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Lettres sur la Révolution française

par Martine Lecoq

Vous faites passer un souffle nouveau sur cette période révolutionnaire qu’on croyait ressassée et défraîchie. Vos lettres sont d’une veine très originale, je n’en ai pas vu l’équivalent ailleurs. Cette façon de mêler l’intime à l’historique, le sentiment à l’analyse, le présent au passé, c’est un nouveau genre que vous inaugurez.

Régis Debray

Dans cette suite de libres pensées, l’autrice partage avec nous l’admiration qu’elle nourrit pour l’immense effort humain que fut la Révolution française malgré ses dérives. Alternant le ressenti personnel et la rigueur historique, elle se positionne en faveur des espérances légitimes qui l’ont fait naître. Espérances qu’il nous appartient aujourd’hui de revivifier.

Martine Lecoq est écrivain, journaliste pour les médias protestants et critique d’art. La passion parallèle qu’elle nourrit de longue date pour la période de la Révolution française et ses personnages lui a inspiré en 2016 une biographie de Danton, préfacée par Mona Ozouf.

Erzsébet Kol, Botaniste & exploratrice

par Anna Cabanel

Sur les glaciers en fleurs. Erzsébet Kol (1897-1980), botaniste hongroise.

Erzsébet Kol, botaniste hongroise, est une vraie pionnière scientifique.

Dès 1937, elle parcourt le continent nord-américain, des parcs nationaux à l’Alaska, pour y étudier les algues qui colorent les étendues glacées et neigeuses des hauts sommets.

Elle s’inscrit dans la tradition des grands explorateurs et scientifiques – mais elle est une femme dans un univers jusqu’alors presque exclusivement masculin.

Seconde femme professeure des universités en Hongrie, elle est aujourd’hui donnée en exemple aux jeunes filles de son pays. Plus largement, elle incarne cette conquête par les femmes des bastions masculins ; elle y est épaulée par la jeune Fédération Internationale des Femmes diplômées des Universités.

Cette biographie, bâtie sur des archives inédites, analyse les efforts des premières University women pour se faire reconnaître par leurs pairs et ouvrir aux femmes le domaine des études supérieures.

Alexis Muston

par Patrick Cabanel

Alexis Muston (1810-1888) est né à Bobbio Pellice, au pied des Alpes italiennes. Il appartient à l’infime minorité des vaudois, devenus protestants au XVIe siècle. Il doit s’exiler en France, à Bourdeaux, dans la Drôme, après que son premier livre, une histoire des vaudois (1834), a encouru les foudres du pouvoir à Turin. Il est pasteur, médecin, dessinateur, géologue, botaniste, entomologiste, journaliste. L’histoire est sa vocation, avec la poésie : il consacre sa vie à rédiger deux épopées. L’une, Valdésie, est en vers. L’autre, en prose, porte ce magnifique titre hébraïsant : c’est L’Israël des Alpes (1851, 2000 pages). Elle l’impose comme une figure centrale d’une historiographie identitaire, entre recours aux archives et rêveries sur l’origine et le génie vaudois. L’auteur est devenu un proche de Michelet – mais aussi de Hugo, de Quinet, de Mistral, de George Sand. Son Journal monumental, son énorme correspondance, dépouillés pour la première fois, permettent de traverser en sa compagnie un siècle à la fois vaudois, français et européen.

Patrick Cabanel est directeur d’études à l’École pratique des hautes études, spécialiste de l’histoire des minorités religieuses. Il a édité le premier tome du Journal de Muston (PUG, 2018).