Galeries

Réfléchir, ça fait même pas mal

par Jean-Yves Laneurie

«  Il y a un temps pour vivre et un temps pour  témoigner de vivre »     Albert Camus                      

Après deux vies professionnelles, Jean Yves s’est projeté sans complexe dans une troisième vie .

Celle d’après la vie : dans les nuages.

Ainsi, étant sur place, il peut échanger, grâce à Marcel son complice un peu Figaro un peu Scapin, avec tous ceux qui l’ont aidé à comprendre le Monde et l’ont convaincu que «  réfléchir, ça fait même pas mal »

On y croisera Montaigne ou Michel Rocard , Rimbaud ou Marcel Proust, Haendel ou Miles Davis , Mirabeau, Stendhal ou Pierre Desproges…et plein d’autres

Dans cet essai inclassable, roman, conte ou fable, émouvant et jubilatoire, l’histoire, la musique la philosophie et la politique galopent au même rythme.

Et, comme le promet Ivan Levaï : » Si vous avez aimé Georges Pérec, vous vous y sentirez en famille » .

Jean Yves Laneurie, IEP Paris, a été l’un des dirigeants d’Europe 1 après Publicis et la Communication de Renault . Il est, depuis 2005 Chargé de Cours de Sciences Politiques en Master II

Sarah Monod

par Gabrielle Cadier

En 1899, le Figaro écrit : « Mlle Monod est l’unique grande puissance féminine du moment. Elle seule possède le moyen d’assembler et de gouverner […], le Féminisme tout entier. »

Assembler et gouverner le Féminisme tout entier, c’est ce que fera Sarah Monod deux ans plus tard, quand elle est élue présidente du Conseil national des femmes françaises nouvellement créé, la plus importante organisation féminine/féministe en France au début du XXe siècle. .  

Pendant plus d’un quart de siècle, personnellement ou en tant que directrice laïque de l’Institution des Diaconesses, elle a animé de nombreuses œuvres sociales à caractère féministe.

Cette pionnière du féminisme et de l’action philanthropique n’avait pas encore de biographie, belle illustration de l’effacement des femmes dans la société française.

Agrégée d’histoire, enseignant à l’Université de Paris-Sorbonne, Gabrielle Cadier-Rey a consacré sa thèse de doctorat à l’histoire économique du Second Empire. Spécialiste de l’histoire protestante du XIXe, elle a écrit ou préfacé de nombreux ouvrages dont, aux Éditions Ampelos, Une famille dans la Grande Guerre et le Journal d’Eugénie Bost.

L’abbé Glasberg

par Christian Sorrel

Insaisissable et mystérieux, Juif et Juste, Résistant puis agent du Mossad : qui était l’abbé Glasberg ?

Cet irréductible progressiste, co-fondateur de Témoignage Chrétien, participant à l’accueil du bateau Exodus, invité en Israël par Golda Meïr puis sympathisant de la cause palestinienne, créateur de France Terre d’Asile, a toujours été un infatigable défenseur des opprimés et des migrants.

Malgré des zones d’ombre toujours existantes (son rôle pendant la guerre d’Algérie par exemple), ce livre fait le point des récentes recherches autour de ce personnage hors norme et apporte quelques réponses permettant de mieux comprendre les multiples facettes de ce prêtre catholique marginal, engagé auprès des persécutés, enfants et adultes, des déplacés, des exilés.

Christian Sorrel, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Lyon 2, est un spécialiste de l’histoire religieuse. Il a écrit plusieurs articles sur Alexandre Glasberg et organisé une Journée d’étude en 2012, à l’Université de Lyon, sur les activités de prêtre, résistant et militant d’Alexandre Glasberg.  

Marianne Cohn

par Magali Ktorza

« Je trahirai demain, pas aujourd’hui…. »

Assassinée à 22 ans, la jeune résistante juive qui sauva plus de 200 enfants n’a jamais trahi, ni ses rêves, ni sa vision d’une humanité apaisée où les enfants ne seraient pas en danger.

