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Jules Puech

par Máire Fedelma Cross

On a vite oublié que, quatre ans avant Marx, une femme avait poussé le cri de ralliement : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ». 

Jules Puech, intellectuel pacifiste et internationaliste, fut, en quelque sorte « le découvreur » de Flora Tristan, en contribuant à re diffuser, dans le cadre de l’histoire ouvrière, la pensée de cette pionnière et inventrice du socialisme féministe.

Cette double biographie croise les destins de l’historien Jules Puech (1879-1957) et de Flora Tristan (1803-1844), dont il fut le premier biographe.

Máire Cross suit les étapes de la carrière d’historien de Jules Puech, depuis son doctorat sur Proudhon et le mouvement ouvrier internationaliste jusqu’à la découverte d’archives de la militante et la publication de sa biographie en 1925. Le récit du long « compagnonnage » de Jules Puech avec Flora Tristan repose sur de nombreuses archives inédites de la famille Puech, en particulier l’abondante correspondance de l’historien avec ses proches.

Cette double biographie jette un pont entre différentes générations de militants et d’historiens et nous permet de mieux comprendre la complexité des activités militantes dans les trois mouvements, toujours en évolution, que sont le féminisme, le pacifisme et le socialisme.

Máire Cross est professeure émérite d’études françaises à l’université de Newcastle (R.-U.). Elle a été présidente de la Society for the Study of French History et est vice-présidente honoraire de l’Association for the Study of Modern and Contemporary France. Spécialiste de l’histoire du féminisme, elle est l’auteure de nombreuses publications sur Flora Tristan.

Hélène Chuquet est professeure honoraire de linguistique et traduction à l’université de Poitiers.

Armelle Le Bras-Chopard, première femme agrégée de Science politique en France, est professeure émérite à l’université de Versailles/ Saint Quentin-en-Yvelines.

Sauveteuses

par Cindy Biesse

« Notre petite Jacqueline nous manque bien, elle était si affectueuse et d’un caractère si facile ! Le temps m’a duré beaucoup la semaine qui a suivi son départ surtout que cela a été si rapide ! […] Quant aux comptes que vous demandez, il n’y en a aucun à régler ! […] Je l’ai fait sans vous connaître, pour vous rendre service. Je le fais doublement maintenant. D’ailleurs, les services ne se paient pas et le bon Dieu me le rendra au centuple ! ».

Ces quelques mots résument bien l’état d’esprit des femmes de la région Rhône-Alpes à qui cet ouvrage entend rendre hommage.

Anonymes, et souvent très modestes, elles furent des résistantes au sens propre du terme. Bravant leur statut civil d’infériorité, bravant parfois les stéréotypes qui les entourent, transgressant surtout les lois de Vichy et de l’occupant, qui condamnent à l’exclusion sinon à la mort toute une frange de la population, ces femmes s’engagent au service de la vie.

Par de petits gestes du quotidien, par l’exercice même de leur profession, elles apportent leur soutien à des individus qui hier encore leur étaient inconnus. Certaines de ces résistantes, pour ces actes, connaîtront arrestation, déportation et même la mort. Quel que soit le sacrifice, face à ces logiques déshumanisantes, ces femmes sont, envers et contre tout, des gardiennes de vie, des Sauveteuses.

Cindy Biesse est historienne, membre du LARHRA, chercheure associée travaillant sur les Religions et croyances. Cet ouvrage est basé sur sa thèse : Les Justes parmi les Nations de la région Rhône-Alpes : étude prosopographique. 

Les Cathares

par Anne Brenon

Un voile de mystère romantique entoure les cathares et leur Église, entretenu par des interprétations erronées et des extrapolations
anachroniques.

Traduits (ou retraduits) par l’auteur, les textes originaux réunis dans ce même ouvrage, livrent une vision précise et dynamique de communautés organisées et prosélytes.

Que le mouvement religieux dit cathare ait été structuré en Églises, cela découle en quelque sorte de son exégèse des Écritures, et en même temps la détermine. Ce qui s’ouvre à nous au fil de ces pages, c’est proprement l’exploration, alimentée par ses propres écrits, d’une contestation chrétienne fondée et organisée en Église – trois siècles avant Luther.