Galeries

La brigade de la Drôme

par Jean Cadier

Il y a tout juste 100 ans, un mouvement de réveil spirituel naquit dans un petit village du sud de la Drôme : au cours du culte paroissial, une paysanne décida de vraiment vivre la Parole de Dieu.

Très vite, d’autres paroissiens puis des pasteurs locaux suivirent son exemple : la « Brigade de la Drôme » était née. Pendant 17 ans, jusqu’au début de la guerre, la Brigade parcourut les temples de France et de Suisse pour réveiller les fidèles et partager le feu de son engagement.

Les Brigadistes, firent des émules mais se heurtèrent aussi parfois à l’incompréhension, voire l’hostilité des églises établies ou des missionnaires pentecôtistes.

Le pasteur Jean Cadier fut pasteur à Valdrôme et à Loriol puis résistant dans les maquis de Vabre (Tarn), aumônier de la 1ère armée française et enfin doyen de la faculté de théologie de Montpellier.

Membre de la Brigade de la Drôme dès ses débuts, il a écrit la seule histoire de ce réveil. Il n’y manque rien, ni les nombreux succès et satisfactions, ni les difficultés et les problèmes. Ce mouvement qui contribua à la réunification de l’Église protestante en 1938 reste un exemple original pour tous ceux et celles qui voudraient réveiller l’Église.

Les chemins de l’aube

par Sylvain Vergara

En 1985, Elie Wiesel écrivait à Sylvain Vergara : « J’ai lu votre manuscrit, je le trouve bouleversant, vibrant de vérité – il faut le publier. » 

37 ans plus tard (et 30 ans après la mort de Sylvain Vergara), ce texte est retrouvé et enfin publié. Seul un extrait en avait paru en 1964 dans la revue Esprit

Arrêté en octobre 1943 comme résistant, Sylvain Vergara, âgé de 18 ans, est emprisonné à Fresne, torturé puis déporté Nacht und Nebel en février 1944. Il est l’un des  plus jeunes internés non-juifs de Buchenwald dont il devait être libéré le 11 avril 1945.   

Marqué à vie par cette épreuve, il n’a rien écrit d’autre que ce témoignage, rédigé au tout début des années 1960 alors qu’il désespérait de faire entendre sa voix. Ce texte évoquera probablement à bien des lecteurs La Nuit de Wiesel ou Si c’est un homme de Primo Levi.

Nous avons choisi de le publier « brut », tel qu’il a été écrit, pour que chacun puisse ainsi découvrir librement une « voix » qui mérite de devenir un classique de cette « littérature du témoignage » malheureusement toujours actuelle.

Néanmoins pour les lecteurs intéressés par plus d’informations sur la famille Vergara, un QR code donne accès à une page de documents.

Paul Berron

par Thomas Wild

En 1916, Paul Berron, en mission en Syrie, est témoin du génocide arménien perpétré par les autorités turques. Il en sera durablement marqué et décide de consacrer sa vie et son énergie à secourir les chrétiens d’Orient éprouvés par de nombreux conflits.

Il fonde l’Action Chrétienne en Orient qui, dès 1922-1923, vient au secours des Arméniens en Syrie alors sous mandat français et dans le Sud de la France.

Après la Seconde Guerre Mondiale et l’indépendance de la Syrie et du Liban, le travail se poursuit en lien avec les Eglises constituées et se déploie envers les Algériens … de Strasbourg et en Algérie même, et aussi en Iran et en Tunisie.

Ouvert à toutes les nationalités, cultures et fois, Paul Berron sera à l’origine du dialogue islamo-chrétien en Alsace et Moselle.

En un temps où la planète est menacée dans son existence même, où trop de replis nationalistes et identitaires voient le jour, son refus du nationalisme au nom de l’Évangile, son histoire et son engagement méritent d’être connus.