Née en Allemagne, Marianne suit sa famille menacée par les nazis, de Tchécoslovaquie en Espagne, en Suisse et enfin en France. Réfugiée à Moissac en 1940, elle s’engage dans le scoutisme israélite puis dans la résistance non-violente. En 1943, elle fait partie du réseau clandestin de résistance juif qui travaille avec l’OSE, l’ORT, la CIMADE, le SSE pour assurer le passage en Suisse de familles menacées.

C’est lors d’un de ces passages qu’elle est arrêtée ; torturée elle refuse d’abandonner les enfants qui lui ont été confiés et est sauvagement assassinée.   

Cette très belle figure de la résistance féminine juive nous est restituée ici par Magali Ktorza qui a pu s’entretenir avec les camarades de Marianne et les enfants qu’elle a sauvés.

Magali Ktorza est Professeur d’Histoire juive et d’Hébreu aux Lycées et collèges en Israël et en France- Lucien De Hirsch Paris 19éme. 

Elle est diplômée en Histoire et en Hébreu et a un D.E.A en Histoire, culture et civilisation juive à l’Université de la Sorbonne Paris VIII de Saint -Denis. 

Paul Ricoeur

par Margaux Cassan

Emmanuel Macron voit en lui « …la personne qui m’a le plus marqué, avec ma grand-mère. » ; malgré cette reconnaissance, Paul Ricoeur reste encore mal connu du public français qui s’en tient à des interprétations de seconde main ne permettant pas d’appréhender la finesse de sa pensée

Cette « biographie philosophique » sans concession, vise à éclairer l’évolution de la philosophie de Ricoeur en la confrontant aux péripéties de sa vie dans le siècle.  Elle nous éclaire sur les engagements, les erreurs, les avancées et les fausses routes d’un Ricoeur passionné par le dialogue, le compromis et la politique dont les héritiers tentent encore d’appliquer au monde réel les concepts qu’il a développés.

Margaux Cassan a découvert la pensée de Paul Ricoeur lorsqu’elle étudiait la philosophie à l’École Normale Supérieure (PSL). Conseillère éditoriale pour un grand groupe et autrice de nombreux articles de philosophie, elle s’intéresse tout particulièrement à la philosophie protestante, en questionnant notamment les notions de foi, de pouvoir et de puissance.

Le rail, la poste et autres progrès

par Rémy Cazals

Lettres de Pierre Lucien Cayrol

À l’âge de 18 ans, Pierre Lucien Cayrol monte à Paris afin de préparer
Polytechnique. À l’issue de ses études, il devient officier du génie à Metz,
puis dans l’Est algérien où il construit des routes, et encore à Cherbourg, en Corse, à Montpellier, Sète et Port-Vendres. Durant cette période, il écrit à sa famille restée à Carcassonne 180 lettres qui font connaitre un jeune homme attachant. C’est là le premier intérêt de ce livre.

De grands personnages figurent dans cette correspondance : le roi Louis-
Philippe, Armand Barbès et François Arago, Napoléon III et le bandit corse Massoni. Sans oublier la merveilleuse tragédienne Rachel.
Mais le principal intérêt de ces lettres est ailleurs. Pierre Lucien est le
témoin et l’utilisateur des progrès réalisés dans tous les domaines, qu’il s’agisse du transport de passagers et de marchandises, de la transmission du courrier par la poste et des nouvelles par le télégraphe, de la vaccination et des cures thermales, de la lutte contre l’épidémie de choléra, du daguerréotype et des magasins de prêt-à-porter. Le lecteur découvre les progrès en même temps que l’auteur de cette correspondance qui fournit un éclairage concret sur l’évolution des conditions de vie de la société française.

Professeur émérite à l’université de Toulouse-Jean-Jaurès, Rémy Cazals a découvert des personnages inconnus ou méconnus et a publié les écrits qu’ils nous ont laissés. Parmi eux, le poète Venance Dougados, la militante féministe Marie-Louise Puech-Milhau, Gustave Folcher combattant de la Deuxième Guerre mondiale, le tonnelier Louis Barthas
caporal en 1914-1918.

