Anna Garcin-Mayade a fait ses études à Paris où elle rencontre Maurice Utrillo et Suzanne Valadon. Élève de Renoir elle devient ensuite membre du Parti Communiste Français et professeur de dessin à Epinal. Le 30 octobre 1943, en répondant aux vœux exprimés par le Général de Gaulle sur l’antenne de la BBC, à Londres, elle fait observer un temps de silence à ses élèves en signe de protestation contre l’occupation de la France par l’armée allemande. Deux élèves, filles de collaborateurs, la dénoncent à la Kommandantur qui informe la police française. Anna Garcin-Mayade est arrêtée et livrée aux Allemands du 30 octobre au 1er mai 1944 .
Pendant cette période, elle est transférée de prison en prison. Elle est condamnée pour manifestations anti-allemandes et activité communiste par le tribunal de Nancy puis déportée.
Du 1er au 13 mai 1944, Anna Garcin-Mayade transite par le camp d’internement de Romainville jusqu’à sa déportation pour Ravensbrück. Du 16 mai 1944 à sa libération, elle est travailleuse de nuit à Ravensbrück où elle fabrique des ampoules. Elle porte le matricule 39 119. Épuisée et les doigts engourdis par le froid, elle fait tomber un condensateur électrique en porcelaine. Elle est, pour cela, violentée par les gardiens qui l’accusent de sabotage et transférée au camp disciplinaire de Rechlin (dépendant de Ravensbrück), qualifié également de camps de la mort lente.
Dans ce camp, Anna Garcin-Mayade doit effectuer des travaux de terrassement. Elle creuse des tranchées sans en connaître l’utilité future. Beaucoup de femmes meurent dans ces tranchées ou sur le bord de la route. Elle est réveillée le matin à 3 heures par la sirène du camp et attend dans la cour immobile le second appel de 6 heures.
Anna Garcin-Mayade explique comment elle a survécu à la déportation : elle voulait rentrer à Pontgibaud et revoir sa mère mais aussi témoigner des horreurs vécues et crier sa haine contre le fascisme. Dessinatrice, elle dérobe un crayon et des morceaux de papier blanc sur lesquels elle dessine des scènes de sa vie quotidienne dans les deux camps.
Anna Garcin-Mayade et son amie de camp Paulette Pradel, originaire de Tulle, sont sauvées de justesse par la Croix-Rouge suédoise. Elles sont rapatriées en Suède, soignées puis transférées en France.
Les deux importantes collections de ses œuvres de déportation sont aujourd’hui conservées à la mairie de Pontgibaud (45 œuvres) et au musée Michelet où elle fait don de 20 œuvres le 5 mai 1978. Des lettres écrites par Anna dans les années 1970 racontent la création de ses œuvres de mémoire.
L’art contre l’oubli