L’auteur :

Thomas Wild, né en 1952, a exercé son ministère de pasteur au Gabon et en Alsace. La mission l’a accompagné tout au long de sa vie. Son dernier poste était celui de Directeur de l’Action Chrétienne en Orient (2007-2018). Il continue de militer pour cette œuvre entre autres par ses recherches historiques qui ont abouti à cette biographie de Paul Berron, fondateur de l’ACO.

Henri II de Rohan

par Nicole Vray

« Avec tous les talents le ciel l’avait fait naître. Il agit en héros, en sage il écrivit. »  Voltaire

Henri II de Rohan a été le premier duc de la Maison Rohan, le dernier Rohan protestant et l’ancêtre des Rohan-Chabot.

Fils de Catherine de Parthenay et proche d’Henri IV, époux de la fille de Sully, Henri II de Rohan a milité toute sa vie pour la Réforme, en conflit avec le duc de Richelieu, jusqu’au siège de La Rochelle de 1627-1628. 

Il s’engagera néanmoins dès 1635 dans la guerre de Trente ans, menée par Louis XIII et Richelieu, mais dans les armées de Bernard de Saxe-Weimar, suédois et protestant. Blessé en Allemagne, mort en Suisse le 13 avril 1638, le duc de Rohan demande à reposer dans la ville de Calvin où les Genevois lui dédieront un mausolée dans le temple Saint-Pierre.             

Nicole Vray relate les événements en donnant vie aux personnages de cette sorte de saga des Rohan, de leur entourage et de la cour. L’auteur présente ainsi le duc de Rohan à la fois grand soldat, historien et écrivain.

Les martyrs d’Aigues-Mortes

par Charles Bost

RESISTER ! le mot gravé dans la pierre qui traversa les siècles et inspira des générations de résistant.es !

RESISTER ! l’histoire d’un petit troupeau de femmes du Vivarais, des Cévennes, du Languedoc, emprisonnées pour leur foi dans une sombre prison insalubre.

RESISTANCE : le titre choisi, en mémoire des martyrs de la Tour de Constance, par une jeune protestante drômoise pour le journal d’un des tous premiers réseaux d’opposants au régime de Vichy. 

Le livre de Charles Bost, pionnier de l’histoire huguenote retrace l’histoire des martyrs enfermés dans la Tour de Constance qui servit de prison pour les « religionnaires » pendant près de 80 ans. Les plus connues sont Marie Durand, enfermée 38 ans, et ses compagnes, qui y vécurent des dizaines d’années, parfois avec leurs enfants, et y finirent leurs jours pour nombre d’entre elles… sans avoir cédé aux convertisseurs.

Charles BOST

Né en 1871 en Ardèche, fils et petit-fils de pasteurs, Charles Bost est un historien du protestantisme cévenol du XVIIème siècle. Rejetant l’hagiographie, il est partisan d’une histoire précise et documentée. Il a écrit de nombreux articles pour le Bulletin de la Société d’Histoire du Protestantisme Français et une Histoire des Protestants en France en 35 leçons et édité les mémoires d’Abraham Mazel et Elie Marion.

Thérèse Rousseau

par Pauline Tanon

Après la publication de L’Émile et du Contrat social en 1762, Jean-Jacques Rousseau est frappé d’un mandat d’arrêt.

Le voilà lancé, avec Thérèse, sa compagne, sur les routes de l’exil, fuyant la justice royale.

Thérèse, catholique, analphabète, originaire d’Orléans apprend à penser et briser ses chaînes auprès de l’audacieux protestant suisse, brillant touche-à-tout, qui n’avait pas encore écrit une ligne lorsqu’ils se sont rencontrés à Paris en 1745.

Souvent oubliée ou dans l’ombre des protectrices célèbres de Rousseau, Thérèse, qui partagea sa vie pendant trente-trois ans, est redécouverte et mise en valeur par ce roman biographique très documenté.