Les Héroïnes de la tour de Constance

dir. Pierre-Yves Kirschleger

L’histoire des prisonnières de la Tour de Constance conserve encore bien des mystères. Quel crime ces femmes de foi protestante ont-elles commis pour être enfermées dans cette terrible prison ? Qui était Marie Durand, la plus connue d’entre elles, libérée en 1768 après 38 ans de captivité ? Que se cache-t-il derrière le mot « RESISTER » gravé dans la pierre au centre de la Tour ?

En intégrant notamment les dernières découvertes de l’archéologie sur les « graffitis », cet ouvrage fait le point sur les connaissances actuelles relatives à ces femmes martyres entrées dans l’Histoire.

Ce passage à la postérité n’est pas le fruit du hasard, mais l’œuvre d’écrivains, d’artistes, d’historiens engagés ou émus par le sort de ces résistantes de l’ombre : devenue lieu de mémoire, la Tour de Constance apparaît comme le symbole du combat de ces prisonnières pour la liberté de conscience que nulle violence ne peut détruire.

Théodore Monod

par Nicole Vray

                    Né en 1902, de sa jeunesse à ses derniers jours en 2000, Théodore Monod n’a eu qu’un seul moteur, sa foi.

Fils  et petit-fils de pasteurs, l’adolescent puis l’homme mûr est resté attaché à l’enseignement évangélique, et sa vie a été une suite de combats par fidélité à la Parole.

                   En temps de guerre comme en temps de paix, le professeur Monod est toujours resté fidèle à sa foi et à ses engagements, tous tendus vers la paix, la tolérance et le « ehrfurcht », le respect de la vie sous toutes ses formes, en partage avec ses compagnons de route qu’étaient Amadou Hampaté Bâ, Vercors, Louis Massignon, le père Teilhard de Chardin ou Albert Schweitzer.  

                   La préface de ce livre est de Jean-Claude Hureau, Docteur ès sciences, professeur honoraire du Muséum national d’histoire naturelle, proche et ami de Théodore Monod.

Lettres sur la Révolution française

par Martine Lecoq

Vous faites passer un souffle nouveau sur cette période révolutionnaire qu’on croyait ressassée et défraîchie. Vos lettres sont d’une veine très originale, je n’en ai pas vu l’équivalent ailleurs. Cette façon de mêler l’intime à l’historique, le sentiment à l’analyse, le présent au passé, c’est un nouveau genre que vous inaugurez.

Régis Debray

Dans cette suite de libres pensées, l’autrice partage avec nous l’admiration qu’elle nourrit pour l’immense effort humain que fut la Révolution française malgré ses dérives. Alternant le ressenti personnel et la rigueur historique, elle se positionne en faveur des espérances légitimes qui l’ont fait naître. Espérances qu’il nous appartient aujourd’hui de revivifier.

Martine Lecoq est écrivain, journaliste pour les médias protestants et critique d’art. La passion parallèle qu’elle nourrit de longue date pour la période de la Révolution française et ses personnages lui a inspiré en 2016 une biographie de Danton, préfacée par Mona Ozouf.

L’Homme précaire

par Didier Travier

La prière n’a plus grande signification dans une société largement sécularisée. Alors que beaucoup d’églises et de religions sont tentées par un repliement identitaire et une posture passéiste, l’auteur fait au contraire le pari de redonner place à l’esprit de prière en épousant et traversant l’athéisme contemporain. Il propose pour cela un fil conducteur et une méthode. Le fil conducteur : l’idée de précarité dont le mot partage avec celui de prière une étymologie commune et dont, s’il était besoin, la crise sanitaire nous a rappelé la pertinence actuelle. La méthode : une relecture du Notre-Père, sommé de répondre à notre propre question, comme il a jadis répondu à la question des disciples de Jésus, non plus celle de la manière de prier mais de la possibilité et du sens même de la prière.

Didier Travier (56 ans) est normalien (Ulm 1985) et agrégé de philosophie (1988). Il poursuit dans cet essai la réflexion sur la foi amorcée dans Une confiance sans nom (Ampelos, 2017), « un livre dense et original, tendu vers la recherche d’une nouvelle expression du christianisme » (La Croix).

