Archives pour l'étiquette tolérance

Conseil à la France désolée,

par Sébastien Castellion

Castellion Conseil couv 1À l’apogée de la Renaissance, dans une France prospère et cultivée qui est un modèle pour l’Europe, une bande armée dirigée par le Duc de Guise massacre des protestants qui se réunissaient dans une grange à Wassy, en Lorraine. Cet épisode marque le début des guerres dites « de religion » qui ruineront la France et malgré l’épisode pacifique du règne d’Henri IV, conduiront à la persécution puis l’exil des protestants français qui iront apporter à d’autres pays européens leurs idées et leurs ressources.

Un an à peine après le massacre de Wassy, un philosophe humaniste, Sébastien Castellion, effaré par l’étendue des massacres (plus de 50 000 français des deux confessions sont déjà morts) écrit cette lettre ouverte aux prêcheurs, aux princes et aux « gens privés ».

Dans un style simple et direct, il analyse avec clarté les causes du conflit, renvoie chaque parti à ses responsabilités et propose une analyse des scénarios possibles pour la suite des événements.

La préface de Pierre Joxe, magistrat devenu avocat, ancien ministre de l’Intérieur et de la Défense, replace l’ouvrage de Castellion dans son environnement politique et historique et fait découvrir au lecteur ce philosophe de la tolérance.

 Prix public 10€

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Observations sur les Quakers,

Antoine Benezet

Benezet Quakers Couv1Antoine Bénézet est né en 1713 à Saint-Quentin, en France, dans une famille de huguenots originaires du Languedoc. Chassés de France par la Révocation de l’Edit de Nantes, ses parents s’installent aux Pays Bas puis à Londres, et finalement en Pennsylvanie. C’est en Angleterre que Jean-Etienne, le père d’Antoine, découvrit les Quakers et qu’il rejoignit leur groupe, la Société des Amis. A son arrivée en Amérique, la famille s’installe en Pennsylvanie, Etat fondé par les Quakers. Le jeune Antoine, à son tour, rejoint ce groupe et abandonne rapidement sa carrière dans le négoce pour devenir éducateur et professeur dans une école quaker tout en donnant chez lui des cours du soir pour des enfants d’esclaves. En 1754, il quitte cette école pour fonder la première école de filles d’Amérique, et quelques années plus tard il fonde une école pour les Africains-américains, tout en écrivant de nombreux pamphlets contre l’esclavage. En 1775, avec l’aide de nombreux Quakers, Bénézet fonda la première société anti esclavagiste dont Benjamin Franklin devint le président après la mort du fondateur. Fidèle à la philosophie quaker, Bénézet était aussi un pacifiste convaincu et un homme humble et amical.

Son ouvrage sur les Quakers en Amérique fut écrit pour présenter à ses anciens compatriotes français les idées et doctrines de la Société des Amis (Quakers) à l’époque très peu connue en France.

La préface de Jeanne-Henriette Louis, spécialiste des Quakers et du pacifisme entre autres, présente l’ouvrage de Bénézet dans son contexte religieux et historique et l’inscrit dans les courants d’idées de l’époque.

Prix public : 9 €

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Mémoires d’une martyre pour la foi,

par Blanche Gamond

Dès 1563, St-Paul-Trois-Châteaux, petite ville drômoise a choisi en masse la Réforme protestante. Un siècle plus tard, en 1664, Blanche Gamond naît dans une famille protestante, au moment où partout dans le royaume de France, les libertés accordées aux protestants par l’édit de Nantes sont réduites à néant. En 1683 six compagnies de dragons s’installent à St Paul-Trois-Châteaux ; tout est permis pour « convertir » les protestants : intimidations, pillages et maltraitances. Blanche est emprisonnée, et torturée à l’hôpital de Valence pour délit d’opinion. Elle y passera 18 longs mois dans des conditions épouvantables et sera libérée après de grandes souffrances mais en ayant gardé sa foi intacte et joyeuse. Elle rédigea ses mémoires à Zurich où elle mourra en 1718.

Sa sérénité sous la torture, sa foi inébranlable dans un Dieu de bonté, sa conscience et ses valeurs  en font une figure de résistance à l’injustice et à la violence dont les échos se feront encore entendre quelques siècles plus tard dans d’autres circonstances dramatiques.

A une époque où dans de nombreux pays, les chrétiens sont persécutés pour leur foi, l’histoire de Blanche, jeune drômoise simple mais convaincue montre que les armes de l’esprit peuvent triompher de l’oppression. 12 ans après la mort de Blanche Gamond, c’est Marie Durand qui subira l’horreur de l’intolérance et gravera dans la pierre le fameux « Resister »

Après la découverte initiale du manuscrit de Blanche Gamond en Suisse et sa publication par Th. Claparède en 1867, le livre a été oublié jusqu’à sa redécouverte et sa transcription en français moderne en 1964 par Boris Decorvet, dont la famille est originaire du Poët Laval. Boris Decorvet qui fut pasteur à Vallon Pont d’Arc est aussi un des créateurs du Musée du Protestantisme Dauphinois au Poët Laval.