Une échappée au côté du philosophe des Lumières qui porte au plus haut le flambeau de la liberté. Non sans bénéfice pour Thérèse… et la Révolution !

Pauline Tanon est autrice de pièces de théâtre et de biographies, ainsi qu’actrice et metteuse en scène. Ce livre est son premier roman biographique.

Pauli Murray

par Del Kilhoffer

15 ans avant Rosa Parks, une jeune femme noire est arrêtée pour avoir changé de siège dans un bus.  Après un week-end en prison, elle ressort avec une détermination sans faille : Pauli Murray dédiera sa vie à lutter contre les discriminations.

Visionnaire et téméraire, elle ouvre la voie : première femme à étudier à la Howard School of Law, première afro-américaine à obtenir un poste de procureur générale adjointe, première personne noire à recevoir un doctorat en Sciences juridiques de Yale et première femme noire ordonnée prêtre dans l’Église épiscopale.

Amie d’Eleanor Roosevelt et de James Baldwin, cette pionnière des luttes intersectionnelles, grâce à qui la notion d’inégalité liée au sexe entra dans le droit civil américain, croise de grands noms de l’Histoire des USA.  Elle qui se montre audacieuse dans bien des domaines restera discrète sur sa propre identité et son orientation sexuelle.

Elle sera désignée de façon posthume comme « Sainte » par l’Église épiscopale.

Paul Schmidt dit KIM

par Dominique Schmidt

A 20 ans, en 1937, Paul Schmidt, Alsacien-Lorrain, dit avoir «un drapeau tricolore à la place du cœur».

Engagé au 6ème Bataillon de Chasseurs Alpins, il vit la Campagne de Norvège jusqu’à la prise de Narvik, l’épisode du «Réduit breton» et  le repli en Angleterre. Malgré la perspective d’une condamnation pour désertion, il rallie dès juin 1940, les premières troupes du général de Gaulle.

Recruté par le BCRA pour des missions secrètes, il devient KIM. Au cours d’un stage, il sympathise avec un inconnu.

Cet inconnu, Jean Moulin, demande que Kim soit affecté à sa mission comme officier de liaison avec le mouvement « Libération » d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie.

Pendant un an, Kim va organiser des atterrissages et parachutages clandestins pour apporter à la Résistance des armes, de l’argent et de précieux contacts avec Londres.

Lyon, Montluçon, Clermont-Ferrand, l’Ain, la Corrèze, Limoges, Paris, Tours, Chartres, des équipes, des réussites, des échecs, mais aussi des arrestations, des déportations, des morts.

Fils de Kim, né en 1946, proviseur honoraire, l’auteur a tenté de décrire à partir de souvenirs, de témoignages et d’archives, l’action d’un « héros » très secret et de celles et ceux qui lui ont permis de mener à bien sa mission.

Christine Levisse-Touzé, historienne, docteur ès Lettres, conservateur général honoraire du Patrimoine de la Ville de Paris, directeur de recherche associé à Sorbonne Université, a dirigé pendant de nombreuses années le musée du général Leclerc et de la Libération de Paris et le musée Jean Moulin. Elle préside depuis 2017, le conseil scientifique du musée de l’Ordre de la Libération. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages de référence sur la Seconde Guerre mondiale

Georges Mabille

par Gilles Teulié

Dès le début de l’apartheid, Georges Mabille, pasteur français né au Lesotho, en poste à Johannesburg pour la Société des Missions Evangéliques de Paris, co-fonde un centre de recherche et de réflexion multiracial en défiance des lois ségrégationnistes.

Malgré le harcèlement policier et judiciaire du gouvernement sud-africain, le centre de Wilgespruit resta opérationnel pendant toute la durée du régime d’apartheid et forme encore aujourd’hui de nombreux militants et chrétiens engagés.

Georges Mabille, qui rencontra le jeune Nelson Mandela, continuera sa lutte contre le racisme pendant toute sa vie, en Afrique et lors de missions aux Etats-Unis et en Algérie.