Erzsébet Kol, Botaniste & exploratrice

par Anna Cabanel

Sur les glaciers en fleurs. Erzsébet Kol (1897-1980), botaniste hongroise.

Erzsébet Kol, botaniste hongroise, est une vraie pionnière scientifique.

Dès 1937, elle parcourt le continent nord-américain, des parcs nationaux à l’Alaska, pour y étudier les algues qui colorent les étendues glacées et neigeuses des hauts sommets.

Elle s’inscrit dans la tradition des grands explorateurs et scientifiques – mais elle est une femme dans un univers jusqu’alors presque exclusivement masculin.

Seconde femme professeure des universités en Hongrie, elle est aujourd’hui donnée en exemple aux jeunes filles de son pays. Plus largement, elle incarne cette conquête par les femmes des bastions masculins ; elle y est épaulée par la jeune Fédération Internationale des Femmes diplômées des Universités.

Cette biographie, bâtie sur des archives inédites, analyse les efforts des premières University women pour se faire reconnaître par leurs pairs et ouvrir aux femmes le domaine des études supérieures.

Alexis Muston

par Patrick Cabanel

Alexis Muston (1810-1888) est né à Bobbio Pellice, au pied des Alpes italiennes. Il appartient à l’infime minorité des vaudois, devenus protestants au XVIe siècle. Il doit s’exiler en France, à Bourdeaux, dans la Drôme, après que son premier livre, une histoire des vaudois (1834), a encouru les foudres du pouvoir à Turin. Il est pasteur, médecin, dessinateur, géologue, botaniste, entomologiste, journaliste. L’histoire est sa vocation, avec la poésie : il consacre sa vie à rédiger deux épopées. L’une, Valdésie, est en vers. L’autre, en prose, porte ce magnifique titre hébraïsant : c’est L’Israël des Alpes (1851, 2000 pages). Elle l’impose comme une figure centrale d’une historiographie identitaire, entre recours aux archives et rêveries sur l’origine et le génie vaudois. L’auteur est devenu un proche de Michelet – mais aussi de Hugo, de Quinet, de Mistral, de George Sand. Son Journal monumental, son énorme correspondance, dépouillés pour la première fois, permettent de traverser en sa compagnie un siècle à la fois vaudois, français et européen.

Patrick Cabanel est directeur d’études à l’École pratique des hautes études, spécialiste de l’histoire des minorités religieuses. Il a édité le premier tome du Journal de Muston (PUG, 2018).

La cavale

par Jacob Barosin

« Quatre ans de peur, de malheur, de faim, d’arrestations, de camps de concentration, d’évasions, de fuites et de planques. »

Mai 1940 : la police française arrête Jacob Barosin et sa femme, deux réfugiés juifs qui vivent et travaillent à Paris depuis plusieurs années après avoir fui l’Allemagne nazie.

C’est le début d’un long périple à travers la France, de camp d’internement (Gurs) en camp de travailleurs étrangers (GTE Langlade) et en hébergements tolérés (Nice, Lunel, Florac), et finalement la planque dans les Cévennes puis en région parisienne.

Sauvé de la déportation par un réseau d’amis et l’aide de Français engagés, dont les pasteurs Toureille, Gall et leurs paroissiens, Jacob Barosin est le témoin des miracles qu’un peu d’humanité peut réaliser dans un monde dominé par le Mal.

Né en Lettonie en 1906 dans une famille juive aisée, Jacob Judey (Barosin) fit des études d’art à Berlin dans les années 1930. Après la Libération, et devant le refus des autorités françaises de le naturaliser, il a émigré aux États-Unis où il est devenu un peintre reconnu.

Aimé Vielzeuf

par Michel Boissard

Un de ceux qu’on appelait « Les Bandits » !