L’avant-propos d’Hervé Mariton, Maire de Crest et Député de la Drôme rappelle la nécessité de la tolérance et de la liberté de conscience.

© Editions Passiflores/Editions Ampelos 2011

Prix : 18  €

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La Chambre de l’Edit de Grenoble,

par J. Brun-Durand

Un tribunal pour la Diversité

ChambreEditCouvFinaleL’Edit de Saint Germain en Laye en Août 1570 permettait aux protestants d’avoir une représentation dans les instances juridiques amenées à traiter les procès « entre parties estans de contraire religion ». En 1598, l’édit de Nantes, ordonne l’établissement à Grenoble d’une chambre composée de douze conseillers et deux présidents, moitié de chaque religion. Cet ouvrage relate par le détail la mise en place laborieuse de cette Chambre et la difficulté à réglementer la diversité. Dans une région fortement protestante, le Dauphiné, cette Chambre deviendra vite un objet de jalousies et un instrument politiques pour des chefs de guerre comme Lesdiguières aux allégeances religieuses changeantes. Longtemps présidée par Soffrey Calignon, qui participa à la rédaction de l’Edit de Nantes, la Chambre de l’Edit de Grenoble sera prises en otage par les différents groupes de pression et ne survivra que par une soumission complète aux volontés du pouvoir royal.

Prix conseillé : 18€


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Traité des Hérétiques

, par Sébastien Castellion

« Tuer un homme, ça n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme ! »

Castellion Hérétiques couv 1 V2Engagé au cœur de la Réforme du 16ème siècle, Sébastien Castellion est un exemple éclatant d’intellectuel courageux. Disciple de Calvin à Strasbourg puis régent du Collège de Rive fondé par Calvin à Genève, il n’hésite pas à s’opposer à lui et à son entourage. Homme de science (ses traductions de la Bible en Latin puis en Français furent remarquées dès leur parutions) , de foi et de courage, (durant l’épidémie de peste de 1543, il va à l’hôpital de Genève assister les malades alors que les pasteurs calvinistes s’y refusent), il n’admet pas les compromissions et les hypocrisies de la théocratie genevoise et s’exile à Bâle où il survivra dans la misère.

Mais c’est l’exécution de Miguel Servet sur un bûcher dressé par les genevois calvinistes qui le poussera à écrire le « Traité des Hérétiques ». Avec un style acéré, une grande connaissance des Écritures et des écrits de son temps, une pointe d’ironie et une bonne dose de courage, Castellion attaque le droit jusqu’alors accepté, des puissants à imposer,par le fer et le feu, leurs opinions à leurs sujets.  Cet ouvrage consommera sa rupture avec Calvin qui se lancera dans d’hypocrites explications pour se justifier du supplice de Servet auquel il prétend d’ailleurs n’avoir rien à voir. Sans peur et sans provocation, Castellion répondra alors à la justification de Calvin en la démontant point par point.

Ouvrage précurseur et fondateur, le « Traité des Hérétiques »jette les bases philosophiques de la tolérance religieuse, et annonce la philosophie des Lumières.

Il inspirera Bayle et les philosophes du Refuge qui poseront les base philosophiques du vivre ensemble moderne.

Prix recommandé : 19 €

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L’invention de la tolérance,

par Frank Puaux

Puaux Tolérance Couv1A la fin du XVIIème siècle, les persécutions contre les huguenots puis la Révocation de l’Édit de Nantes durcissent le sort des protestants français. Pourtant, parmi les intellectuels protestants exilés, se développe non pas un esprit de rancœur et de revanche, mais une philosophie de la tolérance religieuse qui prend son origine avec Castellion, sera illustrée avec brillant par Bayle et qui inspirera les Encyclopédistes.

Frank Puaux nous livre les détails des approches diverses, (et des polémiques) qui accompagnent ce développement philosophique. Pour la première fois en Europe, une nouvelle école de pensée d’origine religieuse se libère de l’esprit de chapelle et de revanche pour élaborer un vivre ensemble moderne et poser les bases du respect des convictions autres.

Frank Puaux a été Président de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français et un des fondateurs du Musée du Désert. Il a écrit de nombreux ouvrages sur le protestantisme en particulier sur les Camisards et la période du Désert.