Gilles Teulié est professeur de civilisation britannique et du Commonwealth à Aix Marseille Université. Spécialiste de l’Afrique du Sud, il travaille en particulier sur les résistances religieuses à l’apartheid.

Jacques Ellul

par Frédéric Rognon

« Le christianisme est la pire trahison du Christ. »

« L’individu est toujours prêt à se soumettre à la nécessité, pourvu que le vocabulaire de la liberté soit sauvegardé, et qu’il puisse parer son obéissance servile de la glorieuse énergie d’un choix libre et personnel. »

Ces deux citations de Jacques Ellul illustrent bien la pensée iconoclaste de ce penseur, précurseur de l’écologie politique qui était aussi théologien.

Dans cette biographie philosophique, la première sur Ellul, Frédéric Rognon explore les grands axes de la pensée ellulienne, dans ses avancées comme dans ses errements.  Ni disciple, ni opposant, il aborde toutes les facettes de celui qui fut sans doute le plus irritant des penseurs du XXème siècle mais aussi le plus clairvoyant.

Professeur de philosophie des religions à la Faculté de Théologie protestante de Strasbourg Frédéric Rognon est spécialiste de la pensée de Søren Kierkegaard, Jacques Ellul et Paul Ricoeur ainsi que de la non-violence. Il est directeur de la revue Foi & Vie.

Aigoual-Cévennes

par René Rascalon

« En parcourant ces feuilles, je retrouve l’atmosphère de cette époque obscure, héroïque et magnifique et je plains sincèrement ceux qui n’ont pu la vivre et ne peuvent la comprendre » 

Général Henri Zeller, co-fondateur de l’ORA (Organisation de Résistance de l’Armée) et héros du Vercors.

Le maquis Aigoual-Cévennes fut, avec près de 2000 hommes en 1945, le plus important maquis du Gard et un des plus importants de France. Dirigé par René Rascalon, Marceau (Marcel Bonnafoux) et Guy Arnaud  rejoints ensuite par Laurent Olivès et Antoine Cassé après la fusion avec le maquis d’Ardaillès, il mène de nombreuses actions contre l’occupant et contribue à la libération du Gard.

L’ouvrage de René Rascalon, écrit juste après la Libération expose des souvenirs frais et précis et des sentiments vivaces. Il nous fait partager le quotidien des maquisards, les moments tragiques comme les instants plus légers. C’est un témoignage unique de spontanéité écrit par un acteur majeur de la Résistance, resté humble et désintéressé.

Fils et petit-fils de mineur, René Rascalon, né à Alès, est plombier-zingueur. Il rentre en résistance contre l’État français dès 1940 et fonde en 1942 un groupe de résistants affilié à l’Armée Secrète. A partir de mars 1943 et l’obligation du STO, il fonde un premier maquis qui deviendra le maquis Aigoual-Cévennes. Sa femme Julia le soutiendra durant toute la guerre. A la Libération, René Rascalon reprendra ses activité professionnelles.

L’Algérie au tournant

par Max-Alain Chevallier

Entre 1955 et 1963, Max-Alain Chevallier est pasteur en Algérie. Pendant les 6 premières années en paroisse, puis élu représentant de l’Eglise protestante en Algérie.

Dans l’ambiance de guerre et de fin d’une époque, il déborde d’activité pour faire face aux exigences multiples de sa tâche. Prêcher à la radio, en général pour les fêtes, exhorter, réconforter, informer, correspondre, visiter, écouter, prendre des notes à la suite d’une rencontre, dialoguer.

Très impliqué dans les échanges interreligieux, entre autres concerné par le Concile Vatican II, et communicant avec les autorités de tout bord, aussi bien en Algérie qu’en métropole, Max-Alain Chevallier, constamment mobilisé par le présent, réfléchit aussi à l’avenir.