Fils et petit-fils de mineur cévenol, normalien et instituteur, Aimé Vielzeuf est connu pour son engagement dans la Résistance où il était le Lieutenant Vasseur. « Guidé par la vérité et la justice », comme il le disait, il s’est fait le chroniqueur des luttes pour l’indépendance nationale et la liberté. D’origine huguenote, ce descendant de « galérien pour la Foi », comme ses préfaciers Jean-Pierre Chabrol et André Chamson, a su exprimer la vitalité de la culture et de la langue d’oc.

La vie de ce cévenol engagé, passionné et modeste, est aujourd’hui quelque peu oubliée. Avec cette biographie, Michel Boissard qui l’a bien connu répare cet oubli.

Les maquis de Tréminis

par François Boulet

Les Alpes du Nord, le Dauphiné notamment, voient le développement des premiers maquis au printemps et à l’été 1943. Tréminis avec ses habitants, au sud de l’Isère et en Trièves, illustre cette histoire des maquis avec des témoignages précis.

L’historien de la montagne-refuge sous l’Occupation François Boulet reprend l’enquête avec de nouvelles archives sur les deux maquis de Tréminis, nés du refus du Service du Travail obligatoire : le camp n°1 et sa cinquantaine de jeunes gens et celui des « théologiens », quelques étudiants en théologie protestante. Deux résistances françaises alors se rencontrent : la résistance politique du maquis et la résistance spirituelle du huguenot.

François Boulet nous entraîne dans le quotidien du maquis, genèse, difficultés d’organisation et de discipline, erreurs, trahison, et, pour finir, la terrible répression par une force allemande, militaire et policière, dix fois supérieure en nombre le mardi 19 octobre 1943 à Tréminis : une autre « Saint-Barthélemy des patriotes ».

Augustine Soubeiran

par Nelly Duret

Elle aimait l’indépendance, les roses, les oiseaux des îles, les bateaux et les enfants. De de ses Cévennes natales à l’Australie de ses rêves, Augustine Soubeiran ne cessera de porter haut les valeurs héritées de ses ancêtres huguenots.

Cette femme de la Belle Époque, libre et fière, s’établit en Australie où elle fonda, avec sa compagne, une école moderne de jeunes filles. Mais elle n’oublia jamais la France et ses Cévennes natales et consacra toute son énergie après la Grande Guerre à collecter des fonds pour aider à reconstruire les villes et villages français dévastés par la guerre. 

Il était temps de faire découvrir les réalisations de cette éducatrice hors pair, officière de l’Instruction Publique et titulaire de la Légion d’Honneur, et de sa compagne ; leur souvenir perdure en Australie grâce à l’école qu’elles fondèrent ensemble et qui existe encore, une belle réussite pour deux femmes déterminées.

« L’une de ses réussites les plus remarquables fut l’organisation de la Ligue d’aide franco-australienne pendant la guerre de 1914-1918… elle a créé une des plus grandes organisations patriotiques de la guerre.

Sydney Morning Herald 1er juin 1933

Nelly Duret, historienne de formation, a eu une longue carrière dans l’Éducation Nationale avant de devenir conteuse dans le cadre de ses engagements humanitaires.

Passionnée par l’histoire des Cévennes et des femmes cévenoles, voilà son quatrième livre aux Éditions Ampelos.

Les petites Juives de Kratzau

par Simone et Lison Bloch

Juillet 44. Les soldats allemands arrêtent une famille juive alsacienne, cachée en Savoie. 

Ils fusillent le père, devant les siens, et déportent la mère et les trois enfants.

Seules les deux sœurs, de 18 et 15 ans reviendront.

Leur désir de pouvoir enfin dire et être crues, le souci de préserver la mémoire, pour leurs proches et pour l’Histoire, les ont motivées à finalement confier à un ami l’histoire de leur vie dans les camps et les péripéties de leur retour à la vie « normale ».  

C’est donc le témoignage brut de leur enfer. 

C’est aussi une merveilleuse leçon de résilience, d’espoir et de résistance à la barbarie, qu’elles nous ont laissé, avant de nous quitter.

Rémy Warnery, éducateur et aumônier protestant des prisons, a su s’effacer derrière leur récit, pour en conserver la force brutale mais aussi, parfois, l’humour et l’espérance.