Prix public : 18 €

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Voltaire et les Genevois

voltaireetlesgenevoiscouvppt.jpgPublié en 1856 par un ancien pasteur, J. Gaberel, «Voltaire et les Genevois » est un passionnant témoignage sur le long séjour de Voltaire à Genève et à Ferney et ses démêlés, virulents ou anodins, avec les autorités religieuses et la population locale. L’auteur a eu accès à de nombreuses sources privées des familles dont les membres avaient fréquenté Voltaire et son ouvrage est une riche d’une information vivante et de première main. La verve de Voltaire et son goût de la provocation font de ce livre une lecture facile et plaisante. A lire pour qui s’intéresse à Voltaire, Rousseau, la tolérance, les affaires Calas et Sirven, les Lumières et le protestantisme genevois du XVIIIème siècle. Un index des patronymes cités facilitera la tâche des génealogistes.

Prix recommandé : 18€


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Charles Wagner

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Charles Wagner est né le 3 janvier 1852 à Vibersviller, en Lorraine, dans une famille de pasteurs luthériens. Orphelin de père à 7 ans, Charles Wagner sera élevé par sa mère et son grand père pasteur.  Il fit ses études à la Faculté de théologie protestante de Paris et celle de Strasbourg, où il rencontra son épouse.

Il étudie quelques mois en Allemagne avant de prendre son premier poste pastoral à Barr, en Alsace, puis à Remiremont, dans les Vosges. En 1883, il prend un poste proposé par le Comité Libéral auprès des familles protestantes libérales parisiennes.

Très vite, il crée sa propre paroisse dans une des pièces de son appartement.  Ses premiers paroissiens sont un mélange d’intellectuels (l’éditeur Fischbacher, le directeur de l’École Alsacienne, etc..) et d’ouvriers des faubourgs et de Paris. Peu à peu son audience croît, et son cercle de relations et d’amis, Tommy Fallot, Raoul Allier, Théodore Monod, s’élargit. Sa théologie moderne et indépendante l’éloigne de toutes les orthodoxies : « Je ne suis ni protestant, ni catholique, ni juif, mais un peu tout cela à la fois, non en sceptique qui rit de tout, mais en croyant qui croit plus que ce que contiennent les formules. »

Ecrivain prolifique, il publie Justice en 1890 puis Jeunesse (1892) et  La Vie Simple  (1895) qui fut un très grand succès et fut traduit en anglais en particulier. Puis viennent L’évangile et la vie (1896), Auprès du foyer (1896) et en 1897 Sois un homme. La maladie, puis la mort de son fils en 1899 lui inspirent L’ Ami, paru en 1902, ouvrage de réconfort dans l’épreuve. Le lendemain de la mort de son fils, il lui écrit, dans son Journal : « Tu vivras dans le cœur de ton père et dans sa voix. Désormais, tu monteras en chaire avec lui, et ; avec lui, tu iras chez ceux qui souffrent et pleurent. Je ne consentirai pas à ta mort ; ce serait consentir à ce que Dieu ne veut pas, car il ne veut qu’aucun de ces petits ne périsse. »

De 1900 à 1906, Charles Wagner redouble d’activité pastorale et associative. La Ligue de l’enseignement, la Ligue d’Éducation morale, les Universités populaires, l’École d’assistance aux malades de la rue Amyot font appel à lui aide, comme plus tard la Sorbonne et même l’Instruction publique, lorsqu’à la demande de Ferdinand Buisson il contribue au Manuel général de l’instruction primaire. Avec ce dernier, il écrivit d’ailleurs en 1903 Libre pensée et protestantisme libéral pour expliquer sa théologie, et la confronter aux idées contemporaines.

En 1904, à la demande du Président Théodore Roosevelt qui avait lu une traduction de « La Vie Simple », Charles Wagner s’embarque pour une tournée aux États-Unis; il y restera 2 mois et en tirera un livre Vers le cœur de l’Amérique qui décrit son expérience. Avant son départ, il fut reçu à la Maison-Blanche et Théodore Roosevelt déclara : « S’il y a un livre que je souhaite voir lire par notre peuple entier, c’est « La Vie Simple » de Charles Wagner. »

Avec les bénéfices de sa collecte de fonds lors de cette tournée américaine Charles Wagner pourra financer la construction du « Foyer de l’Âme », la paroisse libérale indépendante dont il caressait le projet depuis longtemps.

Comme ses amis Élie Gounelle ou Wilfred Monod, Charles Wagner ne veut pas accepter la division qui affaiblit l’Église Réformée depuis les années 1850. À l’assemblée de Jarnac, en 1906, il prie les réformés de ne pas céder aux démons de la désunion. Son merveilleux discours resta sans effets. La désunion consommée, il finira par rejoindre le synode libéral en 1916. Assez modéré durant la Grande Guerre, le Pasteur Wagner décède le 12 mai 1918. Son gendre Wautiers d’Aygaliers, également pasteur, écrira sa biographie, très inspirée de son Journal, sous le titre Un Homme.