Les documents, inédits pour la plupart, qui sont présentés ici montrent au quotidien la complexité d’une situation où opinions et choix s’affrontent, où la fidélité même est parfois difficile à discerner.  

 Max-Alain CHEVALLIER a fait des études de lettres, puis de théologie, prolongées en vue d’un doctorat. Avant son affectation en Algérie, il a été, dix-huit mois, équipier Cimade dans une baraque à Mayence : dialogue, écoute, réconciliation avec les étudiants allemands. Puis quatre ans, Secrétaire Général et responsable national de la Fédé (Fédération Française des Associations Chrétiennes d’Étudiants). A son retour d’Algérie, il est pendant un quart de siècle professeur de Nouveau Testament à la Faculté de Théologie Protestante de l’Université de Strasbourg. Il préside pendant 3 ans le Conseil de l’Église Réformée de France (1977-1980).

Réfléchir, ça fait même pas mal

par Jean-Yves Laneurie

«  Il y a un temps pour vivre et un temps pour  témoigner de vivre »     Albert Camus                      

Après deux vies professionnelles, Jean Yves s’est projeté sans complexe dans une troisième vie .

Celle d’après la vie : dans les nuages.

Ainsi, étant sur place, il peut échanger, grâce à Marcel son complice un peu Figaro un peu Scapin, avec tous ceux qui l’ont aidé à comprendre le Monde et l’ont convaincu que «  réfléchir, ça fait même pas mal »

On y croisera Montaigne ou Michel Rocard , Rimbaud ou Marcel Proust, Haendel ou Miles Davis , Mirabeau, Stendhal ou Pierre Desproges…et plein d’autres

Dans cet essai inclassable, roman, conte ou fable, émouvant et jubilatoire, l’histoire, la musique la philosophie et la politique galopent au même rythme.

Et, comme le promet Ivan Levaï : » Si vous avez aimé Georges Pérec, vous vous y sentirez en famille » .

Jean Yves Laneurie, IEP Paris, a été l’un des dirigeants d’Europe 1 après Publicis et la Communication de Renault . Il est, depuis 2005 Chargé de Cours de Sciences Politiques en Master II

Sarah Monod

par Gabrielle Cadier

En 1899, le Figaro écrit : « Mlle Monod est l’unique grande puissance féminine du moment. Elle seule possède le moyen d’assembler et de gouverner […], le Féminisme tout entier. »

Assembler et gouverner le Féminisme tout entier, c’est ce que fera Sarah Monod deux ans plus tard, quand elle est élue présidente du Conseil national des femmes françaises nouvellement créé, la plus importante organisation féminine/féministe en France au début du XXe siècle. .  

Pendant plus d’un quart de siècle, personnellement ou en tant que directrice laïque de l’Institution des Diaconesses, elle a animé de nombreuses œuvres sociales à caractère féministe.

Cette pionnière du féminisme et de l’action philanthropique n’avait pas encore de biographie, belle illustration de l’effacement des femmes dans la société française.

Agrégée d’histoire, enseignant à l’Université de Paris-Sorbonne, Gabrielle Cadier-Rey a consacré sa thèse de doctorat à l’histoire économique du Second Empire. Spécialiste de l’histoire protestante du XIXe, elle a écrit ou préfacé de nombreux ouvrages dont, aux Éditions Ampelos, Une famille dans la Grande Guerre et le Journal d’Eugénie Bost.