Théodore de bry, humanisme et exotisme

par Gregory Wallerick

Les récits d’explorateurs en Amériques se multiplient au XVIe siècle, rendant cette terre méconnue moins lointaine. Ce sont toutefois les images de ces contrées et des Amérindiens y habitant qui fascinent davantage encore.

Protestant, donc minoritaire, installé à Francfort, le graveur Théodore de Bry perfectionne ces représentations donnant ses lettres de noblesse au sauvage exotique pour plusieurs siècles. Pour construire ses illustrations de grande qualité, il s’appuie tant sur les récits qu’elles accompagnent que sur son propre vécu. À travers le choix des textes mis en images, il édifie un parallèle entre les violences menées par les Espagnols, catholiques, sur des peuples innocents, qu’il s’agisse des Indiens d’Amérique ou des protestants européens.

Gregory Wallerick est docteur en histoire moderne, spécialisé sur la représentation des peuples amérindiens et les relations entre les catholiques et les protestants au XVIe siècle, associé au laboratoire de Nantes (CRHIA). Il écrit et travaille sur les échanges entre l’Europe et le Nouveau Monde à la Renaissance.

Adieu Varsovie!

par Janka Kaempfer Louis

Mars 1968 met une fin brutale à ma vie en Pologne. Je me découvre Juive et indésirable. Je dois quitter un pays que je croyais le mien, des amis chers et un avenir devenu impossible. Cet exil met également fin à ma famille. Ignacy, mon père, qui a perdu presque toute sa famille dans la Shoah, part au Canada ; Irena, ma mère, combattante de l’Organisation Juive de combat durant l’Insurrection de Varsovie, rejoint son nouveau mari en Italie, et moi, je vais faire mes études en Suisse. 

De leur passé agité et douloureux, Irena et Ignacy ne voulaient pas parler.

Ici, ils se confient enfin. Au moins un peu. Parce que personne ne doit disparaître sans laisser de trace.

Née à Varsovie, Janka Kaempfer Louis est journaliste suisse, traductrice, juge Prud’homme. Elle a réalisé de nombreux reportages pour la télévision (Temps présent, Viva, Autrement dit) et a produit pendant plusieurs années une émission en Langue des Signes française. Elle est administratrice au sein d’une association qui s’occupe des réfugiés mineurs à Genève. 

Aujourd’hui, elle partage sa vie entre la Haute-Savoie, Genève et la Drôme.

Marivo, Marie-Claude Vaillant-Couturier

par Gérard Streiff

Dachau, mars 1933 : une jeune femme monte sur une voiture pour photographier des détenus derrières les barbelés. Elle reviendra en France avec le premier reportage sur la nature concentrationnaire du régime nazi.

Auschwitz, janvier 1943 : elle fait partie de ce groupe de femmes dont Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle, Adélaïde Hautval, Danielle Casanova et d’autres, qui entra dans le camp en chantant la Marseillaise.

Nuremberg janvier 1946 : Assurée, droite, calme et sévère, une jeune femme témoigne au procès des dignitaires nazis et les toise froidement.

Cette jeune femme, c’est Marie-Claude Vaillant-Couturier, alias Marivo :  antifasciste, pacifiste et féministe dès les années 30, résistante dès juin 40, entrée en clandestinité, capturée, emprisonnée, torturée, déportée, elle sera élue députée communiste à la Libération, sera deux fois vice-présidente de l’Assemblée Nationale et présidera la Fondation pour la Mémoire de la Déportation jusqu’à sa mort.

En attendant son entrée au Panthéon, demandée par de nombreuses personnalités, cet ouvrage de Gérard Streiff qui l’a bien connue, retrace la vie trépidante de cette militante de la solidarité.

Bonus : Marie-Claude Vaillant Couturier parle :

https://m.ina.fr/video/CPD02000150/marie-claude-vaillant-couturier-video.htm

https://www.facebook.com/archivesdepartementalesduvaldemarne/videos/2336919566584335/