Apocalypse boursière ?

bourse2.jpgIl n’est de jour qu’on ne lise que telle société importante est maintenant au bord du gouffre, que telle autre, dont l’arrogance était proverbiale, va licencier 10 000 ou 50 000 employés, que tel « grand patron » jadis victorieux et conquérant en venait maintenant à mendier à l’Etat quelques milliards de l’argent des citoyens…

Et chaque semaine, avec une irrégularité qui permet encore quelques beaux profits et de nouvelles pertes, la Bourse (notez le B majuscule, comme dans la Babylone de l’Apocalypse) continue de descendre, faisant les unes des journaux et le désespoir des anciens « golden people ». Et chacun de courir se réfugier derrière qui, la religion, qui l’Etat, qui la politique… Et de sortir les vieilles prophéties, de dépoussierer les vieux clichés, de raviver les vielles haines et incompréhensions.

« Car tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien; et tu ne connais pas que tu es malheureux et misérable et pauvre, et aveugle et nu. » (Apoc. III, 17)

Mais s’il est parfois ironique de voir les anciens contempteurs de l’Etat, réclamer maintenant son intervention, s’il est amusant de voir les belles certitudes arrogantes des puissants s’effondrer face aux désastres qu’ils n’arrivent pas à controler, il ne faut pas oublier que des centaines de milliers d’indivivus y perdent leurs économies, leurs retraites, leurs emplois. Et s’imaginer qu’une crise financière viendra « purger » ou purifier un système économique complexe et imparfait risque d’être illusoire et frustrant.

labelfinansol.jpgLa crise n’est pas l’Apocalypse! Elle n’annonce pas le Jugement dernier; c’est un soubressaut d’un marché complexe (sur le sujet, lire le très bon livre de Jean-Jacques Perquel sur le Marché financier américain) qui tour à tour bénéficie et pâtit de la mondialisation des échanges. Et au milieu de cette crise, au hasard d’une lecture d’un récent dossier de Réforme , un commentaire intéressant du Président de Finansol qui rappelle que l’épargne solidaire, investie dans des sociétés non cotées, est peu affectée par la crise boursière. Même chose pour Oikocredit qui fait du microcrédit pour des projets de développement.

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Ceux qui ont misé (joué?) sur les « valeurs de croissance » se retrouvent, ruinés; ceux qui ont misé sur les valeurs humaines n’ont rien perdu…. Dieu a le sens de l’humour, et il ne cesse de nous rappeller qu’au modèle du « golden boy » il préfère celui du Bon Samaritain.