Chroniques de l’endométriose

par Les Invisibles

Suite directe du premier volume Les Invisibles, visages de l’endométriose, les chroniques reprennent les soixante-quatre témoignages de ces femmes vivant avec la maladie. Lisons-les, écoutons-les, voici leurs voix…

« J’ai l’impression d’avoir le corps de quelqu’un de soixante-dix ans ! Au niveau des douleurs, enfin de la digestion, c’est un peu comme si j’avais un petit monstre du Loch Ness qui passe dans mon corps quand je digère. Enfin, c’est ce que je ressens et c’est ce que j’ai dit au médecin. J’ai la sensation d’être pourrie de l’intérieur, que tous mes organes sont pourris. »

« J’ai vu plusieurs gynécologues : autant il y en a qui étaient au courant de ce qu’était l’endométriose, d’autres pas du tout. J’ai vu beaucoup de spécialistes qui m’ont dit que c’était du cinéma, que j’exagérais les douleurs, qu’une femme vu qu’elle pouvait accoucher, elle pouvait supporter les règles. »

« Si je devais donner un mot à l’endométriose, je dirais que c’est un cancer qui n’en n’est finalement pas un, mais qui fait autant de dégât. C’est-à-dire qu’on ne le voit pas, mais on le sent à l’intérieur. »

C’est notre mère, notre sœur, notre copine, notre femme, notre collègue, notre voisine, la femme que nous croisons dans la rue…

L’endométriose et l’adénomyose nous concernent tous.

Ensemble, rendons visible l’invisible !

Visages de l’endométriose

par les Invisibles

Errances médicales, erreurs de diagnostics, remise en question de la parole des femmes, violences gynécologiques physiques et psychologiques, incompréhension du corps familial, enseignant et professionnel, soixante-quatre femmes témoignent de leur quotidien avec l’endométriose et l’adénomyose, maladies chroniques inflammatoires qui affaiblissent le système immunitaire. 

Loin des statistiques, la parole se libère grâce à ce projet ambitieux, une série photographique qui montre ces femmes sans artifices à travers des portraits, des « natures mortes » et des témoignages retranscrits bouleversants de sincérité. 

Ce livre est la continuité logique de l’exposition indépendante immersive « Les Invisibles » menée par la collagiste Anaïs Morisset Desmond (Ut Barley) et le photographe Martin Straub.

C’est notre mère, notre sœur, notre copine, notre femme, notre collègue, notre voisine, la femme que nous croisons dans la rue… C’est pour toutes ces femmes et leurs proches qu’il est nécessaire de démystifier les préjugés autour de cette maladie et donc de les écouter… La banalisation de la douleur des femmes est encore trop étouffée !

Rendons visible l’invisible.

Marianne Cohn

par Magali Ktorza

« Je trahirai demain, pas aujourd’hui…. »

Assassinée à 22 ans, la jeune résistante juive qui sauva plus de 200 enfants n’a jamais trahi, ni ses rêves, ni sa vision d’une humanité apaisée où les enfants ne seraient pas en danger.

Née en Allemagne, Marianne suit sa famille menacée par les nazis, de Tchécoslovaquie en Espagne, en Suisse et enfin en France. Réfugiée à Moissac en 1940, elle s’engage dans le scoutisme israélite puis dans la résistance non-violente. En 1943, elle fait partie du réseau clandestin de résistance juif qui travaille avec l’OSE, l’ORT, la CIMADE, le SSE pour assurer le passage en Suisse de familles menacées.

C’est lors d’un de ces passages qu’elle est arrêtée ; torturée elle refuse d’abandonner les enfants qui lui ont été confiés et est sauvagement assassinée.   

Cette très belle figure de la résistance féminine juive nous est restituée ici par Magali Ktorza qui a pu s’entretenir avec les camarades de Marianne et les enfants qu’elle a sauvés.

Magali Ktorza est Professeur d’Histoire juive et d’Hébreu aux Lycées et collèges en Israël et en France- Lucien De Hirsch Paris 19éme. 

Elle est diplômée en Histoire et en Hébreu et a un D.E.A en Histoire, culture et civilisation juive à l’Université de la Sorbonne Paris VIII de Saint -Denis. 

L’abbé Glasberg

par Christian Sorrel

Insaisissable et mystérieux, Juif et Juste, Résistant puis agent du Mossad : qui était l’abbé Glasberg ?

