Née à Bayonne en 1911, elle devient après des études classiques, élève de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris section peinture. Ayant entendu le 18 juin 1940 l’appel du général de Gaulle, elle adhère en 1941 à une filière de la résistance, l’OCMJ (Organisation civile et militaire des Jeunes), remarquablement présidée par Charles Verny alors âgé de 20 ans et diplômé des Sciences Politiques.
Arrêtée à son domicile le 31 août 1943 et livrée par la police allemande des frontières à la Gestapo, elle est incarcérée à Fresnes. Interrogée, torturée, elle réussit à taire le nom et les activités de son groupe. A la fin de 1943, elle fait partie des femmes dirigées vers Compiègne où elles rejoignent d’autres internées de province. Elles constitueront le premier grand convoi de femmes, les 27 000, destiné, comme les suivants, au remplacement dans les usines d’armement du Grand Reich du personnel masculin mobilisé.
Après sa quarantaine au bloc 22 de Ravensbrück, elle ssera expédiée à la mi-avril 1944 dans un contingent de 220 Françaises, à Holleischen pour travailler dans la poudrerie des usines Skoda dissimulée dans la forêt sudète, à la fabrication et à l’expédition des munitions anti-aériennes du front italo-allemand. Elle prend alors, avec toutes, sa part active au sabotage du travail imposé, en dépit des risques encourus (trois de ses camarades furent hélas pendues à Flossenburg quinze jours avant la libération) jusqu’au 5 mai 1945, date de notre délivrance par un coup de main d’une cinquantaine de militaires polonais égarés dans notre forêt. Réduite à 37 kg très éprouvée dans sa santé, elle est rapatriée par l’intermédiaire des Américains le 15 mai.






