des familles protestantes libérales parisiennes.

Très vite, il crée sa propre paroisse dans une des pièces de son appartement.  Ses premiers paroissiens sont un mélange d’intellectuels (l’éditeur Fischbacher, le directeur de l’École Alsacienne, etc..) et d’ouvriers des faubourgs et de Paris. Peu à peu son audience croît, et son cercle de relations et d’amis, Tommy Fallot, Raoul Allier, Théodore Monod, s’élargit. Sa théologie moderne et indépendante l’éloigne de toutes les orthodoxies : « Je ne suis ni protestant, ni catholique, ni juif, mais un peu tout cela à la fois, non en sceptique qui rit de tout, mais en croyant qui croit plus que ce que contiennent les formules. »

Ecrivain prolifique, il publie Justice en 1890 puis Jeunesse (1892) et  La Vie Simple  (1895) qui fut un très grand succès et fut traduit en anglais en particulier. Puis viennent L’évangile et la vie (1896), Auprès du foyer (1896) et en 1897 Sois un homme. La maladie, puis la mort de son fils en 1899 lui inspirent L’ Ami, paru en 1902, ouvrage de réconfort dans l’épreuve. Le lendemain de la mort de son fils, il lui écrit, dans son Journal : « Tu vivras dans le cœur de ton père et dans sa voix. Désormais, tu monteras en chaire avec lui, et ; avec lui, tu iras chez ceux qui souffrent et pleurent. Je ne consentirai pas à ta mort ; ce serait consentir à ce que Dieu ne veut pas, car il ne veut qu’aucun de ces petits ne périsse. »

De 1900 à 1906, Charles Wagner redouble d’activité pastorale et associative. La Ligue de l’enseignement, la Ligue d’Éducation morale, les Universités populaires, l’École d’assistance aux malades de la rue Amyot font appel à lui aide, comme plus tard la Sorbonne et même l’Instruction publique, lorsqu’à la demande de Ferdinand Buisson il contribue au Manuel général de l’instruction primaire. Avec ce dernier, il écrivit d’ailleurs en 1903 Libre pensée et protestantisme libéral pour expliquer sa théologie, et la confronter aux idées contemporaines.

En 1904, à la demande du Président Théodore Roosevelt qui avait lu une traduction de « La Vie Simple », Charles Wagner s’embarque pour une tournée aux États-Unis; il y restera 2 mois et en tirera un livre Vers le cœur de l’Amérique qui décrit son expérience. Avant son départ, il fut reçu à la Maison-Blanche et Théodore Roosevelt déclara : « S’il y a un livre que je souhaite voir lire par notre peuple entier, c’est « La Vie Simple » de Charles Wagner. »

Avec les bénéfices de sa collecte de fonds lors de cette tournée américaine Charles Wagner pourra financer la construction du « Foyer de l’Âme », la paroisse libérale indépendante dont il caressait le projet depuis longtemps.

Comme ses amis Élie Gounelle ou Wilfred Monod, Charles Wagner ne veut pas accepter la division qui affaiblit l’Église Réformée depuis les années 1850. À l’assemblée de Jarnac, en 1906, il prie les réformés de ne pas céder aux démons de la désunion. Son merveilleux discours resta sans effets. La désunion consommée, il finira par rejoindre le synode libéral en 1916. Assez modéré durant la Grande Guerre, le Pasteur Wagner décède le 12 mai 1918. Son gendre Wautiers d’Aygaliers, également pasteur, écrira sa biographie, très inspirée de son Journal, sous le titre Un Homme.