Cet irréductible progressiste, co-fondateur de Témoignage Chrétien, participant à l’accueil du bateau Exodus, invité en Israël par Golda Meïr puis sympathisant de la cause palestinienne, créateur de France Terre d’Asile, a toujours été un infatigable défenseur des opprimés et des migrants.

Malgré des zones d’ombre toujours existantes (son rôle pendant la guerre d’Algérie par exemple), ce livre fait le point des récentes recherches autour de ce personnage hors norme et apporte quelques réponses permettant de mieux comprendre les multiples facettes de ce prêtre catholique marginal, engagé auprès des persécutés, enfants et adultes, des déplacés, des exilés.

Christian Sorrel, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Lyon 2, est un spécialiste de l’histoire religieuse. Il a écrit plusieurs articles sur Alexandre Glasberg et organisé une Journée d’étude en 2012, à l’Université de Lyon, sur les activités de prêtre, résistant et militant d’Alexandre Glasberg.  

Paul Ricoeur

par Margaux Cassan

Emmanuel Macron voit en lui « …la personne qui m’a le plus marqué, avec ma grand-mère. » ; malgré cette reconnaissance, Paul Ricoeur reste encore mal connu du public français qui s’en tient à des interprétations de seconde main ne permettant pas d’appréhender la finesse de sa pensée

Cette « biographie philosophique » sans concession, vise à éclairer l’évolution de la philosophie de Ricoeur en la confrontant aux péripéties de sa vie dans le siècle.  Elle nous éclaire sur les engagements, les erreurs, les avancées et les fausses routes d’un Ricoeur passionné par le dialogue, le compromis et la politique dont les héritiers tentent encore d’appliquer au monde réel les concepts qu’il a développés.

Margaux Cassan a découvert la pensée de Paul Ricoeur lorsqu’elle étudiait la philosophie à l’École Normale Supérieure (PSL). Conseillère éditoriale pour un grand groupe et autrice de nombreux articles de philosophie, elle s’intéresse tout particulièrement à la philosophie protestante, en questionnant notamment les notions de foi, de pouvoir et de puissance.

Le rail, la poste et autres progrès

par Rémy Cazals

Lettres de Pierre Lucien Cayrol

À l’âge de 18 ans, Pierre Lucien Cayrol monte à Paris afin de préparer
Polytechnique. À l’issue de ses études, il devient officier du génie à Metz,
puis dans l’Est algérien où il construit des routes, et encore à Cherbourg, en Corse, à Montpellier, Sète et Port-Vendres. Durant cette période, il écrit à sa famille restée à Carcassonne 180 lettres qui font connaitre un jeune homme attachant. C’est là le premier intérêt de ce livre.

De grands personnages figurent dans cette correspondance : le roi Louis-
Philippe, Armand Barbès et François Arago, Napoléon III et le bandit corse Massoni. Sans oublier la merveilleuse tragédienne Rachel.
Mais le principal intérêt de ces lettres est ailleurs. Pierre Lucien est le
témoin et l’utilisateur des progrès réalisés dans tous les domaines, qu’il s’agisse du transport de passagers et de marchandises, de la transmission du courrier par la poste et des nouvelles par le télégraphe, de la vaccination et des cures thermales, de la lutte contre l’épidémie de choléra, du daguerréotype et des magasins de prêt-à-porter. Le lecteur découvre les progrès en même temps que l’auteur de cette correspondance qui fournit un éclairage concret sur l’évolution des conditions de vie de la société française.

Professeur émérite à l’université de Toulouse-Jean-Jaurès, Rémy Cazals a découvert des personnages inconnus ou méconnus et a publié les écrits qu’ils nous ont laissés. Parmi eux, le poète Venance Dougados, la militante féministe Marie-Louise Puech-Milhau, Gustave Folcher combattant de la Deuxième Guerre mondiale, le tonnelier Louis Barthas
caporal en 1914-1918.